Il n'y avait rien de naturel dans ce que l'on éprouvait.
 
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 Elle me dit, pourquoi tu gâches ta vie? - Pixie ♥

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Never There


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MessageSujet: Elle me dit, pourquoi tu gâches ta vie? - Pixie ♥    Ven 1 Juil - 18:52


Elle me dit, tu fais n’importe quoi
On dirait que t’aimes ça.


    -Pixie.

    J’ai sourit en caressant sa joue.

    -J’ai l’air drôle comme ça, n’est ce pas ?

    Ca m’a pris comme une nausée mal de terre, comme une envie de tout envoyer en l’air, comme une fuite en arrière. Les poumons qui explosent, la langue pâteuse, vidée de ses baisers, la rage gastrique du fond de ses entrailles avec ses os poussiéreux fondus dans les miens, les vides de sa chair qui dévorent la mienne. Ca m’a pris comme une colère sourde, des envies de fuite, quand j’ai claqué la porte de l’appartement, trainé mes vêtements déchirés, crasseux, de banc en banc dans la fumée des cigarettes que j’allume les une après les autres, avant de les jeter au loin. On n’en est plus à un empoisonnement près, ne crois tu pas sœurette ? Ca m’a pris comme un manque, un écho nié et dénié, le reflet du miroir éclaté de nos conneries à l’unisson, elle et moi on se ressemble trop. Pour peu je t’en chasserais presque de ma tête, si j’arrivais à te revêtir de cette dissonance qu’est la troisième personne sur chacun de tes gestes, Feli’. Qu’importe, tu … elle, a commencé la première.

    Au fond, je crois qu’on sait que faire cela, elle et moi. Se foutre en l’air, comme on s’y envoie, s’enfoncer un peu d’avantage comme pour mêler toutes nos crasses accumulées, en toute connaissance de cause. Et puis c’est tout. Une fois enfoncées dans cette fange là, toute tentative de rédemption serait bien dérisoire. Qu’importe, de toute manière, on file tous droit dans le mur. Toi et moi aussi Pixie.
    Je ris doucement, toujours assise à même le sol, calée contre mon conteneur à ordures, dans ma ruelle, donnant sur une rue bien fréquentée.

    -Qu’est ce que tu fais Là ?

    Tu es venue te perdre toi aussi ?
    Dis Pixie, pourquoi toi, pourquoi moi ? Pourquoi cette connerie que l’on a la folie de nommer amour, pourquoi cette perdition tout juste bonne à s’écorcher le cœur, tout ça pour un instinct de reproduction dénaturé, ta gueule hypothalamus faudrait-il hurler, moi je veux l’aimer pour ces sourires, pour ces mimiques timides, pour la tendresse qu’elle distille doucement lorsqu’elle rit blottie contre moi, que je caresse ses cheveux doucement, pour ses lèvres en bouton de rose, et sa douceur de petite fille que la vie ne s’est pas encore chargé de rayer. Moi je veux l’aimer, parce qu’elle est ma Pixie, mon Ange, et non pour une alchimie cérébrale préprogrammée. Ta gueule ma tête. Stop mon cœur. Et que mon sang se fige en un unique et libre, « je t’aime. » Et je lui souris, de ces sourires un peu en travers, un peu moqueurs, de ces sourires qui frappent pour mieux aimer, qui crient la folie hérésie à la face de la vie. Alors Pixie, m’aimeras tu encore, avec l’odeur de la clope qui me colle à la peau, les relents de nourriture et d’alcool qui se bousculent au creux de mon estomac, tentative vaine de combler les trous qu’elle a laissés, mal de mer et vue qui se brouille, les nausées au fond de ma gorge, au bord de mes lèvres qui ne viendront se poser sur les tiennes. Tu vaux bien plus que cela parait-il. Mais surtout, surtout, m’aimeras tu encore avec son ombre qui me colle à la peau, qui m’accroche le cœur, l’écho de ses lèvres dans les baisers que je ne t’offrirais pas, les traces de ses coups sur ma chair, tu vois mon amour, navigation de bras en bras, de chaînes en chaînes, jolies monstruosité que ces histoires de Liens et la politique qui l’entoure. Dis Pixie, dis, avait-on si peur de la solitude qu’il fallait à tout prix s’inventer des histoires d’âmes sœurs et d’éternité, et y croire si fort jusqu’à leur donner vie ?

    Et plonger mes prunelles dans les tiennes, te caresser du regard, te chuchoter les mots que je ne te dirais pas, ceux qui te brûlent les recoins de la bouche, symbole de l’éternel fantôme qui plane entre nos corps désenlacés. Elle est à l’hôpital. Anorexie.

    Alors moi je n’ai que ma crasse, à me blottir ainsi comme la plus basse des clodo’, contre ce conteneur à ordures, à oublier que les plus sales c’est encore et toujours nous-mêmes. Les pires crasses sont à l’intérieur, ma Douceur. Alors je préfère fuir, me perdre un peu, de m’offrir le luxe d’adopter ce comportement qui me dégoute tant chez elle. Il n’y a que moi qui ais le droit à leurs regards de dégout.

    Oh fuis amour. Avant que je ne t’en émiette le cœur.

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Sleepless


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MessageSujet: Re: Elle me dit, pourquoi tu gâches ta vie? - Pixie ♥    Mer 13 Juil - 12:28


Et je lui dis "Regarde-toi,
Tu tiendras plus longtemps comme ça."



    C'était une douce clameur, un lent retour à la vie. Pixie était sortie de chez elle, pour la première fois depuis des mois. Ou, plus exactement, elle était sortie de chez elle dans l'intention de faire autre chose que la fête, ou traîner, ce qui arrivait à chaque fois qu'il lui tombait un oeil. Autant dire jamais. Alors, pourquoi aujourd'hui ?
    Elle marche dans l'allée enneigée, quelques flocons épurés se posent sur son manteau. Elle souffle dans son écharpe en laine, balance les multiples sacs qui l'encombrent devant, derrière, histoire de se donner une contenance alors qu'elle s'arrête en plein milieu d'une rue très passante, où résonnent les clameurs des badauds, les cris de joie des enfants émoustillés. Les vitrines s'illuminent, la ville brillent de part en part. C'est Noël. Une fête que Pixie avait appréciée, enfant, lorsque celle-ci n'avait pas encore perdue toute sa magie. Elle se souvenait comme si c'était hier du jour où ses parents lui avaient révélés le grand secret. Elle avait d'abord refusé de le croire, et puis en l'admettant, beaucoup pleuré. Le père Noël n'existe pas, pas vrai Pixie ? Ce n'est qu'un pieu mensonge que l'on relate chaque année. C'est un peu stupide, au fond, parce que quand on finit par connaître la vérité, on trouve cela pitoyable et maladroit, cette invention des adultes pour faire croire aux gosses que des choses extraordinaires peuvent encore se produire dans ce monde, avant de briser tous leurs espoirs. Un jour ou l'autre, il faut bien qu'ils sachent, puisque c'est eux qui, par une sorte de frustration inavouable, reporteront ce qu'ils ont vécu sur leurs propres rejetons, et ainsi de suite. Allons, bien sûr que ça part d'un bon sentiment. Mais est-ce qu'il n'y a que de ça ? Les faire rêver, leur faire plaisir, pour finalement leur apprendre qu'il n'en était rien, n'est-ce pas un peu... cruel ?
    Pixie fouilla dans son sac, et en ressortit son porte-monnaie. Elle n'a pas encore tout dépensé, il lui reste juste assez d'argent pour se payer un chocolat chaud et rentrer chez elle en bus. Elle a laissé sa voiture chez elle, sa mère voulait l'emprunter pour aller faire les courses alimentaires.
    Elle repartit d'un pas décidé, un peu perdue au milieu de la foule immense qui se presse autour des magazins. Le bruit s'estompe, il fait plus sombre. Elle accélère le pas.
    Jusqu'à ce que, là, alors qu'elle traversait la rue pour se rendre à l'arrêt de bus, une faible voix murmure derrière elle :

    - Pixie.

    Elle se retourne brusquement, court jusqu'au trottoir, hors d'haleine, et dévisage la personne qui a parlé.

    - Sara ? Bon sang, tu...

    Elle se rapproche, ses sacs tombent par terre dans un bruit mou. Ses yeux s'écarquillent. Sara, car c'est bien elle, est dans un sale état. Elle ne l'a pas vue comme ça depuis... Non. C'est la première fois. En serait-on arrivé au point de rupture ?

    - J’ai l’air drôle comme ça, n’est ce pas ?

    Pixie est à genoux, tremblotante, et la main de Sara trace un sillon cendré sur sa joue pâle.
    On dirait un spectre, pense-elle. Mais cela n'a rien de drôle, ce visage émacié, ce corps ratatiné, flasque, cette chair maigre, ces bleus qui la constellent, et la trace bien nette des larmes sur ses joues, qui tombent avec lenteur de ses yeux luisants de fièvre.

    Son regard semble te repousser, loin d'elle et de sa perdition, elle qui valdingue à travers la douleur. Voilà tout ce que son lien avec Felipe lui apporte : de la douleur. De la douleur au kilo, à la tonne, si pesant qu'il l'écrase, la broie avant de la rejeter, sans vie, sur le pavé froid, au creux de sa misère écarlate. Et c'est précisément la raison pour laquelle Pixie se refuse à l'abandonner. Elle aime Sara. Elle tient énormément à elle, cependant, les sentiments que la jeune fille éprouvent ne paraissent pas être les mêmes. Cela, Pixie l'a comprit il y a longtemps, et elle tient, balise au milieu de la tempête, contre les coups et les injures de Felipe, et les coups de ce connard de sort qui a donné à Sara un coeur déchiré entre deux personnes. Sara n'a pas le choix. Sara est à Felipe, Felipe est à Sara, il en sera toujours ainsi et cela, tous les beaux sentiments, toutes les belles promesses du monde n'y changeront rien. Et pourtant...
    Voilà pourquoi quelque part, la ligature est laide. Mais Pixie continue toutefois à y croire, jusqu'à y jetter ses espoirs, en vrac, comme si cela pouvait changer les choses, effacer toute cette violence qui niche au creux de leurs silences. Croire que tout peut s'arranger, qu'elles peuvent trouver un échappatoire, envers et contre tout, être heureuses.
    Peut importe. Pixie reste. Si elle doit être la seule chose à tenir droit dans le monde de Sara, si elle le peut, alors partir deviens trop difficile. Oui, ton monde est tordu Sara, dérangé, décalé, et c'est la raison pour laquelle Pixie s'y sent mal à l'aise. Et cette voix, qui dans son oreille chuchote : Pars, elle sera mieux sans toi. Pars, elle va te tuer à force de t'aimer. Elle va vous tuer toutes les deux. Pars.

    - Qu’est ce que tu fais là ?
    - Je suis venue acheter des cadeaux... tu sais, demain, c'est...


    Et puis, quelle importance ? Qu'est-ce que Sara peut bien en avoir à foutre ? Elle se tait. Tout le reste est devenu bien dérisoire, quand vous, au milieu de votre îlot solitaire, ne pensez plus à vivre mais à survivre, survivre à toute cette folie, survivre même si on touche jusqu'aux tréfonds de la démence. Car qu'est-ce d'autre.

    - Je te retourne la question, qu'est-ce... Qu'est-ce qu'il se passe ? Est-ce que tu vas bien ?

    Quelle question, bien sûr que non.
    Pixie s'agenouille, pour se mettre à sa hauteur. Elle, et toi, dans la tourmente, ensemble.
    Il neige si fort, à présent, que malgré les nombreuses couches de vêtements dont elle s'est parée, le froid lui cueille les entrailles. Quant à Sara, elle n'a qu'un pull sur les épaules, et de plus, il ne paraît pas lui tenir chaud. Pixie retire rapidement sa parka et, d'un petit geste timide, la lui tend sans un mot.

    Rester. Malgré tout.


Moi non plus je ne le supporte pas,
Sara, oh Sara, ressaisis-toi.
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