Il n'y avait rien de naturel dans ce que l'on éprouvait.
 
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 Punition [n.f singulier ; orig. : commissariat de police de Sollentuna] : rendez-vous à la morgue pour de plus amples informations. | Eivind

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Sleepless


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MessageSujet: Punition [n.f singulier ; orig. : commissariat de police de Sollentuna] : rendez-vous à la morgue pour de plus amples informations. | Eivind   Ven 30 Déc - 17:39

&
Répète "Troll" trois fois devant ton reflet sur une table d'autopsie
et il apparaitra.

Punition [n.f singulier ; orig. : commissariat de police de Sollentuna] : rendez-vous à la morgue pour de plus amples informations.

Si cette définition avait été un jour dans le dictionnaire, et sous cette forme-là, beaucoup de jeunes auraient directement refusé de signer le contrat qui allait les lier à jamais avec la Loi. Des gens intelligents autant dire. Sauf Johan qui, bien sûr, n’avait pas pris soin de lire la petite close en bas du contrat d’engagement à l’école de Police. Vous savez ? Le genre de petite close écrite en tout petit dans un coin de la feuille. Et Dieu sait qu’il fallait des putains de yeux pour décrypter une times new roman taille 2 et de couleur beige, imprimée sur papier blanc. Genre avec une loupe à grandissement fois dix mille c’était peut-être possible.

Bref. Il s’était fait niquer. Bien profondément.

Le semi-danois marchait avec la rapidité d’un escargot asthmatique vers ce qui allait être sa salle de colle pour les trois semaines à venir. La motivation était là, présente, au plus profond de lui, mais passablement endormie. Ou alors elle était partie se faire une partie de poker avec son amie la bonne humeur, histoire de laisser le propriétaire forever alone un petit moment. Johan pouvait laisser un message sur son répondeur intérieur, elles ne réapparaîtraient pas avant longtemps, même à la fin du bip sonore. Quoique. Sait-on jamais, qu’une lueur d’espoir (une mèche brune), apparaisse sur son crâne de blond un jour.

En même temps, il fallait l’avouer, les débilités danoises, ça se sanctionne. S’amuser à faire de magnifiques portraits imitation cochon ou lune en plein jour avec la photocopieuse, le tout devant la jeune secrétaire fraichement arrivée, c’était puéril. Mais terriblement marrant. Oh, il en avait ri. Aux larmes. Et il en avait aussi pleuré, intérieurement. Quand son supérieur était arrivé.

- Brigadier Nielsen. Dans mon bureau. – Il avait tourné les talons avec une telle nonchalance qu’on aurait dit un dandy prenant ses grands airs dans ses nouvelles rangers fraichement cirées par Maman et sa tasse à café personnalisée « Jag är perfekt. Och det märks. » (« Je suis parfait. Et cela se voit. »).

Cette scène avait un air de « Viens dans mon bureau te faire gronder comme un gamin de huit ans ». Ouais, c’était ça. Le jeune homme le suivit et s’installa en face de lui. A partir de là se passa bien vingt minutes pendant lesquelles Johan entendit la même et douce musique du « je ne vois pas pourquoi on vous a embauché », « vous êtes un incapable », « c’est bien parce que vous êtes bon que je vous garde » blablabla…

- Je vais finir par vous envoyer dire bonjour au préposé à la morgue, ça vous fera les tripes. – Il posa sa tasse vide sur son bureau et le fixa avec insistance. Il semblait réfléchir à la raison pour laquelle il pourrait l’envoyer en punition là-bas.

Puis il décrocha le téléphone et appela le légiste encore en poste. S’en suivit d’une conversation pour le moins désespérée avant que l’accord ne soit conclu. Pendant trois semaines, il allait devoir aider à la morgue. L’idée ne lui déplaisait pas. Il était grand et fort, il allait survivre à trois petites semaines dans le froid en plus des heures de travail.

- Je dois amener la polaire et les chaussures de ski ? fit-il avec un grand sourire espiègle.

Son supérieur le regarda un instant. Puis posa sa main sur son front et poussa un gros soupir désespéré. Maman abandonnait la lutte.

- Va-t-en. Va-t-en. Tu m’agaces.

Il alluma sa cigarette sur le chemin qui le menait à la morgue. L’air devenait de plus en plus froid au fur et à mesure qu’il parcourait les étendues de longs couloirs qui tenaient, si on peut dire, la morgue à une distance respectable du reste des bâtiments. Il ne tarda pas à arriver devant les portes battantes qui séparaient le corridor d’une première pièce où le médecin et le technicien pouvaient entreposer leurs affaires. Il n’avait pas encore finir sa cigarette. Alors il resta là, un moment, réfléchissant à ce que ses collègues lui avaient dit au sujet du préposé à la morgue. Un certain Hansen, un norvégien.

-Tu connais pas la légende du préposé à la morgue ? – Le brigadier Bergström le fixa avec des yeux tellement grands d’étonnement dont Johan était sûr qu’ils allaient rouler par terre comme ceux du juge DeMort dans « Qui veut la peau de Roger Rabbit ». Il tourna la tête vers le reste des bureaux, attrapant son café à la machine. Eh les mecs, il est scotché à la morgue pour trois semaines, on lui fait un pot d’adieu !?
- Ta gueule Berg’. T’es chiant.
- Bon d’accord. Alors je vais te raconter l’histoire du préposé à la morgue. – Un sous-brigadier éteignit la lumière afin de donner une dimension dramatique à l’instant. L’autre, prit une lampe torche qu’il plaça sous son menton (où t’as encore dégoté ça gros con ? se dit-il). Les autres, s’installèrent tout autour d’eux, écoutant l’histoire avec attention.

Il attendit le silence et commença.

- On dit qu’il est né parmi les grands trolls effrayant des fjords et qu’il est doué de magie. Les morts ? Il les aime, il les a toujours connus. On dit qu’il a dévoré des touristes suédois dans les montagnes et qu’il s’est accoutumé de leur chair si tendre et juteuse. Il y a un an de cela, il est venu à Sollentuna, ne pouvant plus assouvir sa soif de suédois et y est resté. Depuis, on dit qu’il nettoie les tables d’autopsies en les léchant pour retrouver un peu le goût du sang viking et qu’il mange les jeunes brigadiers assignés à la morgue pour plus de deux semaines.

Les lumières s’allumèrent à nouveau. Le commissaire était sorti de son bureau et leur criait de reprendre le travail au lieu de faire des âneries. Chacun retourna à sa place, déçu. Johan tirait une tête si « what the hell is that » qu’il ne pouvait plus s’en détacher. Bergström posa une main sur son épaule et lui lança d’un air désolé :

- J’espère que tu ne vas pas trop souffrir. T’étais un mec bien. Je peux avoir ton agrafeuse ?

Il se détacha vivement de lui. Les histoires et les ragots, ce n’était pas son truc, il allait se faire son idée lui-même de qui était ce Hansen avec qui il allait bosser sans être payé.

Il se décida à passer les portes battantes, mégot fumant toujours en bouche. Le lieu semblait désert. Seul le silence était maître ici et même le bruit de la climatisation n’arrivait pas à calmer la tranquillité de l’endroit. Il parcourut d’un regard circulaire la première pièce, s’approcha du bureau et y zieuta quelques papiers. Écriture de médecin. Beurk. Il reposa les feuilles, main dans une poche il attendit quelques instants, semblant vouloir être sûr qu’il y avait quelqu’un, au moindre petit bruit suspect qu’il pouvait entendre.

Puis un claquement sourd de porte métallique qui se referme. Johan sursauta. Le troll norvégien avait fait son œuvre. Il venait de dévorer tout cru la viande froide d’un suédois présent dans la morgue. Il empoigna le tabouret qui se trouvait près de lui, se cacha près de l’autre porte et lança :

- Y’a quelqu’un ? – Il attendit un instant avant de reprendre. Faites gaffe, j’suis armé. J’ai un tabouret et j'hésiterai pas à m'en servir ! Montrez-vous !

Une silhouette se dessinait dans l’embrasure de la porte. Humaine ou pas, la chose approchait. Johan brandissait le tabouret au-dessus de sa tête, la respiration accélérée mais discrète. Il n’avait qu’une chose à faire, il allait frapper en premier. Bergström avait sans doute raison. Il allait se faire bouffer. Crever à vingt-cinq ans. C’était trop con.


Dernière édition par Johan S. Nielsen le Ven 30 Déc - 22:59, édité 2 fois
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Bedshaped


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MessageSujet: Re: Punition [n.f singulier ; orig. : commissariat de police de Sollentuna] : rendez-vous à la morgue pour de plus amples informations. | Eivind   Ven 30 Déc - 22:24

Punition [n.f singulier ; orig. : Eivind Hansen] : Du latin punitio. Châtiment, peine que l’on fait subir, A PRIORI, pour quelque faute, ou quelque crime, mais qui est bien trop souvent inconsciente pour être qualifiée de punition par un tiers.
Ex. : • Tiens, un membre du personnel est en arrêt maladie, pourquoi ne pas donner son labeur, avec une légère augmentation, au préposé Hansen sans aucune possibilité de refus ?

Jamais ô grand jamais il n'avait autant détesté l'absence d'un membre du personnel. Non pas qu'il s'inquétait pour lui, non, la santé du réceptionniste à la morgue, il s'en contrefoutait comme de sa première barbotteuse - avait-il seulement eu une barbotteuse un jour ? Bonne question, qu'il devrait poser à sa mère. Seulement, lorsque ce dernier avait ramené ce fichu papier qui fait faire des cheveux blancs aux employeurs, cela signifiait que celui qui devait recevoir les appels, s'occuper de la paperasse administrative et accueillir chaque personne entrant en ces lieux - chaque futur client comme il le pensait souvent - c'était lui.

Face à la petite augmentation non négligeable, beaucoup auraient sauté sur l'occasion. Qu'est-ce que répondre aux appels et faire une salutation respectueuse, entre deux tri de papiers, si c'est pour quelques couronnes de plus ?

Seulement, le préposé Eivind Hansen n'appartenait pas à la catégorie "beaucoup", dans le sens où le simple contact avec autrui avait tendance à le rendre irritable. Que ça soit pour dix ou vingt couronne de l'heure en plus, le résultat était sensiblement le même ; et si le légiste ne lui avait pas lancé ce regard exaspéré à la "nous n'avons pas le choix alors fais un effort", il se serait battu corps et âme pour ne pas hériter de la seule tâche un tant soit peu sociale de la morgue - bien qu'a priori, charcuter ce qui fut un jour des personnes vivantes pouvait s'apparenter à du social. A sens unique.

Toujours était-il qu'Eivind n'avait pas pris l'air de la journée. Depuis sept heures du matin, il respirait l'aigre arôme de la mort, le genre d'odeur qui s'insinue dans le cerveau et finit par transmettre un message du style "c'est okay les gars, faut juste s'habituer". Aussi il ne broncha pas lorsque le docteur incisa la peau glaciale et qu'une odeur putride s'échappa des organes mis à nu. Seulement, les officiers de police qui venaient de temps à autre assister aux autopsies n'étaient pas aussi stoïques, et c'était, il fallait l'avouer, le plus grand plaisir coupable - enfin , coupable, tout est relatif - du norvégien que de les observer s'éloigner avec un haut-le-coeur. Ils étaient souvent du genre à jouer les durs, mais pas un seul ne pouvait se targuer d'être indifférent à la morsure brutale du formol, à la senteur agressive des tissus en pleine putréfaction.

Aujourd'hui, il y avait également une odeur toute particulière qui accompagnait ce panel habituel. Eivind tenta de la discerner, et ce fut avec un petit pouffement qu'il comprit que Mme Strömblad portait une crème de jour à la camomille au moment de sa mort. Le médecin lui lança un regard perplexe, mais peut-être n'avait-il pas saisi, ou peut-être que s'il avait saisi, il ne comprenait pas la référence au Docteur Hannibal Lecter.

Mais ce n'était certainement pas ce pouffement, aussi discret soit-il, qui n'avait pas sa place dans une salle d'autopsie. Il y avait bien évidemment une question de respect tandis que la défunte, sextagénaire, présentément étendue sur la table, était offerte nue à la vue des trois hommes présents dans la salle ; cependant, le médecin et le préposé en avaient vu d'autres et il leur arrivait même souvent de discuter de leur prochain repas tout en charcutant les corps sans vie. Ce que le médecin évitait de faire quand un officier de police était avec eux. Surtout quand celui-ci avait un teint un peu blanchâtre.

Mais ce qui était devenu un malin plaisir de la part du norvégien. Aussi lorsque l'officier, plus pâle que la défunte, avait ôté sa blouse en marmonnant qu'il avait besoin de respirer - juste après qu'Eivind ai mentionné qu'il allait sans doute se faire des tripes à l'ancienne au dîner - le médecin se retourna vers le norvégien en ôtant ses gants.

- Tu es un sale con Eivind. Et je ne dis ça que dans ton intérêt.

Le norvégien haussa les épaules, saisissant le matériel pour préparer le corps aux pompes funèbres.

- Mais je suis un sale con plus que compétent. Et je dis ça dans votre intérêt.

Le médecin leva les yeux au ciel, et aurait sans doute marmonné un "qu'ai-je bien fait au ciel pour avoir un préposé pareil", s'il ne savait pas qu'Eivind avait déjà une réponse toute faite pour ce genre de questions réthoriques. Il s'y était risqué une fois, pas deux.

Eivind tourna la tête vers lui.

- Vous allez me donner une augmentation ?
- Pardon ?
- Non ? Alors qu'est-ce que vous faites encore là ?


Gros regard norvégien qui sonde l'âme. Le médecin fronça les sourcils et croisa les bras.

- Il s'avère que j'ai reçu un coup de téléphone du bureau central tout à l'heure.
- A propos de l'autre corps livré au frigo ? Il devra attendre demain.
- Rien à voir du tout, mais je pense que la dernière nouvelle va te faire sourire. Il s'avère qu'un membre des forces de l'ordre a fait des bêtises, et donc il est punit. Et apparemment, sa punition sera de venir tâter un peu de ton travail après les heures de boulot.


Eivind plaqua, brutalement mais pas violemment, les ciseaux sur la table d'autopsie. Il ne voulut pas se retourner. Il savait pertinemment que le visage radieux et comblé du médecin allait lui taper sur le système. Aussi, sa voix se fit sèche et dure :

- Compte tenu des mesures de sécurité, du nombre d'analyses précises à effectuer et de la marge d'erreur proche du zéro que je dois fournir, vous avez bien entendu refusé ?
- Ah mais je n'en ai pas eu le courage. Toi qui te plaignais d'avoir une surchage de boulot, voilà le sauveur. Oh et, il faut abso-lu-ment qu'il touche un peu à tout, pas question de le laisser à la réception. Tu le feras oeuvrer dans le frigo.


L'envie d'assener un coup tranchant dans l'artère du médecin prit Eivind. Mais il se ravisa. Il finissait suffisament tard ce soir pour ne pas ajouter "camoufler un meutre" à sa liste des choses à faire.

- Vous ne l'emporterez pas dans l'au-delà.
- On ne dit pas "au Paradis" plutôt ?
- Vous n'y êtes malheureusement pas destiné.


Et bim. Le médecin leva de nouveau les yeux au ciel, trop blasé pour savoir que répondre quoi que ce soit serait une perte de temps inutile et il avait à faire aussi. Aussi il ôta sa blouse et tourna les talons, direction sortie en lançant un :

- Je te laisse finir. Au fait, il est là pour trois semaines, le bleu.

Et de s'éclipser, presque en chantonnant, comme un gosse immensément fier de sa bêtise.


Une heure plus tard, Eivind était en train de "ranger" la défunte, refermant la lourde porte du caisson. Et lui, il n'attendait qu'une chose : pouvoir rentrer chez lui, même s'il devait encore refaire des analyses sur deux cadavres et nettoyer la salle d'autopsie de fond en comble. Ah oui, et il y avait ce type des flics qui allait débarquer comme une fleur en lui sortant qu'il était "punit". Bon sang, comme s'il n'avait pas autre chose à penser.

Ce n'était pas la première fois que le bureau cental lui envoyait un spécimen de crétinus avancé. Le premier qui avait finit entre ses "griffes" avait malheureusement fini sur la table d'autopsie quelques mois plus tard - accident de voiture - et servait maintenant à alimenter les rumeurs quand à la nature du préposé à la morgue. Oh, si ça n'avait été que ça. Mais ceux qui avaient suivi avaient goûté aux remarques et au comportement particulièrement désagréable du norvégien. L'alliance des deux n'avait pas tardé à fournir un brin de fantasie au tout, et il ne lui était pas rare d'entendre "troll" ou autres choses à son sujet.

Il porta une main à sa poche. Il tâta mais n'y trouva rien. Pas de stylo. Fantastique. Le rapport d'analyse qu'il avait entre les mains ne demandait qu'à être rempli pour que sa journée se finisse plus rapidement, mais ce n'était jamais aussi simple. Il poussa un gros soupir et sortit de la salle d'autopsie en laissant la porte claquer bruyamment. Il longea le couloir désert, trop absorbé dans ses pensées d'avenir peuplé de sofa moelleux devant un film à la maison, pour entendre l'avertissement verbal à son encontre.

Aussi, lorsqu'il tomba né à né avec ce grand blond, l'air plus que sérieux, qui brandissait un tabouret au dessus de sa tête dans le dessein de le lui enfoncer dans la tête - Eivind n'alla pas chercher plus loin - sa réaction ne se fit pas attendre. Il poussa un cri de surprise et, bien qu'il ne fut jamais un franc partisan de la violence, la légitime défense restait maître de la situation, et son poing partit tout seul se loger dans le ventre de l'intrus avant même que toute réflexion ne se fasse.

Ce ne fut que lorsqu'il le vit plier sous la douleur qu'il réalisa qu'il portait un uniforme typique des flics. Eivind se ressaisit de la surprise, main sur le coeur, sourcils froncés, et observa le jeune homme face à lui, qui récupérait du méchant coup qu'il venait de se prendre.

- Mais quel attardé congénital on m'a encore envoyé ? soupira le norvégien, toujours un peu sous le choc. Qu'est-ce que vous comptiez faire avec ce tabouret ? Je comprends que vous soyiez en punition si c'est votre habitude.

En cela, il n'avait aucunement impressionné par la situation, et surtout, nullement l'air gêné d'avoir frappé quelqu'un par réflexe, il ne s'enquit même pas de savoir s'il allait bien et ne s'excusa pas un seul instant.

Nan mais oh. Qui était la victime dans l'affaire ?
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Sleepless


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MessageSujet: Re: Punition [n.f singulier ; orig. : commissariat de police de Sollentuna] : rendez-vous à la morgue pour de plus amples informations. | Eivind   Mer 4 Jan - 8:48

On y trouve pleins d’objets curieux, incroyables, imprévisible. Un mystère pour ma très humble cervelle. C’est un monde unique, absolument fantastique satanique et cela va sans dire, impossible à décrire. Comme le plus improbable des rêves putain de cauchemars.

Le suspense était à son comble. L’ombre, menaçante et maléfique, grossissait un peu plus à travers la vitre glacée de la morgue. Le cœur battant à tout rompre dans sa poitrine, le jeune policier serrait le tabouret au-dessus de sa tête si fort que ses doigts en devenaient blancs. Ce con de Bergström lui avait foutu la trouille avec son histoire de fantôme et Johan, en bon crédule, avait tout à fait assimilé la dimension fantastique de l’être qui s’approchait. Et était prêt à lui envoyer ce siège à la figure au cas où il lui sauterait à la gorge – ce qui était presque sûr étant donné la probabilité quasi nulle que le préposé soit effectivement un troll norvégien et l’imagination puérile et à 100% opérationnelle du danois.

La porte s’ouvrit doucement. Lui, montait le tabouret au-dessus de sa tête au fur et à mesure que quelques mèches blondes faisaient leur apparition dans la pièce.

Le coup partit tout seul. Un poing trollesque logé dans son abdomen avait fait échouer à jamais les tentatives d'assomment du policier. Il fallait avouer qu’il ne s’attendait pas à une riposte aussi rapide et surtout avant même qu’il ne mette à bien son plan. Le blond était plié en deux, pas de douleur, mais par la sensation bizarre que venait de lui faire ce coup de poing dans l’estomac. Bon, pitié qu’il ne rejette pas son café ET son déjeuner. Car il ne donnait pas cher des chaussures du préposé dont il voyait presque l’usure précoce.

- Mais quel attardé congénital on m'a encore envoyé ? Qu'est-ce que vous comptiez faire avec ce tabouret ? Je comprends que vous soyez en punition si c'est votre habitude.

Se redressant, il reposa le tabouret par terre à côté de lui et posa son regard sur le jeune homme en face de lui. Il écarquilla les yeux, étonné. Car il fallait dire que le schéma était compliqué dans la logique danoise. De 1) le préposé ne ressemblait pas à un monstre. Il avait été trompé sur la marchandise. 2) Il parlait avec un accent beaucoup moins prononcé qu’il ne l’aurait cru. 3) Malgré le coup de poing, il ne ressentait pas le besoin de lui rendre la pareille, ce qui était un exploit en soit, mais surtout très perturbant.

Il se massa le ventre, le temps que la douleur disparaisse. Il n’était pas allé de main morte ce norvégien décidément.

- Désolé. J’ai cru que j’allais me faire attaquer par un troll des montagnes affamé, avoua-t-il. Faites attention avec son petits poings, j’ai failli vomir mon café sur vos chaussures.

Il soupira et arrêta de masser. La douleur était partie. C’était bon signe. Puis, il jeta son mégot dans la poubelle, se retourna et le détailla un peu plus. Il n’était pas bien grand, blond (comme tout scandinave qui se respecte après tout), et semblait heureux dans tout ce qu’il faisait – ce qui était vraiment ironique quand on sait que les norvégiens font tous la gueule dans la rue. Ça respire la joie de vivre dans ce pays dis donc. A vrai dire, Johan était peut-être allé un ou deux fois en Norvège, pendant son enfance. Il n’avait visité qu’Oslo et il ne pensait pas que son « patron » pour trois semaines ne soit de la capitale.

- Vous êtes le préposé ? Je vous pensais plus âgé que ça. Et surtout, que vous parleriez avec un accent bien plus horrible. C’est cool pourtant le norvégien comme langue. Bien mieux que celle d’ici en tout cas. – Il pointa du pouce un point imaginaire de la pièce, désignant ainsi la Suède en général et non un objet tout à fait déterminé. – J’ai l’impression de parler le cro-magnon.

Car bien sûr, en l’absence totale de réflexion sur l’instant et compte tenu de la capacité incroyable de Johan à deviner l’âge des gens, il était évident qu’il ne lui donnait qu’un peu plus de vingt-ans. Peut-être moins. Et sa connaissance des subtilités du danois et du suédois lui avait fait carrément avouer sa nette préférence pour le danois, sa langue paternelle.

- Je suis le brigadier Nielsen. – Il lui tendit la main pour le saluer, lui souriant avec malice. – Enchanté Monsieur Trol…. Hansen. Rassurez-moi, vous ne mangez pas les suédois ni les morts hein ? C’est pas que je ne suis pas suédois mais je ne pense pas que la viande danoise soit très juteuse.

Sa langue fourcha avec la grâce du pigeon parisien s’écrasant sur le pare-brise d’un taxi. Il se sentait TRÈS con. Mais ce n’était pas comme si c’était habituel. Il ne nota pas l’éventuelle réaction norvégienne quant à sa connaissance de son nom et ses paroles, et fourra ses mains dans ses poches de blouson. Il ne faisait pas très froid, mais l’atmosphère était suffisamment sèche et fraiche pour l’obliger à protéger et réchauffer ses extrémités.
Le jeune danois suivait le préposé du regard. Il ne savait pas s’il allait commencer à travailler tout de suite. Il ne savait pas en quoi allait consister sa punition de toute manière. Ce qu’il n’allait pas tarder à lui demander. Car travailler à la morgue pour sa punition, c’était le pied. Le danois avait toujours été amateur de sensations fortes. Oh bien sûr, cela n’allait pas être la première fois qu’il allait voir des morts. Il en avait déjà vu dans « Sixième sens », le film avec le petit garçon là, tout le monde connait. Et puis aussi accessoirement une fois pendant le service, et il était en piteux état. Tout a fait sûr de sa résistance à l’odeur, il lui demanda :

- Alors ? Quel est le programme ce soir ? Découper sur la longueur un corps ? Peser des organes ?

Johan n’avait bien sûr aucune idée de la nature même du travail de préposé à la morgue et n’avait pas eu les vents d’anciens punis quant à leurs tâches. Pour lui, le rôle de préposé se résumait à ce qu’il voyait dans les séries américaines : des analyses, des découpes de corps et des prélèvements (bon, pas dans le même ordre, on se l’accorde). Il se voyait déjà tripatouiller un foie, un cœur, le tout avec les mains pleines d’un sang fluide et rouge, comme dans un bon film d’horreur à la norvégienne.

Il lui sourit, espiègle. Attendant sa réponse, il s’installa sur le tabouret qu’il avait déposé il y avait de cela une dizaine de minute et s’amusa à faire des arcs de cercle avec la tête tournante du siège. Il ne comprenait pas pourquoi il ressentait cette nécessité de lui montrer ses dents si ce n’était que c’était comme ça. Une petite voix dans sa tête lui disait « allez, sourit, il en a besoin ». Alors le danois, pas avare de sourires, s’était exécuté.

C’était quelque chose d’inexplicable, un besoin vital que de montrer un peu de bonne humeur à cette âme norvégienne.
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Bedshaped


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MessageSujet: Re: Punition [n.f singulier ; orig. : commissariat de police de Sollentuna] : rendez-vous à la morgue pour de plus amples informations. | Eivind   Dim 8 Jan - 12:51

Le visage du norvégien se figea en une expression d'atterrement profond. Les mots auraient pu résonner dans la pièce et ricocher sur les murs pour revenir le percuter de plein fouet tellement il était abasourdi.

- Désolé. J’ai cru que j’allais me faire attaquer par un troll des montagnes affamé.

Un troll. Un. Troll.

Ce type n'était pas sérieux. Non. Il ne pouvait pas l'être. Non pas qu'Eivind n'avait pas l'habitude de ce genre de boutade. A chaque fois qu'il passait au bureau central pour refiler les analyses ou les pièces à conviction, on parlait de "troll" ou autre créature magique sur son chemin. Il avait finit par s'y faire, sans répliquer, à quoi bon lancer une réponse dans le vide sans connaître son interlocuteur.

Mais jamais ô grand jamais il n'auraut cru un seul instant que le cerveau humain pouvait faire croire à son possesseur que ce genre de choses était vraies et palpables.

Ou alors ce gars n'avait pas de cerveau. Ce qui semblait tout à fait approprié. Eivind le lui aurait bien fait remarquer son manque de jugeotte en temps normal, par une remarque bien cinglante du style "moi qui pensais en avoir vu des idiots, je sais maintenant que j'étais loin du compte". Cependant, il y avait quelque chose qui l'en empêchait. Quelque chose qui lui disait, lorsqu'il fixait la tête de grand blond ahuri, qu'au fond il n'était peut-être pas si idiot qu'il en avait l'air et qu'il méritait une seconde chance.

- Vous êtes le préposé ? Je vous pensais plus âgé que ça. Et surtout, que vous parleriez avec un accent bien plus horrible. C’est cool pourtant le norvégien comme langue. Bien mieux que celle d’ici en tout cas.

Le regard du norvégien se fit plus perçant. On aurait pu penser qu'il allait le clouer contre le mur avec un énorme pieu sortant de ces deux prunelles au regard glacial. Mais il n'en était rien, Eivind fut simplement envahit par cette question qui revenait à chaque fois qu'il rencontrait quelqu'un : est-il si difficile de ne pas tergiverser en conversations futiles et en venir au but ? Ou dans un autre domaine, quelqu'un d'autre que lui n'en avait-il absolument rien à foutre de ses origines norvégiennes ? Autant commencer une conversation par "je me suis fait un thé" et voilà tout. L'intérêt de la chose se rapprochait du zéro absolu, du moins pour le norvégien.

Mais étrangement, ce fut la première fois qu'il se demanda également, et avec beaucoup de sérieux, si son accent était si audible que ça. Si le temps qu'il avait passé à s'exercer, si l'année complète qu'il avait passé ici et si le peu de fois où il avait tenu une conversation de plus d'une demi heure avec quelqu'un du coin avaient réellement porté leurs fruits ; ou si son accent était si terrible aux oreilles d'autrui.

Du moins pour son interlocuteur du moment, ça ne semblait pas être un problème.

- Je suis le brigadier Nielsen. Monsieur Trol…. Hansen. Rassurez-moi, vous ne mangez pas les suédois ni les morts hein ? C’est pas que je ne suis pas suédois mais je ne pense pas que la viande danoise soit très juteuse.

Seconde chance de ne pas passer pour un débile, évincée. Le norvégien ne remarqua même pas qu'il connaissait son nom et dédaigna complètement la main tendue vers lui, tant le choc de cette déclaration lui fit ouvrir de grands yeux.

Dansk fjols.

Bon sang, s'il n'avait pas cette espèce de certitude qu'il n'était pas un bon à rien et que sa boîte crânienne était un minimum remplie, il se serait fait un plaisir de le lyncher en paroles qui démontrent par A+B=C que ce pauvre hère avait dû geler des neurones en arrivant.

Mais il tint bon. Avec beaucoup d'étonnement. Aussi il l'écouta en silence, très calme, sans avoir pipé mot depuis qu'il avait ouvert la bouche, ne s'attardant pas un seul instant sur le fait que, de toute évidence, il ne savait rien du travail de préposé ni de ce qu'il allait faire dans les semaines à venir. Il devait sans doute penser faire comme dans les films, pratiquer les autopsies avec un flic à côté de lui qui demande, très stoïquement, ses impressions.

Mais non lapin, ça ne se passe pas comme ça dans la vraie vie.

Il attendit un instant, le détaillant un peu, ce qui pouvait paraître excessivement long d'un point de vue extérieur, avant de répondre avec une voix complètement blasée :

- Je suis tout à fait en âge de faire mon travail si c'est ce que vous vous demandez. Non je ne mange pas les morts, qu'ils soient suédois, danois, ou même portugais. Par ailleurs votre présence ici n'est pas pour débattre de mes origines, je me trompe ? Je ne tiens pas à savoir ce que vous avez fait pour la simple raison que je n'en ai rien à faire, je sais juste que je vais devoir m'occuper de vous pendant les trois semaines à venir. Il va donc falloir que vous appreniez quelques règles fondamentales. Règle numéro un, pas de cigarette ici. Non pas que la santé de vos poumons m'inquiète, mais simplement que le formol est inflammable. Et vous n'allez pas me croire mais on en utilise dans cette morgue et je ne pense pas qu'on soit les seuls.

Il se rapprocha du bureau, à la recherche du stylo perdu, en profitant pour faire un peu de rangement, machinalement. Il relevait quelques instants la tête pour se rendre compte qu'il lui souriait.

Et contre toute attente, ce sourire d'imbécile heureux lui faisait... plaisir. Tout au fond.

- Suivez-moi.

Il reprit son rapport, avant de se diriger de nouveau vers le frigo, reprenant sa liste tout en marchant :

- Règle numéro deux, il faut impérativement remettre les corps dans les caissons en cas d'absence, même pour quelques secondes. Ce n'est plus de la première fraîcheur si on peut dire, et il est déjà arrivé aux têtes en l'air de les oublier sur la table. Ce genre d'incident ne doit pas arriver, et il est hors de question d'envoyer de la bouillasse aux pompes funèbres.

On pourrait croire qu'il n'avait aucun respect pour les défunts. En un sens, peut-être.Il s'engouffra dans la salle, son souffle commença à apparaître à l'oeil nu et il se dirigea vers une des portes.

- Et enfin, il n'est pas question de faire tout ce que vous avez pu voir dans quelconque série B. Un préposé n'est pas un médecin. Je ne pratique pas les autopsies, j'y assiste le médecin. En résumé, un préposé s'occupe de l'entretient des cadavres, de leurs effets personnels à remettre au non au bureau central, de leur identification - oui vous savez, le petit papier qu'on pose sur l'orteil - de leur examen externe - il montra son rapport qu'il tenait dans son bras gauche et où il commençait à écrire "crème de jour à la camomille" avec beaucoup de sérieux - et de l'acheminement vers les services funéraires. Je m'occupe aussi de la levée et de la pesée des corps, d'éventuels prélèvements demandés - les organes, les tissus, l'urine - et également de la propreté de l'endroit.

Il avait très envie d'ajouter "et en plus de ça, de l'accueil, on ne travaille jamais assez" mais il trouva la réponse déplacée.

- Des questions ? - il n'attendit pas un seul instant avant de reprendre - Très bien, alors nous pouvons poursuivre. Autant avoir un exemple sous les yeux.

Il ouvrit alors le caisson et en fit sortir le corps de Mme Strömblad, bleuit par la mort, et désigna quelques endroits, sans se soucier des réactions danoises :

- Ici nous avons l'exemple d'un cadavre qui sort de l'autopsie, mon rôle est donc de noter les particularités externes du corps. D'après le médecin, Mme Strömblad est décédée de mort naturelle : hémorragie subarachnoïdienne. Elle devait souffrir d'un anévrisme sacculaire - autrement dit d'une tumeur sur le trajet de l'artère, à la base du cerveau. Ici et là peut remarquer des hématones ante-mortem, un parfum particulier, des ongles vernis ; bref. Mon rôle est de noter ces particularités. D'ailleurs quelle taille faites-vous ? En vêtement je veux dire, afin de vous trouver une tenue chirurgicale adaptée. J'ai eu un ordre de vous faire toucher à tout - pas aux choses importantes j'entends - et il me parait donc naturel que vous n'allez pas assistez aux autopsies en uniforme de brigadier.

Il n'avait plus autant parlé depuis... la dernière fois qu'un brigadier était venu essuyer une bêtise. C'était étrange. Et il sentant qu'il avait un peu de mal à articuler, mais soit, au moins il faisait son travail et presque dans une humeur neutre, à défaut d'être bonne.
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MessageSujet: Re: Punition [n.f singulier ; orig. : commissariat de police de Sollentuna] : rendez-vous à la morgue pour de plus amples informations. | Eivind   Mer 11 Jan - 10:25

Pour une première rencontre, il avait déjà vu mieux. Mais il n’était pas encore à plaindre, les festivités ne faisaient que commencer.

Le norvégien lui avait exposé son avis quant à sa façon d’aborder la conversation. Certes, le danois aimait beaucoup discuter et parler de chose et d’autres telles que « t’as vu le soleil brille » ou encore « j’ai mangé mc do hier, je me suis rempli la panse comme un obèse », conversation qui se terminaient généralement en débat sur la comparaison des hamburgers de chez mc do entre la Suède et le Danemark qui, bien sûr étaient différents. Les sandwiches aux köttbulars suédois n’étant pas du tout du goût de Johan comparé aux smørrebrød de Copenhague. On est patriote ou non après tout.

Mais là n’était pas la question. Il avait remarqué que ce genre de conversations futiles n’était pas du gout premier du norvégien rien que par la façon dont il le fixait glacialement. Mais Johan s’en fichait. Etrangement, il savait que cette âme glacée pouvait très bien se livrer à quelqu’un néanmoins un effort et une volonté sans limite de sa part, ce qui était d’une facilité déconcertante. Johan était borné et le norvégien allait faire la connaissance de son caractère têtu bien assez tôt. Ils n’allaient tout de même pas passer trois semaines sans se parler.

Il écouta attentivement ses longues paroles et zieuta sa cigarette dans la poubelle lorsqu’il la mentionna. Tournant la tête vers lui, il lui sourit à nouveau :

- Cigarette déjà jetée mon Capitaine !

Non content d’afficher un certain sourire un tant soit peu imbécile à son interlocuteur, il le scruta. Il avait fini sa règle numéro un, il était impatient de savoir les autres, se demandant si elles étaient toutes en relation, comme les quatre lois de la robotique (grand fan de film le danois, ne pas chercher). Impatient pendant que le préposé cherchait apparemment un stylo sur le bureau, il laissa ses jambes se balancer en l’air, les mains en appuis sur le tabouret, entre ses jambes. Doucement, il porta son regard sur la pièce, pour s’occuper pendant son attente. Il ne faisait pas froid, du moins pas trop pour un scandinave, même du sud. Mais il était tout de même content d’avoir son manteau de service sur lequel le son nom apparaissait.

- Suivez-moi.

Il reporta vivement son regard sur le visage du norvégien qui déjà, commençait à s’engouffrer dans une autre pièce, exposant sa règle numéro deux. Le danois se leva et le rejoignit, marchant à sa hauteur. L’idée même de devoir remettre les corps dans des caissons lui stimula l’oreille. Alors il allait tripatouiller les corps, c’était sûr. Il mina un sourire satisfait, s’exclamant :

- Alors c’est sûr de sûr hein ? Je vais tripatouiller des corps ?

Il était aussi excité qu’un acarien au salon de la moquette et ne le cachait pas. Il accéléra inconsciemment le pas, très impatient de découvrir la vraie apparence d’un corps mort. Sans doute par curiosité malsaine après tout. Enfin, il ne savait pas trop.

Son souffle commençait lui aussi à se faire voir dans la fraicheur ambiante, tout comme celui du préposé. Ils se dirigèrent vers une des portes en métal de la pièce. L’air n’était pas de la première fraicheur, tout comme ls corps dans ces caissons, du moins de ce que Johan se doutait, et semblait être saturé d’un mélange à la fois de molécules volatiles de formol, de putrescine, de cadavérine et d’insectes en décomposition (car bien sûr, certains ne devait pas être encore nettoyés, du moins pareil, Johan y pensait).

Il l’observa noter quelque chose sur son rapport pendant qu’il lui expliquait la suite et nota non sans un certain amusement qu’il écrivait « crème de jour à la camomille ». Soit il s’amusait, soit ce cadavre utilisait vraiment ce genre de crème, auquel cas, le clin d’œil à Hannibal Lecter était d’une flagrance incroyable.

- Des questions ?

Le danois n’eut pas le temps de répondre que déjà un caisson était ouvert, libérant alors une faible odeur de pourri si caractéristique des corps inertes et sujet à la putréfaction retenue.

Sans doute le norvégien ne s’attendait pas à ce genre de réaction, mais les grands yeux écarquillés du danois ainsi que les étoiles qui s’y logeaient ne pouvaient qu’étonner la moindre personne qui pouvait se trouver dans la pièce.

- Christ ! C’est trop cool !

Il écouta d’une oreille discrète les explications qui suivirent l’ouverture du caisson et la sortie du cadavre. Un cadavre de femme. Jeune, vieille, il ne pouvait dire. Tout ce qu’il pouvait avouer, c’était qu’elle était aussi bleue qu’Emily dans Corpse Bride.

- Ici nous avons l'exemple d'un cadavre qui sort de l'autopsie, mon rôle est donc de noter les particularités externes du corps. D'après le médecin, Mme Strömblad est décédée de mort naturelle : hémorragie subarachnoïdienne. Elle devait souffrir d'un anévrisme sacculaire - autrement dit d'une tumeur sur le trajet de l'artère, à la base du cerveau. Ici et là peut remarquer des hématomes ante-mortem, un parfum particulier, des ongles vernis ; bref. Mon rôle est de noter ces particularités.

- Comme la crème de jour à la camomille ? Tu es sûr que le cadavre ne s’appelle pas Clarice Starling ? – L’allusion à Hannibal Lecter était trop évidente pour ne pas lui en faire part.

Il le fixa avec un grand sourire, tout fier de lui montrer sa culture cinématographique (et aussi tentant d’engager la conversation sur un sujet bateau comme le cinéma tout en le tutoyant avec brio). Buté le danois ? Nullement. C’est une illusion.

- D'ailleurs quelle taille faites-vous ? En vêtement je veux dire, afin de vous trouver une tenue chirurgicale adaptée. J'ai eu un ordre de vous faire toucher à tout - pas aux choses importantes j'entends - et il me parait donc naturel que vous n'allez pas assistez aux autopsies en uniforme de brigadier.
- M. En gros. – Il lui répondit sans détacher son regard du corps, fasciné. Ou L, ça dépend en fait. J’ai les épaules larges. Et elle est morte depuis quand ? Parce que si elle est décédée d'un bête AVC, je me demande pourquoi elle se retrouve dans notre morgue. Ce n'est pas réservé aux victimes ici ?

Il alla regarder l’étiquette à l’orteil de la défunte, curieux de savoir de quoi exactement il en retournait. Le jeune brigadier fixa un instant son superviseur de punition :

- Tu vas me faire porter une blouse ou quelque chose dans le genre, Patron ? Du moment que je n’ai pas de bonnet d’âne, ça me va.

Moqueur et amusé. C’était ce qu’il était en cet instant. Il laissa l’étiquette filer entre ses doigts. Concernant le tutoiement, Johan s’en fichait. Eivind n’était pas son véritable supérieur, aussi, il ne se considérait par comme obligé d’avoir une marque de politesse quelconque envers lui. Pour Johan, il était son égal, hiérarchiquement parlant.

Et même, quelque chose lui disait de ne plus marquer la distance professionnelle, tout comme la distance affectueuse.
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MessageSujet: Re: Punition [n.f singulier ; orig. : commissariat de police de Sollentuna] : rendez-vous à la morgue pour de plus amples informations. | Eivind   Mar 17 Jan - 19:19

Il y avait comme un mélange particulier d'émotions qui se tramaient dans la tête d'Eivind. Bien que le mot "émotion" soit un peu déplacé. Non pas qu'il ne les connaissait pas, mais le temps lui avait appris à les mettre de côté et à écouter sa logique cartésienne avant de penser à y mettre des sentiments.

En fait, Eivind ne savait pas quoi penser du brigadier Nielsen. Quelqu'un d'autre ayant la même attitude l'aurait agacé de suite avec ses réflexions de gamin, ses réactions puériles et sa manière de parler bien trop discourtoise pour une rencontre. Il l'aurait rembarré de suite avec une remarque bien acerbe, tout droit sortit des tréfonds de l'agacement norvégien bien cinglant.

Mais quelque chose le perturbait.

- Christ ! C’est trop cool !

Il fallut un instant au norvégien pour saisir qu'il parlait du cadavre étendu devant eux. Il regarda le cadavre. Puis le flic. Le cadavre. Le flic. Le cadavre. Le flic. Ah. Ah bon. Et dire qu'il se trouvait à la limite de l'irrespect, parfois. Mais jamais complètement non plus hein, il connaissait la limite. A croire que celui-là, il ne savait pas où elle se trouvait.

On verra bien ce que tu en penseras pendant l'autopsie demain, pensa-t-il. Le tout accompagné d'un rire machiavélique intérieur.

- Tu es sûr que le cadavre ne s’appelle pas Clarice Starling ?

Il le fixa encore. Tiens donc. Il n'était donc pas le seul à avoir un minimum de culture cinématographique. C'est qu'il était moins idiot qu'il n'en avait l'air, le flic. Mais il ne fit que le gratifier d'un rictus qui dura un dixième de seconde. Il ne fallait pas trop en demander à Eivind lorsqu'on remontait légèrement dans son estime, ce n'était pas comme si le brigadier Nielsen lui avait démontré la théorie de la relativité avec beaucoup d'aisance et de savoir.

Même si dans le cas évoqué, Eivind aurait sans doute été très malaimable aussi. D'un air de dire "toi tu te la pètes un peu trop". Il ne fallait pas être extrême pour Eivind. Il fallait être le juste milieu. Ni trop idiot, ni trop intelligent. Ni trop dans la réalité, ni trop dans ses rêves. Ou alors, il fallait être quelqu'un de très particulier pour qu'il y accorde une quelconque importance.

Et même si le brigadier Nielsen n'avait pas l'air d'une lumière criante d'originalité, il y avait quelque chose d'autres. Peut-être ce grand sourire jovial, allez savoir.

Lorsqu'il lui donna sa taille de vêtement, Eivind tenta de savoir s'ils n'avaient pas déjà ça en stock, au lieu d'aller en redemander. Mais il fallait croire que les préposés et médecins étaient tous loin d'être de grands types baraqués, même si soulever des corps demandait une certaine habitude. Oh tant pis, j'irais voir tout à l'heure, finit-il par se dire en haussant les épaules, incapable de se souvenir. Et ça l'agaçait. Même une simple chose comme ça arrivait à l'agacer les soirs où il était fatigué, et ce même s'il allait bien vite l'oublier.

- Et elle est morte depuis quand ? Parce que si elle est décédée d'un bête AVC, je me demande pourquoi elle se retrouve dans notre morgue. Ce n'est pas réservé aux victimes ici ?

Petit regard en coin. Hé bien. C'est qu'il était vraiment moins stupide que prévu. Le jeune préoposé souleva quelques feuilles du rapport et retomba sur les faits énoncés par le flic qui avait demandé la dépose du corps à la morgue.

- Apparement Mme Strömblad, âgée de soixante et un ans, divorcée, a été retrouvée flottant en robe de chambre dans sa piscine privée. Et la situation, en plein mois de Mars à Sollentuna, est apparue comme suffisamment incongrue pour l'officier... - il chercha le nom du doigt - ... Ljungström - prononcé avec le plus bel accent norvégien - ... pour qu'il décide qu'il y avait peut-être un acte criminel là dessous. Et seule l'autopsie peut donc déduire qu'elle a tout simplement fait un avc non loin de sa piscine, l'y faisant tomber.

Il rabattit les feuilles sur le carnet.

- Mais dans le doute, c'est par chez nous que les corps passent. Et vous n'imaginez même pas combien sont de "fausses alertes" du monde du crime.

En même temps s'il avait voulu travailler dans le monde du crime, il se serait installé à New York. La Suède n'était pas vraiment l'endroit rêver pour les âmes en quête de sensations fortes, éprises de justice et d'une curiosité un peu glauque. Et s'il remplissait l'un des critères, il aspirait à une vie bien trop tranquille pour se permettre d'aider à élucider trois crimes par jour.

- Tu vas me faire porter une blouse ou quelque chose dans le genre, Patron ? Du moment que je n’ai pas de bonnet d’âne, ça me va.

Le jeune préposé soupira.

- Une tenue chirurgicale très exactement. Tu sais, comme dans les films, où les agents mortuaires portent des blouses bleues ou blanches.

Puisqu'il partait en tutoiement, il allait avoir du tutoiement. Toujours se mettre au niveau de son interlocuteur. C'était plus facile pour lui. Il inscrivit alors quelques notes supplémentaires, avant de ranger de nouveau le cadavre dans le caisson, puis de faire signe au brigadier de le suivre.

- Je pense que pour ce soir ça ira, je te trouverai une tenue pour l'autopsie de demain. Mais je suppose qu'avec ton uniforme, ça ne sera pas trop dur de nettoyer la salle d'autopsie.

Il prit tout le nécessaire à l'entretien des lieux en passant, avant de le guider de nouveau dans les frigos et passer par la porte de liaison vers la salle d'autopsie. L'odeur était nettement plus forte ici, et promettait d'imprégner les vêtements du flic, et d'y rester pour un bon moment.

Eivind lui tendit les produits.

- Première étape et seule demande de la soirée, tu nettoies tout. J'ai déjà mâché le travail après l'autopsie, ça ne devrait pas te prendre trop de temps. Il faut que ça soit nickel. Je serais dans le bureau du légiste en face, si jamais tu ne sais plus comment on tient une serpillière.

Il ôta ses gants et commença à dénouer sa tenue, direction les vestiaires. Avant de se retourner à l'embrasure de la porte.

- Oh, et ne touche pas aux caissons. J'ai déjà fais ce qu'il fallait là bas.

Un peu plus et il se féliciterait d'être l'employé modèle. Mais il avait encore du travail, et s'il en avait marre, il fallait qu'il reste encore le temps que le bleu ait fini. Longue fin de soirée qui s'annonçait.
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MessageSujet: Re: Punition [n.f singulier ; orig. : commissariat de police de Sollentuna] : rendez-vous à la morgue pour de plus amples informations. | Eivind   Dim 18 Mar - 11:08

Il ne cessait de regarder sous tous les angles, le corps inanimé de la morte alors que le préposé lui expliquait pourquoi elle se retrouvait ici. A vrai dire, il n'écoutait que d'une oreille (sans aucun doute allait-il lui redemander plus tard avec le sourire de celui qui au final, n'avait absolument rien écouté depuis le début). Johan était plus intéressé par le côté Schtroumpf du cadavre et par la texture dure de la peau de la Madame qu'il palpait du bout d'un doigt comme on pokerait la joue d'un gosse de 4 ans, que par les recommendations ou on ne sait quoi, du norvégien.

Il s'amusait à retrousser le nez de la malheureuse victime avec son index (aucun respect pour les morts, on pouvait dire cela comme ça) quand le préposé Hansen rangea le corps à l'endroit où il devrait être : au frais, dans son caisson hermétique.

- Je pense que pour ce soir ça ira, je te trouverai une tenue pour l'autopsie de demain. Mais je suppose qu'avec ton uniforme, ça ne sera pas trop dur de nettoyer la salle d'autopsie.

Le danois fit la moue quand le corps disparut de sous ses yeux. Beuh. Il voulait encore jouer à poker, à tatouiller, pour voir comme ça fait quand on est mort. Il se redressa et fit face au supposé troll. Mains dans les poches, il lui affichait toujours sa moue boudeuse alors que le norvégien était parti lui chercher les produits d'entretiens. Le danois boudait vraiment. Il ne fallait pas chercher. Il le vit lui tendre les bouteilles en spray, en désinfectant et autres trucs dont il ne se servait jamais et dont il ne connaissait pas l'utilité. Il prit les produits et se fit emmener dans l'autre pièce. L'odeur y était particulièrement forte, comment pouvaient-il travailler dans de telles conditions ? C'était comme travailler avec Bergström. « Il y a des bagels à la viande et au thon entre nous mon gros. Et le matin, ça donne pas envie. Quoique. Je veux bien avoir une haleine de chiotte si tu m'en passes un ». Maintenant que les choses pas drôle commençaient, le danois n'était pas sûr de garder sa bonne humeur. Il n'allait pas être payé et en plus il allait devoir faire la bonniche. Non, décidément, ce n'était pas drôle.

- Première étape et seule demande de la soirée, tu nettoies tout. J'ai déjà mâché le travail après l'autopsie, ça ne devrait pas te prendre trop de temps. Il faut que ça soit nickel. Je serais dans le bureau du légiste en face, si jamais tu ne sais plus comment on tient une serpillière. 

Le danois soupira, posa les produits sur la table d'autopsie la plus proche et retira son blouson. Il n'avait seulement qu'un pull fin en dessous. Assez fin mais suffisament chaud pour n'avoir que ça sur le dos et ne pas avoir froid même par -10°C. Pratique. Il retroussa ses manches et commença à regarder quel produit allait avec quoi. Ne connaissant pas du tout ces solutions là, utilisée seulement en laboratoire (« éther » ? C'est pas pour regagner des MP normalement ?), il se retourna vers Hansen et lui demanda :

- J'utilise comment ça ?

Il secouait devant lui le RBS. Déjà, il ne connaissait pas le cigle, alors encore moins son action ni sur quelle surface l'utiliser. Il attendit alors que le norvégien lui réponde et ne lui donne ses dernières instructions avant de voir comment nettoyer et dans quel ordre. Il resta bien cinq minutes perplexe devant son seau et sa serpillère. Puis il haussa les épaules. Quitte à désinfecter, il allait mettre la tonne de désinfectants. Le seau remplit au trois quart de RBS et un quart javel (le RBS ça coute cher, mais en avait-il seulement conscience ? Non. Il pensait que cela s'achetait en supermarché comme une bouteille de liquide vaisselle. Ignorant danois). De là, il entama le nettoyage du sol. Pas trop expert mais du moment qu'il mouillait tous les recoins, cela irait, pensait-il.

Il n'en fut qu'à la moitié quand il lui prit l'envie de faire une blague au préposé (à croire que le coup du tabouret n'était pas suffisant). Donnant un coup dans un porte d'un des caissons (son poing se prit le revers de la douleur métallique avec un pur bonheur). Secouant la main dans une crispation de douleur, il tenta de ne pas faire de bruit et redonna un coup, avec le manche du balais cette fois. Il attendit alors quelques minutes, le temps de savoir si le norvégien avait entendu quelque chose avant d'accourir vers le bureau du légiste dans une fausse panique et de s'écrier :

- Y'a quelqu'un de vivant dans ton frigo ! C'est un zombi, un monstre, un nazi sortit de la glace et qui veut nous bouffer pour mes médailles !

De quelle médaille tu parles crétin ? La seule qui te revient de droit c'est de faire des blagues pourries.


Cette immonde référence à Dø Snø pouvait presque faire rire le norvégien tant elle était stupide et dénuée de logique. Se cachant derrière le préposé à la morgue, main sur son dos pour qu'il lui serve de bouclier, il continua :

- Ou alors c'est un vampire ? Comme dans Låt den rätte komma in ? Tu crois ? - Il se mis alors à pseudo-prier pour son salut, mains jointes vers le ciel, en direction de Dieu – Plus jamais je ne regarderai Dirty Diaries quand je suis seul à la maison, plus jamais. Pardon, pardon.

La plaisanterie allait peut-être un peu trop loin, mais voir les changements d'expressions sur le visage du norvégien (si elles étaient présents), promettaient d'être encore plus drôles que sa blague déjà pas marrante.

Spoiler:
 
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Punition [n.f singulier ; orig. : commissariat de police de Sollentuna] : rendez-vous à la morgue pour de plus amples informations. | Eivind

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