Il n'y avait rien de naturel dans ce que l'on éprouvait.
 
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 Sara- I felt you in my leg ...

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Never There


▪ depuis quand ? : 29/04/2011
▪ conneries : 33
▪ venue au monde : 12/07/1992
▪ et l'âge ? : 25
▪ localisation : Dans les os de Felipe.
▪ humeur : Incestueuse.

MessageSujet: Sara- I felt you in my leg ...   Sam 30 Avr - 15:59


Sheina
nom du personnage ; Flygt
prénom(s) du personnage ; Sara
âge du personnage ; 20
date de naissance ; 20 juillet.
personnalité sur l'avatar ; Tegan Quin
groupe ; Never there.
lié(e) ; Felipe Flygt
son origine ; Europeenne.
sa nationalité ; Suedoise.
son occupation ; Chanteuse sans le sou.

My love's gonna lock you up.
Take my heart I just don't need it anymore.

Spoiler:
 

    Au fond elle avait toujours été une putain d’étrangère. Un visage parmi la masse, un nom perdu derrière des murs de frontières et de kilomètres. Ne restent que mes épaules haussées face aux propositions de lui écrire, soeur, jumelle, quelle importance, juste une putain d’étrangère, juste une putain d’étrangère dans un coin paumé de la Norvège, et moi je m’en fous, m’en fous comme de l’absence de papa, m’en fous comme de ton divorce maman, comme de tes rêves enfantins d’amour propre et rangé, que l’on entretient comme on récure le sol, de temps en temps, histoire que ça reluise les dimanches ensoleillés, lorsque tu avais épousé un autre que ton Lié. Alors qu’’importe si ce monstre, donc le facies absent me nargue entre les miroirs, les flaques, les vitrines, les fenêtres, les pupilles des amantes, les carrosseries des voitures, les éviers, les cuillères, les écrans, ou les silences de maman. Qu’importe cette ombre là disparue lors de ma deuxième année, je préfère rire encore de votre divorce si rapide, de tes reves aux tripes étalées sur le pavé maman, petite fille aux songes dégoulinés tandis que tu les avais laissés partir, t’enfermant dans ton rôle de mère tendre et aimante comme pour oublier ; « ma belle petite fille » répétait tu sans cesse, « ma belle petite fille » comme une seule incantation au singulier, ta belle gamine à rendre heureuse, à choyer, des beaux vêtements, des cours de chant et de guitare tout les weeks-ends, une bonne éducation dans une école huppée de la ville, tant de détails furtifs dans cette vie qui file en accéléré. Tant de détails que j’ai vécu, un peu trop vite peut être, avec l’indifférence de ma soumission enfantine. Et d’elle, de nous, ne restait qu’une ombre. Et cela n’avait aucune importance. N’avait.

[…]

-I promise I won’t push my face up against your clothes …
Quelques accords arrachés à la guitare, et sa voix qui s’élève, d’entre les relents d’ombre et de bières trop vite écoulées. Ses doigts grattent les cordes, ses lèvres se frôlent le micro grésillant, y déposant d’invisibles baisers, tandis qu’elle chante doucement des mots d’amour déchus, des mots de gamine un peu bête, qu’ils ne prendront la peine d’écouter. Ne reste que les lumières tamisées, les ampoules grises de crasse, et le crépi écaillé des murs qui saute aux yeux comme une injure. Ne reste que l’indifférence de sa voix qui s’élève, comme une provocation, tandis que ses yeux croisent celle de l’autre.

-Or your stupid sheets …

Et sans doute après le show, dans les draps rêches de la chambre d’hôtel miteuse où elle loge, attendant de se trouver un appartement à prix correct, ses lèvres viendront-elles mordre les siennes, ses ongles griffer sa nuque, tandis qu’elle criera un prénom que le matin déjà effacera, lancera des mots crus, des mots rudes, cochons, voyeurs, des maux qui frappent et qui blessent, des mots des lampadaires et des trottoirs, pour cette fille là qu’elle prendra avec une violence crasse, comme pour oublier. Comme pour dire à celle qui n’existe encore, je peux très bien me passer de toi.
[…]
    Au fond je crois que tout cela n’a pas d’importance.

    -Et si tu me parlais de toi pour une fois ?

    Mon regard croise le sien, tandis que nonchalante je finis d’enfiler un tee-shirt.
    Tout cela n’a pas d’importance.
    Et nos yeux qui s’entremêlent, et lui sourire peut être, lui balancer un numéro sur un bout de papier chiffonné, lui murmurer des conneries qu’on accroche aux premiers rayons du jour, « c’était bien bébé », « on recommence quand ? », lui dire qu’elle est belle peut être, caresser ce grain de beauté au creux de sa gorge du bout de la langue, lui murmurer deux trois vers, que je l’aime peut être, ne serait qu’un peu, comme on aime le soleil, la mer, la jeunesse, la liberté, et toutes ces autres conneries dont on s’assassine, pour oublier que tout n’est que concepts creux, rire en renversant mon café sur les draps, au fond je suis que cela, une fille miteuse dans sa robe de velours rongée par les mites, une princesse des trottoirs, une gamine à contretemps, une garce à contre-courant. Un petit bout de rien. Un petit bout de rien.

    -Depuis quand les filles telles que toi s’intéressent-elles à leurs clients ?

    Et d’un geste, je balance quelques billets derrière moi avant de sortir.
    Une fille de rien. Une pute.

[…]
Alors elle ouvre la porte, enlève ses chaussures, range sa guitare, parait que ça la touche un peu, beaucoup, pas du tout, alors elle se tourne, et se retourne, contemple le vide de cette chambre qui ne lui appartient pas, le beige crasseux des murs la nargue, et c’est un petit bout de solitude qu’elle gratte et écaille, tandis que son ongle écorche doucement le mur, se relève, se dirige vers le placard, tout cela n’est que vides à meubler, solitudes à combler. Alors c’est un petit bout de silence qu’elle invite sous ses draps, un petit bout de vide, au fond leurs visages importent peu. Alors c’est un petit bout de lassitude tandis qu’elle mord dans son kannellbulle, et à bas les masques, oubliée l’enfant un peu rebelle, la fillette aux airs de catin rock and roll, oubliée l’éprise de liberté, et de folie. Oubliée la fleur éclose, ayant préfère quitter la demeure familiale, sans se soucier des reproches d’une mère inquiète, plaquant ses études par la même occasion, autant de diplômes que de sous en poche, elle a dix huit ans, des rêves en poussière qui lui collent aux froques et une guitare sous le bras, elle a dix huit ans sans jamais n’avoir trop vécu, elle a dix huit ans, ça sonne comme une mise à mort, suinte les histoires d’amour avortées et les songes technicolors bon marché, elle a dix huit ans, une seule idée en tête, chanteuse ou rien, elle rêve de capitales, et de chansons d’amour, nue sur scène avec sa guitare, elle a dix huit ans, elle est un peu conne, un peu tapine, comme pour oublier ses faiblesses, bourgeon ratatiné, fané avant l’heure, et le reste on s’en fout.
Silence dans le vide de la chambre, où aujourd’hui ne passeront d’autres filles, et leurs gloussements lascifs, de celles que l’on aime, que l’on prend, parce que cela n’a pas d’importance, parce que les sentiments elle s’en moque, parce que cette histoire d’âmes sœurs n’est que tendres foutaises dont elle n’a cure. Du moins est ce qu’elle prétend.
Et le reste on s’en fout.
Et le reste on s’en fout.
[…]
    -Your bridges were burned and now it’s your turn …

    Les mots m’écorchent les lèvres.
    Nouvelle scène miteuse sous la fumée de projecteurs, ma voix au milieu des bavardages de quelques buveurs attardés, ma voix un peu aigre, un peu frêle, aux milieux de regards qui ne viennent pas, faut croire que cela n’a plus grande importance de toute manière. Ma voix, et quelques accords, et reprendre des mots qui ne sont pas les miens, des maux dont je me fous.

    -To cry me a river, cry me a river …

    Et notre amour pour les chiens.
    Moi vos bons sentiments je les piétine. J’encule leurs mots, leur putain de fatalité, je la griffe, la mord à pleines dents, moi j’en veux pas, de leurs histoires d’amour à deux sous, moi je veux pas d’eux, moi je ris quand on me demande si j’ai trouvé mon Lié, moi je crie liberté, du haut de ma scène, du bord de ses lèvres que tous embrasseront sans jamais saisir.

    -No there’s no chance for you and me, there’ll never be …

    Moi je criais liberté.
    Moi les battements de cœur, les joues rougies, la chaleur à l’intérieur, je les bouffe, je les gerbe, moi j’aime que les capharnaüm, les fournaises sentimentales, je sais pas ce qui m’a fait aussi vide, aussi conne, aussi bouffie de l’intérieur, comme une pustule pleine de pus et de « je t’aime » accumulés, je sais pas pourquoi j’arrive pas à leur dire, je sais pas, je sais plus, que jamais je pourrais les aimer, m’accrocher à leurs cou, les appeler mes folies, mes chérie, mes amours, que ça me tue encore et encore, parce que moi j’aimerais bien qu’on m’aime je crois, ne serait que du bout des lèvres, mais j’arrive pas, j’arrive pas à le dire, alors je frappe, j’écorche, comme pour oublier qu’au fond je me suis toujours sentie un peu seule, que j’aurais peut être aimé le revoir papa, que j’aurais put lui dire pardon à maman, pardon de mettre enfuie, pardon d’avoir pas su répondre à tes mots doux, à ta douceur un peu mièvre, pardon d’avoir été si froide, pardon pour les soirs d’escapades, les cigarettes volées et les cuites monumentales, pour être partie, un beau jour sans un mot, quelques billets au fond des poches et ma guitare sur le dos, au fond c’est juste que j’aimerais bien qu’on m’aime un peu je crois, mais non, moi je crie liberté, moi je crie liberté et blessures écartelées. Tout cela n’a pas d’importance.
    Je crois que j’ai le cœur au bord des lèvres.

    -Baby just go on and cry me a river, cry me a river …

    Et chanter, les yeux perdus vers le vide de la foule, moi je n’existe pas, j’existe plus, ne reste qu’une de ces gamines sans importance, et je tombe, je tombe, et je m’en fous.
    Et je mens sans cesse par-dessus tout.
    Et chanter, sans même remarquez son visage qui déjà scrute le mien, ces mots qui bientôt lui seront destinés.

[…]
-Tu es …

Ses mots se brisent sur l’écueil de sa bouche.
Debout dans la loge elle fixe le visage qui lui fait face, le visage de celle qu’elle n’avait remarqué quelques minutes plus tôt du haut de la scène et qui l’a suivie jusqu’ici, ce visage trop connut et trop lointain à la fois, et à la voir ainsi c’est quelque chose qui se brise, comme des fantômes jamais enterrés qui ressurgissent, comme un feu d’artifice dans le cœur, explosion, déchirure, chair à vif. Eclats d’horreur. Tandis qu’elle comprend.

-Une étrangère !

Comme elle aimerait à cet instant la repousser, la renvoyer dans les limbes d’indifférence qu’étaient les siennes, comme elle aimerait rayer ce visage qui lui fait face, de larges trainées noires malhabiles, comme un renie de dessin d’enfant, croire en ces mots qu’elle lui jette comme pour se libérer ! Comme elle aimerait claquer la porte, et fuir, loin, loin, pour déchirer cette vérité insoutenable qui à cet instant les nargue toutes deux.
Elle, elle criait liberté.
Elle, elle criait liberté.

Et l’autre qui proteste, leurs corps qui se rapprochent, alchimie indicible, inévitable, elles ne sont qu’un même visage un même cœur écartelé dont les bouts ne s’emboitent plus, tandis qu’elles se fixent, murmurant toutes deux la malédiction qui sera à présent leur seule réalité. Tel Narcisse, prisonnier de la contemplation de son propre reflet, elles ne pourront chanter, danser, marcher, aimer, dormir, manger, boire, crier, pleurer, courir, hurler, vivre, sans cet autre bout d’elle, qui teinte les baisers d’un gout d’obsession. Et résonne l’ultime fin, tandis que se dégageant de l’étreinte de sa jumelle enfin retrouvée, elle pousse la porte et s’enfuit. Sachant pertinemment que l’autre sera encore là à l’attendre le lendemain. Que tout ne fait que débuter. Malédiction. Ames sœurs.
Elle, elle criait liberté.
[…]
    Je crois que je l’aime.
    Je crois que j’aime quand elle enfonce ses ongles dans mon dos, quand elle me frappe, quand elle m’écorche vif, souriant dans les bras d’une autre, cruellement provocante, lorsque j’écorche ma guitare au fond des cafés, je crois que j’aime quand elle me mord, quand elle me griffe, me dit que j’ai tord, quand elle me jette des mots à chanter griffonnés sur le papier, des mots à elle, des maux à nous, quand elle m’humilie, quand elle me crie que je ne suis rien sans elle, quand elle traite toutes les autres de putes, et de mots plus crus encore, quand elle m’embrasse, me dévore, quand elle me retient encore.
    Je crois que je l’aime.

    Je crois que j’aime sentir sa présence au petit matin, ouvrir les yeux sur les ombres qu’elle laisse trainer, du fond de ce grand appartement où elle m’a permis de m’installer avec elle, «papa est mort a-t-elle un jour lancé, laisse tomber ta chambre crasseuse et viens vivre avec moi », et moi j’ai haussé les épaules, des années sans nouvelles alors quelle importance, si ce n’est le vide d’un nom qui disparait des listes, et moi j’ai sourit doucement, alors je serais sa chose, j’étalerais mes faiblesses comme autant de plaies purulentes qui lui bruleront les yeux, tandis que pour elle, la gamine intouchable se fera nue jusqu’à la moelle, pour qu’elle frappe encore, et encore. Et surtout, jamais ne se lasse. Elle sera mon bourreau, comme je serais son immolée, tandis que chaque mort qu’elle m’infligera me fera revivre encore un peu.
    Je crois que je l’aime autant que je la hais.
    Et surtout, surtout, je crois que je ne lui dirais jamais.




Dernière édition par Sara Flygt le Sam 30 Avr - 18:58, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: Sara- I felt you in my leg ...   Sam 30 Avr - 18:36

C'est beau, c'est clair, c'est joli et bien écrit. Tu m'as donné envie de rimer moi aussi.
Et puis le reste on s'en fout, hein. brillant

Bienvenue par ici chère Sheina, pense à répondre au petit questionnaire pour te présenter dans le flood ! (j'espère qu'on aura la possibilité de se faire un RP à l'occasion GF )


Seal my heart and brake my pride ; I've nowhere to stand and now nowhere to hide. Align my heart, my body, my mind to face what I've done and do my time. Well yes sir, yes sir, yes it was me ; I know what I've done, cause I know what I've seen. I went out back and I got my gun, I said, "You haven't met me, I am the only son."
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