Il n'y avait rien de naturel dans ce que l'on éprouvait.
 
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 L'innommable.

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MessageSujet: L'innommable.   Mer 2 Juin - 21:55


© Acide Édulcoré
nom du personnage ; Sørensen
prénom(s) du personnage ; Maša (prononcé "masha") Liv
âge du personnage ; Vingt et un ans.
date de naissance ; Dix-sept avril 1989.
groupe ; Sleepless.
lié(e) ; Ashes to Ashes, Death to Death.
son origine ; Suédoise.
sa nationalité ; Suédoise.
son occupation ; Étudiant en psychologie à mi-temps, écrivain raté à ses heures perdues, adepte de petits boulots.

L'amour n'existe pas.
« Je ne pouvais plus me contenter d'être une seule personne. Je serais toutes les autres. » ;




Hey Maman tu t'es jamais demandé si à trop rire tes lèvres allaient pas se craquer ?
J'ai tous les talents, tout ce que tu veux. Hop hop. Je suis le tout et le rien. Je me lasse. De toi, et de moi le premier. Futile gamin aux yeux d'adolescent. Je n'ai jamais évolué, jamais grandit, jamais changé. Je reste bloqué, à la même place, avec les mêmes larmes, avec le même sourire. En regardant les mêmes gens qui passent et trépassent. Devant le bleu de mon regard décharné ils vivent, rient et meurent. Moi je reste là. Je ne change pas, je ne vis pas, c'est mieux ainsi.
Et tu vois, je te demande, Maman, t'as jamais eu peur ? A ta place, j'aurais peur. J'aurais peur de perdre toute l'eau de mon corps à force de la pleurer. Puis j'aurais peur de perdre toute ma beauté, à force de l'étaler.

On ne m'a jamais vraiment dit que j'étais beau. Ou plutôt ça n'a jamais vraiment compté. C'était des paroles en l'air, tu vois ? Des trucs balancés, au hasard, pour faire plaisir. La chair est superficielle mais le plaisir est réel. L'amour lui n'existe pas, ce n'est pas toi qui me dirait le contraire, ni vous tous qui changez et échangez de partenaires à mesure que vos paupières tombent. Elles finiront par ne plus vouloir se rouvrir, vos cils se colleront, les uns aux autres. Aveugles pour l'éternité, comme damnés. Je le suis autant que tous, autant que vous, autant que toi et autant que rien.

Je me souviens les cerises que nous mangions ensemble tels des enfants des champs heureux, remerciant la nature de ses cadeaux délicieux. Je crois qu'on a tous connus un jour cet être pour lequel nous étions prêt à tout. Notre vie pour la sienne. Tout abandonner, tout laisser aller. Au nom d'un magnifique Autre, d'un égoïsme sans nom. Le notre, le sien. Celui de tous. La race humaine synonyme de tant d'horreurs. On s'abandonne parce qu'on croit que c'est ce que l'autre souhaite. Mais ça fait peur. Ca fait peur, quelqu'un qui est prêt à tout pour nos beaux yeux. On peut faire semblant, prétendre, de s'aimer. Personne ne s'aime soi-même plus qu'il n'aime les autres. Je ne veux croire en l'amour de personne. Ce n'est pas que je me refuse à aimer, c'est que cette chose n'existe pas.

Maman, elle s'abandonne. Trop. Dans les bras de ceux qui l'accueillent elle et son vagin. C'est parce qu'elle est faible, tu vois ? Tu. Superbe interlocuteur. Tu es superbe car tu es interchangeable. Un jour Elle, un jour Lui. Peu importe. Tu n'es là que pour me soutenir. Je suis un être humain boiteux. Imparfait. A l'image de celle qui m'a crée, de celui qui m'a fait. Et toi, tu es un peu un double, un peu un rien, un peu une ombre. Peu importe ta nature, peu importe ton visage. Tu n'en as pas.
Tu n'es même pas une muse.
Pauvre fantôme.
T'as déjà eu peur ?


Je fais toujours les mêmes rêves en boucles. Y'a les cerises. Ces putains de cerises. Cerises, ça me fait penser à crises. Cris. Elles nous entourent elles nous enfoncent. Elles tombent sur nous, elles vont nous bouffer. A notre place. Tu ferais quoi si des cerises te bouffaient ? Ou une tomate. Ca revient au même.
On m'a souvent dit que j'étais stupide, à défaut d'être intelligent. Je suis intelligent. Je suis ce genre de gamin qui a de très bonnes notes. Ma plume court toute seule sur le papier, les idées fusent, je sais quoi dire, comment, pourquoi. J'organise ma pensée avec assiduité et organisation. Maniaque de l'esprit. Poussée d'inspirations. Comme si je respire. Paf. D'un coup. Je prend la plume, elle vole. Elle suit les courbes du papier trop fin. Industriel. Au grain synthétique. Comme la peau de ces putes qu'on baise au creux d'un couloir. Leur vagin est tellement distendu que leur semence elle est diluée dans les larmes et le sang.

Maman me disait toujours que mon corps ne serait pas un atout. Il me trainerait à terre, plus bas que tous les autres, jusqu'aux Enfers. Elle me disait que ces yeux-là, c'était pas ceux d'un fils de Jésus – Amen. Elle me disait que ma bouche était tordue, que mon langage était celui d'un petit diable. J'étais le fils de Satan, le fils du Vilain, celui qui mérite rien d'autre que la charpie, la mort, le purgatoire. J'étais son fils. Le seul, l'unique, à la fois bonheur et malheur. La cause de tout et de rien. Victime parfaite, héros toujours décevant. Celui qui fait notre vie. Mais celle-là, on l'aurait aimé toujours différente. On revient en arrière. On rembobine. On force ce mec là, aux cheveux blonds et à la gueule cassée. On lui dit « Non, putain, je baise pas sans capote » et on résiste – plus. Mieux. Trop. Tant pis si le mec il part en jurant et qu'on finit par pleurer dans les bras de sa meilleure amie en regardant Sex and the city ou Ally Mc Beal. Tant pis tout ça, le gosse il serait pas là, on aurait pas eu à abandonner ses rêves, à abandonner ses études, à commencer un travail de merde au supermarché. On se dit, tu vois, « c'est juste un temps, pour lui donner à bouffer. Après, j'reprends les études, et je deviens actrice ». Mais le temps passe, les rides apparaissent – on a pas l'argent pour ces foutus crèmes miracles de la télé et la cellulite, elle reste bien visible sur les cuisses. Et y'a toujours ce gosse. Fils de Satan, qu'elle me gueule à la figure, fils de Satan.

« - Je pourrais critiquer votre technique.
- Et moi votre cravate. »


Les rêves se brisent avant même de toucher le sol. L'impossible tas. Ils te paraissent si beaux lorsqu'ils tombent du ciel par milliers forts de leurs couleurs arc-en-ciel. Tu cours pour les attraper en serrant mes petits doigts dans ta main moite d'excitation. Je te suis. Docile. Les rêves de verre trop fragiles ne supportent pas le choc de tes espérances, ce sont comme des fleurs aux pétales explosifs et tranchants. Ils éclatent sur toi. Et après tes pleurs et tes cris de désespoirs, tu me lances ces rêves déchus, coupés, annihilés. Tu ignores ma peur et ma douleur. Tes rêves de verres me saignent et j'essaye de les recoller en vain, bercé par le doux murmure dévastateur de tes insultes et de tes ordres, le sang perlant de mes mains.

Les hommes se succèdent entre tes bras. Je ferme les yeux. Tu me balances à la gueule les débris de tes rêves, ceux que je n'ai pas réussi à réparer. Tu veux que je les vive à ta place, j'en suis le voleur et le détenteur, tous les espoirs, toutes les désillusions, au creux de mes yeux pleureurs. Une petite mort. Je n'en veux pas, moi. De ces éclats de verres. Ils ont trop perdus de leur couleur, ils n'ont plus d'éclats. Tu me mets en compétition avec tous ces gamins. Queue de centaines d'hystériques volant l'enfance et déversant leur folie sur leur propre chair, rêvant toutes d'un même futur superficiel et inexistant. « Maša, mon, fils, tu seras une star pour Maman. Fais un effort. Tu es le plus beau de tous les petits garçons ».

Je n'ai jamais souhaité cette célébrité que tu adulais. J'ai fait des milliers d'audition, marionnette aux yeux trop bleus et au service de réalisateurs fatigués ou passionnés. Quelques pubs pour un shampoing et des apparitions non remarquées dans quelques films d'auteurs, tel fut mon parcours. Toujours trop de paillettes, trop d'éclats ou pas assez. Illusions délicieuses dans lesquelles je la regarde nager en souriant. Ca me donne envie de vomir sur ces gamines pouffes d'une dizaine d'années se comportant comme des femmes. Fausses et plates, proie à pédophile.

Souvent tu me demandais si je te trouvais belle, Maman, je répondais que tu étais la plus belle du monde entier. Tu étais belle. Tu l'as perdue, en même temps que moi. En même temps que lui. En même temps que tout, parce que toi, tu as tout perdu. Ta beauté y compris. Et moi, je t'ai regardé décliner, j'ai vu tes lèvres fondre, tes yeux choir de leurs orbites, j'ai admiré ton corps pourrir et ton cœur mourir, me délectant de ta souffrance. J'ai abandonné tes rêves, je t'ai abandonné, je me suis roulé à terre pour qu'ils se détachent de mon dos, ils ont laissés des plaies invisibles. Tu ne m'as jamais pardonné, ta haine a alors commencé à s'accumuler, lentement, calmement, tes larmes de cendres ont formés un tas, une colline, une montagne, tu t'es étouffée dans ton désespoir, dans ta haine, celle-là que tu vomissais sur moi, avec toutes les autres.


C'est à côtoyer ton noir que je me suis teint de mort. Désir de souffrir, de souffrance. Tu m'as fait tel que je suis, perturbé et assoiffé. Je suis froid et distant, manipulateur, j'ai peur de la solitude, alors je les suce jusqu'à ce qu'ils n'en puisent plus, je les dévore tout entier, je bouffe leur amour afin de mieux le vomir, je transforme les murmures en cris, les caresses en brûlures, je suis le magicien de la rage, de la haine, elle est ma maitresse ultime, ma muse adorée, ma seule amie. Je te faisais mal pour le plaisir, pour te punir. De toute façon, tu ne partais pas. J'étais le roi de notre petit monde. Faible créature. Tu avais bien trop besoin de moi, de mon regard, peu importe combien il était méprisant. Tu étais abandonnée par tous ces hommes qui se dégoutaient de toi à mesure que ton corps flétrissait. Je me souviens les fois où enfant j'attendais des heures à la sortie de l'école qu'un visage familier apparaisse. Je n'ai jamais pleuré de rester là, immobile, à regarder ceux qui rient partir avec cette mère, ce père, cette sœur, tout ceux-là que je n'ai pas connu.

Je suis devenu cruel par habitude, par rage accumulée, à mesure que la rancœur ait fondu dans mon corps maigre. A moins que ça ne soit moi, le fondu.

J'ai rencontré d'autres tu, plus ou moins intéressants, plus ou moins manipulables. Je n'ai pas de moi, je suis tous les ils, tous les autres. Les mots sont joueurs et tranchants, à double-sens. Jamais sincères, jamais exacts, jamais adaptés. Faillite du langage, lassitude. Je me prétends écrivain mais je ne crois en rien, ni en moi-même ni en autrui. Pas même en ces mots que je couche. Je les embrasse, je les chéris, je les baise pour mieux les abandonner. Je crois que je suis ce genre de mecs que l'on appelle « salauds » et à qui on lance en pleine gueule un verre de whisky coca. Sauf que moi je reste pas comme un con la bouche grande ouverte à halluciner. Moi je réponds. C'est ce que les tu m'ont dit, les tu m'ont fait. Je ne cherche pas à comprendre. Inertie. Complaisance. Je ne suis pas un bon amant. Pas avec les hommes, en tout cas. Je suis bien trop violent, bien trop agressif. Je veux te voir grimacer de douleur. Ils finissent tous par me fuir, fatigués de mes mots blessants, mes manières violentes, vulgaires, agaçantes, mes accès de colère, mon mépris, mes poussées d'inspirations et d'affection. Ce sont les plus horribles. Je mets leur pseudo amour à l'épreuve et aucun ne réussit. J'ai sûrement déjà rencontré mon lié, et j'ai déjà tué, j'ai déjà tué ce lien, ce je ne sais quoi qui était sensé nous « unir ». J'ai tué ce qui n'existe pas et je me perds, je t'ai quitté, toi, lui, vous, je vous ai tous abandonnés, et je ne suis jamais seul, j'attire de ma gueule d'ange salie, sans honneur, comme je m'en sers. La pudeur et la fierté je ne connais pas. Et je te fais mal. Allez, crie. Juste pour voir.

Ce n'est que le vide que je reflète. Je l'ai absorbé. Je suis des études parce qu'il me fallait une raison pour quitter cette mère et le coin paumé où j'ai grandit. Sans regret. Je provoque pour passer le temps. J'en ris encore. Sûrement que mon humanité a été écrasée par les drogues, les viols et rêves de verres. Les verres de rêves. Crises. Cerises.
Ils me coupent encore. Y'a mon dos qui se saigne, comme des connasses d'ailes qui veulent pas sortir, je pourrais jamais m'envoler. Maša Liv Sørensen, tu n'es qu'un ange mensonge.



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▪ depuis quand ? : 08/02/2010
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MessageSujet: Re: L'innommable.   Sam 5 Juin - 21:19

wow Tu nous dotes une fois de plus d'une perle incroyable, un personnage désenchanté comme tu les fais si bien. Puis Leonardo. Fresse J'ignore ce qui retient sa validation ; sauf peut-être que tu devrais faire des fiches moins belles et moins vraies pour qu'il nous reste encore des larmes pour pleurer. (tristes et torturés, impétueux et désoeuvrés, ils avancent, impitoyables et audacieux)
NHB ♥️


"La passion doit être punie." - Ah oui ? Quel est le con qui a dit ça ?
D'accord on va dire que tu as raison, je ne suis - après tout - qu'un emmerdeur minable qui vient chambouler ta vie. Mais toi, Valentine, est-ce que tu sens ton cœur battre comme le mien ? Est-ce que tu vois cette lueur, dans mes yeux, contre les tiens ? Je déteste les déclarations d'amour. Ce n'en est pas une.

EDWARDAUPLACARD
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