Il n'y avait rien de naturel dans ce que l'on éprouvait.
 
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 I can't wait for you to knock me up | October.

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Sleepless


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MessageSujet: I can't wait for you to knock me up | October.   Dim 9 Jan - 21:43


Moi, j'idéalise quand tu me fais mal
mais que j'adore ça.


    Nemaides sortit de l'aérogare avec un chariot croulant sous les malles et autres sacs Louis Vuitton, l'air empressé. Il n'avait pas pris le temps d'appeler un porteur ni même celui de réserver un taxi. Le jeune homme, engoncé dans une lourde écharpe blanche, regarda autour de lui et vit un taxi faire son créneau pour se garer devant l'aéroport. Devançant une petite famille, le mannequin se précipita sur la voiture et toqua à la vitre. Le chauffeur avisa d'un œil brillant les bagages de luxe ainsi que les vêtements griffés de l'albinos, avant de charger les malles dans le coffre avec une servilité exagérée. Qu'importe, Nemaides n'avait jamais accordé de crédit à ce genre de comportement. En fait, la plupart des émotions et des attitudes qu'on pouvait lui témoigner le laissait de marbre. Il était comme cela depuis qu'il était tout petit. Enfant, il restait assit dans un coin, l'air vide et absent ; s'il n'avait pas parfois cligné des yeux, on aurait pu le croire mort. A cette époque et encore maintenant, il ne montrait aucune réaction quand on lui parlait ou le touchait, comme si son esprit était séparé du monde réel par un champ de force invisible. On l'avait cru autiste pendant plusieurs années avant de se rendre compte que c'était une erreur. En fait, il n'y avait qu'October qui pouvait en tirer quelque chose. C'était d'ailleurs précisément pour cela qu'il était rentré en catastrophe de Paris...

    Il y avait un mois de cela, Nemaides avait obtenu de sa mère l'autorisation de pouvoir honorer son contrat avec Dior à Milan, pour la fashion week, pour qui il était mannequin pour les défilés. Cleopatra avait cédé à ses supplications et l'avait donc laissé faire. Ainsi, Nem avait assuré à October qu'il serait de retour bientôt en bouclant ses valises, puis il s'était envolé pour l'Italie. Il avait été surpris de constater que l'ambiance des défilés lui avait terriblement manquée. L'atmosphère survoltée des coulisses aux milieu des maquilleuses et des tonnes de vêtements, les dernières directives du créateur, les foules de créatures maigres à la beauté maladives,... Et surtout, les derniers conseils écrits en lettres capitales sur un grand panneau avant de défiler sur le podium : « WE ALL LOVE YOU. YOU ARE BEAUTIFUL. YOU ARE THE BEST. WALK STRAIGHT ON. POWERFUL + WITH ENERGY BUT NO HIPS. BE POSITIVE BUT DON'T SMILE. HAVE A GREAT SHOW. » C'était comme être face à la Table des Lois. Cette dictature impitoyable, cette course à la perfection lui avait manquée, oui... Elle lui donnait la rigueur et l'encadrement dont il avait besoin. Une bonne dose de compliments pour se mettre en confiance, avant d'imposer la loi martiales et belliqueuse : marcher bien droit, puissant et énergique, mais sans rouler des hanches parce que ça fait pute. Être positif, éclater de mille feux, mais ne pas sourire, parce que « sourire est le commencement de la grimace », d'après Jules Renard. Et puis s'élancer. Ce règlement valait pour les femmes comme pour les hommes. La perfection n'a pas de sexe. Venaient alors les spectateurs en rangées d'oignons, les flash, la musique... Ça ne durait pas longtemps, mais c'était un tel choc à chaque fois ! Puis retourner en coulisses, passer entre les mains impatientes et expertes des maquilleuses, des habilleuses et des coiffeuses qui vous transformaient de la tête aux pieds pour un deuxième passage, un troisième, un quatrième,... Et être une personne différente à chaque fois. Être couvert d'hommages et de cadeaux. Avoir l'impression d'être quelqu'un. D'être la huitième merveille du monde.

    Mais le mannequinât, ce n'était pas que ça. Si la première nuit il était directement rentré à l'hôtel, la deuxième s'était déroulée autrement. Nemaides n'avait pas touché à la drogue depuis sa dernière cure de désintoxication, avant d'aller en Suède. Mais mode et drogue sont intimement liés et ses « amis » ne tardèrent pas à lui proposer une ligne, puis deux, etc. Déchéance. Faible et influençable, il avait replongé. Après Milan, au lieu de rentrer, il était allé faire un tour à New York chez un ami photographe spécialiste dans les clichés érotiques. Inutile de développer, on aura très bien compris ce qu'il y avait fait. Nemaides y était resté une semaine avant de migrer vers Los Angeles pendant une dizaine de jours, avant de revenir vers Paris pour prendre quelques photos qui promouvront le nouveau parfum de Dior, The Wild, dont il était l'égérie. C'est peu après qu'il apprit la terrible nouvelle par une vague connaissance restée en Suède : October avait un lié. Catastrophe. C'était comme une pierre balancée dans son estomac, une dague dans le cœur, une violente gifle. Ça aurait été pire si Law avait trouvé son lié, mais quand même... Il s'agissait d'October. SON October. Nem avait eu une sorte de hoquet et avait manqué de se mettre à pleurer. Il avait vivement raccroché et s'était précipité sur le site d'Air France pour avoir un vol pour Stockholm.

    Et le voilà. En Suède à nouveau, affolé, tentant de garder la face dans un taxi pour Sollentuna. Le visage tourné vers la fenêtre, il ne regardait rien de spécial, le regard morne et vide. Il n'avait pas attaché sa ceinture et avait ramené ses longues jambes contre son torse en les entourant de ses bras. Le chauffeur ne fit aucun commentaire mais le regardait de temps en temps dans le rétroviseur, scrutant son noble profil un rien canin. Alors qu'ils croisaient un autobus, l'homme s'exclama en voyant la publicité sur le flan du véhicule :

    « Eh ! Mais c'est vous sur l'affiche ! »

    Nemaides regarda vaguement le bus et souffla sans conviction :

    « Ah... Oui. »

    Il avait l'air fier et sûr le lui le Nemaides torse nu sur l'affiche, beau comme un Dieu, sauvage comme le voulait le parfum. A ce moment-là, il ne savait pas encore pour October... Si seulement... Nem soupira et ferma les yeux, ne disant plus rien pendant tout le reste du trajet, ignorant les tentatives du chauffeur de communiquer. Arrivé à Sollentuna, il paya la note salé et ajouta un pourboire élevé pour que l'homme l'aide à porter ses bagages jusqu'au bon étage. Nemaides regarda sa montre : il était tout juste onze heures du matin. A cette heure-ci, October devait être à l'appart'. Pas avec son lié, pitié. Le jeune homme enfonça sa clé dans le trou de la serrure d'une main tremblante, la tourna et déverrouilla la porte. Elle s'ouvrit lentement. Nemaides congédia le chauffeur et poussa ses malles à l'intérieur. Sûrement interpelé par le bruit, l'albinos vit son grand frère émerger de la cuisine, une tartine à la main. Il devait prendre son petit-déjeuner ou un brunch, qu'importe. Ce dernier affichait clairement un air dégoûté, comme si le voir débarquer ce matin avait pourri sa journée et même sa semaine. Brisant le silence, Nemaides déclara de son habituel voix atone et sans émotion :

    « Bonjour, October. »

    Il se débarrassa de son manteau Yves Saint Laurent, parfaitement impassible. Cacher ses émotions, c'était son point fort. Ou plutôt, il ne savait pas les exprimer alors il ne montrait presque jamais rien. Il se contrôlait pour ne pas parler de cette histoire de lié tout de suite, sans rien montrer de son désarroi. Nemaides se dirigea vers la cuisine et se servit un verre de lait dont il but quelques longues gorgées, silencieux. Il défit son écharpe, l'abandonnant sur une chaise, avant de se tourner vers son frère. Il s'approcha, se planta juste devant lui. Nem était plus grand qu'October d'une demi-tête, au grand dam de ce dernier. L'albinos le fixa de longues secondes avant de se détourner pour prendre un tube de lait concentré sucré, le déboucher et le porter à sa bouche pour en aspirer lentement le contenu, assit sur le plan de travail.

    « … Alors ? Quoi de nouveau en un mois ? »

    Nem préférait tendre le bâton pour se faire battre plutôt que de laisser à October le plaisir de lui annoncer ça avec fierté, sans introduction. Non, il allait même le priver de cette joie tout court. Il ajouta, l'air parfaitement neutre :

    « J'ai appris il y a un petit moment que tu avais un lié. C'est bien. Tu es enfin à la mode. Dommage que ça n'ait pas été volontaire, mais bon... On ne peut pas toujours se payer ce luxe. »

    Prends-toi ça. Nemaides aimait October, de tout son cœur. Mais il ne pouvait s'empêcher de lui balancer une de ses piques légendaires, jetées comme de l'huile sur le feu, l'air de rien, avec le ton de celui qui parle de la pluie et du beau temps. Il ajouta histoire de bien faire :

    « Il paraît que c'est le genre petit empoté sans talent. C'est drôle que tu sois tombé sur ce genre de personne... Ça doit être cela que l'on appelle le Destin... hm ? »

    Deuxième round. Avant, c'était Lawliet qui se prenait toutes ses provocations dans la face, tout ça pour qu'il s'intéresse à lui. Maintenant, c'était à October de subir. Et ça n'irait pas en s'arrangeant. Tiens, ça lui donnait une idée...

    « J'ai vu Lawliet en passa à Londres ce mois-ci. Nous avons un peu parlé de toi... Enfin, pas vraiment. Il a simplement rit quand j'ai cité ton nom et nous sommes passés à autre chose. C'est bon signe, non ? Rire, c'est positif. »

    Troisième round. A bon dissimulateur, bon menteur.
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MessageSujet: Re: I can't wait for you to knock me up | October.   Mer 9 Fév - 22:54

This means nothing to me
'Cause you are nothing to me
And it means nothing to me
That you blew this away

(...)

You could've been number one
And you could've ruled the whole world
And we could've had so much fun
But you blew it away


Uno - Muse



Tic, toc. Tic, toc. Tic, toc, fait la vieille pendule en bois, accrochée sur le mur couvert de papier peint pourpre vieilli par le temps. Il est là, et il attend, assis dans son fauteuil moelleux de velours rouge. L’archet à la main, il gratte distraitement les cordes d’un vieux violon en bois sombre, qui gémit bruyamment pour crier sa souffrance. Il avait bien sûr appris à jouer du violon, et s’y exerçait depuis qu’il avait l’âge de marcher, mais il détestait ça. Comme toujours, c’était un des grands échecs de sa mère qu’elle avait répercutés sur lui, comme pour se donner une nouvelle existence en son fils. Alors il en jouait comme un psychopathe, pour faire hurler l'instrument. Par esprit de rébellion, peut-être. Ou bien parce que ça lui donnait vaguement l’air d’un célèbre détective, sociopathe de haut niveau.
Derrière lui, la porte, dont l’image se reflète dans le miroir, accroché sur le mur en face de lui. Il scrute l’objet, attendant patiemment d’y voir la porte s’ouvrir. Il pourrait retourner le fauteuil pour lui faire face. Mais c’était contre ses principes. Alors, en attendant, il joue, il se complaît dans son vacarme chaotique, enfermé dans cette pièce vide et sans fenêtre, éclairée par la seule lumière d’un vieux néon accroché au plafond, qui clignote furieusement, menaçant de s’éteindre à tout moment.
Soudain, un grincement. Ce n’est pas l’instrument. A ce son, un sourire lui déchire le visage. Devant lui, dans le miroir, il regarde la porte s’ouvrir lentement. Il est arrivé, enfin. Alors, riant pour lui seul, il lance, sans même se retourner, poursuivant son jeu du cache-cache et des reflets, s’installant plus confortablement dans son trône :

« Good evening, Watson. I was waiting for you. Please, have a seat, and a cup of tea. »

Le jeune homme derrière lui, de même, sourit de toutes ses dents. Ce sourire sadique qu’il avait toujours, et qu’il n’oublierait jamais. Son corps tremble. Il rit, lui aussi. Il rit comme son congénère, assis dans le fauteuil. Avidement, il passe sa langue sur ses lèvres, comme un prédateur qui s’apprête à sauter sur sa proie.

« You know why I’m here, don’t you, darlin’ ? » S’enquit-il, un sourire pervers aux lèvres.

« Of course, my dear. » Répond l’intéressé, en gardant l’archet immobile sur les cordes. « And I just can’t wait to see if I was right. »

Silencieux, le jeune homme debout derrière lui lève son bras. Dans sa main, elle apparaît soudainement, l’arme du crime. Le revolver noir qui vise le crâne du Roi, qui semble lui aussi bien rire de l’ironie de la situation.
Et pourtant, il ne bouge pas. Il ne fait même pas l’effort de se lever pour tenter de s’enfuir ; il sait très bien qu’il n’y échappera pas. Alors il attend.
Derrière le grand brun ténébreux au sourire de démon apparaît un ange blanc ; lui ne sourit pas, il ne pleure pas non plus, son visage est aussi impassible que celui d’une statue de marbre. Il n’avait jamais été capable d’exprimer une quelconque émotion, de toute façon.
L’incube qui tient le revolver s’apprête à tirer. L’ange se met à trembler. Et le génie incompris, dans son fauteuil, abaisse son archet. Il regarde, dans le reflet du miroir, les lèvres du démon s’entrouvrir, pour y lire ces dernières paroles, murmurées par son assassin :

« Farewell, October. »

« We’ll see each other in hell, won’t we… Lawliet ? » Susurre-t-il à son tour, d’un ton plat, le sourire éteint.

« Of course… my dear. » Lui répond Lawliet, pour reprendre les paroles de son ancien ami, le sourire s’étendant jusqu’aux oreilles.

Clac. Il appuie sur la gâchette. Pan. Le miroir se fissure. Hé ? October se retourne.
Pan, de nouveau. Et puis les ténèbres.

Couvert de sueur, emmêlé dans ses draps désordonnés, October ouvrit enfin les yeux. La lumière du jour, blanche et aveuglante, le transperça jusqu’au plus profond de son être. Douleur. Encore étourdi par le sommeil, il referma un instant ses paupières, et sans bouger, avachi sur le matelas, il chercha à tâtons un corps près de lui. A cet instant, ne trouvant pas à ses côtés celui qui aurait dû y être, il pesta sans gêne. Andreas devait être parti à la fac depuis quelques heures déjà. Jamais là quand il fallait, celui-là, décidément. Déjà dépité à l’idée de devoir se lever, il somnola quelques instants, le temps de trouver la motivation de faire l’effort surhumain de quitter ses draps, et lorsqu’il se fût fait une raison – après un rêve pareil, de toute façon, il n’était sûrement pas prêt de s’endormir – il releva lentement son buste, passa sa main sur ses yeux, s’arracha la mâchoire en baillant et se leva enfin. Dans son plus simple apparat, il tituba lentement jusqu’à la salle de bains, et ouvrit à fond le robinet d’eau froide de la douche. Il avait besoin d’un réveil violent. Qu’avait-il encore fait, la veille, pour être si épuisé ? Certes, il était habitué, depuis le temps, à ces lourdes matinées (et quelques fois après-midis) de sommeil pour rattraper quelques heures après une bonne insomnie ; mais là, il lui semblait qu’un rouleau compresseur lui était passé dessus. Misère. Il avait dû trop tirer sur la corde, en ce moment. En même temps, tant que Nemaides n’était pas là, il ne pouvait qu’en profiter à fond, tant qu’il pouvait, avant que ce boulet ne revienne.
Il fit coulisser la porte en verre, et s’offrit à l’eau glacée. Il serra les dents. Un gigantesque frisson lui parcourut l’échine, de la tête aux pieds. C’était comme si des milliers de petits poignards lui transperçaient la peau au même moment. Mais il n’y avait que comme cela qu’il pouvait espérer émerger enfin. Pour oublier cette désagréable sensation, il tenta d’établir le plan de la soirée de la veille. A cette pensée, un léger sourire apparut sur son visage. Ah, ça lui revenait maintenant. Un petit dîner tranquille à deux, pour rattraper l’autre fois. Pour une fois, il s’était fait un petit plaisir et s’était amusé à faire boire Andreas ; et vu le mal de tête qu’il sentait déjà le gagner, il avait dû pas mal picoler aussi. Et puis, forcément, après l’apéritif, il s’était fait à lui tout seul le plat et le dessert. Hinhin. Vilain garçon. Profiter d’un pauvre adolescent si candide. Il avait dû avoir bien du mal à se lever, lui aussi, avec ce qu’il lui avait fait subir. Oh, et puis, c’était son problème. Il était toujours consentant, aussi.

Une fois propre, il s’enveloppa d’une serviette et repassa dans la chambre, pour enfiler un boxer, jetant négligemment le tissu trempé sur le sol. Déjà d’une humeur fracassante, il se dirigea lascivement vers la cuisine pour avaler quelque chose qui lui permettrait de tenir debout. Fusillant le pauvre frigidaire du regard, il l’éventra et se saisit de la confiture d’orange amère, enclencha la bouilloire électrique et chercha en grognant le sac de pain de mie.
D’habitude, déjà, October n’était pas spécialement quelqu’un qu’on pouvait qualifier « du matin ». Autant dire qu’il avait déjà très, très mal commencé sa journée. S’il savait ce qui l’attendait. Il n’était pas au bout de ses surprises, et surtout, de son malheur.
En jouant avec le sachet de thé (il avait la flemme de sortir la théière, le paquet de feuilles de thé hors de prix, les faire infuser et tout le reste) pour le faire infuser plus vite, il songea de nouveau à son sombre rêve. Pourquoi Lawliet et Nemaides ? Pourquoi maintenant ? Pourtant, ces temps-ci, avec Andreas, Jeremias et Elizabeth pour l’occuper, cela faisait bien longtemps qu’il n’y avait plus pensé sérieusement. Qu’essayait donc son subconscient, tout aussi tordu que son esprit, de lui dire par là ? Oh, et puis merde. Ce n’était ni le jour, ni le moment pour se poser ce genre de questions. Furieux contre lui même, il fit l’erreur de vouloir avaler sa tasse de thé brûlant d’une traite, et se déchira littéralement la gorge. Recrachant une bonne moitié du breuvage dans l’évier, râlant de douleur, dépité, il oublia l’idée de finir son thé et sortit à la place une petite cuillère du tiroir. Regardant le pot qu’il ouvrait avec ire, comme s’il voulait le dissuader de lui faire un coup pareil à son tour, il prit une cuillère de confiture, qu’il jeta violemment sur une pauvre tranche de pain, l’étala grossièrement et mordit furieusement dans sa victime. Monde cruel. Dès le matin, l’univers tout entier est contre moi.

Soudain, un grincement, puis des cliquetis sonores venant de l’entrée. Quelqu’un rentrait. Andreas ? Impossible. Il était en cours, et en plus, il n’avait pas la clef. Oh, bloody hell. Non, pas Lui. Pas aujourd’hui, pas maintenant.
October réalisa soudain, les dents plantées dans sa tartine, la signification de son rêve. Son subconscient, qui adorait le faire souffrir, avait gentiment essayé de lui dire, en gros : « Tu as été vaguement heureux pendant quelques temps, et bien c’est fini, mon garçon. C’est reparti pour un contrat à durée indéterminée de souffrance intense ! Signe ici, sweetie ! ». Vie de merde.
Tel un cavalier de l’apocalypse, Nemaides apparut subitement dans l’entrée, toujours aussi beau, toujours aussi grand, toujours aussi jeune, et toujours aussi détestable. October était si outré, de le voir apparaître ainsi, devant ses yeux royaux pile ce matin là, après tout ce qu’il avait subi pendant les dernières heures, qu’il eût un instant de parfait vide mental. Il fixa son petit frère, silencieux, la tartine à la main, tel un dieu grec taillé dans le marbre, le regard vide et dégoûté. Lui qui croyait que ça ne pouvait pas être pire. Il avait bien sous estimé sa malchance naturelle, comme d’habitude.
Fait chier. C’est reparti pour plusieurs semaines de bonheur.
Résigné et émergeant enfin de son monde lorsque résonna la voix du vermisseau, brisant le lourd silence qui s’était installé, October avala sa bouchée, et posa sa tartine sur la table, derrière lui. Toujours sans mot dire, comme s’il lui fallait quelques instants, ce matin là, pour revêtir son masque et avoir l’air à peu près sociable avec son cadet. Il n’était vraiment pas d’humeur, ce matin là. Il n’avait pas la force de le brosser dans le sens du poil. Et pourtant, il était bien obligé.

« Oh, excuse-moi, petit frère, tu me parlais ? » Daigna-t-il enfin dire, retrouvant soudainement son habituel sourire factice. « Je t’avoue que la nuit dernière a été plutôt agitée, si tu vois ce que je veux dire. Alors j’ai un peu de mal, ce matin. Ton voyage s’est bien passé, j’espère ? »

* Avec le nombre d’accidents par an, quel dommage que ton avion ne se soit pas malencontreusement crashé. * Pensa-t-il, en attrapant son paquet de clopes et son briquet, posés sur la table eux aussi.

Il en saisit une, l’alluma et prit une bouffée de fumée. Ah, nicotine, que ferais-je sans toi.
Ca y est, il était reparti comme d’habitude. Ah, misère. Ca lui avait vraiment coûté, sur ce coup là. Comme quoi, rien n’est acquis.
D’un œil suspicieux, il regarda son frère s’installer, boire son lait, puis se faire le tube de lait concentré. Du blanc, toujours du blanc, rien que du blanc. Comme si ce misérable marshmallow voulait se complaire dans son délire de pureté sacrée. Ou alors, qu’il était sérieusement accro à un certain fluide humain. Ca sentait le refoulé, tout ça. Ca ne l’aurait pas étonné, de toute façon, venant de ce sale petit pervers détraqué.
Aux petites remarques piquantes de son cher petit frère, October se permit d’afficher un rictus nerveux. Saleté. Alors tu n’as pas fait que t’enfiler des lignes de coke pendant ton petit voyage ; tu as aussi acquis le sens de l’humour ? Ou alors… Il était encore plus masochiste qu’avant ? Non. Impossible. Il était juste toujours aussi détestablement perspicace. Et dire qu’il l’était presque innocemment, en plus. Ah, comme j’aimerais t’arracher tes jolis petits yeux d’albinos pour en faire de la marmelade.

« Je vois que tu es bien informé… » Susurra d’abord l’aîné. « Je ne savais pas que tu travaillais pour le KGB, Nemy… »

Il ricana seul à sa plaisanterie que lui même ne trouvait pas drôle, et reprit, d’un ton hautain, se donnant l’air le plus détaché possible pour lui faire regretter ses paroles, et lui montrer à quel point il n’avait pas besoin de lui :

« Oui, c’est vrai que ce petit Andreas a encore du chemin à faire avant de m’arriver à l’orteil. Mais je travaille chaque jour à parfaire son éducation, alors ne t’inquiète pas pour lui. Qui plus est… Il se révèle être un excellent élève. »

A ces mots, il lui adressa un regard rieur, et reprit une bouffée de fumée. Ah, tu aimes ça, hein ? Tu en veux plus ? Très bien, aujourd’hui, parce que ça fait un mois, j’accepte de te faire plaisir. Vas-y, prend ton pied, petit frère. Tant que je daigne prêter attention à toi !
Il poursuivit, le sourire aussi sadique que celui qu’avait Lawliet dans son rêve :

« Et ton lié à toi, comment se porte-t-il ? Oh ! Suis-je bête. Excuse-moi, Nemychou, j’oubliais… Tu n’en as pas, et tu es tout seul, en ce moment ! Heureusement que ton grand frère (que tu adores plus que tout, n’est-ce pas) est là pour s’occuper de toi, hein ? Ne me remercie pas, c’est normal, enfin. Le destin, comme tu dis, doit juste être capricieux… »

Ah, mon dieu, il faut croire que tu m’as converti à ton petit jeu, suppôt de Satan ! Comme j’avais oublié ce sentiment de jouissance, à te faire bien sentir à quel point tu m’es inférieur.
Mais le nom de Lawliet arracha bien vite son sourire au Roi.
Immobile, le regard creux, October fixait le vide. Petite ordure. Ris tant que tu le peux. Je te ferai payer ça un jour, tu verras. Rira bien qui rira le dernier.

« Tiens donc ? » Rétorqua-t-il, l’air vaguement intéressé. « Ce cher Lawliet ? Il ne s’est pas encore étouffé avec sa coke, celui là ? »

Ou bien avec son cher petit loukoum ?

« Mais assez parlé de moi ! » Reprit-il soudainement, poussée d’hypocrisie salvatrice, avec une expression digne d’une mère poule. « Parlons plutôt de toi, Nemychou. Comment c’était, ta petite virée en Italie ? Je suis sûr que tu as des tas de choses à me raconter. »

* Tu t’es bien amusé, au paradis des anorexiques et des drogués ? Tu t’es bien dandiné sur la scène comme une jolie petite poupée gonflable ? Comme je regrette d’avoir manqué ça ! *

A ces pensées, l’horrible sourire de Lawliet refusant de quitter son esprit, il reprit une grande bouffée de fumée qu’il souffla lentement.
Si je pouvais tuer d’un seul regard, j’aurais appuyé sur la gâchette depuis bien longtemps.
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