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 Une journée comme une autre. Géniale. } Elisabeth / Libre [Boutique de Lingerie]

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Sleepless


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MessageSujet: Une journée comme une autre. Géniale. } Elisabeth / Libre [Boutique de Lingerie]   Lun 18 Oct - 14:27

    A l'heure de l'heure au moment où Sven regardât son réveil, c'était la fin du monde, à deux rues de chez lui. Les uns sur les autres, ni éveillés ni endormis, en transe, smurfant sur des airs électro survoltés. La Suède n'était-elle pas le pays de la Trashy Dance ? Entouré de deux pays plutôt chiant, il fallait bien que la donatrice des prix Nobel donne l'exemple. Fallait dire, entre les Gentiment ennuyeux voisins de l'Occident et les Moustiques Orientaux, la vie était douce, ici. Du genre à faire la fête sur un coup de tête, chez soi parce que les bars sont déjà fermés. C'était de l'inconscience, c'était fugace, c'était nul. Des corps, de la bière à bas prix, du son destiné à faire bizarre dans votre corps, on pouvait se demander ce qui se passait dans la tête des voisins du petit bonhomme qui se levait enfin. Mais après tout, on s'en foutait. Qu'ils s'amusent, qu'ils ne songent pas au lendemain. Et ils n'avaient pas besoin qu'on vienne leur sucrer le moral. Alors personne ne pipait mot, le commissariat n'en saurait rien, tout était parfait.
    N'empêche, c'était pas mal chiant, ce bruit de fond insupportable. Et au moins deux riverains avaient du rêver de faire rentrer une des enceintes hurleuse dans un des orifices naturels de l'organisateur de la rave. Mais ils étaient jeunes, alors on laisserait ce genre de fantasme chez Morphée. De toute façon, qu'ils s'éclatent, les autres seraient tranquilles pendant un petit mois, le temps que les gringalets récupèrent.

    Presque une heure plus tard, le jeune homme qu'était Sven passât les portes automatiques nouvellement mises en service de son magasin. Enfin, du magasin où il était vendeur. Et comme à l'accoutumé, la vendeuse type "ménagère de moins de cinquante ans, mais pas moins de quarante-cinq", celle qui gérait la boulangerie d'en face, le saluât. Elle était sympa, cette madame. Une immigré française attiré ici dans l'unique but d'ouvrir les papilles suédoises au vrai pain. Mais le fait était que Sven la soupçonnait d'en pincer un peu sur le petit vendeur du magasin osait dans lequel il bossait. Sourire, une main levée. Il passerait à dix heures.
    A l'intérieur de l'échoppe, des mines plus ou moins moroses, des têtes d'ours pas réveillées. Ou de hyènes. Ces collègues, ces choses féminines qui ne l'aimait pas. D'un coté, fallait avoir un grain pour supporter que votre collègue soit un homme, dans ce genre de boutique. Qui plus est un homme qui ne se fringuait pas à la gay, ce qui était encore plus choquant. Mais il leur sourit, les esquiva d'un geste prompt et alla enlever son gros manteau dans l'arrière boutique, histoire de se préparer à la deux-tiers de journée. Ça allait bien se passer, espérait-il.
    S'asseyant sur un carton, une légère fièvre lui courant sur le front, le jeune homme n'osa imaginer l'effet que cette rime ferait sur la lectrice. Quoiqu'il en soit, c'était la dure loi de l'emploi. Tant qu'il ne pourrait pas voir double et tituber comme un ivrogne, son congé maladie serait refusé. Donc il se retrouvait bon à prendre un doliprane et espérer que le tout passe. Même s'il pouvait commencer à courir pour ça. Mais au moins, le magasin ne lui causerait pas trop de problème, coté température. Et puis aujourd'hui, c'était jeudi. C'était le jour de Petra, celle où elle avait la domination sur la jukebox de la boutique ! Et il allait un peu souffrir, cette dernière affectionnant particulièrement la bande son des boites de nuits.

    Soupirant en tendant le premier morceau monter, Sven se consola en se disant qu'au moins, il ne verrait pas le clip sur les grands écrans du magasin. C'était la bande son du prochain défilé de mode en Allemagne, paraissait-il. Mais bon, rien n'assurait ce petit détail. Mais pour rendre un magasin branché, fallait bien ça. Et c'était un contrat, aussi. C'était pour tester les musiques avant de les diffuser, en fait. Tout un gros contrat avait été passé entre certaines boutiques et les organisateurs. Et les heures où les client(e)s avaient déposé le plus compliment sur la musique, ils en retenaient les musiques. Et le tout passerait sept mois plus tard. Un moyen comme un autre de ne pas se mouiller. Des poltrons, songeait Sven. Mais il n'avait pas souvent accès au lecteur de musique du magasin, à vrai dire. C'était du tirage au sort, mais le seul élément masculin du personnel soupçonnait les autres éléments de tricher et d'enlever son nom, à certains cas. Mais bon, peu lui importait, au final. C'était un vendeur, pas un DJ's. Il regardât la grosse horloge de l'arrière boutique. L'heure de l'embauche avait commencé. Dans un soupir, il posa sa bouteille dans le mini frigo de l'équipe et se dirigeât dans le magasin, attachant son petit badge à sa chemise ivoire. Aujourd'hui, c'était blanc et noir. Denim noir nuit, Fei Yues blanches. Et le reste.... Depuis quand c'est nécessaire que ce soit assorti ? En tout cas, sa main se perdit dans ses longues boucles. C'était l'hiver. A saison froide, pelage hivernal.

    Une heure plus tard, le jeune homme sortit de la boutique pour traverser l’allée commerçante, histoire d’aller faire sourire la gérante de la boulangerie. Mais elle toucherait qu’avec les yeux. Pas question qu’il se laisse passer entre ses mains de bûcheronne. Son bon goût avait ses limites. Mais c’était un jeu, en fait. Un mini flirt. Lui faisait mine de ne pas totalement rester insensible à son charme, elle ne poursuivait pas son cirque. Et en général, ils ne s’adressaient pas la parole. Échange muet de coups d’œil discrets, le tout dans une ambiance joyeuse tout autour, inattentive au possible au charme qui s’opérait. Et puis dès qu’il eut fini, il s’en fut, retournant trimer dans la boutique de sous-vêtements de luxe et de moins-luxe de la galerie marchande.

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MessageSujet: Re: Une journée comme une autre. Géniale. } Elisabeth / Libre [Boutique de Lingerie]   Dim 24 Oct - 11:41

Elizabeth entrouvrit les yeux. Le jour filtrait à travers les persiennes, ce qui produisait une douce atmosphère. Pendant un instant, elle ne bougea pas de peur de briser le charme de cet instant si parfait. Elle était si bien, sans personne pour gêner son regard ou quémander son attention. Un souffle contre sa peau la fit tressaillir. Elle chercha dans sa mémoire embuée par l’alcool qui cela pouvait bien être. Céline ? Marion ? Lucy ? Bof, peu importe. Du moment que la fille était belle. Elle chassa de sa tête cet insignifiant détail.

Maintenant qu’elle était réveillée, elle ne pouvait plus rester là à traînasser -c’était tout à fait contraire à ses habitudes- et décida de se lever. Elle écarta le bras de la rêveuse, souleva la couette et s’assit sur le rebord du lit, comme arrêtée dans son élan. Elle se passa la main sur le front. Putain de migraine. J’aurai dû y aller mollo sur les mélanges. Elle se leva négligemment, et se vêtit d’un gros pull en cachemire dont elle avait fait l’acquisition à son arrivée dans la ville. Qu’est-ce qu’on s’les pèle dans c’foutu pays. Elle se retourna pour voir si elle n’avait pas réveillé sa belle au bois dormant, mais non, rien. Tant mieux pour elle, il n’était que huit heures du matin après tout. Elle sortit de la pièce sur la pointe des pieds et entra dans la cuisine qui, elle, baignait de la vive lumière du matin. Un peu éblouie, elle plaça sa main devant ses yeux et avança à l’aveuglette. Elle alla se préparer du café fort. Au passage, elle attrapa le paquet de cigarette qui traînait sur la table et s’en grilla une dans l’attente du bon vouloir de la cafetière. Elle se posta devant la fenêtre. Dehors, du blanc. Rien que du blanc. Les rues vont encore être parsemées de cette neige bouillasseuse pleine de merdes de chien, de terre et de fuel. Songea-t-elle écœurée. Une image stupide lui vint à l’esprit tandis qu’elle suivait du regard des passants affairés ; ils lui firent l’impression d’oiseaux empêtrés dans une mare de mazout après qu’un pétrolier ait été englouti par les profondeurs insondables de l’océan. Chacun essayait de suivre ses objectifs du mieux qu’il pouvait, s’échinant dans le froid. C’est ça le propre de l’existence, n’est-ce pas ? Elle, elle restait là, à contempler du haut de sa tour d’ivoire tous ces gens si communs. Rien de leur dure réalité ne l’atteignait. Le café fut bientôt prêt. Elle écrasa son mégot et se servit une tasse de café fumant. Le café et le tabac, c’était le must pour se dégriser au lendemain de fête. Elle commençait d’ailleurs à émerger. Après avoir avalé son café, elle décida soudain, sur un coup de tête, qu’elle ne pouvait souffrir de rester plus longtemps dans cet appartement. Elle étouffait. En plus, il restait encore des cartons de son déménagement et le courage lui manquait pour déballer ses affaires. Il faudra vraiment que je m’occupe de cette histoire de bonne à tout faire. Soulever un carton lui était insupportable, elle la lady, la friquée, la… La, quoi. Elle prit tout de même une douche pour se rafraîchir les idées et s’habilla plus décemment. Dans les escaliers, ses talons résonnaient sourdement. Ahlala, ces bâtiments de prolétaires… Mais qu’est-ce qui m’a pris de m’échouer dans un taudis pareil ? Au fait, la fille est restée dans la chambre, je crois. Oh, elle se débrouillera bien toute seule, comme une grande. Elle a déjà réussi à atteindre ma demeure, je ne vois pas pourquoi elle ne parviendrait pas à retrouver son chemin.

Dans la rue, malgré l’heure plutôt matinale, les gens commençaient à se bousculer. Le pas encore mal assuré après tous ces verres qu’elles avaient toutes les deux dû enfiler, elle se vissa un casque sur la tête et mit en branle l’Ipod dernier cri qu’on lui avait offert lors d’une de ses récentes activités pour la publicité de la susdite marque. Les Supremes lancèrent en un clin d’œil leur swing ravageur. Elle réajusta son écharpe, enfonça ses mains dans ses poches et s’engouffra dans le froid. Pas si désagréable ce froid. Vivifiant même. Elle avançait légère, le nez en l’air, guettant s’il allait pleuvoir aujourd’hui. Ses talons claquaient sur le bitume et les gens se retournaient sur son passage ou bien s’écartaient un peu. C’est ça, prosternez-vous faibles mortels. Satisfaite, elle se cambra un peu plus et marcha d’un pas assuré, comme lors d’un défilé. Que ce soit dans son travail ou en « civil », elle aimait qu’on l’épie du coin de l’œil, discrètement. Ils ne se rendaient pas compte qu’elle le voyait. Du reste, elle n’attendait que ça. Toute cette attention portée sur sa personne la faisait gonfler d’orgueil. Non, vous ne serez jamais comme moi. Je fais partie de ces gens que vous ne pourrez jamais atteindre.

A un angle de rue, puis à un autre, à gauche, à droite, elle pouvait admirer son reflet dans les quelques interstices de vitres épargnées par le givre. A ces moments-là, elle jetait un coup d’œil furtif, puis continuait sa route, satisfaite. Au bout d’un temps, lassée, elle interrogea du regard sa fine montre en or sur le revers de son poignet. Mmh. Il est encore tôt. Que faire ? C’était son jour de repos aujourd’hui et elle n’avait rien de prévu. Ah, il faudrait que je me rachète quelques vêtements chauds, et puis des gants. Indispensables, ma chère. Mais attends ? Elle se passa la main sur la poche arrière de son jean. Ouf, j’ai ma carte gold. Elle partit donc en direction du centre commercial. Pas trop de monde, dites donc. Mais que font-ils tous ? Elle fit donc quelques emplettes nécessaires à sa survie. Bon, quelle heure est-il ? Onze heures… Mmh, que faire ? Elle fronça les sourcils en quête d’une idée lumineuse, en vain. Oh, je crois que je vais tout simplement rentrer.

Sur le chemin du retour, elle fut tout à coup attirée par les délicieuses émanations d’une boulangerie. Mmh, pas mal. Elle commençait à saliver et son ventre, rappelé à l’ordre, gronda quelque peu. Elle se reprit vivement. Non, avaler un croissant maintenant ne serait pas bon pour son régime. Elle se prendrait un jus de goyave tout à l’heure, voilà tout. Et puis, il était bientôt l’heure de manger. Elle réprima les cris mécontents de son estomac, et détourna les yeux. Tout à coup, révélation. Un magasin de… sous-vêtements FEMININS. Rien de tel pour passer agréablement le temps et en profiter pour se rincer l’œil. En plus, avec ce froid, c’est un slip en fourrure qu’il lui fallait. Pourquoi pas du vison. Oh, une peau de léopard lui donnerait un petit côté sexy qu’elle saurait tourner à son avantage…

Elle ôta son casque et se dirigea donc vers ce petit paradis terrestre. Les portes automatiques s’ouvrirent et elle entra d’un pas conquérant. Son regard scruta les lieux, inquisiteur. Pas grand monde. Merde, j’aurai dû venir plus tard. Elle ne répondit même pas au sourire commerciale des vendeuses. Pas terribles. Désappointée, elle alla tout de même étudier les rayonnages. Elle n’allait quand même pas ressortir comme ça. Il fallait au moins qu’elle apprécie la valeur de ce magasin. Il faut dire que depuis son arrivée, elle faisait cette sorte de « contrôle fraîcheur » de tous les commerçants pour voir lesquels seraient dignes de retenir son attention. Le regard perdu, elle passa distraitement la main entre les modèles. Ce soutien-gorge n’est pas si mal… en revanche, celui-ci est un peu cheap… et cette culotte, c’est pour les rombières ça… ah, cet ensemble est mignon… je l’essaierai bien sur ma dormeuse pour voir… mouais, ça peut aller… Une vendeuse vint, dans sa grande impertinence, la déranger, elle, Elizabeth V. Brighton. Elle leva les yeux. Plutôt pas mal. Bon, je passe l’éponge pour cette fois, mais c’est la dernière. Elle remercia poliment et retourna à son investigation. Elle réfléchit un temps. Remarque, pas si mal cette nana. Elle releva la tête à nouveau et chercha sa potentielle victime. Ah, la voilà… avec une autre cliente. Bon, tant pis. Vu le genre de la mémé, c’est du sérieux. Elle est sans doute en train de renouveler sa petite lingerie pour faire bonne impression lors de ses obsèques ou pour le médecin légiste, ou même pour le futur nécrophile qui passera par là. A moins qu’elle n’attende encore qu’un quelconque maniaque la coince dans une ruelle mal éclairée. Comme quoi, l’espoir fait vivre. Elle soupira et retourna à son examen. Un toussotement la fit sursauter. Dans un coin, un jeune homme. Un… pervers ? Elle distingua son badge de vendeur. Un… pervers puissance deux ? Ah, les hommes, tous les mêmes… Mieux vaut ne pas y faire attention… Mince sourire. Et si… je le titillais un peu. Elle pouffa de rire, prit un ensemble au hasard et s’approcha de « Sven ». Cher « Sven », on va bien s’amuser toi et moi. En face de lui, elle le toisa de la tête aux pieds, puis, esquissant un sourire, elle prit une attitude lascive tout en désignant l’ensemble racoleur.

« Excusez-moi, je ne sais pas comment on enfile ce genre de choses. Vous comprenez, c’est si nouveau pour moi. D’habitude, c’est ma copine qui m’habille et me déshabille pour moi. Alors là, je suis un peu perdue. Auriez-vous l’obligeance de me porter secours ? Vous êtes bien vendeur, n’est-ce pas ?»
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MessageSujet: Re: Une journée comme une autre. Géniale. } Elisabeth / Libre [Boutique de Lingerie]   Mer 17 Nov - 9:11

    Le froid, c'est vraiment nul. Une sensation inutile que Lui aurait pu largement omettre de créer. C'était complètement inutile. De la souffrance pour rien, avec au final un poil de perversion. C'était infâme que de subir cet affront, les petits problèmes causés ensuite par le froid, les engourdissements, tout, quoi. Pire que les personnes qui cherchaient à vous piéger. C'était une petite horreur, au final, eux. Elles ne jouaient que pour gagner, même pas pour la beauté du sport. Et il y en avait un grand nombre, mine de rien. Ses collègues plaisantaient parfois avec lui, à ce sujet. Bien sûr, elles avaient parfois des petits problèmes avec les personnes âgées et les lesbiennes. Mais ce n'était pas en sois un vrai problème, en fait. Il y avait une charte, dessus. Déjà, aucune interaction avec les clientes. Le contact était réduit à son strict minimum. Ensuite, de toute façon, les vêtements devaient être essayés avec des sous-vêtements en dessous. Vous imaginiez emprunter des strings, les essayer et les reposer ensuite dans le rayon, comme ça ? Fallait pas rêver, hein. Ensuite, le nombre de clientes essayant des sous-vêtements ici était mince. Même en été. Alors en Hivers, les employés avaient tendance à mettre les stocks dans quelques cabines qu'elles fermaient. A quoi bon, de toute façon ? Personne ne prendrait la peine d'enlever ses couches de vêtements protectrices pour tester quelque chose, non ?
    C'était donc problème réglé bien avant que cela ne commence. Avec les tentatives de procès contre les boutiques pour divers abus, l'était clair que le personnel avait une formation quasi paramilitaire pour éviter ce genre de problème. Les règles étaient strictes, claires et répétées à chaque meeting sur le harcèlement sexuel. Chose assez stupide, d'ailleurs. A part pour le cas des homosexuelles, il n'y avait bien que les pervers et les rares employés masculins qui étaient vraiment concernés par ça. Et parfois, la jonction entre les deux était très fine.
    Mais pas pour Sven. En fait, intérieurement, il n'attendait qu'une chose. L'opportunité de partir s'occuper de la mode de haute couture, de tailler dans les grands défilés (ou petits). Faudrait qu'il s'en occupe, d'ailleurs. Il avait posté dans diverses agences débutantes dans la matière, voir si elles n'avaient pas besoin d'aide. Mais en Hiver, saison morte de la Suède, trouver un emploi dans l'art de porter des (sous-)vêtements était pas franchement judicieux. Et donc le jeune homme continuait à bosser ici. En se répétant que c'était toujours mieux que chez H&M. Au moins, ici, son emploi ne manquait pas de piquant. Avec le nombre de personnes qui tentaient de lui faire de gringue... Les couguars, les très-couguars, les mineures, les de-son-âge... Mais tout ce qui l'importait, c’était de trouver son ou sa Lié. Rien d'autre ! Pas de faire mousser de la ménagère de moins de soixante ans dans une cabine d'essayage !

    Aujourd'hui, c'était justement le jour du pigeon. Non pas de l'oiseau roucoulant sur toutes les statues, mais de celui que l'on souhaitait piéger et qui au lieu de marcher courrait. Enfin, c'était visible lorsqu'une cliente s'avançât vers lui, sourire aux lèvres et un ensemble des plus sexys du magasin en main. Sven répondit à son sourire par un autre. La galanterie et le service avant tout, n'est-ce pas ? Bien que de toute façon, cela n'allait pas trop y changer. Et intérieurement il pesta contre le manque d'égard du beau sexe envers les hommes qui faisaient un métier de femme. Ça brulait des liasses de billets en protestation et ça pratiquait une discrimination tellement plus rude. Enfin bon, la cliente d'abord.
    Et celle-ci, sur un sourire carnassier, lui demanda de l'aide pour se revêtir, avec une des excuses les plus insolentes du classement. Le "je-sais-pas-faire". Bien essayé. Mais non. Toujours tout sourire envers la cliente joueuse, il répondit.

    « Bonjour mademoiselle... Malheureusement il nous est interdit de faire ça... Mais après tout vous n'en aurait peut-être pas besoin. Je ne pense pas que vous êtes dans ce genre de magasin pour la première fois, alors vous devriez savoir qu'il suffit simplement de tester de bonnet. Pas besoin de l'enfiler ni même de se dévêtir entièrement. La classe, nan ? »

    Le petit rajout en fin de phrase n’était pas spécialement celui qui lui donnerait un pourboire. Voir pas du tout. Mais il prenait toujours un certain plaisir à remettre sur les rails les jeunes femmes dodelinasses. Et toujours avec une attitude de majordome du XIXème, il lui montrât la direction des cabines d'essayages d'un bras.
    « Si vous voulez, je pourrai par contre vous donner des impressions sur ce que vous aimeriez. Si vous voulez venir essayer... »

    Certaines voyaient ça parfois comme une perche d'un pervers en manque d'assouvissement. Mais que nenni. En fait, il fallait simplement qu'il reste devant l'entrée de la "pièce" ouverte pour éviter que deux personnes ne se faufilent dans une même cabine pour y faire des choses répréhensibles en public. Les fantasmes galopaient ici plus que partout ailleurs. Bien qu'un couple ait une fois essayé de tester un lit dans tous les sens du terme à Ikea. Essayé, une ronde les en avaient empêché. Et cette fois-ci, la nouvelle ne défrayera pas non plus les chroniques. Il n'y aurait rien à par un jeu qui se solderait peut-être par un achat courant les 1 880 SEK. La classe, non ?

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MessageSujet: Re: Une journée comme une autre. Géniale. } Elisabeth / Libre [Boutique de Lingerie]   Lun 29 Nov - 21:45

Son regard alla de la cabine au blanc-bec et du blanc-bec à la cabine, puis son visage se mua en une moue dubitative. Pff. Un faible comme les autres. Mais pourquoi faut-il toujours que les mâles, soit imitent le comportement de certaines femelles, à savoir être en rut perpétuel, soit constituent ce qu’on appelle communément la classe des castrés, dits aussi eunuques, impuissants ou tout simplement innommés. C’est une véritable énigme... Probablement encore et toujours ce fameux rapport de force dont les êtres inférieurs ne peuvent décemment se passer. A moins que ce freluquet ne puisse jouir qu’avec des femmes de sa condition... Elizabeth parcourut le magasin du regard. Aussi frigides et pète-secs les unes que les autres, les vendeuses la refroidirent totalement. Même les yeux bandés cela n’aurait pas été. Elle revint à son innocent. Mmh, pauvre petit, je retire ce que j’ai dit ; il n’y a rien à se mettre sous la dent ici. Je penche donc pour la seconde option : tu es impuissant et la seule manière que tu as trouvée pour assouvir tes faibles fantasmes a été de te mettre dans la peau d’un voyeur accompli. Mais ne t’en fais pas, de plus en plus d’hommes sont comme toi de nos jours, ce n’est pas un crime. C’est même plutôt sain ; comme ça tu me laisses le champ libre. Enfin... mis à part ça, tu n’es vraiment pas très drôle. De quoi ai-je l’air maintenant avec cet ensemble en mains... Elle sourit soudain à part elle. Tiens, j’ai une bonne idée. Pourquoi ne pas s’amuser un peu plus du flegme de ce domestique.

Le client est roi, n'est-ce pas ? Elle croisa le regard de "Monsieur Sven" et lâcha insolemment l’ensemble qui vint choire sur le sol. Oups. Elle mit sa main devant sa bouche et prit un air affligé.

« Oh, je vous prie de m'excusez. Je n’ai vraiment pas fait exprès. Si maladroite... Voudriez-vous bien le ramasser pour moi, je commence un début de scoliose et mon médecin m’a défendue de me baisser dans la journée... Mais ne vous en faites pas, ma kiné aime bien faire des heures sup’. Je dois seulement avouer que mon dos me lance parfois sans crier gare. Ca peut arriver n'importe quand. Tenez, je sens que ça commence...»

Elle cligna des yeux, se voulant pauvre brebis sans défense, et, sans même que sa victime ne réponde à son injonction -car ce n'était ni plus ni moins qu'un ordre destiné à le rabaisser à sa condition d'assujetti-, elle s’avança jusque dans la cabine à grand renfort de déhanchés. Ayant atteint son but, elle tira le rideau, le referma et s'assit. Du reste, c’était une simple cabine avec un tabouret, une glace et un porte-manteau. Elle s’assit donc, après avoir épousseté le dessus au moyen d'un mouchoir en lin qu’elle avait sortit de nulle part. Elle croisa les jambes, puis les mains qu'elle posa sur ses cuisses et se contempla dans le miroir qui lui faisait face. Elle releva la tête et prit un air impérieux. Parfait. Parfait. Elle passa la main à travers la fente du rideau et l’agita nerveusement.

« Alors, c’est pour aujourd’hui ou pour demain ces ensembles ? Je n’ai pas que ça à faire, moi. Faites votre travail, mon vieux. Vous êtes bien payé pour ça, non ?»

Elle ramena son bras à l’intérieur et soupira d’un air de reine mécontente. Elle l’entendit s’affairer. Elle s’adossa alors au mur et se cala la tête en arrière. Elle avait une légère migraine. Il faut dire que ces derniers temps, elle n’arrêtait pas, entre les soirées, le travail et la fac. Elle ferma les yeux, mais trop d’images lui revenaient à l’esprit et elle ne parvenait en outre à détendre ses traits. Elle se massa le crâne, puis, relevant la tête, elle fit craquer son cou en effectuant quelques arcs de cercle. Pour finir, elle se passa les mains dans le dos et s’étira. Son buste se cambra un peu tandis qu’elle bailla. Elle se revit dans la glace. Son reflet, fidèle, ne la quittait pas des yeux depuis tout à l’heure. Tu ne t’arrêtes jamais, toi ? Un vrai bourreau du travail. Elle rit et reprit brusquement un air sérieux. Eh oh, qu’est-ce qui te fait rire ? Tu trouves ça drôle peut-être ? Bah pas moi. Elle rit de plus belle. Ne rien faire nuit gravement à ma santé mentale...

Elle regarda sa montre. Quoi ? Déjà une minute de passée dans cette boîte de sardines. Et il n’y a qu’une sardine en plus. Eh, ça intéresse quelqu’un de partager mon huile ? Je suis une sardine très accommodable et je ne prends pas beaucoup de place, vous savez. Pour tout dire, je ne suis jamais que dans les recoins sombres. Ma seule condition : pas de chiens non tenus en laisse... Mais qu’est-ce que je raconte, moi ? Pas de chiens tout court. C’est que c’est une boîte très sélect’. Tout en suivant son double des yeux, elle haussa les sourcils, entrouvrit les lèvres d’un air lascif et compléta le tableau en mettant sa poitrine en avant. Elle se figea durant quelques instants, dans l’admiration de son œuvre d’art, puis tenta d’autres poses, tantôt les mains dans les cheveux, tantôt posées sur les hanches pour en souligner la cambrure. Elle grommela des paroles inaudibles.

« Tiens, et si je faisais comme ça pour mon prochain shooting, ou ça. Oh ! Et puis ça... Non pas ça. Mmh et comme ça ?... »

Se lassant au bout de deux minutes et demie, elle avisa sa montre. Agacée de devoir ainsi patienter, elle passa la tête à l’extérieur de la cabine à la recherche de son esclave du moment. Elle ne croisa que les regards étonnés des autres vendeuses, et se rassit rageusement. La faire attendre, elle, la reine Elizabeth ? On aurait tout vu. Elle soupira vivement et croisa les bras. Elle tapota du pied contre le mur pour se défouler, en petite fille trépignant d’impatience à la moindre contrariété. Et dire qu’elle s’était laissée prendre au jeu. Ca lui apprendrait, tiens. On n’est jamais mieux servi que par soi-même. Et puis ces hommes, tous des mollusques qui se laissent vivoter dans le creux des vagues.

Un son la surprit. Elle tendit l’oreille. Non... quand même pas... pas ici du moins. Un bruit suspicieux provenait de la cabine d'à côté. Elle fit un peu plus attention, mais une infâme musique l’empêchait de mieux entendre. Mais qu'est-ce que c'est que cette musique de supermarché ? Elle colla son oreille contre la paroi. Rien. Elle avait dû prendre ses désirs pour des réalités... Elle se concentra, mais il lui sembla distinguer les pas du jeune imbécile se rapprocher de la cabine et elle se rassit normalement, adoptant un ton traînant.

« Vous en avez mis du temps. A croire que vous étiez assailli par quelque ménagère en manque de sport. Vous n’aviez qu’à me dire si vous étiez occupé. Alors, qu’est-ce que vous avez choisi ? Je vous préviens tout de suite, je suis très difficile. »
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