Il n'y avait rien de naturel dans ce que l'on éprouvait.
 
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 Rien ne pourrait me faire plus plaisir que de te voir baigner dans ton sang. [PV October]

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MessageSujet: Rien ne pourrait me faire plus plaisir que de te voir baigner dans ton sang. [PV October]   Jeu 11 Nov - 23:17



« Allo ? Rendez-vous dans une demi-heure au Scandic Star Sollentuna. La table 6 est déjà réservée à ton nom puisque c’est toi qui va payer. Ne sois pas en retard, sinon… je te laisse deviner. Allez, prépare-toi. »

Elizabeth ne laissa même pas le temps à son interlocuteur d’en placer une et raccrocha aussitôt. Non mais, c’est déjà un grand honneur que je lui fais de le convier moi-même… un trop grand honneur même. C’est vrai ça, j’aurai tout aussi bien pu lui envoyer l’huissier pour lui faire une farce de mauvais goût… dommage, j’aurai dû y penser… enfin, ce sera pour la prochaine fois. Bon, en attendant, il faudrait tout de même que je me prépare. Ah, je suis si fatiguée de ma dure journée. C’est qu’elle était forte en émotion… et je n’ai pas eu le temps de me demander quelle température il pouvait bien faire. Enfin, elle vient de sortir de l’appartement et je ne suis toujours pas lavée même si sous un certain angle…

Elle lança distraitement le téléphone portable sur la couette, et traversa l’appartement en sifflotant. D’abord une douche. C’est hors de question que l’autre grand dadais me fasse une quelconque remarque sur ma tenue. Et puis il faut que je me lave de cette odeur. Ce n’est pas possible, on dirait une chienne qui aurait voulu marquer son territoire. Pourquoi les femmes mettent-elles autant de parfum de nos jours ? Comme on dit, l’habit ne fait pas le moine et la saleté persiste même si vous vous aspergez de ce liquide douceâtre. Croyez-vous que tous vos atours vous permettront de mieux berner le gibier ? Ne soyez pas si péremptoires. Une proie ressent les choses. C’est le principe de l’instinct. Aussi, elle ne se méfiera que trop par vos excès de bonne volonté. De quoi avez-vous peur ? De votre propre odeur ? N’ayez crainte, c’est le naturel qui plaît. Sur ces belles paroles, Elizabeth détourna le regard de la glace devant laquelle elle avait harangué les foules, et s’élança dans la douche après avoir ôté sa seule chemise. L’eau se mit à couler sur son front. Les mains dans les cheveux, elle se délecta de la délicieuse eau brûlante qui lui coulait sur le visage. Après s’être suffisamment frictionnée de partout avec du savon, elle tourna le robinet. Un couinement se fit entendre et l’eau s’arrêta peu à peu. Elle pressa les cheveux entre ses mains et sortit enfin. Elle attrapa une serviette pour sécher ses cheveux humides. Régnait une atmosphère brumeuse dans la salle de bain et les vitres étaient totalement embuées -il faut ce qu’il faut quand on s’appelle Elizabeth Victoria-, et lorsqu’elle ouvrit la porte, tout l’air emprisonné s’échappa. Elle déambula dans tout l’appartement, la serviette autour du cou, ne se souciant guère des flaques d’eau qu’elle laissait sur son passage.

Ah, j’oubliais. Il faut que j’appelle le restaurant après tout. Elle s’étendit mollement sur le lit et composa un numéro sur son téléphone portable qui siégeait là depuis son dernier coup de fil.

« Allooo ? Oui. C’est Mademoiselle Brighton au téléphone… Mais qu’est-ce que ça peut bien vous faire de savoir comment je vais ? Faites votre travail, c’est tout ce que je vous demande. Où en étais-je ? Ah oui. Donc je disais, avant que vous me coupiez, que je voulais réserver une table pour 20h… Oui, je sais que c’est dans une demi-heure. Je ne suis quand même pas sotte. Enfin. Je ne crois pas demander la Lune. Donc, je voudrais votre meilleure table pour, disons, une demi-heure - trois quart d’heure environ. Chut, taisez-vous. Quand j’ordonne, vous agissez. Bien, j’aime mieux ça. A tout à l’heure donc… ah, et vous mettrez la note au nom de River. »

De nouveau, elle raccrocha immédiatement après. Elle se mit sur le dos et regarda le plafond, une main posée sur le front. Lasse, je suis si lasse de tout cela… mais si je ne m’en occupe pas maintenant, quand le ferai-je ? A force d’attendre, je n’arriverai jamais à mes fins. Néanmoins, il y a d’autres affaires où le pari est justement de perdre du temps… Un sourire mélancolique passa sur ses lèvres. Son cœur la serra plus que de mesure. Allons, ne restons pas là à larmoyer sur notre sort. Elle se releva brusquement et, enjambant les monceaux de vêtements -jetés dans la « mêlée »- qui jonchaient le sol, elle s’approcha lestement de sa garde-robe, tout en fredonnant un air… politiquement incorrect.

Comment s’habiller pour rencontrer un rustre ? Plutôt élégant ou négligé... Ses mains glissèrent entre les cintres et les différentes matières. De temps en temps, elle attrapait un ensemble, s’appréciait devant le miroir, puis, le jetait sur le lit en faisant la moue. Pas celui-ci, pas celui-là… c’est fou tous les vêtements que j’ai et pas un qui puisse convenir. Foutue société de consommation… elle s’arrêta… mais suis-je bête : rien de ce que je porte n’a été payé par mes soins, mais gracieusement offert après les shootings. Elle partit d’un rire sonore, presque effrayant. Au bout d’un quart d’heure et après avoir quasiment transvasé tout son placard sur le lit, elle parvint à un choix satisfaisant.

Elle opta donc pour le genre classe et décontracté. Une chemise cintrée à motifs qui, déboutonnée jusqu’à la naissance des seins, rehaussait le charme de sa tendre gorge. Suivi d’un jean noir moulant qui soulignait ses courbes. Ensuite, des chaussures à talons en daim pour en imposer encore plus à l’autre idiot. Et pour finir, un blouson en daim et une écharpe en cachemire noire. Bien entendu, les sous-vêtements sont à proscrire. Non pas qu’elle verse dans le harcèlement sexuel -avec un homme, quelle horreur-, mais on ne sait jamais, une femme peut arriver à tout moment. Vous ne comprenez pas ? Oh, esprits lourds ! Songez un peu que la majorité des humains qui peuplent cette Terre sont des femmes, ça laisse quand même davantage de chances de tomber dans la rue sur une femme que sur un être inférieur.

Après qu’elle eut lacé sa deuxième chaussure et qu’elle eut endossé blouson et écharpe, elle avisa le miroir de sa salle de bain. Ah oui, le maquillage. Attention, pas trop. Je ne veux pas ressembler à un clown, moi. Elle se rapprocha de la glace pour mieux voir. Au moment d’appliquer le rouge à lèvres, elle eut un instant d’hésitation. Un pincement au cœur, elle se considéra silencieusement, et reposa le rouge à lèvres. Non, ce n’est pas pour moi, ça. Elle tenta d’afficher un sourire, comme si c’était elle qu’elle avait en face des yeux, mais le miroir ne lui renvoya que son reflet déformé par les vapeurs. Elle se fit honte. Tu ne vas quand même pas remettre ça ? Elle fuit alors la salle de bain, son appartement, cet immeuble, tout ce qui puisse évoquer son souvenir. Pour l’heure, elle avait d’autres chats à fouetter. Tiens, ça fait combien de temps que je n'ai pas fumé avec toutes ces hidtoires? Il faut à tout pris que je me rattrape ; je ne veux pas tomber dans la fosse commune des non-fumeurs moi.

Dans la rue, le froid était toujours aussi tenace et la neige, toujours au rendez-vous. Elle aura encore les chaussures trempées en rentrant, et ses membres seront sans doute rouges et raidis. Elle se jettera alors d’un seul tenant sur son lit et, s’enfonçant délicieusement dans la couverture, elle sombrera dans un sommeil sans rêve comme il lui arrivait si souvent ces derniers temps. Mais tant pis. Mieux valait avoir froid et être chic que ressembler à une pouilleuse avec un vieux duffle coat tout mité et des Doc Martens aux pieds. Tout mais pas ça.

Elle sillonna donc les rues de la ville. Du reste, ce n’était pas vraiment loin et elle dînait parfois au Scandic quand l’envie lui manquait de cuisiner, soit à peu près deux ou trois fois par semaine. Les tâches ménagères ne l’avaient jamais trop amusée. Aussi, à quoi bon s’échiner aux fourneaux quand on dort sur un matelas rembourré aux billets de banque.

Elle passa enfin les portes du restaurant et un homme à l’accueil se pencha respectueusement en avant, puis sourit faiblement d’un air soumis et inquiet. « Ah, madame… ». Elle lui lança un regard noir. « Pardon, euh, mademoiselle Brighton. Un jeune homme est venu à votre table. Comme il a fortement insisté, j’ai cru bon de le laisser s’asseoir… » Ne prêtant même pas attention à sa remarque, elle contempla les lieux. « Il n’y a pas beaucoup de gens ce soir… » Le regardant de biais. « Vous avez bien fait. Vous pouvez disposer… Ah, et débarrassez-moi de ça, voulez-vous. Pas besoin de me montrer le chemin, je connais. » Elle jeta sur le comptoir de l’accueil ses affaires et s’en fut d’un pas conquérant.

Par où allait-elle commencer ?

Crétin, je voulais te dire que… non… bonsoir l’eunuque… non, quand même pas… eh le démoulé trop chaud… non, décidément non… oh, j’ai trouvé ! Illumination. Elle jouit pendant un instant de l’effet que cela aurait sur River. Elle l’aperçut de loin et regarda sa montre. Oh, ça vaa. Je n’ai que trente minutes de retard. Comme il sera énervé d’avoir mariné si longtemps, je pourrai obtenir plus facilement ce que je veux de lui... J'aurai peut-être dû prendre encore plus mon temps... Elle haussa les épaules. C'est trop tard maintenant.

Elle avança lentement jusqu’à la table et s’assit d’un air indifférent, sachant pertinemment à quel point River devait fulminer en cet instant. Après avoir bien pris son temps pour prendre ses aises, elle le regarda enfin et ce n’est pas sans un contentement certain qu’elle crut discerner un soupçon de haine féroce. Ah, tu ne t’y attendais pas à celle-là, hein, avoue ? Elle feint l’indifférence.

« Bonsoir cher River… comment va ton frère ? Comment s’appelle-t-il déjà ? Ah oui, Nemaides. Mais où avais-je la tête. J’ai cru entendre dire qu’il était en ville… »

Elle marqua un temps, s’appuyant confortablement contre la banquette, un bras sur la cuisse et l’autre adossé à cette dernière, et afficha alors un air rêveur pour mieux le faire enrager, puis fit semblant de le remarquer pour la première fois du genre « tiens, tu es là toi ? ». Bon, elle sentit qu’elle en avait assez fait et elle prit un air plus sérieux.

« Je t’ai demandé de venir ce soir pour que nous discutions de ce mariage arrangé. Tu sais comme moi qu’il est tout à fait hors de propos que nous nous marrions. Déjà parce que tu ne m’aimes pas et que c’est réciproque et puis parce que c’est non. J’aimerais qu’on parvienne à un arrangement. »


Et merci encore à Liam^^
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MessageSujet: Re: Rien ne pourrait me faire plus plaisir que de te voir baigner dans ton sang. [PV October]   Dim 5 Déc - 22:30

Un large sourire déchira le visage du Roi.
Doucement, il glissa ses doigts dans les cheveux soigneusement peignés de son lié, et s’empara de ses lèvres pour lui arracher un baiser passionné. Mmm… Soirée intéressante en perspective. Confortablement installé dans son fauteuil, sa reine assise sur ses genoux, Sir River était comblé. Un de ces rares instants de bonheur où il ne pensait pas à faire trancher la tête des nombreuses personnes qui venaient pourrir son beau petit monde à longueur de journées. Il laissa glisser sa main dans la nuque du jeune homme, et se détacha de lui pour pouvoir admirer un instant son visage. Ses yeux, ses lèvres, son joli petit nez, tout cela lui appartenait, et personne ne pourrait jamais le lui voler. Il ne put s’empêcher de ricaner à cette idée.

Ignorant les lèvres de son lié qui se penchait de nouveau vers lui, October se saisit du verre de champagne posé sur une petite table, près de son siège. Il le porta à ses lèvres tout en le narguant du regard, un regard à la fois complice et moqueur, comme s’il voulait lui dire, en grand gamin insupportable qu’il était : « non, l’alcool, ce n’est pas pour toi, mon petit ! ». Même le soir de leur premier anniversaire, October tenait à garder son lié complètement conscient jusqu’à ce que le soleil se lève. Andreas et l’alcool n’avaient jamais fait très bon ménage ; et les rares fois où l’anglais avait cédé aux jérémiades de son cadet qui insistait, celui-ci avait eu de mauvaises surprises.
Evidemment, c’était Andreas qui avait tout préparé. Déjà un mois qu’ils étaient ensemble ; un mois qu’October s’était penché pour la première fois sur le jeune homme évanoui, fasciné. Le temps avait filé à toute vitesse, depuis cette soirée. Il lui semblait connaître Andreas depuis tellement longtemps, maintenant. Il faut dire, en même temps, qu’il ne lui avait pas fallu beaucoup de temps pour le connaître… en profondeur.
October aurait pu se sentir enchaîné ; emporté par une marée bien trop forte pour s’en sortir indemne. C’était le cas. Mais étrangement, cela ne le dérangeait pas. Il était comme ravi de l’addiction à laquelle il était soumis.
October aurait pu s’indigner de se voir, lui, le Roi inaccessible, accro à un adolescent complètement candide. Mais ce n’était pas le cas. Il n’y avait que lui, Andreas, qui comptait. Lui, eux, seuls au monde, enfermés tout en haut de leur tour d’ivoire. Le reste, il n’en avait absolument plus rien à foutre. A tel point que Lawliet semblait parfois ne presque plus occuper son esprit.

Du moins, c’était ce qu’il croyait lorsque l’ivresse de l’Andreas le prenait. Mais, en réalité, le Roi était beaucoup moins insouciant qu’il ne voulait le penser.
Comme un signe annonciateur de l’apocalypse approchant, le portable à pomme de l’anglais se mit à vibrer furieusement dans sa poche. Le Roi, qui était très occupé à détruire la chemise hors de prix de son lié –quelle importance, ils étaient tous deux assez riches pour balancer des billets par la fenêtre- à qui il donnait de nouveau un fascinant cours d’anatomie, poussa un juron. Il arracha le portable à sa poche, et, posa son doigt sur les lèvres du dragibus qui trépignait, avec un sourire. Attend deux minutes, mon petit, tu ne vas pas le regretter, crois moi. Puis, il décrocha, sans même prendre le temps de regarder l’écran, et le nom de l’appelant. Erreur, River, erreur !

« October speaking. » Lança-t-il, d’un ton détaché.

Une horrible voix résonna alors dans son oreille. Une voix perfide, vicieuse, détestable, qu’il n’avait pas entendue depuis des mois, voire des années. Et pourtant, il la reconnut tout de suite. Avec son horrible accent snob, son ton maniéré et hautain, il n’y avait pas d’erreur possible. Instantanément, l’anglais perdit son sourire. Bloody hell. Cela ne présageait rien de bon. Et c’est qu’elle s’y prit vite, cette sorcière ; il n’eut même pas le temps de lui jeter un sarcasme que le désagréable biiiiip plaintif du téléphone vint lui transpercer les tympans. A présent furieux, October jeta l’appareil sur le sol, et passa sa main sur ses yeux. Elle avait eu vingt-deux ans pour lui passer ce coup de fil, dont les 3 dernières années où ils n’avaient pas dû s’envoyer le moindre sms, mais non. Comme toujours, il fallait qu’elle lui pourrisse gaiement la vie ; il avait fallu qu’elle choisisse cette soirée là en particulier.
Il avait entendu, par sa mère, qui s’obstinait à l’appeler tous les mois pour prendre des nouvelles de son détestable marshmallow, qu’Elizabeth allait partir pour la Suède, elle aussi. Bien entendu, October, qui venait à peine d’arriver à Sollentuna à cette époque, et qui avait déjà des envies de meurtre de masse, se serait bien avalé une petite bouteille d’arsenic. Il ne pouvait donc pas dire qu’il ne s’attendait pas à ce qu’elle cherche à le voir. Lui aussi ne désirait rien ne plus que de voir ce stupide mariage annulé. Mais de là à l’appeler ce soir là, ou elle était très bien informée et battait son record de sadisme pourtant inégalé jusque là, ou bien son cher Satan avait cédé aux charmes de cette sorcière. Sale traître. Je savais qu’elle finirait par t’avoir, toi aussi !

L’air complètement déprimé (car Andreas était le seul à parfois avoir la chance immense de voir quelques vraies émotions de l’hypocrite) October laissa retomber sa tête contre le torse de son lié, et ne mit à pleurnicher comme un gamin. Le pauvre Andreas, qui devait le questionner depuis au moins dix bonnes minutes, ne semblait pas prêt d’obtenir une réponse. Et pourtant, le Roi se décida enfin à marmonner, la tête baissée :

« L’horrible sorcière à laquelle je suis fiancé exige que je la voie dans une demi-heure... Et je ne peux pas refuser. »

Levant des yeux larmoyants de chat potté vers son lié, il gémit, achevant certainement l’adolescent ce faisant :

« Andreas. I beg you. Please, kill me. »

Il devait vraiment, vraiment être à bout rien qu’à l’idée de la voir. Un mythe qui prenait fin : même le grand October n’était, au fond, qu’un pauvre humain mortel ; comme tout le monde, il avait sa cryptonite. Il faut dire que ce démon lui en avait fait voir de toutes les couleurs, depuis sa plus tendre enfance. Et lui qui adorait les femmes, je vous laisse imaginer à quel point Elizabeth avait dû être horrible pour qu’il la haïsse autant. Non, non, en fait, n’essayez pas d’imaginer. C’est trop horrible. Non, pas la peine d’insister, je ne vous dirai rien. Croyez-moi, vous ne voulez pas savoir.

Prenant son courage à deux mains, il poussa gentiment son lié pour lui faire signe de se lever et prit la direction de la salle de bains. Une demi-heure ou non, il s’en fichait, il prendrait le temps qu’il lui faudrait pour se préparer et arriverait un peu en retard, comme toujours. De toute façon, il était certain qu’elle arriverait encore plus en retard que lui, cette vipère.
Il se doucha, se rhabilla pour la cinquième fois de la journée (il faut croire qu’October passait son temps à vider son placard, imaginez la tête de la femme de ménage, chaque matin, qui se retrouvait avec un Everest de fringues hors de prix à gravir), se parfuma et se coiffa. Il la détestait, certes, à tel point qu’il avait presque envie de jeter ses principes de bonne conduite en société aux oubliettes et de l’assassiner en public, mais ce n’était pas pour ça qu’il devait paraître négligé. Il avait une réputation à tenir, lui aussi. Et surtout, un Andreas sérieusement frustré à satisfaire en rentrant. Même si ce n’était pas vraiment un problème. Hinhin. Heureusement qu’il avait, au moins, cette petite récompense à la clé. Plus vite il en aurait terminé avec cette succube, et plus vite il rentrerait pour s’occuper de son petit ange personnel.
Une fois prêt (il avait déjà un quart d’heure de retard, haha), il retourna dans le salon récupérer son portable ; Andreas n’était plus là. October pesta. Voilà qu’il lui faisait déjà la gueule. Forcément, planter son lié misogyne le soir de leur premier anniversaire, sous prétexte qu’il devait impérativement voir une femme dans l’heure qui suivait, et pour une durée indéterminée, au lieu de s’occuper de lui, c’était impardonnable. Parfait. Comme ça, elle allait jusqu’à lui pourrir sa vie de couple. You silly bitch. J’irai danser sur ta tombe avec joie.
Tant pis, il règlerait ça en rentrant. Lorsqu’il s’en donnait les moyens pour, Andreas n’était pas capable de lui en vouloir bien longtemps, de toute façon. Avec ce qu’il avait prévu à la base, ce serait vite réglé.

October claqua furieusement la porte de son appartement et descendit dans les rues glacées. Il attrapa le premier taxi et s’en fût au Scandic, pour retrouver le démon. Lorsqu’il pénétra dans la salle, malgré les supplications du maître d’hôtel qui ne voulait pas le laisser entrer, il vit la table vide. Evidemment. Il avait une demi-heure de retard, elle en aurait une demi-heure de plus. Saleté.
Sans mot dire, il s’assit et commanda du champagne. Dire qu’il n’avait même pas fini la bouteille qui l’attendait chez lui, avec son petit lié installé bien au chaud dans son lit, alors que lui devrait passer son temps avec cette… il commençait à manquer de qualificatifs. Il semblait avoir épuisé la longue liste des mots exprimant la haine et le dégoût.
Sirotant son champagne pour oublier son malheur, trop occuper à songer à la façon dont il allait s’y prendre pour se faire pardonner par Andreas après ça (ce qui ne serait pas aussi facile, malgré ce qu’il en disait), une demi-heure plus tard, il détourna la tête : elle s’approchait. Pitié, Satan, épargnez-moi ! Je me remettrai à la cocaïne, je me noirai dans l’alcool, je ferai des messes noires si ça vous fait plaisir, mais sortez-moi de là !
Il ne se leva même pas pour lui tirer sa chaise, comme il l’aurait fait avec n’importe quelle femme. La galanterie, il préférait faire mine de ne jamais l’avoir connue avec elle.

Affichant son éternel sourire hypocrite, le Roi répondit, d’un ton tout aussi aimable que le sien, faisant mine de n’être pas atteint par ses sarcasmes qui lui avaient déjà donné l’envie de lui arracher les yeux à la petite cuillère :

« Bonsoir, Liz. Combien de temps ça va faire ? Deux, trois ans ? Toujours aussi délicieusement perspicace, hein ? Mais… N’est-ce pas une ride que je vois là ? Tu ne t’acharnerais pas trop au travail par hasard ? A moins que ce ne soit un signe du temps qui passe ? »

A ces mots, l’incube ne put s’empêcher de ricaner. C’est ça, feins l’indifférence, toi aussi. Je sais bien qu’au fond, tu te meurs de rage au moindre mot que je puisse te cracher au visage.
Il ne s’étonna guère de l’entendre parler du mariage. Il se demandait même si elle n’était pas venue en Suède juste pour ça. Enfin, au fond, il s’en fichait. Du moment qu’elle lui fiche la paix, qu’elle soit ici où au fin fond du Mozambique, ça ne changeait rien.
Ignorant toujours ses sarcasmes, il rétorqua, laissant choir négligemment son dos sur le dossier de sa chaise, les bras croisés :

« Je t’avoue que, moi aussi, je serais ravi de cette annulation. Mais je n’ai pas beaucoup de temps à te consacrer, ce soir, donc cette entrevue sera brève. Nous allons devoir nous revoir pour en discuter. Mais puisque je suis là, maintenant… Je t’accorde une heure. Ne me remercie pas, c’est tout naturel. »

A ces mots, il lui adressa un large sourire, et porta sa flûte de champagne à ses lèvres. Il reprit bientôt, sur ce même ton méprisant :

« De plus… Tu en parles comme si c’était simple. Mais tu sembles oublier les enjeux de ce « contrat », ma chère Liz. Si nous voulons y mettre fin, il va falloir que nous coopérions. Tu comprends, je suis très attaché à mes chers parents… et à leur société. »

L’héritage à la clef, il n’y avait que ça qui le forçait à supporter les deux horribles aristocrates qui lui servaient de géniteurs.

« Alors ? » Lança-t-il, d'un ton hautain. « Es-tu prête à faire ce sacrifice, et à t’allier à moi pour retrouver ta liberté ? Bien sûr, si tu veux mon aide, il y aura un prix à payer… Mais je suis certain que tu comprendras. »

Il lui adressa un sourire insolent, et se tut. Cette idée de coopérer avec elle ne le ravissait pas non plus, mais s’il pouvait se débarrasser de ce poids… et en profiter pour se venger d’elle, par la même occasion…
La vie d’October était un gigantesque échiquier. Et faire des sacrifices ne le rebutait pas, du moment qu’il était sûr de gagner.
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MessageSujet: Re: Rien ne pourrait me faire plus plaisir que de te voir baigner dans ton sang. [PV October]   Mer 22 Déc - 17:41

Elle frémit d’horreur. Ce sourire… Ce n’était pas qu’elle le craignait, loin de là -elle était indifférente à l’humanité grouillante, puisse-t-elle être à ses pieds-, mais il la révulsait. Il était faux, mensonger, le sien l’était peut-être aussi parfois, mais celui-là, là, l’énervait par-dessus tout. Du reste, le misérable ne se mettait pas à son avantage ; il faisait encore plus ahuri que d’habitude et son ricanement forcé lui fit l’impression de converser avec une fouine. Plus que ce sourire, ce regard, cette attitude hautaine de gamin attardé, tout l’insupportait et la poussait à lui chercher des poux. Tu veux jouer à ça, mon poulet ? Rira bien qui rira le dernier. Elle se passa une main dans les cheveux en soupirant d’un air agacé, du genre « mais mon pauvre ami, toujours aussi stupide à ce que je vois… », puis croisa les bras et prit un air compatissant.

« Décidément, mon petit « Octounet », tu es toujours aussi candide. Que croyais-tu ? Que j’allais seule endosser tous les sacrifices ? Ce n’est pas une faveur que tu me fais là. Je te rappelle que tu es aussi impliqué dans l’affaire. »

Elle marqua une courte pause durant laquelle elle toisa son interlocuteur, puis adopta un ton faussement distrait, considérant sa manucure en fronçant les sourcils.

« J’ai cru entendre dire que tes parents te déshéritaient au moindre faux pas. Ton frère Nemaides peut à tout moment reprendre les rênes du traineau et tu te retrouverais sur la paille pour le restant de tes jours… Il est très sympathique, tu sais. Hier encore je discutais avec lui autour d’un verre. Ah, ce gamin est prometteur. Je pense qu’il ferait un bon assistant… Tu ne crois pas ? »

Elle lui lança un rapide coup d’œil dans le seul but de se délecter de sa souffrance. Rien de ce qu’elle disait n’était vrai. Le bluff, toujours le bluff. Elle était passée reine dans la pratique, et elle le savait, ce cher October tomberait la tête la première dans son piège. Effectivement, dès qu’on parlait de son cher et tendre cadet, il voyait rouge, alors c’est sûr que ça n’arrangeait pas les choses pour ce roi déchu…

« Je pourrais… On ne sait jamais ce qui peut arriver… Lui trouver un job. S’il se trouvait, par le plus grand des hasards, qu’il convienne et qu’il soit embauché, qui sait, peut-être qu’il monterait les échelons et qu’il se ferait une place dans le métier… Comme vos parents seraient heureux et fiers,… Tu ne crois pas ? Ils l’investiraient alors de tous les droits concernant votre héritage. Lui et son maître… Lawliet, n’est-ce pas ?... S’installeraient au sommet de leur tour d’ivoire et succomberaient au vice et à la luxure jusqu’à la fin de leurs jours sans jamais se soucier des comptes à rendre. Mais toi… Tu n’y serais pas, n’est-ce pas ? Oh, quel dommage… Pauvre petit Octounet… »

Elle posa une main sur sa joue, l’air véritablement affecté, agitant doucement la tête pour accentuer son empathie. Elle alla jusqu’à serrer son poing tout contre sa poitrine pour montrer sa peine. Soudain, le masque tomba et elle partit d’un rire sonore, moqueur. La déconfiture du jeune homme était délicieuse à contempler. Quel spectacle ! Elle en avait pour son argent. Elle se ressaisit bien vite, et reprit un air quelque peu indifférent.

« Ne fais pas cette tête, mon biquet, je ne fais que te taquiner un peu. Tu es toujours aussi soupe au lait, toi. Ce ne sont que des hypothèses bien entendu… »

Elle eut un mince sourire.

« Enfin, tout dépend de toi. Un simple coup de fil et… Je te laisse imaginer la suite. »

Tu pensais vraiment que tu pourrais triompher en un claquement de doigt, hein ? Et de moi en plus ? Mais ça ne se passe plus comme cela maintenant ; nous jouons dans la cour des grands, mon petit. Quand on construit un discours, il faut des arguments valables, une menace efficace, un plan B au cas-où et tout ce qui va avec ; il ne suffit pas de fanfaronner en tergiversant dans le vide. Personne ne te demande de prouver ta virilité, ce n’est pas la peine : à force de coucher à droite à gauche, on finit par croire que tu cherches à te rassurer toi-même vis-à-vis de ce problème ô combien existentiel. Ne t’en fais pas, je ne le dirai à personne. C’est un secret entre toi et moi…

La tension était si forte qu’on aurait pu la couper au couteau. D’un côté, un roquet, de l’autre une araignée, cruelle et mesquine. Pour elle, tous les moyens étaient bons.

Le serveur arriva à point. Oh, quelle étourdie je fais. Elle avait presque oublié qu’ils étaient là pour se sustenter. Ne sachant vers qui se tourner tant l’égo des deux aristocrates était volumineux, il choisit le protocole « normal » et entreprit de se pencher vers « monsieur ». Grave erreur, mon cher… Avec Elizabeth à proximité, la normalité n’est déjà plus ce qu’elle était. River n’eut même pas le temps d’ouvrir le menu qui siégeait sur la table qu’elle s’en saisit et le feuilleta négligemment. Telle une enfant capricieuse, elle fit d’abord l’intéressée, puis arbora peu à peu une moue dubitative avant de détacher son attention du menu. Elle observa ce valet d’un soir. Il hésitait encore, jetant de petits regards inquiets en direction du « monsieur ». Le code, n’est-ce pas ? Les hommes sont bien tous les mêmes, songea Elizabeth. Mêmes propres sur eux, ils restent des larbins sans jugeote qui ne savent sortir des sentiers battus. Les femmes… C’est une autre affaire. Elle vint à son secours. Enfin, tout dépend de ce qu’on appelle « secours »…

« Laissez, je viens davantage ici ; je choisirai donc aussi pour le « monsieur ». Et bien,… non pas ça, mmh, ça non plus… »

Elle le regarda droit dans les yeux, puis soupira, affectant une profonde déception.

« Vous n’avez rien de bien original… Je suis déjà venue maintes et maintes fois, mais je suis aux regrets de constater que les plats ne se renouvellent pas très souvent. L’établissement stagnerait-il ? C’est malchanceux tout de même. Je risque de ne plus revenir si c’est pour tomber à chaque fois sur une vulgaire bavette à l’échalote. Enfin, passons, ce n’est ni à vous ni à moi de juger la gestion de cet établissement, n’est-ce pas ? Que prendrons-nous ? »

Elle avait reposé ses yeux sur la carte et chantonnait presque en se tapotant le menton du bout du doigt. Sadique jusqu’au bout des ongles, vous l’aurez compris par vous-même, elle se délectait de l’apparente gêne du serveur.

« Non, je ne vois toujours rien qui vaille la peine. Que faire ? A quoi bon sortir de chez soi et payer une fortune si c’est pour manger la même chose… Je me demande si nous devrions rentrer à la maison tout de suite, n’est-ce pas Octounet chéri ? »

Elle toisa celui qu’elle avait élu victime du soir et tapota le menu du bout des ongles, attendant qu’il prononce les mots qu’elles désiraient tant.

« Euh, je peux demander au cuisinier de vous faire quelque chose d’inédit, quelque chose que vous aurez choisi vous-même… »

Elle exultait : elle avait vaincu, et puisqu’elle avait vaincu, elle l’accablerait encore un peu plus dans son malheur –il faut tout de même savoir apprécier les bonnes choses. Elle referma d’un coup sec le menu, et lui tendant, elle trancha aussi prestement qu’un félin à l’affût.

« Ce sera donc des escargots avec une sauce à l’oseille, en entrée… Quoi, Octounet ? Tu n’es pas content, peut-être ? Qu’est-ce que tu peux être puérile. Tu préfèrerais de la cervelle avec des petits champignons, à la crème, ou bien des cuisses de grenouilles poêlées, c’est ça ? Remarque… Si les cuisses sont bien fermes, je ne dis pas… Enfin, ça te changera un peu de ton vulgus anglo-saxon. En plus, ça te rappellera nos tendres souvenirs d’enfance… Ensuite, du homard accompagné d’un assemblage Cabernet Sauvignon… Et puis faites-moi un petit quelque chose en accompagnements. Tenez, pourquoi pas une petite fricassée de girolles. Surprenez-moi un peu… Ah, et servez-nous aussi du magret de canard. Au poivre de Sichuan, hein ? Je pense que « monsieur » nous fait une chute de tension. Du reste, il a eu une dure journée et il a bien besoin de reprendre des forces, n’est-ce pas chéri ? Ne fais pas ton timide devant le monsieur, voyons. De toute manière, je sais que tu iras le serrer dans les toilettes. Pas besoin de te cacher, tu sais, j’en ai pris mon parti. Monsieur, je vous préviens, protégez vos arrières : un accident est si vite arrivé… Enfin, la viande sera accompagnée d’un Château Grillet. Pour le dessert,… Nous verrons. »

Elle dit cela en suivant du regard une serveuse qui passait juste à ce moment-là. Finalement, chacun aurait son compte… Le serveur, rouge d’embarras, finit de griffonner sur son calepin et s’en fut. Elizabeth, satisfaite de son petit manège vira son regard sur ce cher Octounet et afficha un sourire radieux. Je t’énerve, hein ? Pas la peine de me regarder comme ça, on n’a jamais vu quelqu’un mourir d’un regard… Ou pas encore. Ah, mais j’oubliais que tu avais des velléités de télépathe. Ma foi, je ne capte aucune onde négative, il doit y avoir des interférences sur le canal. Pas très efficace comme matériel... Elle s’étouffa presque de rire.

Les deux ennemis restèrent de nouveau donc seuls, l’un en face de l’autre. Elizabeth fronça les sourcils, se mordillant la lèvre, faussement songeuse.

« … Je me demande si ce type est ton genre… »

Elle avait un don pour glisser d’un sujet à un autre, chose qui, elle ne le soupçonnait que trop, faisait enrager « Octounet ». Elle le connaissait depuis si longtemps qu'elle savait déjouer ses artifices. Je pourrais en faire un métier, tiens: l'octoïsme.

« Où en étions-nous déjà ? J’ai oublié. Bon… Et bien que deviens-tu depuis tes
prouesses en Grande-Bretagne ? Toujours aussi fainéant? Ah, au fait, tu cours toujours après les moules et les bulots? Bourreau des cœurs, va, tu les choisis de plus en plus jeunes. Fais attention tout de même, tu vas finir par t’attirer des problèmes… »


Elle se passa la main devant la bouche et ricana. Il faut dire que la tête de River valait le coup en plus.

« Je rigole. Ce qui m’étonne par contre, c’est que tu puisses croire à cette histoire de liés. Ca ne te ressemble pas. Enfin, tu me diras, tout peut arriver, hein ? »

Elizabeth s’assit un peu plus à son aise sur la banquette. Toute cette agitation l’avait éreintée, elle but une longue gorgée d’Evian, puis reposa son verre. Elle posa ses yeux sur River et suivit le lent va-et-vient de ses lèvres. Un son attira son attention. D’abord hésitante, la voix s’imposa de plus en plus au-dessus des discussions. Malgré elle, son attention se porta sur la chanteuse. Si majestueuse. Elle fut comme happée. Pourquoi avait-elle ce pincement au cœur ? La diva lui rappelait sa jeune danseuse. Sauf qu’elle, elle était écoutée par tous ces nouveaux riches. Comme elle se produisait dans un restaurant chic, ils l’écoutaient silencieusement et la respectaient dans son art. Elle sentit monter en elle une colère sourde. Pourquoi elle et pas sa liée ? Ce n’est pas juste. Jaana avait 10 000 fois plus de charisme et de puissance qu’elle…

La vie est ainsi faite que ce ne sont pas toujours les plus talentueux qui prospèrent. Il s’agit davantage de savoir comment voler dans les plumes de ses voisins… Qu’est-ce que ça aurait été chouette que Jaana soit à la place de la chanteuse. Elle se serait élancée, et aurait filé aussi souple et inattendue que la fumée dans les airs, comme poursuivant une main qui se déroberait sans cesse. Elle les aurait tous subjugués. Tous autant qu’ils sont. Malgré eux. Pas besoin de feindre un intérêt, ils n’auraient pu que l’admirer. Sans le vouloir, elle sourit faiblement. Elle aurait été belle, dans une robe rouge, avec des chaussures à talons rouges et les lèvres rouges. Tout ce rouge aurait scintillé au gré de ses pas, la menant toujours un peu plus vers la fin de sa danse. La fin… C’est peut-être cela qui rend la danse si belle. Quelque chose d’inévitable, mais dont on se joue insolemment. Un peu comme faire du saut en hauteur sans élastique...

Le souvenir de sa peau l’apaisa. Son regard aussi ardent que la braise la brûlait délicieusement. Etrange, n’est-ce pas ? C’est-à-dire qu’elle était comme Icare : elle savait qu’elle se brûlerait les ailes en se rapprochant ainsi de sa liée, mais elle ne pouvait faire autrement. Elle l’aimait, tout simplement.

River la sortit de sa torpeur. Tiens, elle l’avait oublié celui-là. Elle le considéra un instant. Il semblait attendre quelque chose d’elle. Elle se passa une main devant la bouche et bailla largement, puis elle s’étira négligemment.

« Tu m’excuseras Octounet, mais je suis fatiguée de ma longue journée. C’est que c’était sa première fois, tu comprends ? Il fallait bien lui montrer comment s’y prendre… Enfin, du coup, je ne te suivais pas du tout. Tu disais ? »
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MessageSujet: Re: Rien ne pourrait me faire plus plaisir que de te voir baigner dans ton sang. [PV October]   Jeu 20 Jan - 20:34

Take, take all you need
And i’ll compensate your greed
With broken hearts
Sell, I’ll sell your memories
For 15 pounds per year
But just the good days.

The Small Print – Muse



Accoudé sur la table, oubliant ses bonnes manières qu’il n’avait jamais aimé appliquer, October fixait sa voisine, d’un air las. Ses sataniques yeux noisette semblaient fixer la demi-française, mais en réalité, il l’effaçait mentalement à la gomme numérique, décidait de faire comme si elle était un mur au-delà duquel il pouvait voir. En un mot, il faisait clairement la gueule. Comprenez, il était déjà trop épuisé par ces quelques instants avec elle pour jouer la comédie, comme d’habitude. Il s’était fait une raison. Ca ne marchait pas, avec elle, de toute façon. Alors à quoi bon se fatiguer.
Voilà qu’il s’ennuyait déjà, et n’hésitait pas à lui montrer clairement à quel point la perspective de cette soirée avec elle, qui s’annonçait, après une dizaine de minutes, encore très longue, l’enchantait au plus haut point. Il songea de nouveau, un instant, au dragibus, sûrement furieux, qui devait s’être enfui pleurer dans les bras de son beau blond de voisin psychopathe, ne songeant même pas un instant à la douleur que lui, son Roi, pouvait éprouver en ce moment même. Le sale petit égoïste. S’il avait été logique une seule seconde, et s’il avait si peur de sa « fiancée », Andreas aurait dû l’accompagner. Pourquoi n’y avait-il pas pensé ? Avec Andreas, ça aurait sans doute été plus facile. Parce qu’October, avec Andreas à ses cotés, aurait refusé plus encore de perdre la face devant Liz. Parce qu’il devait rester, pour lui, le Roi October, le digne, le fier, le conquérant, devant lequel tout le monde s’inclinait. Là, il était seul face à cette espèce de succube perfide. Oh, how I wish you were DEAD, you oldie, pensait-il, avec une expression digne de celle d’un élève paresseux assis au premier rang d’une classe.

Et puis ces surnoms. Ces surnoms aussi pathétiques que ridicules, comme si elle avait l’obsession de lui montrer à quel point il lui était inférieur. Déjà que son prénom n’était pas spécialement un cadeau. Il était aussi excentrique que sa mère était folle. C’était lui, qui, en grandissant, avait réussi à lui donner un tant soi peu de classe.
D’un ton toujours aussi las, il rétorqua, en se redressant pour mieux se vautrer sur sa chaise :

« Ne me rappelle pas ce que je tente d’oublier chaque jour, et ce pourquoi je suis toujours très tenté de mettre du cyanure dans mon thé. »

A ces mots, le roi poussa un long soupir, saisit son verre de cristal et but une nouvelle gorgée de champagne. Avec tout ce qu’il avait déjà bu depuis le début de la soirée, il se demandait s’il n’allait pas devenir alcoolique. Boire pour oublier, cet instant, cette horrible femme, cette horrible soirée, son horrible petit frère qui, pour une fois, n’était pas la cause principale de sa momentanée envie de suicide grandissante, son idiot de lié qui lui faisait la gueule, et à qui il ne ferait sûrement pas l’amour ce soir. Avec tout ça à oublier, il pouvait boire, le pauvre ! Heureusement qu’il tenait bien l’alcool, grâce à la bonne éducation de son maître.
Seigneur Jeremias, le très sage et le très clément, je vous en conjure, envoyez moi un signe ! Dois-je me faire seppuku sans attendre avec la petite cuillère en face de moi, ou puis-je espérer encore qu’un miracle survienne, et qu’un serveur la tue en balançant de l’argenterie à travers la pièce, comme le majordome dans ce manga pour filles que lisait Lawliet autrefois ? Pourquoi ne puis-je pas la tuer moi même ? Après tout, si je paie suffisamment le juge et les policiers, peut-être que… Ah, mais les témoins ? Remarque, si je m’en occupe un par un, et que je fais en sorte qu’il n’aient plus du tout envie de parler… Hm… Ca pourrait être intéressant… Les serveurs/veuses ont l’air à peu près tous jeunes et mignons après tout… Pourquoi pas ?

La harpie l’arracha soudain à ses chimères, pour, en plus, lui parler du loukoum auquel, pour une fois, il n’était pas occupé à penser. Merci, très chère, je crois que mes barres de désespoir et d’envie de massacre ont déjà atteint leur limite, tu peux disposer, et si tu veux bien, ouvre la fenêtre, en partant, pour que je m’y jette.
Alors elle avait comploté avec lui, hein ? Il ne fut même pas surpris d’entendre cette nouvelle. Il n’en attendait pas moins de l’univers, qui, depuis que cette larve qui lui servait de frère était née, s’amusait à lui envoyer périodiquement des plaies pour s’amuser.
Malgré les mimiques et les provocations de Liz, October ne répondit pas. Il n’avait qu’une seule envie, actuellement, après ce qu’il venait d’entendre : lui planter sa fourchette dans la main. Mais comme le lui annoncer aurait été légèrement déplacé, pour un gentleman de sa condition, et qu’il ne se sentait pas capable de lui dire autre chose, il préféra se taire, en évitant de croiser son regard. Peut-être, avec un peu de chance, sentant que son public avait disparu, elle aurait la bonne idée de se taire. Non, mieux, de partir, ou de s’étouffer avec sa flûte à champagne. Mais non. Maintenant qu’elle l’avait poignardé, elle continuait d’enfoncer la lame le plus profondément possible, jusqu’à ce que le manche même pénètre dans son corps, histoire d’optimiser sa douleur au maximum.
Au nom de Lawliet, October se raidit. La supporter, d’accord. Nemaides, d’accord. Elle et Nemaides en même temps, passait encore ; il faut croire qu’avec l’âge et toutes les misères qu’ils lui avaient fait subir, il commençait à avoir une capacité de résistance avancée aux coups bas. Mais Lawliet, LE Lawliet, non. Il n’y arriverait pas.
Lentement, pris d’une colère froide, il détourna un regard dur vers sa fiancée. Espèce de sale petite ordure. Tu n’as pas idée de la haine qui m’habite et que je sens couler dans mes veines à ce moment même, à tel point que je t’assassinerais bien devant tout le monde, rien que parce que tu as osé prononcer le nom de cet enfoiré qui mériterait qu’on lui tranche la tête sur la place publique.
Malgré tout, il ne bougea pas. Immobile et silencieux tel une statue de pierre noire, il continuait de la fixer avec des yeux de tueur en série, s’imaginant déjà, comme il faisait d’habitude avec son cher petit frère, les milles et une façons possibles de l’éventrer.

Silencieux. Trop silencieux. A lui, le beau parleur, l’embobineur, le chanteur de louanges, cela ne lui était pas arrivé depuis des années de rester cois aussi longtemps. Il ne se taisait même pas par dépit, ou parce qu’il était à cours de sarcasmes. Il préférait se taire, parce qu’il sentait, au plus profond de lui même, que sa haine n’avait pas atteint pareil seul depuis l’époque où il venait de se faire jeter par Lawliet pour la dernière fois. Ce sentiment de colère, de rancœur, cette envie pure et violente de destruction totale, ces pulsions presque meurtrières qui le saisissaient, il les connaissait bien.

L’arrivée du serveur coupa court à sa série de meurtres répétés sur la jeune femme assise en face de lui. Détournant le regard vers la fenêtre, bras et jambes croisées en signe de dédain, il se mit à contempler les interminables chutes de neige. Comme le paysage était calme. Comme il aurait voulu voir cette neige immaculée, si pure, si blanche, se teinter de leur sang à tous. Tel Néron balançant sa fatale allumette sur Rome, en bon génie du génocide, les éventrer un par un avec un poignard, et jeter leurs cadavres sur ce matelas d’eau gelée, puis les regarder lentement se vider de ce liquide rouge rubis, qui donnerait à leur cercueil glacé une couleur bien plus belle.
Il l’écoutait piailler, comme toujours, se donner en spectacle. Qu’elle aie l’impression de contrôler la situation, qu’il était à sa merci depuis qu’elle avait prononcé les deux noms fatals qui hantaient toujours son esprit, il s’en fichait. Du moment qu’elle lui foute la paix un instant durant.

Il l’entendait disserter sur les plats de la carte hors de prix. Mais il n’avait pas faim. Il ne comptait même pas dîner avec elle, à la base. Il l’aurait laissée commander ce qu’elle voulait, juste pour qu’elle arrête de lui prendre la tête, et aurait parlé avec elle de ce pour quoi il était vraiment venu, tandis qu’elle mangerait devant lui. L’angoisse dans son estomac et le mal de tête qui commençait à le gagner lui avaient retiré toute envie de manger.
Il ne lui fit même pas le plaisir de rentrer dans son jeu. Lorsqu’elle osa lui lancer un « Octounet chéri », à fond dans son interminable délire de coupe chic au resto, il se tourna soudain vers elle pour lui adresser un large sourire, les lèvres pincées, puis se tourner de nouveau vers la fenêtre. If only he could have the brilliant idea to kill you immediately.
Par contre, lorsque le mot « escargot » sonna à ses oreilles, sifflé par le serpent qui lui faisait face, October détourna enfin la tête pour de bon. Il la fusilla du regard sans gêne. Ca ne le faisait pas rire du tout, lui.
Cela faisait partie d’une des horreurs qu’elle lui avait fait subir au cours de son existence, et qu’il tentait en vain de ranger au fin fond de sa boîte crânienne, dans un coin où il n’aurait pas envie de fouiller. Mais, comme toujours, elle s’était fait un plaisir de lui rappeler ce merveilleux souvenir. Lorsqu’ils étaient gamins, et qu’elle le brutalisait jusqu’à ce qu’il abdique et gobe une limace devant elle. Lorsqu’il y repensait, il avait l’impression de sentir encore la bestiole, dans sa bouche, gigoter pour s’enfuir de sa prison. Et encore, nous nous abstiendrons de donner plus de détails, dans l’espoir de préserver les potentiels esprits sensibles nous lisant en ce moment. Mais si vous vous risquez à lire le récit d’October et d’Elizabeth, il serait légitime de se demander si vous même, vous êtes totalement sain d’esprit, pour apprécier ces deux abjects personnages.

« …Madame ne prendra pas de dessert, merci. » Susurra-t-il, d’un ton aguicheur, en adressant un léger sourire hypocrite au pauvre serveur, qui était décidément très malchanceux pour se retrouver entre ces deux là. « Vous comprenez, elle doit faire attention à son poids pour ne pas devenir plus laide qu’elle n’est déjà… Sans compter que les gens de son travail risqueraient de la virer, si elle prenait du poids, ce qui risque fortement d’arriver avec tout ce qu’elle compte engloutir ce soir... »

Et d’adresser ce même sourire à l’intéressée, avant de s’envoyer une nouvelle coupe de champagne, cul sec.

« Oh, et j’ai déjà « serré » monsieur par le passé, si c’est ça qui te dérange, « Darling ». » Ajouta-t-il, en levant les yeux vers sa victime d’autrefois qui vira de la même couleur que le homard qu’Elizabeth allait déguster. « Pardonnez-la, Antoine, madame ne connaît pas les bonnes manières, et elle a tendance à être vite jalouse des hommes et femmes plus jeunes et plus mignons qu’elle. »

Une fois que le pauvre serveur s’en fût allé en cuisine, sûrement pour qu’on le mette sous perfusion et respirateur, il répondit, retrouvant le vrai faux sourire qu’il avait précédemment :

« Tu as déjà eu la réponse à ta question, non ? Je ne mentais pas, très chère. Et si tu veux tout savoir, je me suis également fait quelques serveuses d’ici, dans des coins sombres. »

Impossible de savoir s’il bluffait ou non. Mais ça n’avait pas d’importance.
Son sourire disparut de nouveau. Il voulut se resservir du champagne, mais la bouteille était déjà vide. Il pesta, et ne fit même pas l’effort d’en commander une autre.
Voilà qu’elle recommençait déjà à le piquer avec ses petits sarcasmes. D’abord, comme toujours, il choisit de ne pas répondre, faisant mine de ne pas prêter attention à ses paroles. Mais lorsqu’elle parla de liés…

« Il faut croire que tout peut arriver… Je suppose que si tu me fais cette remarque, c’est que tu n’en as pas, toi. Ou alors… Laisse-moi deviner… Tu en aurais, mais votre relation serait… problématique ? »

Sentant qu’il avait touché un point sensible, il s’en donna à cœur joie. Chacun son tour, ma belle. A toi de prendre ta rouste.
S’accoudant d’un côté, le visage posé sur sa main, légèrement incliné, et avec une expression de souffrance, il lança alors, jouissant de ses propres paroles :

« Donc, tu es encoooore et toujours toute seuuuuule. Quel dommaaage, vraiment. J’ai beaucoup de peine pour toi, ma pauvre petite. Mais bon, avec un peu de chances, tu finiras juste vieille fille. Ce n’est pas si grave. Tu aurais été sûrement difficile à marier, vu ton caractère, de toute façon. Ah, et puis… C’est vrai que tu commences déjà à te faire légèrement… vieille… pour ça. »

Prend ça dans ta face de bitch botoxée.

« Mais tu as raison, après tout, TOUT peut arriver. »

Son sourire semblait grimper jusqu’à ses oreilles.
Elle l’ignora, une fois de plus. Mais il s’en fichait. Il l’avait touchée, il l’avait clairement senti. Et il en était tellement fier, après tout ce qu’elle avait déjà pu lui jeter à la figure, qu’elle souffre enfin, qu’elle souffre intérieurement à en crever, qu’il se serait bien levé pour faire une danse de la victoire devant tout le monde. Il reprit alors, répondant à sa demande :

« Je disais que si tu as fini de divaguer, nous pourrions peut-être parler un jour de ce pourquoi tu m’as fait venir. J’ai un petit mignon sur le feu qui risque de brûler, si jamais tu ne te dépêches pas. Et tu sais à quel point ma patience a des limites, très chère. »

Il ajouta alors, dans la langue de Molière, enrobée d’un léger accent british qu’il marqua bien, juste pour l’énerver :

« J’espère que tu as une idée à me proposer, ma chère petite Liz. Parce que je t’avoue que je commence à en manquer. »

Il n’était pas d’humeur à réfléchir, ce soir. Pas après tout ce qu’il avait entendu. Il était soudain plus créatif en ce qui concernait les moyens d’en finir avec elle tout court plutôt qu’avec le mariage qui risquait de leur tomber dessus.
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MessageSujet: Re: Rien ne pourrait me faire plus plaisir que de te voir baigner dans ton sang. [PV October]   Lun 7 Mar - 23:32

EDIT: voilà, j'espère que ça t'ira x) et encore désolée pour l'attente plus que longuette...


Son geste partit trop vite et le cristal tinta contre l’émail de ses dents. Elle fronça les sourcils. Je n’aime pas ça, non, je n’aime vraiment pas ça, c’est d’un manque de goût... Satané verre, je te le revaudrai, tiens. En plus, tu ne portes même pas un nom féminin. Han. Une pierre deux coups alors. Enfin. Peu importe après tout… Mais je me sens bizarre. Coup d’œil à droite, coup d’œil à gauche. Pas de femmes à l’horizon. Etrange, étrange. Ah, mais suis-je bête, ce doit être le champagne qui commence à faire son effet. Elle considéra le traître liquide, haussa les épaules, puis porta de nouveau la flûte à ses lèvres.

A travers le verre grossissant le visage de son acolyte, elle pouvait à sa guise suivre les mouvements déformés de ses lèvres toutes aussi déformées. On aurait dit un Picasso. Ainsi, elle buvait et s’amusait du même coup de ces images aussi insolites que drôles. Car un October avec un nez à la place de l’oreille, c’était plutôt marrant. Ce charmant dîner-spectacle était encadré d’un murmure continu, lointain… Une fois de plus, elle fronça les sourcils. Qu’est-ce à dire ? Ah oui, October est sensé parler là. Légèrement saoule, elle ricanait dans son coin en imaginant, à partir des quelques bribes qui lui parvenaient, ce qu’il pouvait bien marmonner dans sa barbe. Mais il commit une erreur, erreur qui ne tomberait pas dans l’oreille d’une sourde, mais ça, il ne le savait pas encore. Regardez plutôt…

Tss. Erreur October, grossière erreur… Mais qu’est-ce qui t’as pris de vouloir te la ramener avec ton français à deux francs cinquante, hein, tu peux me le dire ? Car en une fraction de seconde -justement celle où il décida de parler français-, le jet partit. Elle ne put faire autrement, c’était au-dessus de ses moyens. Il était si… délicieusement pathétique. Elle le trouva donc si ridicule qu’oubliant les usages, tout ce si bon champagne atteint le visage de ce cher Octounet. Le liquide ruisselait le long de ses tempes et retombait si bien sur ces jolis vêtements repassés du matin... Etrangement, je ne pense pas qu’il ait apprécié. Par contre, elle, elle s’étouffait presque de rire. D’une à cause du choix de sa victime, de deux à cause de l’acte en lui-même, et de trois à cause de la tête qu’il faisait en ce moment-même. Etait-ce un mélange de haine, de dégoût et de mépris ? Pff, franchement, qui s’en préoccupe, hein ? C’était purement et simplement à se tordre de rire –l’alcool n’arrangeant pas les choses, bien évidemment.

Elle posa sa flûte à moitié pleine (ou à moitié vide ; tout dépend de votre rapport personnel à l’alcool) sur la table pour ne pas aggraver la situation. « Tu m’as prise de court... » Ne s’excusant pas le moins du monde pour lui avoir littéralement craché au visage, elle en rajouta une bonne couche en lui jetant une serviette. « Tu es dégoûtant, mon pauvre… Je suis désolée, mais tu vas devoir t’essuyer tout seul ; j’aurai éventuellement envisagé de te sécher de mes blanches mains si tu avais eu un peu plus de poitrine, une voix plus aigue, les cheveux longs, les ongles manucurés, les jambes imberbes et… » Elle marqua un temps, cherchant désespérément son mot. Sourcils froncés et claquements des doigts, elle entrouvrit les lèvres en continuant toujours de le regarder, comme s’il avait pu dire à sa place ce mot apparemment si crucial et qui, pourtant, lui faisait défaut. A un moment donné, éclair de génie, son visage s’illumina. « Si tu avais été une femme, quoi ! » Pour changer un peu du champagne, elle se versa de l’eau. Un peu de tenue, quoi. Il ne faut tout de même pas manquer de classe et de dignité. « … Et puis je ne préfère pas te toucher. Qui sait, tu as peut-être la gale sans même le savoir toi-même… A la limite, je peux toujours te payer les examens médicaux. Tiens, pourquoi pas un supplément pour le VIH ? Penses-tu à te protéger, mon enfant ? Mais je suis sotte d’attendre de toi une once de diligence ; après tout, tu es un… enfin, tu vois, quoi. » Elle réprima une moue dégoûtée. C’était si bon de le titiller… « Essaye seulement de ne pas en mettre une en cloque, tu veux… Mais plus sérieusement. Un bon conseil, mon chou : ne parle pas français, ça ne te sied pas. Comment dire, il faut avoir un certain charisme pour cela… Moi par exemple, je peux me le permettre. » Elle reprit son verre, de champagne cette fois, en se mordant l’intérieur de la joue pour ne pas éclater de rire. Après une longue gorgée, elle reposa le verre quasiment vide. Elle se passa une main dans les cheveux, s’adossa négligemment à la banquette et plongea son regard dans celui d’October. Désormais elle lui parlerait dans la langue de Molière pour le punir de sa vanité mal placée.

« Je te propose un marché… » Le serveur arriva avec les escargots. Elle s’arrêta un instant, perplexe. De la sauce à l’oseille avec les escargots, c’est tout de même un peu osé… Remarquez, on ne fait pas d’omelette sans casser des œufs ; elle avait peut-être sans le savoir inventer un nouveau concept. Rêveuse, elle eut un mince sourire. Ca pouvait tout autant être un désastre des plus désastreux. Elle attendit que le serveur soit parti pour reprendre. « Si je récapitule, nos parents respectifs veulent à tout prix nous voir ensemble. Tu me diras, étrange lubie. A croire que cela cache quelque chose… Enfin bref. Tu ne veux pas aller à leur encontre pour avoir l’héritage, et moi, je ne veux pas me marier tout court, et je n’en ai que faire de me retrouver à la tête d’une chaîne d’hôtels. Ce que je te propose donc… enfin, excuse-moi : « ce qui va se passer »… c’est que nous allons bel et bien nous marier. Ne fais pas cette tête, Darling, tu sais très bien que je n’en ai nullement le désir... Tu ne manges pas tes escargots ? Quel dommage, ils vont refroidir. De si bons escargots…» Elle pouffa de rire en plantant sa fourchette dans la chaire d’une de ces pauvres bêtes. Mmh, pas si mauvais que ça finalement… « Je disais donc que nous allions nous marier. Mais pas longtemps bien sûr : juste assez pour que tous les papiers soient prêts. Je m’explique : nous héritons tous les deux ; toi, ton héritage est sauvé et tu peux t’adonner à la débauche jusqu’au restant de tes jours, et moi, j’ai la paix éternelle. C’est là que ça se corse : comme il faut bien que chacun fasse des concessions et que tu as déjà ton héritage en poche, j’exige -n’espère même pas avoir le droit à la parole- que tu fasses le boulot à ma place. « Mon esclave pour le restant de tes jours », ça sonne bien, non ? En un sens, nous sommes plus liés que nous le voulons… » Elle le toisa un instant et sourit. « Bien évidemment, je plaisante : je ne le souhaite pas plus que toi. » Elle héla le serveur qui lui resservit aussitôt une deuxième coupe de champagne qu’elle porta d’un air machiavélique à ses lèvres en soutenant le regard de son « Octounet chéri ». « Bien sûr, ça ne sera pas totalement gratuit ; je ne te demande pas de faire du bénévolat puisqu’en me mariant avec toi -quelle horreur, ces mots m’écorchent la gorge- je te permets de recevoir un chèque de la modique somme de quelques millions… Tu peux me remercier. Enfin… Où en étais-je ? Ah oui. Tu recevras 10% des recettes et tout le reste me sera intégralement reversé… » Elle prit une gorgée de champagne. « Disons que c’est un peu comme si tu me payais une pension alimentaire puisqu’à ce moment-là, nous aurons divorcé. » Elle marqua une pause, sa coupe rafraîchissant agréablement sa joue. « Mais comment ? Ca, c’est la grande question à laquelle je n’ai pas encore de réponse… » Elle se passa un doigt sur les lèvres, songeuse, puis haussa les épaules. « Oh et puis ce n’est qu’un détail. Au pire, je peux toujours faire croire à la presse que je suis outrée par le fait que tu me trompes à tour de bras, ou bien prétexter que tu es mauvais au lit… ou tout simplement dire que je veux une descendance et que tu n’as pas la fibre paternelle... Ca se tient, non ? Enfin. On verra bien. Même le plus calculé des braquages de banque comporte une part d’imprévus. C’est le charme de l’aventure… »

Elle respira un grand coup. Elle commençait à en avoir assez de tout ceci. Elle ne l’aimait pas, lui non plus, ça n’avait jamais été le cas, alors dès qu’elle le voyait, c’était plus fort qu’elle, elle avait envie de lui en foutre une sévère. Pourquoi ? Probablement que leurs atomes étaient tout sauf crochus. Peut-être une malformation de naissance… Elle sourit à cette bêtise et se cala dans la banquette, les jambes croisées. Elle parcourut la salle d’un rapide coup d’œil. Il n’y avait vraiment pas beaucoup de monde, ces temps-ci. Eux aussi doivent souffrir de la crise, hein… Une envie de fumer la piqua soudain. Elle s’apprêta à tendre la main vers la poche de sa veste, mais elle se souvint soudain de la récente loi anti-tabac. Merde… Pas le choix, il faudra attendre. De toute manière, il n’y en a plus pour très longtemps. « Je reviens. » Pour se changer les idées et se dégourdir un peu les jambes, elle se leva et se dirigea vers les toilettes. En chemin, elle croisa une serveuse qu’elle n’avait jusque-là pas remarquée. Avançant toujours, elle en profita pour l’examiner de bas en haut… Elle n’était pas fantastique, mais elle ferait l’affaire. Son sourire s’agrandit de malice. Il n’y aura pas besoin de dessert…

Le serveur les débarrassa et arriva avec la suite du menu. Elle attendit qu’il s’en aille pour reprendre. « Alors, qu’est-ce que tu en penses ? » Elle toucha à peine à son plat. Car en plus d’être une incommensurable chieuse, elle faisait attention à sa ligne. Remarquez, c’est un mannequin de grande renommée, alors elle peut bien se permettre ce genre de caprices. Elle sentit son regard lorsqu’elle reposa ses couverts sur le côté de l’assiette à peine entamée et croisa les bras d’un air ironique. Devançant ses sarcasmes, elle se pinça les hanches, le prenant à témoin. « Ahlala, comme tu peux le voir, je crois que j’ai pris du poids ces derniers temps. Il faut à tout prix que je commence un régime. Sera-ce un protéiné ou bien toute autre chose ? Il y en a tant, on ne sait que choisir… Mais dis-moi, toi non plus, tu ne manges pas. Je ne savais pas que tu m’admirais au point de suivre mes préceptes… A moins que parler de ton cher et tendre amour perdu ne t’ait légèrement noué l’estomac. En ce cas, je suis sincèrement navrée, je ne le referai plus… » Elle porta vivement la main à sa bouche d’un air faussement naïf. « Mais suis-je donc idiote ! Je viens d’en reparler à l’instant. Oh, je suis désolée, vraiment. » Elle ricana, cette fois ouvertement. Que c’est bon d’être méchant.
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Rien ne pourrait me faire plus plaisir que de te voir baigner dans ton sang. [PV October]

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