Il n'y avait rien de naturel dans ce que l'on éprouvait.
 
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 Elizabeth ~ une fille à marier...

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All I Need


▪ depuis quand ? : 30/09/2010
▪ conneries : 126
Féminin
▪ venue au monde : 07/12/1986
▪ et l'âge ? : 30
▪ groupe : All I Need

« — you are my soulmate »
Relations avec votre Lié:

MessageSujet: Elizabeth ~ une fille à marier...    Mer 8 Fév - 22:05


ELIZABETH V. BRIGHTON

You know me and you know it.


Nom :Brighton
Prénom(s) :Elizabeth Victoria
Âge et date de naissance : 23 ans (7 décembre 1986)
Groupe : All I Need
Profession : mannequin
Origine : anglaise
Nationalité : anglaise par son père, française par sa mère
Quartier d'habitation : aucun sens de l'orientation
Lié : Jaana Fridén
Statut marital : What the fuck?



PAST & PRESENT

Soulmates - Chapitre 1
Genèse

Quoi ? Tu veux ma photo ? Je te préviens tout de suite, ce n’est pas donné. Enfin, tout dépend comment tu t’y prends ma petite… Mon histoire ? Ohla, tu es bien entreprenante, dis-moi. Tu veux déjà tout savoir de moi. Ah, je comprends. Le coup de foudre, n’est-ce pas ? Mais je te comprends en un sens ; c’est difficile de me résister après tout. Bon, puisque ça paraît si essentiel pour toi de faire plus ample connaissance avant d’aller plus loin, je m’y résoudrai. Tu vois ma bonne volonté. Tout à l’heure, tu devras me la rendre, cette « bonne volonté ». Pour en revenir à notre petit récit, ce n’est pas vraiment un problème pour moi de tout te dire, mais il n’y a pas grand-chose à raconter et ce n’est pas très palpitant. Ne t’en fais pas, j’essaierai de rendre la chose moins monotone, et puis... tu devras aussi me livrer tes petits secrets après…

Tout d’abord, je suis née au sein de la plus barbante des familles dans le plus barbant des pays, dans une prestigieuse famille de l’aristocratie anglaise. Mes chers géniteurs, Mary et John, deux aristos coincés et obnubilés par leur satanée réputation, ont pour ainsi dire réussi dans la vie. Déjà d’un milieu plutôt riche, ils ont grimpé les échelons de la société, et à force de pugnacité, ont rejoints le panthéon des vieux croûtons riches à n’en plus savoir que faire. C’est sûr que de ce côté-là, ils ont « réussi » leur vie. Et puis quoi ? Qu’est-ce qui reste de tout cela ? Du vent j’te dis. Mary est devenue encore plus frigide et mon père est allé voir ailleurs. Il a dû forniquer avec toute la principauté, mais bon, toujours sous le couvert des bonnes mœurs. Tu sais, c’est ça le monde des riches ; tout se fait et rien ne se dit, et pendant ce temps, tout le monde arbore des sourires archi-faux en public en faisant quelques courbettes de temps en temps. Ils me dégoûtent, tiens. Je crois que le pire dans cette histoire, c’est que je doive me les coltiner jusqu’à ce qu’ils meurent. Tu imagines ? Non bien sûr, mais ne t’inquiète pas ma mignonne, je ne t’en tiendrai pas grief. Bon, je continue sinon nous n’aurons pas fini avant demain, et… on aura des choses plus importantes à faire entre-temps, donc ne perdons pas un instant. Je suis née donc de ces deux-là. Je n’ai pas eu et n’aurait d’ailleurs sûrement pas de frères et sœurs vu que ma mère est ménopausée depuis belle lurette… à moins que mon père lui fasse un enfant sur le dos, ce qui est encore probable… mais ce n’est pas le sujet. Le plus important, c’est qu’étant leur seule héritière, ils veulent me refourguer l’entreprise familiale. Tu imagines un peu ? Moi ? A la tête de leur foutue chaîne d’hôtels de luxe, à combler des milliardaires en vacances, et ce toute ma vie ? Super barbant ! Rien que le dire m’épuise tout de suite. Plutôt mourir, j’te dis. Qu’est-ce que j’fais du coup ? Ca, c’est une longue histoire, mais ne sois pas trop pressée, j’y viendrai plus tard.

Par ailleurs, rien que le nom qu’ils m’ont donné étaient un signe avant-coureur des lourdes responsabilités dont ils voulaient me voir affublée. Tu appellerais ta fille « Elizabeth Victoria » toi ? Moi, j’estime que c’est lui mettre des bâtons dans les roues que de l’appeler de la sorte. D’une, c’est super ringard, et de deux, ça souligne bien leur incommensurable prétention à ne pas savoir se tenir à la place qui leur était dévolue. Ils appartenaient pourtant eux-mêmes à la haute noblesse et n’avaient jamais eu à souffrir de problèmes d’argent. Tout leur souriait avec une facilité déconcertante. Ils n’avaient rien de plus à espérer. Alors, excuse-moi, mais prétendre engendrer la reine d’Angleterre, ce n’est que pures enfantillages. Mais oui, attend, que veux-tu que cette dénomination ait d’autre comme objectif ? Ce n’est ni plus ni moins que de la pédanterie. Tu sais, c’est la grenouille qui voulait se faire aussi grosse que le bœuf. Ils finiront comme elles, je te le dis.

Mes parents donc -puisque qu’il faut malgré tout bien avouer qu’ils le sont- m’ont toujours aimée et choyée. Enfin, si on peut dire qu’aimer avec une carte bleue, c’est aimer. Tu me diras, tout dépend de quel point de vue on se place. En fait, je les ai amusés jusqu’à mes six ans, toute mignonne et candide que j’étais, puis ils m’ont envoyés dans une école de bonnes sœurs. Bon, c’est vrai que j’avais un caractère de fille pourrie gâtée sur les bords, mais tous les mômes sont comme ça voyons. A l’époque, ils m’ont gentiment annoncé la nouvelle comme ça, sans autre forme de procès et m’ont envoyé pour m’éclaircir les idées comme ils disaient. J’allais devenir la parfaite lady en herbe, douce, serviable et sachant la boucler face à son mari. Pff, redresser quoi d’abord ? Ils m’ont dit que c’était comme les rosiers, il fallait les tailler avant la montée de la sève pour que les prochaines fleurs soient encore plus belles. J’en suis restée muette d’indignation. J’étais très bien comme j’étais, moi. Allez arroser d’autres plantes vertes, je ne vous en empêche pas, moi, mais laissez-moi tranquille. Je ne vous demande rien, moi. Malheureusement, je n’ai rien pu dire. Trop jeune encore. C’est peut-être mon seul défaut, m’attendrir sur le sort des faibles.

Je suis donc entrée bon gré mal gré dans un pensionnat pour jeunes filles de la « haute ». Tu ne peux pas savoir comme je m’y suis sentie enfermée et avec quelle force je m’y suis ennuyée. C’était un peu comme un mouroir, mais je n’étais pourtant pas encore à l’article de la mort. Du reste, c’est à l’époque que j’ai constaté mon goût certain pour les filles. Heureusement qu’il me restait ça. Autrement, je ne pense pas que j’aurais supporté les après-midis entiers à faire du tricot et à étudier le nom des fleurs. Mais comment ai-je fait pour survivre à ce calvaire ? Je crois que ça restera pour moi un mystère de plus dans l’immensité du monde. Tu rigoles, mais ces douze années de scolarité m’ont traumatisée pour la vie. Je pense que je n’ai jamais connu une période si vide de mon existence. Un peu comme une longue phase de coma. Dans tous les cas, je me suis moi-même faite le professeur d’un certain nombre de jeunes filles de « bonne famille ». Pff. «Bonne famille ». Tu en aurais vu certaines. De vraies chiennes en chaleur. Leurs actuels conjoints devraient me remercier de tous mes efforts. J’étais très pédagogue, tu sais… C’était en quelque sorte mon miel, ma petite douceur. Elles y sont toutes passées. Du reste, de par mon charisme et mon intelligence, je devins une sorte d’idole dans l’enceinte de l’école et ma distraite flânerie d’une fleur à l’autre m’était donc d’autant plus aisée. Elles étaient toutes à mes pieds et auraient fait n’importe quoi pour mes beaux yeux. De toute manière, il est tout bonnement impossible de me résister quand je m’y mets sérieusement. Mais non, j’rigole. Tu m’as prise aux mots, avoue-le, hein ?

A ma sortie du lycée, j’ai enfin pu voler de mes propres ailes et, contre l’avis de mes parents, je me suis inscrite dans une grande école d’art, les « Beaux-arts ». Attend, je vais t’expliquer. Comme ma mère est d’origine française, j’ai toujours parlé et l’anglais et le français à la maison. De plus, je ne pouvais pas y couper si je voulais devenir une lady digne de ce nom. Je suis donc allée étudier en France, à Paris, ville de la haute couture et du chic. Mon élément quoi. On n’aurait pu rêver mieux. J’ai donc suivi des études d’art et à côté, j’ai utilisé mon temps libre en tant que mannequin professionnel pour commencer à me faire un nom avant de finir mes études d’art et de devenir styliste et par là créer enfin une collection digne de moi. Oh, ce n’était pas grand-chose ; disons qu’au lieu d’offrir mon corps à la science, j’ai fait œuvre de charité au genre humain en lui permettant d’admirer mes courbes. Bon c’est vrai que pour me faire un nom, j’ai dû passer à l’époque du 36 au 34, mais ce n’était vraiment aucun problème pour la jeune fille ambitieuse que j’étais. Je suis donc passée maître dans l’autosuggestion du vomissement. Sinon, le truc, c’était de ne pas manger pendant des jours, puis d’engloutir un morceau de fromage quand je sentais que je commençais à tourner de l’œil. Super régime en tout cas, je te le conseille vivement… Mais n’aies pas peur. Tu sais, on s’y fait vite à la sensation de faim. Tu vas rire, mais c’est d’ailleurs assez agréable ; on a la sensation de léviter en permanence. Et puis, c’était pour la bonne cause. Je te préviens tout de suite, jamais je n’ai couché avec un homme, et ce à n’importe quel prix. Non mais il ne faut pas exagérer. Je comprends que ces êtres impurs et doués des plus bas instincts éprouvent des bouffées de chaleur à la seule vue de mon corps si svelte, de mon teint de pêche et de ma morphologie si équilibrée, mais tout de même. C’est déjà un honneur que je leur fais en m’exposant de la sorte, alors un peu de retenue. Qu’ils sachent où est leur place.

Quand à mes géniteurs, mon absence prolongée leur déplut fortement. Ils ne pouvaient plus me surveiller, les pauvres. Vu que ma main n’était jamais assez forte pour toucher la surface du papier à lettre ou pour appuyer sur le bouton de mon portable, je leur donnais du mieux que je pouvais des nouvelles quotidiennes de mes faits et gestes par la presse à scandales. Ah, je me suis donnée bien des peines pour eux. Quoi ? Tu n’en as jamais entendu parler ? Mais si, j’apparaissais toujours aux côtés d’un homme, toujours différent bien entendu… Mais ne t’offusques pas comme ça. Je te jure qu’il n’y a jamais rien eu entre nous. C’était purement professionnel : je trouvais n’importe quel type potable sur le trottoir et le payait d’une modique somme pour qu’au moment dit où un paparazzi surgisse d’un buisson, il descende son pantalon à mes côtés ou prenne une pose évocatrice. J’étais assez bonne actrice, c’est vrai, mais je ne peux m’empêcher en repensant à ces mises en scène d’éprouver comme un arrière goût de défaite ; ces hommes étaient toujours timides et il fallait sans cesse que ce soit moi qui les guide. On n’est jamais mieux servi que par soi-même, comme dit le vieil adage. De vrais gamins, j’te dis. Rien que pour ça, ils ne m’intéressent pas. Ils n’ont pas cette sensualité si particulière aux femmes.

Peu à peu, je creusais mon sillon, et bientôt, je connaissais tout le monde dans le milieu. Il va sans dire que j’avais droit à certains égards de la part des autres mannequins… A ce propos, j’ai été très étonnée du nombre de femmes qui sont de ce bord-là dans le milieu. Tout bonnement in-croy-able. C’est peut-être un signe. En tout cas, mes parents sont revenus à la charge au bout d’un temps. Ils ne supportaient plus mon attitude si, je cite, scandaleuse et indigne d’une jeune femme de ma condition et ont décidé de me rapatrier en Angleterre sous peine de me supprimer de leur testament. Les pauvres, c’était leur seul recours contre ma volonté. Ils devaient être à bout pour me proposer pareille chose. Je te signale en passant que jamais au grand jamais ils n’ont appris mes véritables penchants sexuels. Je pense que s’ils le savaient, ils en feraient une syncope et le testament viendrait alors comme dit sur le tapis. Je n’avais que faire de leur caprice d’enfant, mais cette soudaine proposition venait à point nommé. J’en avais marre de Paris et il me fallait à tout pris voir du pays. Je décidai donc de retourner dans ma patrie et m’installai dans un petit hôtel particulier à Londres. J’avais besoin depuis toujours de ne pas me fixer à un lieu et de pouvoir voler de mes propres ailes sans l’aide de personne et c’est pourquoi j’avais gardé ce pied-à-terre, loin de mes parents. Du reste, c’était avec leur propre argent que je l’avais acheté, leur faisant croire qu’ils faisaient là une bonne affaire, ne leur ayant pas soufflé un mot du fait que tout était à mon nom et me revenait ainsi de droit. Comme quoi, il faut toujours lire les modalités d’un contrat en entier avant de signer…

Deux jours après mon arrivée, mes parents exprimèrent le désir impérieux de m’inviter à déjeuner. Je l’appris d’un de leurs larbins qui vint sonner à ma porte, un billet à la main. Il était bien mis et, en le toisant du coin de l’œil, il me sembla qu’une autre eut pu le trouver tout à fait à son goût, mais bon. Mes géniteurs faisaient une grossière faute de goût sans le savoir, ne se doutant pas le moins du monde de mes penchants. Je réfléchis, perplexe, faisant ainsi poireauter le « charmant » sous-fifre. Ca me barbait d’y aller, mais tu comprends, je risquais sans doute de manger des mets succulents, connaissant les talents de notre cuisinier familial. Oh, après tout, qu’est-ce que ça me coûte ? Pensais-je en mon fort intérieur. Je le renvoyais donc avec mon assentiment. En claquant la porte, mon aimée du moment vint se blottir contre mon dos. Je zyeutai vers la pendule. Oh, ça va. Encore le temps. Je me retournai donc et, enlaçant la jeune donzelle, je lui volai un tendre baiser.

« Si vous vous donniez la peine d’entrer. » Les portes s’ouvrirent et un spectacle plus que douteux s’offrit à ma vue. Là, devant moi, siégeaient mes géniteurs, les River et leur gros con de fils dont la seule vue me donnait de l’urticaire. Mais qu’est-ce que c’est que cette mascarade ? Et mon père de dire sur un ton sec. « Tu es en retard Elizabeth. » Je haussai les épaules d’un air désabusé, mais ne répondit rien et alla m’asseoir en bout de table. Le déjeuner commença dans un silence de mort. Ma mère et les River souriaient d’un air crispé, presque gênés et l’autre là… Lui… le grand con… me dévisageait. Je n’ai jamais pu l’encadrer et d’ailleurs, je pense que c’était réciproque. Et dire que ces mécréants m’avaient fiancée dès ma naissance à ce… cette loque humaine. J’ai dû me le coltiner durant toute mon enfance en faisant semblant de lui accorder une once d’intérêt. Un vrai calvaire. Qu’est-ce qu’il a pu m’énerver. Enfin, je n’étais pas toute blanche non plus cela dit. Ah, je me souviens encore avec quelle délectation je lui ai fait croire que s’il n’avalait pas sur le champ une limace vivante -pour mon plus grand plaisir-, je le violerais sans mot dire. Ah ah ah, il m’a crue… Ohh, et cette fois où je lui ai fait croire que Nemaides lui aussi présent chez nous pour le thé. Mmmh. Comment j’ai pu faire ça ? Mais tu ne comprends donc pas que c’est hautement jouissif de trouver tous les moyens possibles et imaginables pour faire chier la personne que l’on déteste le plus au monde ? Pourquoi je le détestais ? Mais tu poses beaucoup trop de questions à mon goût ma petite. Je consens à considérer que c’est par intérêt, mais tout de même. Enfin, ne t’inquiète pas, je pourvoirai tes désirs, pourvu simplement que je puisse rester ainsi assise sur tes genoux. Pour en revenir à October… oui, c’est comme ça qu’il s’appelle, je le détestais pour ce qu’il était, un minable prétentieux et un mâle, et pour ce qu’il représentait, mon futur mari. Tu saisis le tableau. J’étais destinée depuis ma naissance à épouser un HOMME et à porter ses ENFANTS… Moi, avoir des enfants ? Autant tout de suite se pendre. Je ne peux souffrir ne serait-ce qu’une seconde la pensée de me voir enceinte jusqu’aux dents d’un parasite ambulant. Plutôt crever. Mais heureusement pour moi, l’intéressé n’était pas emballé, lui aussi, et de surcroît potentiellement attiré par les mecs. Je pouvais donc espérer arriver à un pacte avec le démon.

Mon père rompit le silence. « Si je t’ai demandé de venir déjeuner avec nous ce midi, c’était pour te parler d’une chose importante Elizabeth. Nous avons décidé, nous et les River ici présents, d’avancer le jour de votre mariage, à ce cher October et toi. Tu sais qu’une alliance entre nos deux familles est absolument essentielle. Je te l’annonce donc. Ma petite, prépare-toi à te marier d’ici peu. » Je faillis m’étrangler à la nouvelle ; ce délicieux morceau de pigeonneau braisé et nappé d’une délicieuse sauce corsée aux épices diverses et variées me resta en travers de la gorge. J’avalai avec peine et avec grand renfort d’eau minérale tout en me tapant la poitrine pour éviter l’étouffement. Non, je devais rêver. Lentement, revenant à moi, je levais les yeux sur mes bourreaux qui souriaient toujours timidement. Mon regard se posa sur les uns puis sur les autres et inversement. Etait-ce une grande blague orchestrée dans le seul but de me faire une grande frayeur ? Non, tout bien pensé, je ne crois pas. « Tu comprends bien qu’il t’est nécessaire de te marier pour sauver ton honneur souillé. Sais-tu un peu comment les journaux parlent de toi ? Les scandales s’enchaînent et pourtant, les chers River ici présents ont maintenu le mariage. C’est un miracle qu’ils ne se soient pas retirés et tu peux les remercier pour leur indulgence. En plus, le jeune River va bientôt partir à l’étranger rejoindre son frère… » Mon père n’eut pas le temps d’en dire davantage. Je me levai en silence et partis sans faire attention aux supplications et aux invectives renouvelées. Mais je m’en fous de vos putains d’hôtels. Si vous voulez les donner à quelqu’un d’autre, allez-y. Ce n’est pas la peine de me faire du chantage, ça ne marchera pas. Au contraire, je vous les laisse vos hôtels, je vous les offre même. Et puis je fais ce que je veux ; je suis majeure et vaccinée. Il me fallait à tout pris reprendre mon souffle. Je pris le premier taxi venu et me rendis chez moi. Je poussai la porte et allai m’affaler sur le canapé, encore sous le choc -même si j’étais certaine de refuser dans tous les cas, ce n’était pas rien comme annonce. J’attrapai le paquet de cigarettes et m’en grillai une pour me remettre. Je me versai au passage du gin dans le verre qui traînait sur la table basse et but à petites lampées le revigorant breuvage. Peu à peu, je me repris. Il me fallait élaborer un plan. Je ferai tout pour faire échouer ce mariage. Et puis ce ne serait sans doute pas difficile de faire plier October.

Pendant les jours qui suivirent, je fus sourde à toutes les récriminations de ma « famille » et me mis en tête de rencontrer October pour discuter des modalités d’éradication du mariage. Quoi ? S’il voulait peut-être maintenir le mariage? Excuse-moi, mais tu n’as rien compris. Je récapitule. On se déteste MUTUELLEMENT, depuis TOUJOURS, et je suis LESBIENNE au cas où tu ne l’aurais pas compris. Prise par mon travail de mannequin qui n’avait pas pris, suite à mon changement « géographique », au contraire, les jours filèrent, puis ce fut un mois entier qui passa derrière moi sans que je ne puisse rien entreprendre. Finalement, je m’appliquai à trouver son domicile dans les méandres de la ville. Arrivée à terme, j’appris du concierge que ce cher prince était parti rejoindre son frère dans une contrée éloignée. En Suède, je crois. Je m’enquis des détails et j’octroyai, dans ma grande mansuétude, un pourboire de cent euros au gueux qui m’avait donné toutes ces informations. God save the queen. Sur un coup de tête, je décidais alors de courir après mon « fiancé » pour mettre fin au mariage. En plus, je me suis dit à l’époque que je ne connaissais rien de la Suède et que je pourrais continuer mes études là-bas tout en travaillant à côté – ce ne sont pas mes fans qui manquent sur ce vaste monde.

Je suis donc arrivée dans la minable bourgade de bas étages où cet abruti s’est échoué. Ici, j’ai appris bien d’étranges choses comme cette histoire abracadabrantesque de lien. C’est quoi
cette connerie ? Comme si on pouvait être lié à quelqu’un par un fil invisible. Pff. Du vent tout ça. Mais… il peut y avoir à mon sens des relations plus profondes que cela… Quoi ? Tu ne le savais pas? Je vais t’enseigner mon humble savoir, mais je te préviens ; ce sera seule à seule dans le noir. Pourquoi ? Tu en feras bientôt l’expérience par toi-même, alors à quoi bon d’interminables palabres…


Soulmates – Chapitre 2
Que tout change pour que rien ne change


La pluie tombe doucement sur la vitre et les gouttelettes glissent tranquillement sur la fine paroi pour venir buter contre le mastic. Un à un les feux rouges défilent. La voiture s'enfonce dans la ville. Combien de temps a passé ? Deux ou trois mois peut-être. Son regard va et vient, se pose sur un visage pour s'en détacher tout aussi rapidement. Est-elle contente d'être là ? Elle ne le sait pas. Ça fait si longtemps maintenant. Elle ne sait même plus vraiment pourquoi elle revient ici. Ce n'est pourtant pas sa maison ; son chez elle est à Londres. En fait, c'est juste qu'elle avait tout laissé en plan en quittant Sollentuna. Elle pensait que son voyage serait court, mais de visages en visages les contrats s'étaient suivis les uns après les autres si bien qu'elle en oubliait jusqu'à ses propres parents et son insatiable désir de les choquer et de les déshonorer. Ce n'était donc qu'un ticket de carte bleue et une lettre de son propriétaire qui l'avaient sortie de son songe. Enfin. Songe. Plutôt son manque de sommeil qui l'avait replongée dans les affres de cette inquiétante parenthèse où elle avait connu l'indicible, l'insidieux lien qui la révoltait tout aussi bien qu'il la fascinait. A un moment elle détestait le trouble dans lequel il la plongeait, et l'instant d'après elle souriait aux anges pour un rien, voulant crier au monde entier son bonheur et sa rage de vivre. Et puis cette fille, là, qui évitait toujours son regard, et dont le corps si frêle manquait de se briser lorsqu'elle dansait... Ses pérégrinations avaient jeté un voile, aussi mince soit-il, sur ses souvenirs. Revenir dans cette ville, c'était s'écarter de sa vie en fermant les yeux l'espace d'une nuit.

Elle était Alice. Une Alice caustique, irrévérencieuse, égocentrique même, mais aussi fragile, naïve parfois, surtout quand il s'agissait du lien, croyant avec ferveur au prince charmant au féminin. Si Elizabeth avait dû incarner un personnage de Batman, ç'aurait été Double Face. Un côté verni, fier et indomptable à la fois et une peur excessive de l'autre, de s'abandonner et de souffrir. Ça n'avait malheureusement pas changé en deux mois, ça ne changerait jamais, car quoi qu'il arrive on reste les mêmes. La vie ne lui avait pas appris grand-chose, elle n'échappait pas à la règle. Et elle se cachait comme avant derrière un sourire glacé ou charmeur, haut perchée qu'elle était sur ses talons aiguilles. La seule chose qui ait vraiment changé, c'était son désir de vivre, vivre intensément. Comme si elle allait bientôt mourir. Elle s'était assagie, acceptait de pardonner, formulait parfois des excuses en pensées, encore trop orgueilleuse pour les dire en face, détestait malgré tout ses géniteurs – au moins pour le principe – mais goûtait avec tout autant de ferveur au moment présent. Chaque instant était précieux...
N'allez cependant pas croire qu'elle s'était convertie à une quelconque secte ou qu'elle avait décidé de révolutionner son mode de vie décadent. Pas du tout. Sinon Elizabeth ne s'appellerait plus Elizabeth et ce que j'ai dit plus haut sur le fait que les gens restent toujours les mêmes à peu de choses près ne serait que des fadaises que j'aurais répétée sans trop y croire, tout juste bonnes à gommer à la première occasion. Non, Elizabeth fumait toujours autant, buvait toujours autant, sautait toujours autant des repas – à tout écart prête à s'enfoncer deux doigts dans la gorge. Elle achetait du maquillage bio, c'était déjà ça. Elle avait aussi laissé pousser ses cheveux et avait teint ses cheveux. Avec ça, elle semait plus le doute et le contentement n'en était que plus grand lorsqu'elle se jouait de mâles insignifiants ou qu'elle convertissait quelques brebis égarées. Bref. Désormais, elle mettait ses tripes dans tout ce qu'elle faisait. Pas de demie mesure, je vous l'avais dit. D'ailleurs ça s'en ressentait dans son boulot. Elle ne serait pas restée tant de temps à crapahuter çà et là si les moyens n'avaient pas pu suivre. Et c'est bien parce qu'elle s'investissait autant que les propositions étaient plus nombreuses que jamais. Cependant, certes c'était bien, mais elle s'en oubliait, elle avait besoin de vacances, de souffler en revoyant cette ville qu'elle jugeait tantôt minable tantôt délicieuse mais où ses pas l'y menait toujours malgré elle. Revenir ici n'était pas non plus anodin, il s'agissait au fond de revoir encore une fois cette liée dont elle croyait s'être détachée alors même que chacun de ses actes était déterminé par son douloureux souvenir.

Lorsqu'elle se retrouva dans son appartement et que George eut monté ses quelques défroques – deux malles et une valise à roulette – elle fit un bref tour du logis pour constater que rien n'avait changé. Bien, bien. Tout allait pour le mieux. Ça sentait tout de même le renfermé. Elle fronça les sourcils. Une étrange odeur lui piquait le nez. Plus elle avançait dans le couloir, se rapprochant peu à peu de la chambre d'amis, et plus l'odeur devenait pestilentielle. Se campant dans l'embrasure de la chambre, elle jeta un rapide coup d’œil. Faisant trois pas, elle se figea devant l'horreur. Sans mot dire, elle leva lentement sa main, l'engouffra dans sa poche de veste et en sortit son Iphone.

« Allo oui. Je suis bien chez Animaland ? Oui, je voudrais un chat, c'est urgent. La race ? Pour quoi faire ? Je ne vous ai pas demandé du caviar, les détails importent peu... Mâle ou femelle ? Mais voyons mon p'tit vieux, vous ne pensez tout de même pas qu'un mâle ferait l'affaire. Quoi ? Un détail ? Vous rigolez j'espère. Oui, oui. Vous pouvez me le livrer sous deux heures ? Bien, bien. Je vous envoie les informations par texto, ce sera plus rapide. Et puis j'économise à votre cerveau les efforts qu'il devra déployer pour monter le fauve jusqu'à mon étage. Sixième sans ascenseur oui. Mais bon, ce n'est pas comme si une jeune femme sans défense vous y attendait vêtue d'un simple ruban autour de la taille... Oui, à toute à l'heure. »

Refermant son portable, elle riva à nouveau ses yeux sur la souris rongée par les vers.

« J'espère au moins qu'il ne fera pas une indigestion. »

Sur ces mots, elle frémit et retourna vers l'entrée.

Non, vous le voyez, elle n'avait pas changé, sinon pas du tout au tout. Manipulatrice, elle obtenait tout ce qu'elle voulait. Du moins c'est ce qu'elle se plaisait à croire.



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MessageSujet: Re: Elizabeth ~ une fille à marier...    Ven 17 Fév - 9:31

Mon Dieu.
Je m'excuse du retard et te valide !


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Elizabeth ~ une fille à marier...

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