Il n'y avait rien de naturel dans ce que l'on éprouvait.
 
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 Despicable us. [PV Elizabeth]

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MessageSujet: Despicable us. [PV Elizabeth]   Ven 5 Nov - 20:15

Le ciel était clair, la journée froide et on était le 8 février. Mis à part que le 8 février, c'est l'anniv de la narratrice, ce dont tout le monde se fout royalement, hein, Andreas sentait s'approcher la Saint-Valentin et cherchait désespérément quoi offrir à son October chéri. À peine réveillé, l'adolescent se doucha, se vêtit avec soin, grignota un petit-déjeuner frugal et, au lieu d'aller embêter Masha comme à son habitude, il décida d'aller chercher un cadeau pour son cher et tendre, c'était bien la moindre des choses. Mais il devait avouer qu'il n'avait pas la moindre idée de ce qu'il pourrait bien lui offrir. Mais alors pas du. Qu'est-ce qu'un gosse de riche pareil, qui avait toujours ce qu'il voulait sous la main, pourrait vouloir ? Il ferait le dîner de Saint-Valentin lui-même, avec un gâteau au chocolat en forme de cœur, ce serait magnifique. Mais il ne s'y connaissait pas assez en vin pour en offrir un à son Lié, d'autant plus qu'il avait cru comprendre que le brun n'aimait pas le voir boire (mais pourquoi donc ?).

Il dévala les escaliers, et arrivé dehors, hésita un moment avant de se décider où aller : le centre commercial ? Non, October connaissait probablement tout ce qu'il y avait là-bas, et puis les marques qu'il y avait là-bas étaient essentiellement des chaînes, de luxe, certes, mais qu'on pouvait trouver partout. Ce ne serait pas original, pas nouveau, rien qui puisse réellement intéresser le gosse de riches qu'était Sir River. Après s'être demandé un instant si il pourrait trouver quelque choses dans les Allées, l'adolescent opta pour les rues marchandes, plus animées, agréables, et agréablement surprenantes parfois. Et puis il pourrait peut-être y faire la rencontre d'une connaissance qui saurait le conseiller sur le choix de son cadeau de Saint-Valentin. Oui, parce que le petit Fredriksen avait beau être la parfaite femme au foyer, il avait une inspiration nulle en cadeaux. Normalement, on lui demandait ce qu'on voulait (il était riche, donc il payait pour tout le monde), ou alors c'était lui le cadeau (enfin, ça il le savait pas) ou c'était à lui qu'on faisait les cadeaux. Mais là il voulait absolument offrir quelque chose à son adoré, pour lui montrer qu'il tenait à lui, et qu'il ne le lâcherait pas. [Un pot de colle ? Ou au contraire du détachant extra fort ?]

Tout joyeux, les mains dans les poches de son manteau noir BCBG qui lui tenait bien chaud, l'adolescent sifflotait joyeusement en parcourant les rues en cette fin de matinée. Tiens, il pourrait même aller déjeuner dans le coin, il connaissait quelques restos sympas dans les rues alentour, ce serait agréable. Et avec un peu de chance il rencontrerait vraiment une connaissance et ne mangerait pas seul (parce que les gens ne refusent pas quand Andreas les invite à déjeuner).[Je tiens à préciser que quand il s'agit de « connaissances », de « gens », il s'agit bien évidemment que de ressortissants du genre masculin.] Cette perspective – acheter un magnifique ou surprenant présent pour son Lié puis déjeuner avec un ami – le rendit encore plus joyeux et ce fut le sourire aux lèvres qu'il rentra dans le premier magasin.

Jetant un vague coup d'œil aux vêtements de milieu de gamme, il s'avança vers le fond de l'échoppe, cherchant quelque chose qui attirerait son attention. Un monocle, posé délicatement sur une commode eut cet effet. Il s'en approcha, l'observa, et puis finalement, après avoir imaginé October avec un monocle et avoir décidé que non, ce n'était pas une bonne idée, il passa sans les regarder devant les cravates originales – son Lié avec une cravate, la blague – et ressortit. Bon, c'était un échec, mais il restait tant d'autres magasins.

Il était déjà d'ailleurs dans le suivant. Une boutique de sous-vêtements. Il grimaça en voyant que le choix était bien plus intéressant pour les femmes que pour les hommes. Mais le pire était encore à venir : la vendeuse l'avait pris pour un petit ami énamouré qui venait chercher un cadeau pour sa chère et tendre. Elle lui demanda les mensurations de la demoiselle, s'il avait une idée de ce qui pourrait lui plaire. Andreas fusilla la jeune femme du regard et sortir de la boutique sans dire un mot, agacé au possible, avec des envies de meurtre. Ce fut donc, très énervé que l'adolescent se dirigea vers le magasin suivant.

Comme il était déjà énervé, le choix pitoyable du commerce suivant acheva de le mettre d'humeur massacrante, d'autant plus que la tenancière, qui de toute évidence ne savait pas distinguer un chat d'un chien, avait commencé à le draguer sévèrement. Voilà qui n'était pas au goût du gay misogyne qui s'empressa de sortir de la boutique de l'horreur. La journée qui avait si bien commencé semblait se diriger vers un spoiler de l'apocalypse andreaesque. D'autant plus que le ciel si clair s'était couvert de nuages qui promettaient une chute de neige prochaine.

L'adolescent marchait sans regarder devant lui, ou plutôt, en regardant ses pieds, et en donnant des coups de pieds rageurs dans tout ce qui en valait la peine. Il abandonna finalement ce jeu puéril, et, au moment où il relevait la tête pour voir où il allait, il percuta quelqu'un. Enfin, à son avis, c'était plutôt l'autre qui l'avait percuté. En plus, c'était une femme. En temps normal, il aurait plus ou moins laissé couler, mais irrité comme il l'était, il réagit au quart de tour.

« Vous pourriez au moins vous excuser ! » s'exclama-t-il, le mépris pour le genre féminin suintant à travers son attitude comme ses paroles agressives. Elle avait intérêt à s'excuser, parce que sinon, ça n'allait pas aller, mais alors pas du tout.
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MessageSujet: Re: Despicable us. [PV Elizabeth]   Sam 6 Nov - 12:29

« Alors comme ça tu es coiffeuse. Mais c’est très bien ça. Une bien honorable profession ma foi… Et tu as quel genre de clientèle ? Ah, je ne me serais jamais doutée. Si je viens souvent ici ? Oh, pas vraiment souvent. Tu sais, je préfère largement les soirées au coin du feu à écouter du Wagner, mais il faut tout de même se sortir de temps en temps… Enfin. On parle, on parle, mais je ne sais toujours pas ce que tu vas prendre comme boisson. Quoi, tu ne sais pas ? Attends, tu vas voir. Eh, mademoiselle ! Oui, vous, là. Mon amie… euh, je te prie de m’excuser, mais tu t’appelles comment déjà ? Ah oui, Lucile. Donc, mon ami Lucile et moi-même allons prendre un petit cocktail. 1/2 de jus d’ananas, 1/3 de tequila, 1/10 de grenadine, un zeste de citron et beaucoup de glaçons. Au shaker et pas à la cuillère, hein ? Vous m’avez bien comprise ? Quoi, vous n’avez pas de jus d’ananas ? Vous vous moquez de moi j’espère. Laisse Lucile, laisse. Appelez-moi le responsable. Quoi ? Tu n’as plus si soif finalement. Bon, si tu veux. Tu es sûre ? Je t’invite, alors n’hésite pas. Ca ira ? Bon, d’accord. Et bien écoutez, ce sera un whisky coca bien glacé alors… Où en étions-nous? »

La soirée avait commencé à 23h et allait au moins durer jusqu’à 5h du matin. C’était un bar réputé pour ses horaires particuliers et l’ambiance à la fois calme et animée. Ici, aucun mâle non accompagné ne pouvait pénétrer impunément ce sanctuaire de jeunes filles poudrées et parfumées. Et encore, il n’était même pas sûr qu’on le laisse entrer. Un des rares lieux dans cette ville où la vie pouvait encore sembler douce et paisible. Elizabeth était bien, vraiment bien tandis qu’elle discutait avec cette jeune femme. Elle prit son verre en main et l’attira à ses lèvres. Elle goûta d’abord le liquide du bout des lèvres, puis, suffisamment satisfaite, elle avala quelques gorgées. Le liquide lui chauffait agréablement l’intérieur. Un peu comme une couverture, mais sans l’effet peu attrayant de la couverture. Au bout de quelques minutes, elle reposa le verre vide sur la table. Les glaçons s’entrechoquèrent sur les parois du verre dépoli. Légèrement éméchée, elle continua sa conversation. A un moment donné, alors qu’elle croyait pourtant que l’affaire était dans le sac, une femme vint interrompre leur discussion. Elle se pencha sur l’épaule de cette Lucile, et lui glissa des paroles inaudibles dans le creux de l’oreille. « Je suis désolée, mais je crois que je vais devoir y aller. Mon amie m’attend. » Elizabeth hocha la tête. Pas de problème. A la prochaine fois ? Ouais, c’est ça. Elle regarda sa proie s’élancer vers la porte du café, houppelande en main.

Décidément, elle manquait souvent son but ces temps-ci. S’était-elle rouillée depuis qu’elle était arrivée dans ce trou paumé ? Bof, en fait, ça ne l’amusait plus tellement de butiner de fleur en fleur. Du coup, elle n’avait plus trop la foi pour charmer les donzelles. Peut-être la crise de la vingtaine avec les questions existentielles du genre « la gloire ou l’amour ». Le pire dans tout cela, c’est que ça ne lui faisait ni chaud ni froid. Oh, ça passera sans doute. Demain, elle se réveillera et aura envie de recommencer sa quête effrénée des bourgeons naissants. Elle interrogea sa montre. 4h du matin. Malgré la fatigue, elle n’avait pas envie de rester plus longtemps, même pas pour chercher une autre brebis sans défense… ou pas. Elle se leva et fut prise de vertiges. J’ai dû boire trop vite. Elle s’emmitoufla dans son caban couleur rubis et enroula son écharpe noire autour de son cou gracile. Elle s’achemina vers la sortie et affronta le froid de l’extérieur.

Dehors, elle marcha un peu -pas longtemps, mais un peu- avant de venir s’échouer sur un banc. Elle s’assit et regarda autour d’elle. Personne ou presque. Exténuée par les effluves de l’alcool qui l’engourdissaient et sa dure journée de la veille à poser en maillot de bain, elle s’allongea sur le dos sans même se soucier des passants. Elle se passa les mains dans les cheveux, puis se massa mollement le visage. Attention, pas trop sans quoi son maquillage s’éparpillerait ça et là. Un temps passa. Elle rouvrit les yeux. Le ciel semblait comme lavé de toute immondice. Tu es fait toi aussi ? A moins que tu aies pris une douche ? Tu m’aimes, dis ? Elle gloussa. C’est elle qui était complètement faite oui. Elle n’avait jamais supporté l’alcool, mais ça lui paraissait très chic d’enfiler verres sur verres. Une vraie gamine quoi. Elle referma les yeux, et là, s’assoupit profondément. Morphée, me voilà. Dis… tu m’aimes Morphée ?

Quand Elizabeth se réveilla, elle mit un temps avant de savoir parfaitement où elle se trouvait, les yeux à demi ouverts, puis elle s’étira et se rassit normalement sur le banc. Elle étira de nouveau ses bras. C’est drôle, j’ai moins mal à la tête que d’habitude. Peut-être que je m’habitue au fond. Ou bien c’est l’effet dégrisant du froid. Elle regarda sa montre. 10h. Elle prendrait bien un café tiens. Elle se redressa sur ses talons et marcha un peu. Elle s’arrêta un instant, sortit son paquet de cigarette et s’en grilla une. La fumée lui rentrait délicieusement jusqu’au fond des entrailles. Elle songea subitement que c’était tout bonnement incroyable qu’après avoir dormi dans un tel froid la mort ne l’ait pas emportée dans sa ronde funeste. Ce n’était peut-être pas son heure… mais… est-ce que la mort était belle ? Elle sourit. Peut-être tenterait-elle de la séduire un de ces quatre. Elle aperçut un bistrot, lança du bout du doigt son mégot dans le caniveau et alla commander un café au comptoir. Elle avala aussitôt le breuvage encore fumant et jeta un billet irisé, puis s’en fut, maugréant un « vous pouvez garder la monnaie » au serveur tout retourné. Il voulut même lui offrir un croissant pour se donner bonne conscience d’accepter pareil pourboire, mais elle lui lança un regard furieux. Tu veux que je prenne du poids, c’est ça. Après 20 ans, ça tombe directement sur les hanches ces choses-là, alors tu peux te le garder ton croissant pur beurre.

Désormais totalement rétablie, elle décida de se promener un peu dans les rues avant de se préparer pour son cours de 15h. Les mains dans les poches, elle goûta à la brise du matin qui lui glaçait littéralement le visage. Pourtant, c’était véritablement vivifiant. Elle ferma un court moment les yeux, et inspira profondément pour prendre encore plus de plaisir à cet instant si fugace. Seulement, elle n’avait pas remarqué que les gens avaient peu à peu commencé à sortir et se prit un jeune homme en pleine poire. Elle se passa la main sur son front. Putain, ça fait mal.

« Vous pourriez au moins vous excuser ! »

Moi, Elizabeth, m'excuser? Je rêve éveillée là. Non mais apprend ton rang gamin. Elle lâcha son front et lui lança un regard assassin.

« Je ne vois pas pourquoi je devrais m’excuser. Vous en avez de bonnes vous. En plus, mon caban est bon à mettre au pressing maintenant que vous l'avez souillé de vos sales pattes. »

Elle l’examina plus à fond. Un petit minet. Elle ne manqua d’ailleurs pas de remarquer son air dégoûté. Ah, je crois comprendre… Sadique, elle changea totalement d’attitude.

« Oh mais je suis absolument désolée. Ca va ? Je ne vous ai pas fait mal peut-être ? C’est que vous êtes si fluet qu’on a l’impression que vous vous romprez au moindre choc. Laissez-moi vous épousseter, vous avez des saletés sur les épaules. »

Riant intérieurement, elle joignit le geste à la parole et remit même son col en place.
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MessageSujet: Re: Despicable us. [PV Elizabeth]   Lun 15 Nov - 13:55

Ça commençait mal, mais alors, ça commençait très très mal. Comment osait-elle lui rendre son regard assassin ? Elle se prenait pour son miroir ? Mais quelle audace, quelle insolence. Une femme, une ridicule femme, se mettre à la même hauteur que lui, prétendre à l'honneur d'être son miroir en imitant son regard assassin ? Elle était bien bonne, ah ça, oui, elle était bien bonne, et ça n'allait pas se passer comme ça, il en prendrait soin. Et ne voilà-t-il pas qu'elle se prenait pour supérieure à lui et commençait à l'engueuler. C'était le monde à l'envers. Elle ne voyait pas pourquoi elle devait s'excuser ? Ah ouais ? Parce que rentrer dans un autre bon citoyen de la petite ville de Sollentuna c'était normal, on ne s'excusait pas ? Comment ça, il en avait de bonnes ? C'était à elle de s'écraser, elle était une femme ! Avait-elle conscience de son infériorité naturelle ? Apparemment pas, parce que pour se permettre de lui reprocher de lui demander un excuse, puis essayer de lui faire croire qu'il était en tort, elle devait penser qu'elle était mâle, et qu'il y avait eu inversion de sexe à la naissance. Ce qui n'était de toute évidence pas le cas. Elle était bel et bien une femme, tiens, elle le prouvait en lui annonçant des détails tout à fait prosaïques : son caban devait aller au pressing. Mais peu me chaut enfin, je ne veux pas le savoir, ta petite vie de femme coquette ne m'intéresse pas (parce que non, Andreas n'est pas du tout coquet, Andreas ne prend pas du tout soin de son apparence, Andreas ne lui reprochait pas du tout intérieurement la même chose quelques secondes plus tôt). Mais le pire était encore à venir : elle l'accusait d'avoir de sales pattes. De sales pattes. Oui, vous avez bien lu : de sales pattes. L'insolence n'avait plus de limites de nos jours, et une femme par essence sale et souillée osait accuser un des hommes les plus délicieux de toute l'humanité d'avoir de sales pattes. C'était le summum du ridicule.

Andreas voulut répondre, réagir, repartir de plus belle dans un duel oral qu'October aurait eu plaisir à contempler, parce que le petit Fredriksen énervé, c'est très drôle : on dirait un caniche nain qui aboie de toutes ses forces sans susciter aucune réaction chez le chat en face de lui, qui continue langoureusement à faire sa toilette. Eh bien Andreas n'eut pas l'occasion de se ridiculiser une nouvelle fois à son insu, parce que la jouvencelle dérangée n'avait pas fini de lui prouver qu'elle commettait un péché d'hybris monstre, qu'elle faisait preuve d'un orgueil condamnable pour toute femme. Elle était loin d'avoir fini, et même, elle ne faisait que commencer. Mais cette fois, c'était l'exact opposé de son attitude précédente : elle avait décidé de se moquer de son interlocuteur, qui malgré sa naïveté se rendait bien compte qu'elle le tournait en ridicule. Elle s'excusait certes, mais son ton était suintant de mépris et de persiflage, elle se renseignait sur sa santé, mais on sentait qu'elle s'en fichait éperdument, et qu'elle attendait que l'autre soit réagisse de manière surprise et confuse, soit affirme qu'il avait mal pour qu'elle le plante là avec un éclat de rire sardonique, elle osait même le critiquer sur son apparence physique. Andreas, pas dupe pour une fois de cette ironie féminine, dont il aurait lui-même été capable envers une femme, sentait son iromètre grimper, et bientôt son ire fut à un maximum, c'est-à-dire avec la dernière action de son interlocutrice : elle osait, oui, elle avait osé lui épousseter les épaules, c'est-à-dire le toucher. Une femme, le toucher, lui. Sa fureur ne connut plus de bornes, mais c'était une fureur un peu plus réfléchie que ses colères enfantines, peut-être, indirectement grâce à l'influence d'October. Ou pas. Il décida de jouer le même jeu que la demoiselle, et reprenant contenance, reprenant le cours des paroles depuis, le début, il mima les actions de la jeune femme.

« Je suis navré, mademoiselle. Je suis prêt à vous payer les frais de pressing, n'ayez crainte. Et, même, regardez – il tira le cabas et passa la main dessus pour effacer les plis – on n'y voit presque plus rien, vous pourrez tenir la journée avec. » Il sous-entendait presque qu'elle aurait pu sortir en robe dorée à paillettes du pire kitch et que ça aurait pu aller. « Et je vous assure que mes mains sont de la propreté la plus exemplaire, je n'ai pas l'habitude de les mettre dans des endroits crasseux, moi. » se justifia-t-il, attaquant la lesbienne – qu'il avait entretemps reconnue comme telle – de son regard droit d'enfant, sans réaliser que ce qu'il pensait simplement être agressif, pouvait être pris comme un sous-entendu sexuel.

Puis, il épousseta lui-même son col, et, croisant les bras, répondit avec un naturel à peine feint à la série de questions de l'étrangère :

« Et merci de vous en préoccuper, je vais bien, un choc pareil ne me blesse pas, je suis plus résistant que j'en ai l'air. » annonça-t-il, totalement inconscient des sous-entendus qu'on pouvait entendre dans sa phrase. C'est qu'il ne sait pas ce qu'est un sous-entendu sexuel, en réalité, le petit chou, il est bien trop innocent pour ça. Il a beau réaliser la plupart de ce qu'il y a dans les sous-entendus, il ne les comprend en général pas, et quand, rarement, il les comprend, il rougit comme une vierge effarouchée. C'est d'un ridicule aberrant, une vraie Cécile de Volanges, cet adolescent.

Et puis, décidant de jouer le jeu jusqu'au bout – enfin, c'était une femme, mais elle était lesbienne, ce qui était une bonne chose, et puis October regrettait qu'il aie une haine pareille pour les femmes, s'il lui prouvait qu'il pouvait avoir une amie, il serait content, non – Andreas tendit sa main gantée de cuir noir de la meilleure qualité – non, il n'ôtait pas son gant pour une femme, même si elle sortait du lot comme celle-ci – et, saisissant la sienne sans qu'elle n'aie le temps de réagir (on ne refusait pas une poignée de main d'Andreas), il se présenta :

« Je suis Andreas Fredriksen, et vous ? »

Son sourire était quelque peu incertain, mais il sentait qu'il pourrait peut-être s'entendre avec elle. Ou pas. On verrait bien. De toute façon, c'était une femme, donc il s'en fichait. Et puis il fallait qu'il trouve un cadeau pour October. Entretemps d'ailleurs, quelques idées avaient surgi dans son esprit : un animal de compagnie ? Une canne-épée ? Une collection d'armes japonaises ? C'était nettement mieux qu'un monocle ou que des sous-vêtements.
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MessageSujet: Re: Despicable us. [PV Elizabeth]   Mar 23 Nov - 23:22

Non mais tu m’as bien regardée, mon coco ? On ne parle pas ainsi impunément à une personne de ma condition. Surtout si mon interlocuteur est un être inférieur. Que crois-tu ? Les femmes ne sont pas tes égales. Regarde-toi mon pauvre. La femme d’aujourd’hui t’est supérieure en taille, en revenu et en intelligence. Remarque, je comprends que tu sois frustré, plus aucune ne veut de vous, sauf les désespérées ou les inconscientes. C'est peut-être ce qui t'a motivé à changer de bord, qui sait. Elle voulut répliquer à cet affront des plus outrecuidants et s’apprêtait déjà à lui asséner une remarque bien cinglante, mais ce qu’il lâcha lui sauva sans doute la vie.

« Et je vous assure que mes mains sont de la propreté la plus exemplaire, je n'ai pas l'habitude de les mettre dans des endroits crasseux, moi. »

Elizabeth se mordit la lèvre inférieure pour ne pas éclater. Non, ne ris pas, cruelle. Il a l’air si sérieux. Es-tu le pire des libertins ou fais-tu des allusions perverses à tout bout de champ sans t’en rendre compte ? Et puis je te ferai dire qu’il n’y a pas marqué « lesbienne » sur mon front que je sache… Tiens, c’est peut-être une bonne idée ça… Mhm… ou pas… Les gros pervers s’accrocheraient peut-être encore plus à la couverture de leur magazine et les jeunes brebis sans défense ne se méfieraient que plus du sourire pernicieux du loup… Par ailleurs, tu m’accuses de mettre mes doigts dans des « endroits crasseux » comme tu dis, mais as-tu seulement idée des délices auxquels goûtent les femmes. Pas la moindre. Sache pour ta gouverne qu’on peut faire bien des choses sans utiliser ses mains… Mais bon, pas besoin de te raconter en profondeur -c’est le cas de le dire-, j’imagine que tu ne peux pas comprendre puisque vous, les mâles, ne connaissez que le rapport de force et assimilez le plaisir à la douleur. Je n’ose imaginer la teneur de vos ébats… Elizabeth soupira, puis son regard se porta sur le visage du jeune homme. Décidément si infantile. Et dire que sous ce visage de jeune angelot se cache sans nul doute une bête, un chien, qui jappe tandis que son maître lui ordonne de s'asseoir sur les genoux... ou de ramasser la savonnette. Un détail me titille cependant… es-tu celui qui est en-dessous ?... Mmh, ça m’en a tout l’air… Un sourire se profila sur son visage et elle entrouvrit les lèvres pour répondre, mais elle se retint bientôt. Non… C’est mal de s’attaquer à plus faible que soi…

« Et merci de vous en préoccuper, je vais bien, un choc pareil ne me blesse pas, je suis plus résistant que j'en ai l'air. »

Pff. Il recommence. Mon petit, tu n’as pas retenu la leçon de la madame ? Enfin. Une chose est sûre au moins : c’est toi qui portes les menottes. Pourquoi ? La mentalité du parfait maso qui ne fait pas le poids dans une joute verbale, ne sachant même pas quels sous-entendus ses paroles peuvent comporter. Elizabeth songea que son séquestreur devait bien s’amuser. Du genre « et si je plante ma fourchette là, ça fait mal ? » Elle manqua de vomir à l’évocation de la scène plus que morbide. Mais qu’est-ce que je peux bien m’imaginer parfois… En plus, ce n’est pas dénué de sens comme exemple… Je devrais sans doute diminuer le café, c’est mauvais pour mon cœur.

Elle ferma les yeux et se massa le front. Toute cette agitation de si bon matin lui donnait un début de migraine. Ah non ! J’ai une séance photos aujourd’hui et je ne veux pas avoir une mine affreuse à cause d’un mal de crâne concomitant. Il faut que je passe à la pharmacie pour acheter du doliprane… En baissant la main pour la remettre dans sa poche et quitter ce fâcheux, ce dernier la lui arracha subitement. Elle en fut si surprise qu’elle cligna des yeux pour vérifier qu’elle ne rêvait pas. Non, c’était la réalité à l’état pur. Il se présenta, la bouche en cœur, et, tout en continuant de lui serrer la main, sembla attendre une réponse de sa part…

Non mais !! Je ne t’ai rien demandé, moi. Qu’est-ce que c’est que ces manières ? Plus le temps passait et plus elle sentait ses doigts se crisper. Je vais à coup sûr attraper la peste ou le SIDA, moi. On ne sait pas où ça a traîné ces choses-là. Un peu comme les barres de métal que l’on trouve dans cet ignoble lieu de transit appelé « métro ». Transit intestinal, oui. Je sais, c'est facile, mais tellement vrai. C’est étrange à quel point le nom fait très aseptisé alors que les germes y copulent gaiement pendant que des miséreux quémandent une pièce ou un ticket-restaurant. Heureusement pour elle, il avait gardé son gant et elle n’avait ainsi pas à entrer en contact direct. Elle voulut tout de même retirer sa main, mais il la lui serrait fort, le bougre. Elle n’avait pas d’autres solutions que de se présenter à son tour, à moins qu’elle ne parvienne à extirper son bien à coups de talons bien placés. Néanmoins, peut-être qu’un fan ou même une femme, sait-on jamais, était caché dans un buisson à les épier, cellulaire à la main, dans l’attente de quelque évènement croustillant. Non, elle aurait pu d'ordinaire tout accepter du moment qu’elle maîtrise le cours des évènements. Etre le dindon de la farce, très peu pour moi. Elle se contint donc. Elle essuierait sa main plus tard. Elle n’avait qu’à considérer qu’un chien errant la lui léchait, à défaut de pouvoir supporter le contact d’un mâle. Du reste, sa migraine s’atténuait peu à peu et elle pouvait bien supporter ne serait-ce que dix minutes de plus ce petit manège. De toute manière, il le paierait dix fois plus cher… Combien coûte un pressing déjà ?

Elle lui rendit son sourire.

« Ravie, ravie cher Andreas. Pour ma part, je me nomme Elizabeth Victoria Brighton. Je suis arrivée depuis peu, alors vous m’excuserez mes manières quelque peu déplacées, n’est-ce pas ? »

Moment d’inattention fortuit. Elle en profita pour retirer sa main de l’étreinte, puis s’épousseta négligemment pour effacer toute odeur d'Andreas. Comment vais-je faire maintenant pour dénicher des pucelles si je sens le chien mouillé? Elle reposa ses yeux sur le jeune homme. Celui-ci semblait réfléchir à quelque chose, à voir son regard vague et son sourire incertain. A cet instant précis, il lui parut étrangement petit dans son manteau noir, comme accablé sous le poids d'une responsabilité trop lourde pour ses frêles épaules. Atlas portant le monde…

Intriguée, Elizabeth le considéra davantage, cherchant dans ses traits quelque chose qui trahisse le cours de ses pensées, et telle une petite fille, elle s’empara de son nouveau jouet... Façon d'parler.

« Qu’est-ce qui vous trouble de la sorte ? Si ce n’est pas indiscret bien sûr… »
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MessageSujet: Re: Despicable us. [PV Elizabeth]   Lun 29 Nov - 21:17

♂ « Ravie, ravie cher Andreas. Pour ma part, je me nomme Elizabeth Victoria Brighton. Je suis arrivée depuis peu, alors vous m’excuserez mes manières quelque peu déplacées, n’est-ce pas ? »

Elle souriait. Oui, elle souriait. Oaow, elle souriait. Et ce n'était pas le même sourire méprisant de tout à l'heure. C'était possible ça ? Andreas était si choqué qu'il relâcha quelque peu sa poignée de main, et réalisa à peine qu'elle en profitait avec soulagement pour ôter la sienne de ce qu'elle considérait comme une prison, une immondice, le refuge d'une infinité de saletés toute plus ignobles les unes que les autres. Enfin comment il considérait le contact du corps féminin quoi. Elle avait souri, et pour la première fois de sa vie, il trouvait qu'une femme pouvait avoir un sourire potable. Parce que ce n'en était pas un aguicheur, probablement. Enfin, elle avait souri quoi.

« Vous venez d'Angleterre, je suppose ? » demanda-t-il, pour ne pas rester planté comme un glandu à qui on n'a pas appris les bonne manières. Mais un sourire se dessinait sur son visage intérieur : quel heureux hasard, comme October ! Elle saurait peut-être lui prodiguer de bons conseils, elle qui connaissait par expérience les goûts des Anglais, en étant un... enfin, une, elle-même ? « Vos manières sont toutes excusées : vous êtes une femme. » Et ici, le fait d'être une femme souligné ainsi n'était pas une excuse galante, évoquant peut-être la grâce naturelle de la femme qui ne lui rend pas nécessaire l'application de l'étiquette et de manières raffinées. Non, ici, il était sous-entendu que les femmes n'ont jamais de manières, enfin, et que son absence de manières était tout à fait normale, voire prouvant à Andreas qu'il avait – encore – raison en ce qui concernait les femmes. Haha, si les femmes avaient des manières la face du monde en serait changée et Andreas se pendrait par les pieds. Elle était bien bonne celle-là.

Toujours était-il qu'elle avait souri. Ce qui lui rappela un élément d'importance majeure : s'il voulait pouvoir faire apparaître un sourire pareil sur les lèvres de son cher October, il allait falloir qu'il trouve un moyen un peu plus élaboré qu'une simple poignée de main. Un cadeau qui en vaille la peine. Il ferma les yeux, fronça les sourcils, réfléchit profondément, retournant les quelques hypothèses déjà évoquées dans son esprit si peu fertile, hésitant, indécis, et assez contre ses propres idées, à vrai dire... Il fut ramené à la réalité par son interlocutrice qu'il avait presque oubliée... à vrai dire, non pas presque, mais totalement. La pauvre, elle n'avait pas mérité ça. Mais face à October, qui était premièrement le Lié d'Andreas, deuxièmement son petit ami et troisièmement un homme, elle n'avait aucune chance, cette pauvre Victoria, qui était premièrement une inconnue, deuxièmement une femme et troisièmement une femme (et quatrièmement et cinquièmement et sixièmement, et cætera, vous m'avez comprise). Andreas ne pouvait pas se sentir coupable de penser plus à son chéri qu'à cette représentante du sexe inférieur – certes probablement la plus élevée des inférieures, mais quand même, une ressortissante du sexe inférieur – puisque c'était une femme. Et puis il n'avait pas à lui offrir de cadeau, à elle, heureusement. (À part un pudding à l'arsenic, il aurait pas eu trop d'idées... peut-être une corde ?) Enfin, là n'était pas la question, il s'agissait de répondre à la question de la demoiselle, parce que même si c'était une femme, il fallait obéir aux règles de la politesse instaurées par les Précieux – et donc des femmes, essentiellement, tiens – au XVIIe siècle. Bon, puisqu'il le fallait.

« Non, ce n'est pas indiscret. »

Enfin, il pensait. Parce que sinon, tout était indiscret. Demander une cigarette était indiscret, demander pardon était indiscret. Donc, il pouvait lui répondre. D'ailleurs, elle aurait peut-être une idée de cadeau ? Ce pouvait être concevable, les femmes faisaient beaucoup de cadeaux, et comme le disait la vieille tante de Valmont, les femmes se sacrifient (elles pouvaient pas faire un suicide collectif mondial ? Ce serait génial comme sacrifice, ça). Enfin, il pouvait toujours tenter sa chance.

« La Saint-Valentin approche... » Il la regarda de haut en bas. Mmh, si elle était célibataire, elle allait pas se sentir concernée. Il verrait bien. « … et je voudrais offrir un objet insolite à mon ...Lié. » Dire « chéri » le perturbait toujours autant. Donc il biaisait en disant Lié. En plus ce mot le rendait si heureux, de savoir qu'il était lié à October et qu'October était lié à lui, qu'il avait une raison d'État pour ne pas le lâcher et que l'autre n'avait pas le droit de le lâcher. Ah, que c'était bon, il ne pouvait pas se faire abandonner. Enfin si, c'était possible, il y avait bien ces autres Liés mal Liés. Il ne voulait pas finir comme ça, surtout pas. Donc, il fallait qu'il trouve un cadeau génial pour son chéri pour qu'il ne se fasse pas abandonner. CQFD. Il leva les yeux vers Victoria.

« Auriez-vous des idées de cadeau, Mademoiselle Brighton ? Je me trouve en situation délicate : autant j'ai prévu comment organiser la soirée, autant je ne sais absolument pas quoi lui offrir. J'ai peur de ne pas avoir grande inspiration dans cette matière. » concéda-t-il. Car oui, enfin, les femmes étaient beaucoup mieux à aider les hommes dans les très rares domaines qu'ils ne maîtrisaient pas, et offrir des cadeaux en faisait partie – du moins pour notre petit Fredriksen énamouré. Il hésita, puis décida de rajouter quelques précisions, parce que sa phrase était assez... floue. « Il est anglais, un peu plus âgé que moi, héritier comme moi, noble je crois et... c'est l'homme le plus merveilleux du monde. » ne put-il s'empêcher d'ajouter en rougissant quelque peu. Enfin, il fallait bien qu'elle pense combien l'adolescent tenait à son Lié. Ah, il y avait bien quelque chose à ajouter : « Je ne regarderai pas à la dépense, du moment que je pense que ça lui plairait. »
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MessageSujet: Re: Despicable us. [PV Elizabeth]   Lun 6 Déc - 23:31

Mmh, la Saint-Valentin… J’l’avais oubliée, tiens. Encore une fois cette fête stupide où l’on prend dix kilos à force de manger du chocolat… Remarque, je peux tout aussi bien me faire prescrire un vomitif par un médecin peu scrupuleux –le vomitif est quand même plus classe que son antagoniste. Ah, c’est tellement pénible d’être une star, je suis victime de mon succès… Mais trêve de plaisanterie, qu’est-ce que ce freluquet va bien pouvoir me sortir ? Une idée de cadeau, c’est ça ? Quoi ? Quel est ce regard inquisiteur ? Ah, je sais. Tu es en train de jauger ma capacité à coucher à droite à gauche. Enfin, excuse-moi, je crois qu’on appelle cela « sortir avec quelqu’un » dans la société d’aujourd’hui. Le politiquement correct, n'est-ce pas ? Pff. Pure hypocrisie. Moi, je pense que ça ne revient ni plus ni moins au charnel ces choses-là, et les sentiments ne sont qu’un encombrant bagage dont on peut se passer beaucoup mieux qu’on ne le croit. Seulement, ce qu’on ne dit pas, c’est que c’est si agréable d’avoir l’esprit occupé par des broutilles, car que serait-on sinon des Hamlets postulant à l’honnête, mais si méconnu, métier de fossoyeur.

Un cadeau pour ton lié, et « insolite » par-dessus le marché… Pas très original tout ça. Tu chutes dans mon estime. Moi qui pensais que tu n’étais peut-être pas si inintéressant, je crois bien que je me suis trompée. Finalement, les hommes restent fidèles à leur nature, des êtres inférieurs dont la seule fonction est de permettre la perduration de l’espèce puisque cette dernière semble à toutes nécessaires, même pour celles de ma condition. Je ne m'inclue pas bien sûr (non mais vous me voyez langer un bambin geignard, honnêtement? Une bonne paire de claques, oui!). Je le dis toujours, je sais, je me répète, mais nous devrions, nous les femmes, prendre le pouvoir, liquider tous les mâles encore vivants et congeler leur semence. Celles qui seraient éventuellement contre l’idée, de peur de réaliser la face cachée de leurs fantasmes sexuels, les rejoindraient sous terre et on n’en parlerait plus. Et un problème de résolu, un. Ah, j’aurais dû m’essayer à la politique. Je suis sûre que j’aurais fait des merveilles, comme toujours.

Un ironique sourire passa sur son visage, puis l’éclaircie fit place à d’opaques nuages. Ils assombrissaient son visage, l’empêchant de goûter aux rayons du soleil. Sa liée… Que pouvait-elle lui offrir qui puisse lui redonner le sourire ? Un nouveau cellulaire, un livre sur la danse, un appartement ? Qu’aimait-elle au fond, à part danser ? Car elle allait jusqu’à fréquenter les bars les plus miteux de la ville pour vivre sa passion... Oh et puis à quoi bon, elle n’accepterait probablement aucun de ses présents et s’enfuirait en courant. Les choses étaient ainsi faites que la seule personne qui eut vraiment grâce à ses yeux la honnît du plus profond de son être. Elle soupira et se passa la main dans les cheveux pour lisser sa peine. Ils étaient doux et glissaient délicatement entre ses doigts. En crissant sous l’action de ces derniers, ils dégageaient une douce chaleur. Elle termina son geste par l’ultime capture de la tiédeur de sa nuque. On ne pouvait d’ailleurs pas en demander plus en ces temps frileux ; le vent lui glaçait le visage et on aurait pu croire qu’elle fumait sans fumer, à voir le mince halot qui s’échappait de sa bouche. Ca l’avait toujours amusée en vraie gamine qu’elle était.

Son interlocuteur finit par lâcher le morceau après avoir minaudé, puis adopté un état de mutisme absolu pendant cinq bonnes minutes. Elle posa ses yeux sur le jeune homme. S’essuyant le coin de la bouche du pouce, effaçant une saleté invisible, elle le toisa dédaigneusement. Est-ce que c’était destiné à me faire poser la question « Quoi, qu’est-ce qu’il y a ? Mais allez-y, bon sang. » ? Lassé d’attendre une réaction qui ne venait pas, tu as décidé de faire le premier pas, c’est ça ? Pff. Tout ça pour en arriver là. Franchement.

« Est-ce que ça vous dérange si je fume ? »

Comme il restait prostré dans son délire, elle prit ce silence pour un assentiment et sortit son paquet de cigarette. Elle en tira une, tapota le bout contre le paquet, la pinça de ses lèvres minces, et rangea soigneusement le paquet dans sa poche. Elle fit alors claquer la pierre de son briquet. Andreas, quant à lui, lui apporta quelques détails fortuits sur son aimé. Il semblait si déboussolé, aveuglé qu’il était par une passion dévorante. Tirant de temps en temps sur sa cigarette, elle rejetait la fumée sur le côté pour ne pas le gêner. Décidément, c’était pour lui tout bonnement inconcevable qu’elle puisse lui refuser son aide. Il était vraiment naïf. Comme si les gens vous tapotent gentiment le dos à la moindre contrariété. Son « c’est l’homme le plus merveilleux du monde » suivi d’un candide rougissement l’acheva entièrement et elle ne put réprimer un pouffement de rire, s’étouffant à moitié avec son tabac. Lorsqu’elle fut remise de sa quinte de toux, elle essuya les larmes de rire qui avaient perlé sur le coin de ses yeux et le considéra de nouveau. Il venait d’égayer sa journée avec ses bêtises, lui faisant presque oublier ses soucis quotidiens. Elle jeta son mégot au loin sans se soucier d’où il pourrait atterrir, puis engouffra ses mains dans ses poches car elle ne pouvait décemment se permettre de se retrouver avec des mains rongées jusqu’à la moelle par la sécheresse ambiante –c’est fatal pour la peau. A moins qu’elle ne veuille passer dans une publicité pour Clarins ou Nivea –non merci.

« Si je vous donne mon avis, me rembourserez-vous le pressing ? »

Quitte à aider l’infortuné, autant qu’elle y prenne un minimum de plaisir. Et puis, elle ne pouvait se l’expliquer, mais sa tête lui revenait et elle avait une envie irrépressible de petite fille de l’embêter un peu, pour voir. Certes un caprice, mais un caprice… Non, simplement un caprice en fait. Pesant à l’avance ses mots, elle afficha un large sourire amusé. Une vraie gamine qui allait faire une ânerie…

« Je ne sais pas du tout. Je n’offre jamais rien à personne, qu’est-ce que c’est un « cadeau » ? »

Jubilant de l’effet que cette petite réplique pourrait avoir sur son pauvre agneau, elle partit d’un rire clair, sans ambages. Elle se sentait étrangement à l’aise avec ce représentant des « outcasts ». Elle se reprit.

« Je plaisante bien sûr, mais sur un point je ne vous mens pas : je ne sais pas. Par contre, j’ai envie de me changer les idées, alors je chercherais bien avec vous un petit quelque chose pour ce « merveilleux homme ». »

La pique n’était pas bien méchante. De toute manière, il pouvait s’estimer heureux qu’elle lui adresse la parole. Ce n’est tout de même pas tous les jours que je m’intéresse à mon prochain, et qui plus est un « chimpanzé ». Oh, « chacal » irait peut-être mieux. Ou bien « ruminant ». Peu importe, vous m’avez comprise. Les sourcils froncés, elle jeta un regard interrogateur sur les magasins alentours.

« Va-t-on trouver quelque chose de potable dans les environs ? Je vous avouerai que je ne viens pas souvent dans cette partie de la ville, alors… Tiens, ce magasin n’a pas l’air si mal… Qu’est-ce qu’il aime déjà votre amoureux ?... Ou bien est-ce « mari » ? Vous savez, je n’ai rien contre le Pacs… »

Elle se mordit l’intérieur de la joue pour ne pas exploser de rire. Vilaine… Oh oui.
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MessageSujet: Re: Despicable us. [PV Elizabeth]   Jeu 23 Déc - 18:03


[Elise m'a donné une idée : et si Liz proposait à Andreas d'offrir une bague à October (gravée à leurs noms, en plus, haha) ? Andreas ne comprendrait absolument pas la portée de l'acte, ça pourrait être très drôle, non ? Ah, et la rencontre d'Andreas et Liz précède son dîner an Scandic avec October (voir le hors-sujet au début de [url=]ce topic[/url]).]

Ah tiens, elle avait commencé à fumer. Quand donc ? Il n'avait pas remarqué. Tiens, du coup, il avait envie de faire de même, bien que fumer ne soit pas une de ses activités favorites. D'ailleurs vu comment elle s'étouffait – sa quinte de toux ressemblait étrangement à un rire mal dissimulé, mais elle n'avait pas de raisons de rire, donc il devait se faire des idées – ses clopes ne devaient pas avoir un très bon effet sur ses poumons. Ah les femmes, si faibles. Il sortit de sa poche un étui à cigarettes en argent ciselé, en sortit une Vogue à la violette (oui, il n'aimait que celles-là, mis à part les Black Devil au chocolat qui laissaient un délicieux goût sucré sur les lèvres), ferma et, rangeant l'étui, sortit un briquet assorti, alluma sa cigarette et prit une bouffée, prenant lui aussi soin de ne pas souffler dans la figure de la jeune femme (il avait remarqué qu'elle y faisait attention, il fallait quand même lui rendre cette politesse). D'ailleurs, pendant qu'il savourait le goût artificiel de sa nicotine à la violette, elle lui demandait si son avis valait un pressing. L'adolescent s'offusqua. Il avait déjà offert de lui rembourser son pressing – il n'était pas à ça près, enfin – et elle lui redemandait. Franchement, quel manque de délicatesse. Parler d'argent est d'un vulgaire. Comment avait-elle pu ? Elle rebaissait dans son estime.

Mais l'héritier n'était pas au bout de ses surprises. Ne voilà-t-il pas que la demoiselle lui demandait ce qu'était un cadeau. Le désespoir s'abattit sur lui comme une chape de plomb. Il était bien parti. Comment allait-il faire avec une aide aussi inutile ? Il fallait au moins savoir ce qu'était un cadeau pour pouvoir lui proposer des idées de cadeau. Heureusement, le rire tintant qu'émit la jeune femme révéla au jeune homme qu'elle ironisait. Rassuré, il ne releva même pas la sorte d'humiliation qu'il avait soufferte. Elle s'était moqué de lui, mais il ne s'en rendait pas même compte, trop rassuré de savoir qu'il avait trouvé en la jeune femme une véritable aide. Il espérait vraiment qu'elle pourrait lui donner des idées.

« Je plaisante bien sûr, - oui, entretemps, il avait compris, merci – mais sur un point je ne vous mens pas : je ne sais pas. Par contre, j’ai envie de me changer les idées, alors je chercherais bien avec vous un petit quelque chose pour ce « merveilleux homme ». »

Le désespoir qui avait failli reprendre son assise sur les épaules d'Andreas se renvola aussi vite à tire-d'aile. Ah, bien qu'elle ne sache pas quoi offrir – ce qui les mettait dans la même situation – elle était prête à l'aider. Les femmes étaient connues pour être fertiles, il fallait leur concéder ça. Elle aurait sûrement une idée s'il faisait des propositions dans des branches diverses, non ?

« Va-t-on trouver quelque chose de potable dans les environs ? » demanda-t-elle, avant d'ajouter qu'elle ne connaissait pas bien ce quartier. Ça tombait mal, Andreas ne s'y était baladé que de rares fois, en compagnie de prolétaires rencontrés au cours de soirées et qui le trainaient d'un endroit à l'autre pour se faire offrir des cadeaux – il était riche enfin, il pouvait se le permettre. Mais ça ne faisait pas du jeune homme un connaisseur de l'endroit, au contraire, étant donné son état, assez loin de la sobriété en général, quand il se promenait par là : il confondait soigneusement rues et avenues. Ils n'allaient pas aller loin. Elle désigna un magasin... celui qu'il venait de quitter avant de la percuter. Il grimaça, avant de se souvenir qu'il était bien entré dans la boutique parce qu'elle lui avait fait le même effet. « Qu’est-ce qu’il aime déjà votre amoureux ?... Ou bien est-ce « mari » ? Vous savez, je n’ai rien contre le Pacs… » conclut-elle, faisant rougir son interlocuteur d'embarras et de rage. Elle partageait certainement avec le « mari » en question une appétence à humilier ses interlocuteurs – et en particulier Andreas. Il se surprit à penser qu'entre eux ce pourrait être aussi bien le coup de foudre immédiat – oh non, l'horreur – ou une haine viscérale – pas beaucoup mieux. Il espéra qu'une simple amitié pourrait être possible, si tant est que lui-même se lie d'amitié avec une femme.

« Je... il s'agit tout d'abord de mon Lié. » voulut-il se disculper, avant de réaliser qu'il était percé à jour rien qu'en voulant lui acheter un présent de Saint-Valentin. Bon. D'accord. Il fallait mieux réagir que ça, et ne pas perdre ses moyens devant une femme. Enfin, quoi. Comment pouvait-elle. Peut-être avait-elle été homme auparavant et s'était-elle fait opérer pour une raison qui le laissait perplexe. D'autant plus qu'elle semblait elle aussi préférer la compagnie de son sexe à elle. C'était à creuser. Il faudrait qu'il lui demande un jour [je vois déjà la scène], peut-être qu'il avait raison (ou pas), qui sait ? Il reprit sa respiration. « Il ne s'agit pas de mon mari, en tous cas. Nous sommes Liés, et cela nous suffit amplement. Et puis c'est un peu compliqué d'officialiser légalement tout ça, que ce soit à cause de ses histoires familiales, je crois, ou de notre différence de nationalité. »

Bon, voilà, il espérait que ça lui suffirait comme explication. D'où avait-il à se justifier, enfin, lui, un être supérieur ? Mais revenons à nos moutons, il voulait un cadeau pour son October, point à la ligne. Il réfléchit un instant, puis tenta quelques propositions :

« J'avais pensé à un animal de compagnie, il n'en a pas [mais si, Andreas, il t'a, toi], ou à une arme blanche, je crois qu'il aime ça [symbole phallique oblige ?]... Sinon, je ne sais pas, des vêtements... Mais je pense qu'il est à même de s'en choisir lui-même. Les bijoux... c'est femme, enfin, vous devez savoir ça mieux que moi, d'ailleurs. Je ne pense pas qu'il ait un besoin urgent d'un livre que j'aurais moi, choisi. » Il n'avait pas grande confiance en ses choix littéraires, et même s'il connaissait un auteur qui pourrait plaire à October, il n'y pensait jamais – la preuve : c'était Jeremias qui avait pensé à ce poète suédois qu'affectionnait Andreas comme présent pour October. Il s'était senti si frustré à ce moment-là... Il soupira en repensant à cette soirée. Il avait tout fait pour la pourrir, sachant pertinemment que son Lié le lui ferait regretter (pas qu'il le veuille, mais que SON chéri tienne à quelqu'un d'autre avait tendance à l'horripiler)... Et pour une raison qu'il ne saisissait toujours pas, Sir River avait été d'excellente humeur après le départ de son si grand ami. Il fallait creuser ça aussi. Peut-être ce moment de se faire la bise avait-il été plus que ne le croyait l'adolescent ?

Enfin, là n'était pas la question : il s'agissait d'enfin avoir une idée, d'acheter le cadeau, puis d'aller déposer la veste de l'étrange demoiselle au pressing. Et de potentiellement prendre son numéro : il s'agissait probablement de la seule femme avec qui Andreas pourrait vaguement prétendre à une relation amicale, et son cher et tendre voulait tant que le jeune Fredriksen se lie d'amitié avec une ressortissante de sexe faible... Il allait être servi ! Ce serait un double cadeau, il serait ravi, non ? L'adolescent se surprit à sourire, après la dernière bouffée de sa cigarette, qu'il écrasa ensuite soigneusement dans la neige qui tapissait le trottoir.
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MessageSujet: Re: Despicable us. [PV Elizabeth]   Dim 9 Jan - 15:18

Tss. Banal, tellement banal comme histoire. L’un croyait éperdument à toutes les sornettes de l’autre, et l’autre en question n’osait pas avouer à ses parents la vérité. D’une part le stéréotype de l’amoureux transi avec de la peau de saucisson dans les yeux, et de l’autre la lâcheté incarnée. Elle qui croyait enfin trouver une histoire originale avec des détails croustillants, n’avait ici affaire qu’à une relation comme toutes les autres, minable et ennuyeuse. Ce gamin lui rappelait toutes ces femmes qui croient que leurs amants quitteront leur femme pour elles. Et pourtant tout le monde sait que les maris restent toujours avec leur épouse, et ce quoi qu’il arrive. C’est bien connu. Ils cherchent seulement à trouver de l’exotique -celui qu'ils ont perdu ou qui s'est atténué avec le temps dans leurs rapports avec leur femme-, et leur champ visuel se rétrécit à l’acte, écartant la personne. Du reste, on peut voir dans ce genre de relation libre une manière de faire perdurer le couple ; ce que la femme ne peut apporter, l’amante l’offre sans concession. Seulement, c’est cette dernière qui, en se voilant la face, souffre d’avoir été ainsi humiliée. Rêvant à des lendemains épiques, elle s’en est oubliée elle-même. Elizabeth ne comprendrait sans doute jamais ce qui pouvait bien motiver ces femmes à espérer. L’argent ? Non, c’est contraire à toutes ses théories précédemment énoncées. L’amour ? Ah, ce qu’elle détestait ce terme. Ridicule. Comme si on pouvait être totalement séduit par quelqu’un au point d’apprécier jusqu’à ses défauts et de croire à l’efficience de ses sentiments pour soi. Pitoyable. Moi, j’appelle cela se rabaisser soi-même et singer du même coup l’estime qu’on pourrait avoir pour la personne en question. Et bien oui, supporter les failles de l’autre, n’est-ce pas aussi un peu une manière de se rassurer vis-à-vis de ses propres tares ? Cela revient à grignoter peu à peu l’autre afin de mieux s’accepter soi-même ; l’autre n’est qu’une pâle copie de nous-mêmes et c’est cela qui nous permet d’être plus fort, on se sent plein et foncièrement vivant. Enfin, je dis ça, mais je ne me sens pas du tout concernée puisque ça ne m’arrivera pas, jamais je ne tomberai "amoureuse" de qui que ce soit. Je préfère les histoires sans lendemains, moi. Je n’ai pas besoin de ça pour exister. Même Jaana, c'est un jeu. Oui, ce n'est rien d'autre... Subitement pensive, elle resta les yeux dans le vide un court instant, puis écarta de sa conscience cette fâcheuse pensée et revint à Andreas. En un sens, il me fait pitié. Bien innocent, trop innocent… Roh, mais ça ne me regarde pas après tout. Pas besoin de se monter le bourrichon pour des futilités.

Ne relevant pas ses propos quelque peu misogynes, elle réfléchit à son tour. Non, c’est sûr que des vêtements ou des bijoux, ce n’est pas une bonne idée. Un bouquin, trop commun et généralement pas vraiment une valeur sûre : il faut connaître les goûts de la personne, trouver l’originalité, sans pour autant que cela ne lui déplaise et il faut aussi prendre en compte les livres qu’elle a déjà lu… Mais alors quoi ? Je ne suis pas très douée pour les cadeaux en plus… Une corde avec un nœud coulant, peut-être. Oui, je pense que c’est sans doute le meilleur cadeau que l’on puisse faire. Elle toussa pour ne pas rire. Non, sois sérieuse un peu, Elizabeth. Ne vois-tu pas que cette pauvre brebis galeuse a perdu son troupeau ?

Elle le toisa pendant qu’il écrasait sa cigarette dans la neige. Vu son manteau BCBG, il devait avoir un goût plutôt douteux. Deux hypothèses : soit les contraires s’attirent, et il fallait trouver un cadeau pour quelqu’un de branché et classe, soit, qui se ressemble s’assemblent, et le cadeau devrait être assez commun. Elle sourit. Je me fais l’effet d’une agente matrimoniale à aider ainsi mon prochain. Ce n’est pas courant que je tende une main salvatrice, tiens. Un début de fièvre ? Une gastro ? Ou plus grave, une dépression ? Je devrais peut-être aller consulter en fait…

Se rappelant de sa mauvaise blague à propos du Pacs, elle sourit. Mais oui, que n’y avais-je donc pas pensé plus tôt... Ah, l’ironie, elle, est une valeur sûre…

« Et pourquoi ne pas lui offrir une bague ? Oh, et vous pourriez en acheter une pour vous aussi, exactement la même. Comme ça, vous serez tous deux assortis. Beaucoup de couples font cela de nos jours. C’est même un tournant dans une relation : ça permet d’être, comment dire, plus proches. Ah, ça doit être un grand moment dans une vie que de se voir offrir une bague… Il serait heureux, ne pensez-vous pas ? »

Elle tenta d’afficher un air sérieux, et le regarda avec attention. Avait-il ou n’avait-il pas compris ses sous-entendus ? En somme, était-il aussi candide qu’elle le pressentait ? Elle sortit un mouchoir de sa poche et fit semblant de se moucher pour cacher son sourire narquois. Quand sa « crise » fut passée, elle se dirigea vers une poubelle qui se trouvait à deux pas et jeta le mouchoir encore neuf. Elle soupira devant tant de gentillesse déployée, et pour rien si ce n’est la beauté de l’acte –enfin si, le pressing en un sens. Parfois, elle se surprenait elle-même. Ta bonté te perdra, ma fille… Se retournant, elle alpagua Andreas d’un ton las –elle commençait à s’ennuyer de son nouveau jouet.

« Alors, vous venez ? Vu que vous n’avez pas l’air de mieux connaître le quartier que moi, nous devrions commencer par aller dans une direction. Si nous ne trouvons rien, au pire, nous reviendrons sur nos pas et nous essaierons une autre voie ; nous aviserons en fonction de nos trouvailles. Qu’en dites-vous ? »

Elle rajusta son manteau et, les mains dans les poches, elle commença à marcher, scrutant les alentours au gré des tintements de ses talons. Pour elle, les devantures se ressemblaient toutes. Ca n’allait pas être une mince affaire. Tout en continuant son examen, sourcils froncés, elle le questionna, perplexe.

« Vous êtes ensemble depuis peu, vous et votre amant ? Enfin, pas que ça m’intéresse outre mesure, mais tous les couples que j’ai rencontré jusqu’à présent ne fêtaient la Saint-Valentin qu’au début de leur « histoire ». Après, leurs liaisons ont sans doute dû devenir assez stables pour ne pas se cantonner à ce genre de… enfin, je veux dire, à cette fête. »

C’est drôle d’ailleurs, de voir comme cette fête a pris de l’ampleur. Il n’y a pas si longtemps, tout le monde avait mieux à faire. Elle songea avec ironie qu’elle saurait enfin si « les opposés s’attirent » ou « si ceux qui se ressemblent s’assemblent ». Remarquez, les yeux de l’amour sont trompeurs et il me semble également qu’on peut faire gober n’importe quoi à cet angelot...
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MessageSujet: Re: Despicable us. [PV Elizabeth]   Mar 11 Jan - 16:54

« Tout est un jeu,.
- Oui, oui.
- La vie même est un jeu.
- Ah non, la vie, c'est très sérieux.
- Un jeu sérieux, alors. »

Andreas attendait les conseils de la demoiselle, lui donnant une importance, lui concédant une vérité de jugement qu'il ne reconnaîtrait jamais avoir donné à une... femme. Et c'est peut-être à cause de cet état d'esprit que l'idée de son interlocutrice d'offrir à son October une bague lui parut tout ce qu'il y a de plus lumineuse et délicieuse. Son père n'avait jamais offert de bague à ses femmes, mis à part à la mère de son fils. Il s'en souvenait bien, parce qu'enfant, il avait admiré la bague en or à l'annulaire et avait demandé à sa mère d'où elle venait. La jeune femme avait ri et lui avait dit que c'était un cadeau de son époux. Il avait admiré, pour la première et la dernière fois de sa vie, sans doute, le goût de son père. La bague était sublime, simple mais luxueuse. Et puis elle était partie, sa chère Maman, en laissant la bague, il s'en souvenait. À la place, elle avait une bague avec un gros diamant au doigt, une bague que lui avait offert son Lié. Aha ! Apparemment, ce pouvait même, donc, être un cadeau répandu entre Liés. Oui, c'était vraiment une bonne idée ! Mais la suite était encore mieux. Qu'il achète pour lui-même la même bague, ils seraient ainsi assortis. Cela ravissait doublement l'adolescent : il y aurait ainsi sur son chéri une marque d'appartenance qui l'empêcherait d'aller voir d'autres femmes et puis, ça s'apparentait ainsi au collier de chien... ce qui lui donna l'idée de faire graver les bagues à leurs noms, unis par la conjonction de coordination « et ». Oh oui, ça allait plaire à October, c'était vraiment une idée d'un rare bon goût – surtout pour une femme. Un bijou par lequel on se sent plus proche, qui fait un tournant dans la vie. Une bague, qui rendrait October heureux. C'était parfait !

Après avoir fait cette proposition géniale, la jeune femme se moucha sans élégance – et pendant un temps curieusement long – dans un mouchoir, avant d'aller le jeter à la poubelle. L'adolescent avait failli lui demander si elle allait bien, mais son air réjoui – ou enjoué, mais pas un mélange des deux, n'est-ce pas – l'en avait dissuadé. Elle allait bien, ce n'était pas la peine de la questionner sur son état de santé. Enfin, il s'oubliait, lui qui ne désirait que la disparition de toute femme, il se perdait à vouloir aider l'une de ses ressortissantes. La reconnaissance l'aveuglait, le pauvre enfant. Il se sermonna mentalement, pendant que la jeune femme soupirait, avant de lui réadresser la parole, lui proposant d'explorer le quartier. Mais non, enfin, il n'allait pas acheter une bague dans une boutique prolétaire, ici. Elle n'avait aucun sens commun. La pauvre. C'était une femme, enfin, mais la pauvre. Croire qu'un jeune homme comme lui achèterait une bague à son chéri dans un quartier où tout se vent à petit prix, en démontrant la qualité basse. Et elle n'attendait même pas, cette pauvre femme, qu'il lui réponde, et déjà elle se mettait en marche, scrutant les vitrines avec un air perplexe. Il la laissa avancer de quelques pas, le temps de héler un taxi et, le temps que la voiture se gare sur le bas-côté, il la rattrapa juste à temps pour entendre sa question, qui le fit rosir de nouveau un peu. Sans réfléchir, il lui saisit le bras pour lui faire faire demi-tour vers le taxi, tout en lui répondant :

« Venez, nous n'allons pas chercher ici un bijou pour mon Lié, ce lui serait une insulte. Et nous fêtons demain notre premier mois. Et me connaissant – il était lucide, là-dessus – nous la fêterons au moins pendant une demi-douzaine d'années. » ajouta-t-il, ce qui laissait sous-entendre qu'il ne le lâcherait pas. Jamais.

En bon gentleman, il ouvrit la portière arrière, et, lâchant Liz, il la laissa entrer avant de se faufiler lui-même à l'intérieur du véhicule, laissant soigneusement une distance minimum entre eux – qui se trouva être la place du milieu – et donna l'adresse de destination au chauffeur du taxi : la boutique Cartier du quartier « riche » de la ville. Le chauffeur hocha la tête et démarra. Très satisfait de lui-même, Andreas avait croisé les jambes et les bras, et regardait devant lui avec un petit air fat et béat plaqué sur le visage. Un lourd poids l'avait quitté : il savait quoi offrir à son cher et tendre, et en plus, il trouvait cette pauvre femme assez sympathique et intéressante, pour une femme. Il faisait ainsi d'une pierre deux coups. Déjà, une idée germait dans sa tête : il fallait organiser entre ces deux-là une rencontre. Il ferait un Strudel léger aux pommes avec du Schlagobers, la Chantilly autrichienne si délicieuse, accompagné d'un thé blanc léger ou aux fruits, le tout dans son nouveau service de porcelaine blanche aux lisérés entrecroisés carmin et or, ce serait délicieux. Et puis il pourrait le faire chez lui, il pourrait enfin se servir de la jolie table ronde à un pied en acajou, recouverte d'une nappe blanche eux rebords en dentelle. Ce serait vraiment ravissant, une scène idyllique où il présenterait sa seule, unique, première et dernière amie à son seul, unique, premier et dernier, cher et tendre Lié. L'arrêt du taxi devant la boutique le fit émerger de ses pensées. Il ordonna au chauffeur de patienter là, le temps qu'il fasse ses emplettes. Il les mènerait ensuite au pressing pour la veste de la demoiselle. Il sortit de la voiture et se tint derrière la portière, le temps qu'Elizabeth descende, puis ils se dirigèrent de concert vers la bijouterie de luxe.

Il poussa la porte vitrée, entra, laissa sa compagne entrer puis laissa la porte claquer. Après avoir toisé les quelques vendeuses qui avaient levé le nez à son entrée, et voyant qu'il n'y avait, hélas, aucun vendeur, il se laissa prendre en main par une blonde au décolleté pigeonnant. Il coula un regard curieux à son « amie »... si devoir être servi par un femme lui déplaisait, ce lui ferait peut-être plaisir, à elle. Il lui devait bien ça, elle lui avait donné une très bonne idée. Mais, hélas, les hétéros ne sont pas dotés de gaydar, et la vendeuse se trompa doublement en demandant ingénument à Andreas s'il voulait choisir un cadeau pour son... amie (elle avait hésité à dire « grande sœur », peut-être ?). Son éclat de rire la détrompa.

« Oh non, certainement pas ! » rétorqua l'adolescent. « Montrez-moi les bagues simples que vous avez. Et pas celles pour femmes. » Le summum de l'impolitesse, me direz-vous. Mais enfin, ce n'est pas parce qu'étrangement Andreas trouve, sans même sans rendre vraiment compte, Liz tout à fait intéressante, et qu'enfin, il s'entendra – après quelques temps d'inhibition due aux préjugés – excellemment avec elle, qu'il en est ainsi de toutes les autres femmes. Au contraire. Probablement qu'au contact d'une femme qui elle-même méprise en quelque sorte les représentantes de son sexe (les hétéros, du moins), son dégoût de ces dernières augmentera à mesure qu'il s'entendra de mieux en mieux avec elle. S'ils s'associaient pour devenir maîtres du monde, ils prôneraient certainement un monde sans hétérosexualité, où tous les hétérosexuels seraient chassés et éliminés. (Heureusement que ça ne risque pas d'arriver, car enfin, October est là \o/ … C'est étrange, ma foi, d'ériger ce dernier en sauveur du monde, je dois dire.) Toujours est-il que la vendeuse, embarrassée, acquiesça et les mena vers un étalage d'anneaux de fiançailles. Andreas les regarda, et après un instant, désigna quelques unes des bagues à la vendeuse pour qu'elle les sorte. Il se tourna alors vers Liz.

« Laquelle préférez-vous, Elizabeth ? J'étais en train de me demander si, bien que nos bagues soient assorties, ce ne serait pas une bonne idée que la sienne soit en or et la mienne en argent... Qu'en pensez-vous ? »

Et il la regardait avec ses grands yeux d'enfants. Ça y est, sans le savoir, Elizabeth s'était trouvé un nouvel animal de compagnie. Collant, l'animal. Bon courage, Liz !
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MessageSujet: Re: Despicable us. [PV Elizabeth]   Sam 15 Jan - 20:36

Ce gamin avait du culot. Ah, ça oui ! D’abord il snobait ses questions. Ensuite, il la traînait jusque dans un tacot miteux. Donc qu’il lui avait l'impertinence d'attraper son bras. Ses yeux sortaient littéralement de leur orbite et elle se crispait au contact de sa peau. Enfin, il sous-entendait que son choix était douteux et qu’il valait mieux aller dans un autre quartier, plus chic apparemment. Non, mais je veux simplement t’aider, mon coco. C’est pour ainsi dire la première fois que je reste parmi vous, pauvres mortels, dans cette région de la ville, alors traite-moi mieux, tu veux. En plus, ce ton maniéré et condescendant avec lequel il avait ordonné au cocher de les mener sur le champ chez Cartier l’irritait d’une façon qu’il ne pouvait pas lui-même concevoir. Elle s’emmura dans le silence, jambes et bras croisés et, regardant droit devant elle, attendit qu’ils atteignent leur destination.

La colère d’Elizabeth n’éclatait pas si souvent sur l’instant, mais la vengeance qui faisait suite à quelque affront était toujours redoutable. Ainsi, elle restait de marbre, mais le coup à venir promettait d’être terrible. Paradoxalement, elle pouvait avoir la mémoire courte, chose qui fort appréciée par ses ennemis. Pour penser à quelque considération plus élevée, qui n’avilisse davantage son esprit égaré, elle riva son regard au dehors. Là, au moins, elle trouverait, peut-être, « calme, luxe et volupté ». Cette formulation était si stupide qu’elle se plaisait à s’en servir à tout bout de champ.

Le jour s’avérait brumeux et humide, humide de neige comme toujours. Cette même neige qui se plaquait contre votre peau et semblait presque s’infiltrer jusqu’à vos viscères, formant une cage de givre autour de vos membres. Enfin. C’est l’effet que ça fait toujours, vous savez, les doigts engourdis et rougis. Puisque l’âme même est glacée, souffler dessus n’y vient pas à bout. Le froid s’est insinué partout où il lui est permis de se poser. Le taxi, en roulant au gré de la circulation matinale, se fraye un chemin dans la neige boueuse. L’eau gicle sur les côtés et vient constituer un mince ruisseau le long des trottoirs. Elizabeth se rappelle soudain cette enfance, givrée, elle aussi. Elle obtenait toujours ce qu’elle désirait, c’était ainsi. Néanmoins, elle se lassait vite, et ses jouets, chaque jour différents, allaient chacun à leur tour former un petit tas dans la poubelle. Du reste, ses parents n’avaient jamais vraiment réussi à lui tenir tête, étant la seule héritière. Dès sa naissance, on peut dire que leur calme et frigide vie d’aristocrates avait connu d’incessants tourments. Car elle ne leur épargnait rien, absolument rien, comme si elle avait compris qu’ici bas, elle pourrait créer son paradis à elle et y faire sa loi. Elle n’oublierait jamais cette petite fille qui suivait paisiblement du regard un bateau en bois, une fois que son caprice les eut menés à la campagne. Cette autre enfant semblait si absorbée par son « jeu », si tant est qu’on puisse l’appeler ainsi, qu’elle en fut fascinée. A l’époque, elle n’eut pas le courage d’aller lui demander ce qu’il y avait de si amusant. Elle la regarda simplement. Elle avait à peine sept ans, mais cette innocente scénette la marqua à vie, mais bon, ce n’est tout de même pas pour autant qu’elle abandonna son « life style » d’autrefois. Appuyant sa joue dans sa paume, elle imagina cette petite fille jouer dans ce même ruisseau, puis ses pensées allèrent et vinrent comme un cours d’eau mouvementé, suivant de temps à autre du regard une gazelle éperdue fuir le lion du retard, son prédateur naturel. Les femmes ne sont-elles pas réputées pour être tout sauf un modèle de ponctualité, n’est-il pas ?

Sans réfléchir, son regard glissa de la fenêtre à son jeune acolyte. Quel âge pouvait-il avoir ? Elle lui donnait dix-huit ans, tout au plus… A moins qu’il ne fasse partie de ces éternels adolescents dont l’immuable candeur rejaillit sur leur enveloppe charnelle. Du reste, il était propret et maniéré. Rien d’autre à noter.

Mais pourquoi les homos se sentent-ils toujours obligés, de par leur orientation sexuelle, de singer les femmes et leur charme naturel ? Ca me dépasse… Après tout, il devait assurément être celui des deux qui, dans le couple, en plus d’être en-dessous durant leurs ébats, endossait le rôle de femme. Vous me direz, ça va souvent de paire, n’est-ce pas ? Elle sourit d’un air narquois. Femme au foyer jusqu’au bout des ongles alors ? Laisse-moi deviner, tu es un cordon bleu et les tâches ménagères n’ont plus de secret pour toi.

Leur « carrosse » freina. Emergeant subitement, de sa contemplation, Elizabeth remarqua qu’ils étaient arrivés et que son jeune mignon était déjà sorti depuis quelques instants et tenait sa portière ouverte, l’invitant ainsi à le suivre au-dehors. Elle prit un air hautain et sortit majestueusement de la voiture, telle une reine en présence de sa cour. Pendant que son partisan s’occupait des insignifiants détails avec le cocher, elle toisa la devanture de la bijouterie. Pas mal, pas mal. Peut mieux faire.

Dans le magasin, une vendeuse vint les accoster. A voir la tête que faisait la Cécile de service, Elizabeth se retint de jeter un « hola, la gueuse, amène-nous prestement une babiole qu’avec attention nous regarderions, et qui de notre désir nous satisfasse. De cent écus pour ton acte tu seras récompensée… » Elle pouffa de rire. C’est sans aucun doute ce qu’aurait dit son altesse sérénissime Andreas, à voir son air dédaigneux… Mais attends, c’est moi la reine. Pourquoi prendrait-il ma place ? Serait-il en quête de pouvoir ? Fais attention mon chéri, ou tu deviendras Lady Macbeth à ton tour…

Elizabeth jeta un regard en direction de la vendeuse. Pauvre petite. Elle devait regretter amèrement de les avoir pris pour un couple… Ne t’en fais pas, grande-sœur Elizabeth saura te consoler tout à l’heure… Quand il eut terminé sa méprisante et méprisable tirade par un « pas pour les femmes » outrecuidant au possible, Elizabeth sentit que puisqu’elle avait accepté d’assumer le job jusqu’au bout, il lui faudrait tempérer les passions de son ami. Elle se passa la main dans les cheveux et soupira.

« Excusez-le, il n’a pas encore fini son adolescence. D’ici quelques années, il aura totalement réussi à maîtriser ses hormones, n’est-ce pas mon chéri ? Et puis n’oubliez pas que malgré son air de jeune angelot, il reste un mâle et vous savez comme moi ce que cela signifie… »

Elle clignait des yeux d’un air innocent. C’est qu’elle finissait par trouver de l’amusement dans ce baby-sitting improvisé. La vendeuse les mena dans un coin et leur présenta des bagues de fiançailles. Elizabeth pouffa de rire, d’autant plus qu’elle songea qu’il ne comprenait sans doute pas ce que ces bagues signifiaient en elles-mêmes. Pendant qu’Andreas était occupé à ses affaires, Elizabeth s’accouda au comptoir et, la tête posée entre les paumes de ses mains, elle contempla ouvertement la vendeuse. Mmh. Pas trop mal. Ce haut te va à merveille, trésor. Ca met bien en valeur tes formes. C’est bien, il faut être fière d’être une femme. Se penchant un peu plus d’un air naturel (sans arrière-pensée bien sûr…), elle coula son regard dans le décolleté qui lui tendait les bras. En redressant la tête, leurs regards se croisèrent. Elle parut troublée. Qu’est-ce qu’il y a ? Serais-tu prude ? Oh, ne fais pas ta timide, voyons. Nous sommes toutes deux des femmes. Je ne vois pas où est le mal. Elizabeth désigna le collier de la vendeuse.

« Je trouve ce collier adorable. Est-ce que je pourrais avoir le même ? Attendez, je ne suis plus très sûre. Est-ce que je peux le toucher ? Je me demande en quoi il est fait ?... » Elle tendit la main et fit glisser le pendentif entre ses doigts. « Joli, très joli… » D’un air faussement songeur, elle l’agita encore un peu. La vendeuse remua les lèvres. Oh, s’il te plaît, dis, juste une minute de plus. Relevant subitement la tête, son regard devint quelque peu insistant. « Mais dites-moi, vous avez la peau douce. Très douce même. Vous utilisez quelle crème ? » La belle rougit et voulut répondre, mais Andreas arriva avec ses gros sabots et rompit instantanément le charme qui s’était installé entre elles deux. « Un instant, je vous prie… »

Lâchant à regret sa proie, elle lança un regard méprisant à Andreas, prête à rétorquer une remarque bien cinglante à celui qui osait ainsi troubler sa distraction. En rencontrant ses grands yeux brillants, elle soupira. Se détachant du comptoir, elle se rapprocha de son énergumène et fronça les sourcils en considérant la question d’Andreas.

« Je ne sais pas. Tout dépend du modèle. Prenez celui-ci par exemple, il n’irait qu’en argent. Pour ma part, je ne porte quasiment que des bijoux en argent. Je trouve les bijoux en or par trop commun ; en général, ça fait plus tape à l’œil qu’autre chose… Mais ce n’est que mon opinion bien sûr. Je ne suis qu’une femme après tout. Aussi, je n’ai pas la prétention d’égaler la lucidité de vos congénères… »

Elle avisa les modèles en tapotant de temps en temps son menton de l’index.

« Celle-ci n’a pas l’air mal. N’est-ce pas mademoiselle ? »

La pauvre enfant sembla sortir de sa rêverie et acquiesça plusieurs fois. Elizabeth sourit à part elle et continua son minutieux examen.

« Et bien, et bien. Vous voilà occupée à autre chose, mademoiselle. Vu vos absences prolongées et répétées, je suis désormais certaine de l’intérêt que vous portez à ce jeune intrépide. »

Son regard n’avait pas bougé d’un pouce, mais elle sentait la nervosité de sa proie monter peu à peu. Quand le seuil critique sera-t-il dépassé ? Elle sourit à part elle. Tout est un jeu, n’est-ce pas ? Cette fois, à Andreas.

« Ne voudriez-vous pas essayer celle-ci pour voir, cher Andreas ? Je pense qu’elle vous plairait. Au fait, pour ce que vous me demandiez à propos du matériau, j’ai réfléchi et je pense que ce serait dommage ; dans ce cas-là, personne ne ferait le lien entre lui et vous… »

Elle alla s’asseoir négligemment sur une chaise qui se trouvait non loin. Décidément, elle n’aurait pas dû dormir sur ce banc, elle était rompue. Ca n’augurait rien de bon pour ses shootings… Croisant les jambes, elle défit un peu son écharpe, puis caressa d’une main son menton d’un air pensif.

« Je dis ça, mais c’est juste au cas où vous ne voudriez pas qu’il vous trompe en prétextant que c’est un accessoire sans importance, ou bien un bijou de famille ayant appartenu à sa mère décédée, comme il vous siéra. Que les hommes sont volages tout de même… »
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MessageSujet: Re: Despicable us. [PV Elizabeth]   Lun 31 Jan - 18:32

Sa compagne semblait porter vraiment de l'intérêt à la vendeuse, un intérêt qui lui faisait monter le rouge aux joues (à la vendeuse, n'est-ce pas, et certainement pas à Liz, enfin, quelle idée). En réalité, c'était fort égal à Andreas qui s'en fichait comme de sa première chaussette (en plus, en général, ce n'était pas lui qui draguait, mais l'autre, et c'était beaucoup plus simple, et ça lui allait bien mieux comme ça, donc bon). Mais, comme les deux jeunes gens étaient venus chez Cartier pour acheter un cadeau à October, et non pour permettre à Lizbeth de compenser sa soirée en solitaire, sans proie, l'adolescent décida qu'elle saurait bien se débrouiller malgré son interruption.

… Vous y croyiez vraiment ? Qu'Andreas ferait preuve de tant de talent d'observation ? Qu'il prête attention à deux femmes ? Quelle naïveté délicieuse. C'est donc sans penser à rien d'autre qu'à lui-même et à son October que le jeune homme vint interrompre les deux femmes dans leur … conversation, pour réclamer, en bon enfant gâté, l'attention d'une mère qui était en train de le délaisser. Enfin... mère... Toujours est-il que celle-ci le toisa d'un regard méprisant, sans qu'il ne saisisse tout à fait la portée de ce regard ou de son acte à lui, et finalement, après un soupir, lui fit une longue réponse qui le plongea dans les abîmes de la perplexité. Elle appliquait son goût en général. Certes, il lui avait demandé son avis, mais de là à décréter que l'or c'était tape-à-l'oeil et de mauvais goût... elle allait loin. Heureusement qu'elle reconnaissait son infériorité et se remettait à l'avis et à la décision de l'adolescent, qui venait – miracle ! - d'avoir une idée, grâce à son interlocutrice. Elle avait raison, l'or jaune, c'était un peu tape-à-l'oeil, mais... l'or blanc ? Il pourrait par ce moyen prendre de l'or blanc pour October et de l'argent pour lui, ils n'auraient pas le même métal, mais pourtant, à la vue, ils sembleraient avoir le même. C'était délicieux.

Fort de cette nouvelle idée, Andreas porta le regard sur le bijou que lui désignait Liz. Il l'observa quelques instants, sans entendre la phrase que lançait la jeune Anglaise à la vendeuse, puis se retourna vers la mannequin quand celle-ci s'assit pour lui expliquer longuement qu'il valait mieux que leurs bagues soient du même métal. Certes, Andreas se doutait qu'October n'était pas forcément un modèle de fidélité ou d'honnêteté. Mais ce n'était pas pour cela qu'il essaierait de le ligoter... comme si, de toute façon, il pouvait y arriver. La blague. Au moins, il était lucide là-dessus. D'un geste faisant mine d'envoyer les objections de sa compagne par la fenêtre, il se tourna vers la vendeuse, bien rouge dis donc. Était-elle malade ? Ce ne serait pas étonnant : les femmes, c'est faible, et c'est toujours plein de microbes.

« Je voudrais ce modèle-ci en or blanc et en argent. »
demanda-t-il à la vendeuse. Rougissant jusqu'aux oreilles, à l'indifférence totale de l'adolescent, la jeune femme sortit les deux anneaux en question, hésita un instant, puis demanda la taille des anneaux. Andreas soupira, essaya l'anneau en argent, qui lui allait parfaitement, puis, après un instant d'hésitation, il se décida pour une taille, qu'il supposait – avec raison – être celle de son Lié. « Ah, et j'oubliais ! ajouta-t-il soudain, je voudrais les faire graver ! » La vendeuse, après quelques balbutiements, lui demanda de le suivre, ce que fit l'adolescent, plantant là son amie aristocrate.

Quelques instants, il revint, les mains dans les poches, l'air ravi : « J'ai commandé les bagues, elles seront gravées à nos noms d'ici demain ! » s'écria-t-il. La saisissant par le bras pour la faire lever – qu'il était tactile, avec un femme, en plus, aujourd'hui – il la tira vers la sortie, la mena au taxi, l'y fit assoir, lui donna un carte de visite (sur laquelle était inscrite le nom, le mail et le numéro de portable d'Andreas et au dos de laquelle était gribouillée une date, une heure, et une adresse), ainsi que quelques gros billets (pour le pressing), donna au conducteur l'adresse du pressing, claqua la porte de la voiture et la laissa partir en lui faisant de grands signes de la main. Qu'il était satisfait de sa journée, l'enfant !

[… et que je manquais vraiment vraiment d'inspiration pour ce rp, moi u_u
Réponds si tu veux, et on clôt le sujet ?]
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