Il n'y avait rien de naturel dans ce que l'on éprouvait.
 
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 Abécédaire. [Eivind Hansen]

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MessageSujet: Abécédaire. [Eivind Hansen]   Lun 5 Mar - 18:46


He wrote on a piece of paper with his pencil :
Psychosis : out of touch with reality

Il n'était pas si tard quand j'arrivai au centre ville. J'avais dû prendre le bus pour venir. Je déteste prendre le bus. Être collée aux gens poisseux que ce soit en hiver ou en été, ballottée dans tous les sens comme un sac de pommes de terres par cet espèce de bahut brinquebalant... Oui, je déteste définitivement le bus. Et les centres marchands des villes. Mais je devais me procurer ce fameux livre qu'un vaurien avait déjà emprunté à la bibliothèque. Parfois les gens m'agacent plus que d'ordinaire.
Malgré tout, je ne suis pas une hater. Je ne suis pas quelqu'un de particulièrement amer, bien au contraire. On a l'impression que je suis tout le temps de bonne humeur, même quand ça n'est pas le cas.

Aujourd'hui est un samedi. Il est quinze heures, cela fait presque une demie-heure que je suis arrivée. J'ai réussi à me libérer plutôt, pour venir acheter the bouquin. Encore une ineptie qu'on nous demande pour les cours. Je me demande vraiment, parfois, pourquoi je fais ces études alors que je sais bien que je ne veux pas être journaliste. Il faut croire que j'ai plus le complexe d'Electre que je ne croyais étant adolescente. Comme si je n'étais plus une adolescente. Enfin.

Je me suis donc perdue depuis presque une demie heure dans ce dédale insupportable de rues qui se ressemblent toutes, jetant des regards méprisants à sa faune braillante et gesticulante, composée de bandes de jeunes caricaturaux, de parents bien pensant tenant la main de mômes braillards, eux mêmes hurlant pour avoir une glace, un pain au chocolat ou que sais-je encore. Finalement, je trouve la librairie. Je savais que je n'étais pas loin. J'entre, la cloche électronique ou je ne sais trop quoi tinte, la vendeuse se tourne vers moi. Elle est de taille moyenne, brune, et porte des lunettes qui mangent la moitié de son visage. Il faut reconnaître que ça lui va plutôt bien. Elle me sourit, et moi je remonte imperceptiblement les coins de mes lèvres vers mes oreilles. Puis me détourne d'elle. Il ne faut surtout pas que je passe par le rayon romans autrement ç'en est fini de moi.
Je contourne une étagère, une autre, me faufile entre deux... choses où sont empilées des livres, et arrive au rayon "études littéraires/livres scolaires". Je fouine, passe mon doigt sur la tranche des bouquins tout en lisant les titres et noms d'auteurs, je marmonne, fredonne sur une mélodie inconnue des "hm hm hm" convaincus, et finit par trouver le dernier exemplaire restant du livre demandé par mon si cher professeur d'analyse politique. Je soupire, extrait le pavé d'entre les autres ouvrage, me déboîte presque le poignet à cause de son poids, regarde le prix, soupire de nouveau... Mais l'emporte tout de même. Finalement, je me dis que tant d'efforts ont bien mérité une récompense. Je me dirige vers le rayon des livres d'arts, en feuillette quelques uns, puis écarquille les yeux en voyant le prix de celui que j'aurai voulu. Je vais peut-être me rabattre sur un roman. Oui c'est mieux. Décidément mieux. Et pourquoi pas un livre en français ?
Mes pas me mènent donc au rayon "littérature étrangère". Je tombe en arrêt devant un livre d'un auteur que je ne connais que par un seul de ses ouvrages, Hervé Bazin. J'ai lu La tête contre les murs, et cette oeuvre là, Abécédaire, m'a l'air tout aussi bien.
Ma main vole jusqu'au livre, l'attrape, le serre contre ma poitrine. Il ne palpite pas mais c'est tout comme.
Et enfin, quelque chose me revient en mémoire. J'ai perdu Le voyage de Nils Holgerson à travers la Suède, et je ne peux pas vivre sans ce bouquin. Je cours presque jusqu'au rayon "romans", cherche quelques instants, et me saisis de l'oeuvre convoitée.
J'empile donc les livres dans mes bras, et entame une marche arrière pour m'extraire dudit rayon et me diriger vers les caisses. Sauf que je frôle quelqu'un, sursaute et manque de faire tomber mes livres en poussant un genre de petit jappement. Ridicule. Tu es ridicule Nils.

Je me retourne et me retrouve nez à nez, ou plutôt nez à torse en fait, avec quelqu'un de grand, de svelte, de blond. Quelqu'un avec un certain charme, qui ne m'est pas inconnu. Mother of God, je le reconnais. C'est ce type qui vient tout les jours à la boulangerie et que Sólveig déteste tant. Toujours la petite remarque désagréable, celle qui vient piquer pile dans l'aphte que l'on a déjà dans la bouche et qui réveille la douleur qu'on avait oubliée. Sólveig a le sang chaud. Elle attache de l'importance à l'opinion des autres et à leur comportement. Pas étonnant qu'elle soit dans cet état chaque fois qu'elle le vois, et me chuchote 'tiens voilà encore l'autre coincé, vas le servir s'il te plaît il me tape sur les nerfs'. Et moi d'obéir, avec ma tête dans les nuages et mon esprit gaîné de matière imperméable aux critiques et autres commentaires désinvoltes. Sólveig le déteste. Moi je l'aime bien.
J'aime bien sa présence presque hérissée de piquants, son air hautain de gosse de riche, sa moue désabusée. Je ne sais pas, je me sens presque proche de lui. Nous avons chacun notre manière d'être hors du monde, et nous ne sommes pas dans le même "dehors". Mais nous avons cela en commun de ne pas nous entendre avec le commun des mortels. Ou alors de très loin.

Sans cela, je ne lui aurai jamais dit ce que je vais lui dire dans quelques instants :

"--Bonjour. Excusez moi de vous avoir bousculé. Je suis désolée, je crois que le dernier bägel que je vous ai vendu n'étais pas à votre goût. Vous avez eu un air mécontent."

Je lâche ces mots dans l'air, sans explications, comme s'il était censé savoir qui je suis, à quoi je fais référence. Je lâche ces mots aléatoirement, sans justification. Le tout sur un ton très calme. Je ne veux surtout pas m'imposer. S'il veut me dire bonjour puis s'en aller, ou même m'ignorer, ça ne me fera rien. Je lâche mes bouquins d'une main, les tenant de l'autre, et lisse les plis de ma robe à fleurs. Oui toujours cette robe à fleur. Mais fini les boots, je porte des spartiates, qui me scient d'ailleurs les pieds. Je ne suis plus habituée. Mais je ne grimace pas. Cela serait une insulte au calme assourdissant de cet instant.

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MessageSujet: Re: Abécédaire. [Eivind Hansen]   Ven 9 Mar - 14:52

Il y avait toujours une bonne raison pour Eivind d'aller fouiner à la librairie. Si d'un seul regard vous pouviez deviner qu'il était plus du genre à passer ses soirées à lire une bonne fiction plutôt que soulever des haltères dans une salle de gym ; vous auriez tendance à lui accorder une certaine affection pour les polars et autres séries à fins glauques et sanglantes.

Hé bien on vieux, vous auriez raison.

Le norvégien n'était pas du genre à séparer travail et "Chérie, je suis rentré". Il était de ceux qui, justement, "étaient" leur travail et ne pouvait décemment pas envisager de faire autre chose de leur vie. S'il fallait passer la nuit à bosser sur les analyses ou recoudre un cadavre, il était celui qui pouvait le faire. Mieux que ça, qui voulait le faire.

Aussi, lorsqu'il passait dans le rayon fiction de la librairie, il n'était pas rare qu'il en ressorte avec trois thriller aux promesses bien sanguinolantes sous le bras, tel un junkie qui viendrait chercher sa dose. Cette fois-ci cependant, il était resté un bon moment devant le rayon, après avoir récupéré le "Guide de dissection d'un corps humain" - dont son premier exemplaire avait fini aux ordures par inadvertance, pas la sienne mais celle du légiste - et les "1001 façons de cuisiner la viande rouge" - car peu le savaient, mais il cuisinait comme un dieu - et il avait finit par craquer. Il s'était emparré de deux polars qui manquaient à sa collection, d'un recueil de contes nordiques dont il savait les descriptions très réalistes - et ponctuées de colonne vertébrale qui craquent sous la main d'un troll - et s'était dirigé vers la caisse, dissimulant fort bien sa joie intense derrière son visage naturellement blasé.

Et tout aurait pu être finit ici, rangé dans la caisse "souvenir insignifiant" du cerveau norvégien, qui ressurgirait peut-être à un moment complètement innapproprié - "Au fait docteur, je sais que vous êtes en train de découper le cerveau de ce cadavre, mais ça me fait penser que j'ai trouvé une recette de cervelle de porc dans mon livre, je pense que ça pourrait vous plaire, ainsi qu'au flic qui me regarde comme si je n'avais pas d'âme". Seulement, son processus de réflexion fut interrompu par une personne le percutant de la même manière qu'une voiture d'auto-école renverserait une grand mère qui traverse la route - bon, il aimait exagérer aussi.

Il ne vit qu'une tignasse blonde, un peu façon cousin machin de la famille Adams en version platine, et n'entendit qu'une voix s'élever.

- Bonjour. Excusez moi de vous avoir bousculé. Je suis désolée, je crois que le dernier bägel que je vous ai vendu n'étais pas à votre goût. Vous avez eu un air mécontent.

Ouat. Ouat iz da fuque.

Il fronça légèrement les sourcils, avant de croiser le regard de la damoiselle. Elle lui rappelait vaguement quelque chose. Il la détailla un millième de seconde, de haut en bas, le temps de percuter. Son esprit eu droit à un montage de ses souvenirs, façon Saw, la musique en moins, avant d'avoir l'illumination de sa journée. Boulangerie, boulangère aigrie, jeunette complètement en dehors de ses pompes et bägel dégueulasse. Mais seule boulangerie ouverte quand on a un petit creux et qu'on a pas le temps de rentrer à la maison, sinon le flic stagiaire peut foutre le feu à la morgue. Et ce, depuis un moment déjà.

Il ne s'en sentit qu'un peu plus agacé, et se pencha pour ramasser ses livres et uniquement ses livres.

- Oui, certes, quand bien même je cherche toujours à quel goût il était censé être. Thon, je crois, non ? - il marqua une pause, avant de reprendre - Cela dit, je ne pense pas qu'une rencontre aussi fortuite ne puisse se solder en autre chose qu'une discussion complètement précaire et ponctuée de silence gênés. Aussi je vais essayer d'être le moins désagréable possible en vous disant qu'il vaudrait mieux pour vous d'entammer une discussion avec votre patronne, que je porte dans mon coeur et dont la conversation est toujours hautement captivante - l'ironie était palpable dans ses mots - avant de retourner faire quelques sandwichs en faisant bien attention à y mettre les bons ingrédients. Et sur ce, madamoiselle - il esquissa un mouvement de tête faussement respectueux - je m'en retourne à mes occupations personnelles.

Il essayait pourtant, vraiment, de ne pas être désagréable. Mais il fallait croire qu'il n'avait pas d'âme ou quelque chose du genre. Il savait qu'il pouvait blesser, il s'en rendait parfaitement compte, mais il n'en avait surtout absolument rien à faire.

Alors il s'éloigna, se dirigeant toujours vers les caisses. Et pour patienter en attendant que le sosie d'Hulk Hogan n'achète son encyclopédie de la couture, il refit le compte de ses futures possessions, critiquant leur couverture intérieurement.

Mais il buta sur l'un d'eux. Le voyage de Nils Holgerson à travers la Suède. Ah. Ah bon. Il retourna l'ouvrage pour en examiner le dos. S'il connaissait l'oeuvre ? Bien sûr. Le dessin animé avait même bercé son enfance. En quelques sortes. Pourquoi donc l'observait-il ainsi ?

Il essayait tout simplement de trouver toutes les raisons du monde pour ne pas retourner voir la damoiselle - qui n'était pas du tout son type au passage, mais avait-il jamais vraiment eu un type de femme ? - et d'aller lui rendre son livre. On aurait pu y voir de la lâcheté, et ça pouvait trèss bien en être, mais il pensait sincèrement que c'était sa misanthropie qui jouait sur ce terrain là. Et il aurait pu rester là sans retourner la voir, si le seul bouquin qui lui manquait n'était pas le plus important.

Son livre de recette quoi.

Dans un soupir, il s'écarta de la file d'attente, puis repartit faire un tour des rayons dans l'espoir de la trouver. Et il la trouva. Et sans aucun tact, il lui saisit le bras.

- Je crois que c'est à vous, déclara-t-il en lui tendant le livre. Bon choix, au passage. C'est une belle oeuvre.

A vrai dire, Eivind n'était pas naturellement désagréable. Il était juste complètement et indéniablement franc. S'il avait quelque chose de bien à dire, il ne se gênait pas. Il pouvait même dire des choses qui pouvaient faire monter le rouge aux joues de ses interlocuteurs, il n'avait pas vraiment notion de l'intensité de ses mots.

Seulement, il n'avait pas souvent d'interlocuteur qui vaille la peine ou ne mérite ses éloges.
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MessageSujet: Re: Abécédaire. [Eivind Hansen]   Lun 12 Mar - 16:36

beware
of the
dog

L'homme que j'ai frôlé me regarde comme si je lui avais jeté une tonne de livres dessus. Sauf que non. Apparemment surpris, il a laissé tomber les siens. Me dévisage un instant d'un air torve, puis une lueur semble s'allumer tout au fond de son regard. Ou peut être pas. Ou alors, si elle est apparue, c'est seulement l'espace d'un instant. Il n'a pas l'air de m'apprécier, peu me chaut. Il m'observe encore pendant un instant l'air dédaigneux, puis, l'air souverainement agacé, il se penche pour ramasser ses livres. Voulant l'aider, je me baisse moi aussi, et fais donc bien évidemment tomber les miens, qui me glissent des bras. Le plus calmement du monde, je ramasse ce qui me paraît m'appartenir, et finalement ma tentative de faire une bonne action se retrouve dans une impasse.


"- Oui, certes, quand bien même je cherche toujours à quel goût il était censé être. Thon, je crois, non ? Cela dit, je ne pense pas qu'une rencontre aussi fortuite ne puisse se solder en autre chose qu'une discussion complètement précaire et ponctuée de silence gênés. Aussi je vais essayer d'être le moins désagréable possible en vous disant qu'il vaudrait mieux pour vous d'entammer une discussion avec votre patronne, que je porte dans mon coeur et dont la conversation est toujours hautement captivante avant de retourner faire quelques sandwichs en faisant bien attention à y mettre les bons ingrédients. Et sur ce, mademoiselle je m'en retourne à mes occupations personnelles. "


Bon, l'avantage c'est qu'il ne fait pas semblant d'être sympathique. Il est égal à ce personnage que je vois régulièrement. Désagréable, hautain et sarcastique. Encore une fois, cela me fait l'effet d'un mouton mâchant une touffe d'herbe. Aucun.
Je le regarde pendant qu'il parle, esquisse même un sourire lorsqu'il parle de Sólveig dans des termes ironiquement dithyrambiques : elle use aussi de l'ironie pour parler de lui, pendant environ une demie heure après son départ. Oui, il faut toujours quelque chose pour alimenter la conversation de ma collègue rousse. Je ne peux que subir. Ce que je fais avec bonne volonté, d'ailleurs. Je ne suis pas quelqu'un de difficile.

Ainsi donc, l'interlocuteur décide de mettre fin à la conversation. Cela ne me gêne pas plus que ça, à vrai dire je n'en ai cure. Ce n'est pas ça qui va me gâcher la vie. Les gens, les relations, tout ça n'a pas tellement d'importance. Enfin disons plutôt que si, les relations ont de l'importance. Quand elles prennent de l'ampleur. Donc pour une conversation abrégée rapidement, il n'y a pas de quoi en cauchemarder.
Je "hmmm" donc avec approbation, pas très fort, et repart de mon côté, voulant voir si je peux trouver un livre sur Nolde. Effectivement, il y en a bien un, mais comme la couverture est une de ses scènes bibliques, partie de son oeuvre que je n'apprécie que très modérément, je préfère le feuilleter pour vérifier. Je pose donc mes livres en tas, mais la pile décide de s'effondrer. En remettant les volumes en place, je remarque qu'il en manque un, et pas le moindre. Le voyage de Nils Holgersson. J'émets un minuscule soupir. Allons, où a-t-il pu passer ? Il va falloir que j'aille le chercher. Bon. D'abord je récupère mes autres bouquins. Et en les ramassant, je remarque... Ouate de phoque ? Je n'ai pas souvenir de m'être saisie d'un livre de recettes sur les différentes manières de cuisiner de la viande rouge. A vrai dire, je mange très peu de viande. Je n'aime pas tellement ça. Je ne déteste pas, mais je n'aime pas plus que ça. Oh, wait. Ça doit être au grand type méprisant. Qui serait donc parti avec le dernier exemplaire disponible de Nils Holgersson. Si ça se trouve, il le voulait aussi, a vu que je l'avais, et a décidé de faire en sorte de le récupérer. Non, tu divagues, Nils. C'est n'importe quoi. N'importe quoi. Les gens ne sont pas tous comme toi.
Ceci dit, tu n'aurais pas fait ça, pas vrai ? Pas vrai ?

Alors que je suis en plein milieu de mon interrogatoire intérieur, on m'attrape le bras. Je regarde qui est l'auteur de ce geste qui m'a presque faite sursauter, tieeens, le... Le mec en question. Vu qu'il tient mon bouquin et semble me le tendre, on peut exclure l'hypothèse qu'il ait voulu me le piquer sous le nez. Un bon point.


"- Je crois que c'est à vous. Bon choix, au passage. C'est une belle oeuvre. "


Je fais une moue satisfaite, plutôt amusée. Je me retourne et me retrouve donc pile face à lui. Récupère le livre, le remet sur ma pile de laquelle j'extrais le livre de recette.


"- Merci. Ma mère m'a prénommée d'après ce livre. C'est vrai qu'il est très inspirant. En revanche, je ne pourrais pas en dire autant de ceci, sans vouloir vous vexer."


Nouvelle moue amusée, je tends l'ouvrage à son futur propriétaire, tout en observant ses autres futurs achats. Guide de dissection, polars... Hum.


"- Vous envisagez de commettre des meurtres en série puis de cuisiner les victimes, ou vous êtes un gentil légiste simplement un peu trop obnubilé par son travail ?"


Un grand sourire étire mon visage et arrondit mes joues déjà largement assez rondes. Après tout, ces livres de dissection etc, moi, ça me donne l'impression d'être face à un psychopathe. Ça pourrait être marrant de tenir une brève conversation avec un psychopathe. Comment appelle-t-on une telle attitude, agir sans prendre en compte les risques et les conséquences ? Ah, oui. L'ordalie.


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