Il n'y avait rien de naturel dans ce que l'on éprouvait.
 
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 Je ne te connaissais pas, mais je te détestais. | Andreas.

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Sleepless


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MessageSujet: Je ne te connaissais pas, mais je te détestais. | Andreas.   Dim 17 Avr - 17:12


Ce qui chez les uns est nourriture
se révèle pour d'autres un amer poison.
▬ Lucrèce.



    Nemaides ouvrit difficilement un œil, réveillé par les rayons soudain perçants du soleil. Ses yeux rouges et albinos supportaient mal la lumière et il grogna en cachant sa tête sous l'oreiller, irrité par la trop forte luminosité. D'une main molle, il tâtonna sur sa table de nuit et trouva la télécommande qui ordonnait au volet roulant, qu'il fit descendre jusqu'à ce que la luminosité soit raisonnable. Alors, paresseusement, il se redressa, encore un peu endormi et s'étira de tout son long, comme un félin, chose étonnante pour quelqu'un qui tenait davantage du chien ou du loup. Un coup d'œil au réveil : quatre heure vingt-quatre p.m. Il était déjà tard. D'ailleurs, il se demandait pourquoi October n'avait pas pris un malin plaisir à le réveiller en fanfare. Peut-être parce que la perspective de passer une journée sans lui était plus douce que celle de le réveiller, même en sursaut ? Très sûrement.

    Le jeune homme se leva sans s'habiller, habitué à vivre nu, et se dirigea vers la cuisine. Sur le chemin, il regarda un peu autour de lui, tendant l'oreille. Pas un bruit. October devait être parti quelque part. Parfait. Comme il l'avait prévu. Satisfait, il prit une tranche de pain de mie blanc et la mangea à petite bouchées. Ce faisant, il attrapa une bouteille de lait dans le réfrigérateur et s'en servit un grand verre. Du blanc, encore du blanc, toujours du blanc. L'appartement aussi était monochrome. Blanc et noir. Une exigence de Nem que sa mère avait tenu à respecter. Ce qui expliquait sans doute les trop nombreuses absences d'October.

    Il lui avait donné rendez-vous à dix-sept heure en lui envoyant un texto depuis le téléphone portable de son frère en imitant son style. Andreas. Son fameux lié. La raison pour laquelle il était revenu en catastrophe en Suède, abrégeant son séjour à New York. Il était parti un mois. Paris, Londres, Milan, New York... Il aurait du aller à Los Angeles et Las Vegas avant, mais cette terrible annonce avait changé ses plans : son frère avec un lié. Et avec ça, même la fashion week et des rails de coke ne pouvaient lui changer les idées. D'ailleurs, peut-être devrait-il en prendre un peu pour se donner du courage... ? Non. Il ferait ça quand Andreas sera là. Ce genre d'actes avait tendance à être choquant, surtout pour les jeunes freluquets. Lui-même avait été effrayé les premières fois qu'il avait vu quelqu'un se droguer. Il avait trouvé cela terrifiant, même écœurant... mais maintenant, il avait l'habitude. Trop peut-être. Si bien qu'il avait rejoint le mouvement, comme Lawliet l'avait exigé, et plus encore.

    Nemaides finit de manger et revint dans sa chambre. Il ouvrit sa commode de bois blanc et fouilla entre ses vêtements jusqu'à trouver les petits sachets de poudre. Il y en avait des blancs, d'autres plus grisés, d'autres jaunâtres, selon les mélanges. Nem en prit un immaculé. De la cocaïne pure, pas trop trafiquée donc pas trop dégueulasse avec moins d'effets secondaires. Il voulait quand même rester à peu près clair en présence d'Andreas... Quoique... Nem tritura le sachet de plastique transparent entre ses doigts fins, plongé dans ses pensées. Quelque part, il voulait oublier... Il n'avait plus rien. Plus October. Plus Lawliet. Plus de compagnons. Plus Steven. Plus des parents. Plus de raison d'être. Plus de travail. Plus rien. En l'envoyant ici, on l'avait privé de tout ce qui faisait sa vie. Si October n'avait pas été en Suède, il n'aurait jamais rencontré Andreas. Si on ne l'avait pas expédié ici, il aurait toujours Lawliet avec lui. Et il n'avait même plus le droit d'être mannequin pour le moment... Il était censé être sevré. Mais non. Ce mois-ci l'avait fait replonger. Mais c'était tout ce qui lui restait pour tenir... des sachets de poudre blanche. Il en aurait presque pleuré s'il n'était pas si impassible, si insensible quelque part.

    L'albinos revint dans le salon en marchant lentement, puis s'assit dans le canapé de cuir blanc. Il se pelotonna entre les coussins et posa la cocaïne sur la table basse, à côté de sa carte de crédit hors-de-prix et d'un billet de cinq-cent euros. Il contempla le tableau, la tête penchée. Ça lui rappelait la bonne époque... A la place des euros, il s'agissait de livres sterling, mais... ça revenait au même. La mafia, Lawliet, la drogue, le champagne, les putes, l'argent,... Tout ça... La belle époque, oui. Mais maintenant, il était tout seul, à reproduire d'anciens schémas, comme pour ne pas oublier, pour se raccrocher à son monde de chimères. Mais tu es bel et bien seul, Nemaides, et ça te rend méchant... Tu perds pied, tu coules, tu ne noies. Mais tout le monde s'en fout.

    La sonnette le fit sursauter. Andreas. Mécaniquement, Nem se leva. Andreas devait ignorer qu'October avait un petit frère. Le connaissant, il avait soigneusement du éluder cette partie de sa vie, surtout quand le visage de son frère apparaissait un peu partout dans des publicités Dior. Le jeune homme ouvrit la porte, le visage dénué d'expression. Quelle situation bizarre... Il était nu et sublime. Il avait l'air de l'amant mannequin qu'Andreas découvrait par hasard dans l'appartement de son petit ami, beau comme une photo, avec son albinisme seyant qui lui donnait un côté étrange, son visage racé et son corps finement musclé.

    Nemaides s'écarta pour le laisser entrer, sans prononcer un mot, puis il ferma la porte à clé derrière le jeune homme. Il avait l'air d'un enfant avec ses yeux écarquillés et son visage rond. Nem lui donnait à peine quinze ans. Bon Dieu... Rien à voir avec le beau, le magnifique Lawliet. Et quel écart y avait-il entre Andreas et Nemaides, à qui ont donnait facilement vingt-cinq ans ! L'albinos revint s'asseoir sur le canapé en esquissant un geste qui invitait le garçon à s'asseoir dans un des fauteuils en face de lui, de l'autre côté de la table basse. Il restait immobile, impassible, le regard fixé sur son petit matériel de drogué, comme s'il brûlait de le prendre. Il demanda enfin, brisant le silence d'une voix froide mais neutre :

    « Andreas, je présume ? »

    Nemaides serra un coussin contre lui, entre ses jambes croisées en tailleur.
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All I Need


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MessageSujet: Re: Je ne te connaissais pas, mais je te détestais. | Andreas.   Ven 22 Avr - 21:55



Andreas n'arrivait pas à se concentrer sur ses cours. Pas qu'il soit mauvais élève, pas qu'il soit fatigué, pas que le contenu du cours ne l'intéresse pas. Il jouait nerveusement de la main gauche avec son crayon, ne comprenant pas tout à fait lui-même la cause de sa nervosité. On était un jour de semaine. Il ne comprenait pas tout à fait. Normalement ils se retrouvaient autrement, chez lui, plus tard. Dix-sept heures, chez October ? Un appartement qu'il n'avait vu que peu de fois – et encore, très peu, pas dans son entier. Même lui, le naïf, se posait quelques questions. Mais il abandonna bien vite ces points d'interrogation, les imputant à l'inquiétude de son Lié liée à sa blessure ou à la proximité du psychopathe qui l'avait blessé s'ils se retrouvaient chez Andreas et se remit à stresser light sur l'horaire. Dix-sept heures. Ça ne lui laissait absolument pas le temps de repasser chez lui, il aurait limite du mal à arriver à l'heure, lui qui était si à cheval sur la ponctualité. Ça l'agaçait sérieusement. Il hésita à envoyer un message à son Lié pour décaler le rendez-vous d'une heure, voire une heure et demie, mais abandonna. Si son Lié voulait qu'ils se retrouvent à 17h, c'est qu'il avait une raison. Andreas espéra qu'il aurait une bonne raison. Et qu'il arriverait à l'heure. Par bonheur, le professeur décida qu'il en avait marre de faire cours à un demi-amphithéâtre et finit son cours avec un quart d'heure d'avance. Ça donnait à Andreas un temps suffisant pour ne pas se dépêcher. Ravi, il rangea d'une main ses affaires dans sa serviette en cuir noir de luxe, salua ses amis – ou n'étaient-ce que des connaissances ? – et s'en fut.

Il marcha d'un pas vif dans les rues plus ou moins remplies, et choisit un itinéraire qu'il aimait beaucoup, qui le faisait passer par de petites rues de traverse, peu peuplées. Ses yeux se posaient sans s'arrêter sur les murs, les portes, les quelques enseignes, les passants – et certainement pas les passantes. Il tenait sa main droite bandée contre son torse, en écharpe, afin qu'elle ne cogne pas par erreur contre un obstacle. Bourré d'anti-douleurs comme il l'était, il ne souffrait pas de la blessure infligée par son cher voisin, cela dit, il aurait fallu pour cela un choc. En arrivant au pied de l'immeuble où logeait son cher et tendre, Andreas hésita. Puis il rentra, vérifia sa mise dans le miroir de l'ascenseur, arriva devant la porte de l'appartement et sonna.

On ne fut pas long à venir. Enfin, pas très long. La porte s'ouvrit : il leva les yeux, pour les rebaisser tout de suite, puis les relever et les fixer sur un point derrière la personne qui venait d'ouvrir qu'il pouvait regarder sans être embarrassé. Il n'avait pu ainsi voir que quelques instants le visage de l'individu dénudé qui se tenait devant lui. De l'inconnu entièrement nu. Car ses traits lui étaient aussi peu familiers que ceux de la dernière maîtresse de son père – puisqu'il ne rentrait plus à la maison, il était incapable de savoir à quoi « l'heureuse élue » pouvait ressembler. Il avala sa salive et se demanda pourquoi, oui pourquoi, la seule comparaison qui lui venait était celle d'une maîtresse, d'une amante. Il n'aimait pas ça, pas du tout. Ça se pinçait, près de son cœur, la petite douleur de la jalousie, la petite peur de l'abandon, cette peur tenace qui revenait toujours pour l'attaquer, pour le faire souffrir. Il suffisait d'un rien pour qu'elle revienne cette peur. Et ça c'était un gros indice. Enfin, il aurait mieux fallu dire un bel indice dans ce cas précis. La jalousie n'était pas seulement celle d'un amant délaissé, celle d'une femme qui découvre que son mari a une maîtresse, mais aussi celle de l'épouse qui découvre que la maîtresse est deux fois plus jeune et deux fois plus belle qu'elle. Certes, Andreas semblait plus jeune que l'inconnu, et de loin, mais la maturité était bien une des choses qui lui manquaient. Peut-être qu'October voulait plus de maturité. Mais que peut-on faire contre des traits encore un peu enfantins ? Que peut-on contre une attitude parfois instinctivement gamine – comme là, par exemple ? En tous cas, le rapport de beauté était indéniable. Certes l'adolescent n'était pas laid, et même plutôt mignon pour certains. Mais ça n'avait rien à voir avec le visage fin, les traits délicats, le regard mystérieux, l'anormalité génétique qui lui donnait d'autant plus de charisme de l'individu qui se tenait là.

Andreas sentit une bouffée de panique monter, bien différente de celle qu'il avait ressentie devant Masha quand celui-ci lui avait poignardé la main. Pas la panique de la douleur physique. La panique de la douleur psychologique. Il ne voulait pas savoir. Mais l'inconnu s'écarta, lui cédant le passage, et, poli comme l'était notre petit adolescent, il entra dans l'appartement, se demandant où il avait pu voir ce visage si séduisant – parce qu'en fin de compte, ses traits lui étaient quelque peu familiers. Il abandonna bien vite en entendant l'autre verrouiller la porte. Depuis Masha, Andreas avait tendance à se comporter en animal traqué, et qu'on verrouille la porte derrière lui ne présageait rien de bon, rien de bon du tout, du tout, du tout. Il avala sa salive et s'assit sur un des fauteuils monochromes, comme le lui proposait l'homme nu – il ne savait toujours pas où poser son regard, alors il le posa sur la table, et bien qu'il n'en ait jamais consommé lui-même, n'eut aucun mal à reconnaître la poudre sur la table. Ça ? Chez October ? Non, ce n'était pas possible. L'inquiétude s'infiltrait par tous les pores de sa peau et se faisait tranquillement un chemin vers son cœur, vers sa tête. Ah non, ah non. Pas encore une fois une expérience comme chez Masha. D'autant plus que là, October ne viendrait probablement pas à son secours. Il ne savait pas qu'il était là, il ne pourrait pas s'en douter. Ils n'étaient censés se retrouver qu'à dix-neuf heures, chez Andreas, comme d'habitude. Il avait foncé dans le guet-apens sans réfléchir. Oui, parce qu'il avait compris qu'October n'était pas là, ne serait pas là. Quelque chose le lui disait. Ou alors, c'était juste qu'il l'espérait très fort. Voir October débarquer, nu, une serviette entourée autour de sa taille, encore humide de sa douche, se séchant les cheveux avec une autre serviette, comme il avait l'habitude de le faire... quelque part, ça lui paraissait si plausible, si désespérément possible qu'il préférait encore être tombé dans un piège. Une énigme restait à résoudre : l'individu en face de lui, qui avait, tiens, heureusement mis un coussin à l'endroit stratégique, permettant à Andreas de le regarder, de l'observer, de se demander où il avait bien pu le voir, cet individu, qui était-il ?

Mais il n'allait pas répondre à la question, loin de là : il ne fit qu'énoncer une tautologie. L'adolescent hocha la tête, anxieux. Oui, il était bien Andreas.

« Et... et vous, qui êtes-vous, si ce n'est pas indiscret ? » La politesse avant tout, même si l'individu ne lui inspirait pas confiance. Il faut être gentil avec ses amis et poli avec ses ennemis avait-il entendu. Il ne savait pas encore où classer l'albinos, mais dans le doute, autant être poli.

« Vous vouliez me rencontrer, je suppose ? Vous n'auriez pas usé d'un tel stratagème, sinon, je présume. » ajouta-t-il, espérant avoir raison. « Pourquoi ? »
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