Il n'y avait rien de naturel dans ce que l'on éprouvait.
 
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 Bouches closes.

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MessageSujet: Bouches closes.   Dim 17 Oct - 20:23

Spoiler:
 


CE N'EST PLUS DE L'AMOUR, C'EST DE LA RAGE.

« Ma sœur vous dira avec un sourire qu'il n'y a personne en ce monde plus normal qu'elle. Elle vous charmera de son air farouche, vous susurrerez à son oreille des mots d'amours et vous serez surpris de sa réaction de vierge docile et rougissante. Vous la trouverez peu à peu adorable, délicieuse. A votre contact elle se fera plus douce, plus joueuse. Elle abandonnera l'air méprisant et les insultes serbes. Elle parlera même en anglais pour que vous puissiez la comprendre, avec cet accent si particulier, que vous vous surprendrez à trouver « charmant ». Vous trouverez peu à peu un attrait indéniable à ses traits un peu irréguliers, à sa crinière brune, ses yeux bleus, ou verts, vous y verrez trop de reflets pour réussir à déterminer leur vraie couleur. Vous tomberez amoureux de sa peau de pêche, de son caractère étonnant, de ses manies amusantes, vous rirez avec elle des concours à boire, de sa résistance en béton. Vous tomberez amoureux d'elle.
Pauvres fous. »

[ROMAN S. ABRAMOVITCH]

© aucuneidée
nom du personnage ; Abramovitch, officiellement. Skellington est apparu comme une évidence lorsque Jack a cherché à signer sa première toile.
prénom(s) du personnage ; Vous pouvez bien l'appeler Marina mais elle ne répondra pas. Jack marchera mieux.
âge du personnage ; Vingt quatre et une grande gamine au sourire édenté (ou pas).
date de naissance ; 24 janvier 1986.
personnalité sur l'avatar ; Kaya Scodellario.
groupe ; All I need.
lié(e) ; Roman Sebastian Abramovitch.
son origine ; Serbe.
sa nationalité ; Serbe, elle a un titre de séjour.
son occupation ; Artiste, avec toute la prétention que suggère ce mot.

Histoire
You let me be your man ;


Quand je me regarde dans la glace je ne vois rien de vraiment bien ni de vraiment mal. Je ne crois ni aux méchants ni aux gentils. Tout cela est trop simple, trop rangé. On cherche tous à se rentrer dans une case quitte à se couper un bras, une jambe, une tête. J'ai menti moi aussi, j'ai cherché à m'enfoncer, à m'effacer, à faire disparaître l'extravagance et la souffrance sous un sourire de glace. Personne ne veut entendre le malheur, les pleurs et les cris. Je rejette l'autre de peur de l'abandon, je joue de lui, il s'attache tandis que je m'enfuis. Je suis toujours la première à m'enfuir, comme ça je ne me sens pas abandonnée. Je préfère abandonner qu'être abandonnée car je suis égoïste, mais c'est ainsi. Je me suis résignée comme tout le monde se résigne – notre société prône l'égoïsme, le moi, l'égo, la masturbation et la mutilation.
On m'a toujours dit que j'avais un problème dans ma tête. Papa alors qu'il caressait mes cheveux me murmurait qu'il fallait bien que je pense à être normale – et il répétait ce mot, « normale », comme s'il avait une puissance mystique, magique. Il me bourrait de médicaments étranges que je devais gober sans sucer, « pour que je sois stable ». La stabilité et la normalité, voilà ce qui a dicté les premières années de ma vie. Prends tes médicaments, sinon « tu vas être très triste ».

A l'hôpital je me souviens des infirmières me murmurant la chance que j'avais que mon papa ait été un éminent psychiatre et qu'il ait ainsi pu détecter ma « différence » aussi tôt. Maladie, dépression, excitation, tous ces mots là étaient à bannir. A l'hôpital comme à la maison, je suis « différente ». Et je dois apprendre à être normale. Ce n'est pas inné. C'est compliqué. Même respirer est compliqué.

J'ai toujours vécu dans l'angoisse. C'est la maladie. Je ris et je pleure en même temps. Je ne ressens pas les sentiments comme il faut. Je ne ressens pas grand chose, pas grand chose de vrai, je vois le monde tel que je le rêve. Quelque chose de noir, de noir, de très très noir.

Il faut tout contrôler. Lorsque je pleure, est-ce que ce n'est pas les nerfs, est-ce que ce n'est pas une rechute ? Est-ce que j'ai le droit d'avoir des sentiments. Mon père a cherché à aseptiser tout ce que je touchais pour m'épargner émotions trop fortes, crises trop rapprochées. La blague.

Il me disait souvent que ma mère était responsable de ma différence. Il m'a raconté très tôt l'histoire de cette jeune fille un peu paumée, dépendante et sans le sou, alcoolique, qu'il avait recueillie et qui s'était enfuie quelques mois après la naissance de Roman. Évidemment il avait utilisé les euphémismes adaptés à mon âge. Mon père a toujours fait très attention à moi, à ce que je sois épargnée, il ne pensait pas à mal, il n'a pas juste pensé à me protéger de lui. Les bouches restent closes, il n'y a pas de cris et pas de pleurs. Il n'y a que du vide.

Je me souviens très bien de Maria mais je n'aime pas en parler. Roman venait souvent me trouver enfant pour me demander de lui parler de cette mère dont il ne se souvenait pas et dont il ne connaissait qu'un portrait flou sur le bureau de notre père. Je ne répondais rien.

« Une de ses performances s'appelait Maria. Elle avait crié le plus longtemps possible alors qu'elle s'était faite enfermée dans un puits désaffecté. Elle avait dit vouloir « tester sa propre résistance et celle du public ». C'était lui qui l'avait enfermée, c'était lui qui avait la possibilité de la libérer. Ses cris d'horreurs, de peur, de haine, ses pleurs fous avaient résonné dans le trou vide et humide pendant plus de sept heures avant qu'un homme de l'audience finisse, excédé, par la faire sortir. Certains témoignages affirment que les moments les plus horribles étaient ceux de silence. Ceux dans lesquels on se demandait si elle était morte.
Jack a refusé le prénom de Marina après avoir longuement enquêté sur son homonyme. Les œuvres de l'artiste l'ont indéniablement influencée mais elle disait vouloir se démarquer. Il ne pouvait y avoir deux Marina Abramovitch. Elle jure encore de battre cette dernière. Selon quels critères ? Qui sait. Les siens. »


J'ai toujours su que Roman était mon Lié, que nous partagions quelque chose de plus qu'une banale relation fraternelle limitée, lui aussi sûrement, c'est pour ça que nous n'en avons jamais réellement parlé. Roman ne me comprend pas mais je ne lui en veux pas. Il ne me demande pas de le comprendre non plus. Lié ne veut pas dire n'être qu'un. Je ne supporterais pas de partager qui je suis. Je suis bien trop paumée pour ça. Se partager soi entier avec un autre ça marche pour ceux qui ont un minimum d'équilibre. Ou très peu de fierté. Moi je sais pas marcher toute seule, c'est pour ça que je cours. Je ne réfléchis que dans l'urgence, que dans l'horreur. Je n'agis que lorsqu'il n'y a pas d'autres choix. Je cours trop vite et je fuis trop loin, il n'y a que Roman pour me rattraper. Je préfèrerais qu'il m'abandonne ou qu'il me laisse l'abandonner. Sans lui je crois que mes tableaux seraient magnifiques, criants de solitude. C'est pour voir que je suis partie en suède. Curiosité malsaine, tester ma résistance, celle du Lien. Je me filme régulièrement parlant à Roman de ce dont on ne parlerait jamais dans des vidéos qu'il ne verra pas. Peut-être que j'exposerais ça quelque part. J'imagine facilement l'installation. Et le manque. Je veux qu'on sente le manque dans ma voix, dans mes cernes, dans mes os apparents. J'ai trop maigri. Mais j'aime bien. Je prends des photos et je dessine mes côtes à l'encre de chine. Je fais dégouliner le liquide glacé sur ma peau hyaline et il glisse entre mes os morts, ma carcasse immonde.

Ici je ne suis rien, je ne suis que Jack. Je suis délicieusement inconnue. Je suis juste une fille paumée qui se lève à 5 heures du mat parce qu'elle déprime et qu'elle n'arrive pas à dormir. Lorsque je ne prends pas mes médicaments je ne peux plus dormir et mon teint se désagrège. J'ai l'air d'un zombie délicieux. Je n'y peux rien, j'aime ce reflet là, j'ai l'impression de me ressembler. Je veux que l'on voit mon squelette. Je veux que l'on voit l'horreur de l'intérieur qui dégouline sur l'extérieur.

Je donne une image de moi qui n'est pas vraie mais je ne pense pas que l'on puisse jamais percevoir la vérité chez l'autre. Il n'y a de vérité en moi que mes toiles et performances. Je n'ai pas envie d'en parler. Il paraît que mes performances sont violentes. Il paraît que je suis passionnée. Je considère que l'art doit se vivre et se souffrir. Je réalise dans ces mots combien je peux paraître horriblement prétentieuse, je m'en fous, prétentieuse je le suis. Je suis folle et la folie rime avec beauté. J'aime ce qui est drogué, halluciné. La folie est délectation et mon amour pour Roman prend des aspects de rage violent. Je n'ai jamais connu que notre père, je fais l'amour à mes toiles et les hommes comme les femmes ont un goût de cendre.
Dans ce pays, j'ai froid. Les gens me semblent ternes et sans couleur, je n'arrive pas à en mettre sur mes toiles, elles sont monochromes de blanc, camaïeux de neige. Je me fond dans ce paysage et m'efface un peu. Je ne fais pas grand chose. Je regarde, j'observe, je peins. Je vis de petits boulots insignifiants et j'ignore les appels de mon frère. Sait-il seulement où je suis. Qui sait.

« Peindre. Elle ne faisait que ça. Peindre. L'école n'avait pour elle aucune importance, ses notes étaient catastrophiques et sa présence miraculeuse. Plus elle grandissait et plus elle méprisait ses camarades, ces autres sans intérêt. Parfois elle arrêtait de prendre ses médicaments pendant quelques jours pour voir la différence. Ces œuvres « naturelles » comme elle aime les appeler sont beaucoup plus violentes et provocantes. Je les trouve très belles. J'ai toujours aimé le travail de Jack, malgré les controverses et les polémiques, les attaques non dissimulées contre l'Eglise, le caractère tellement autobiographique de ses textes et de ses tableaux. Durant une période, elle ne faisait qu'écrire les mêmes mots par milliers jusqu'à couvrir une toile d'un texte illisible.
« Tu vas disparaître », qu'elle écrivait. Tu vas disparaître. »


J'ai peur, mais je ne le dirais pas. Je ne dirais rien. Je cours, et j'abandonne. Je teste mes résistances. Est-ce que je pourrais tomber amoureuse, est-ce qu'il pourrait ? Qu'est-ce que c'est, même, moi je ne veux pas, vous autres n'avez qu'un goût de merde noire. Je n'aime pas les autres et je joue. Je les filme dans tous les sens et j'éclate ces vidéos sur des supports instables, aussi instables que moi. Ta tête a une forme de cube, regarde, on voit toutes tes faces. Horribles hein ? Prends tes médicaments petite fille. Avale, encore et encore. L'impression de bulle que tu ressens ? Le monde qui s'écrase sous tes pieds. La vie qui s'effondre. Tu ne vois qu'à travers un voile n'est-ce pas, une drôle de musique à tes oreilles mon amour, n'écoute pas c'est mon sang, n'écoute pas, c'est mon sang.

Il y a celles qui gueulent et qui éclatent de rire bourrées et qui hurlent à la lune qu'elles sont folles. Et puis y'a les filles comme moi qui les regardent et qui ne disent rien.
Pauvres connes.

« Jack n'a passé que trois ans aux beaux arts de Belgrade, vite lassée par les professeurs et les élèves. J'étais allé avec mon père aux portes ouvertes cette année là. Dans une salle d'un noir complet elle marchait au hasard habillée d'une robe blanche et le public assis sur des bancs noirs au confort rudimentaire l'observait de derrière une vitre ne percevant que la silhouette fantomatique de sa robe vaporeuse. Il était éparpillé sur le sol des débris de verre, lames de rasoir aiguisés, et elle marchait, au hasard. L'on entendait que les soupirs douloureux qu'elle laissait échapper lorsqu'elle se saignait et chaque pas la défonçait un peu plus. Elle marchait les bras en croix et ses mains s'écorchaient sur les lames des murs. Elle fit un tableau avec son sang. « Vide ». »



JACK PEUT ÊTRE TRÈS AGRÉABLE LORSQU'ELLE S'EN DONNE LA PEINE.
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MessageSujet: Re: Bouches closes.   Lun 18 Oct - 10:42

Un autre perso splendide à accrocher au mur des tragédies nobles et suaves.
J'adore juste, même si je la trouve un peu sombre, mais ça n'engage que moi et mon sentimentalisme empathique de maniaque.
Donc je pense pouvoir dire que c'est ok, hein...
Validé, cher collègue !

EDIT : par contre, je ne saisis pas trop pourquoi tu veux mettre Jack chez les All I Need... Elle serait bien plus chez les We Are Broken, selon moi, non ?
Elle a fui son lié, après tout...
[juste cette précision avant de vraiment clôturer cette fiche, hein]
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MessageSujet: Re: Bouches closes.   Lun 18 Oct - 18:12

Elle fuit Roman par prétention et curiosité, ça n'empêche qu'elle a besoin de lui. Elle se bat pour voir, pour tester, pour créer une œuvre, voir ce que cela peut avoir comme conséquence. Roman finira par la rejoindre, ou le contraire, c'est déjà arrivé, ça ne dure qu'un temps, une lubie temporaire.
Si ce n'est pas très clair, je peux rajouter un ou deux paragraphes sur leurs relations, j'avais évité pour laisser Roman le plus libre possible.
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MessageSujet: Re: Bouches closes.   Lun 18 Oct - 18:40

Oui, donc non, enfin je veux dire qu'il est inutile que tu rajoutes un ou deux paragraphes, c'est clair, finalement.
Eh bien, Chérie. Je ne pensais pas que tu viendrais, un jour, fouler de tes pas les contrées niaises des All I Need. Amuse-toi bien. Fresse


"La passion doit être punie." - Ah oui ? Quel est le con qui a dit ça ?
D'accord on va dire que tu as raison, je ne suis - après tout - qu'un emmerdeur minable qui vient chambouler ta vie. Mais toi, Valentine, est-ce que tu sens ton cœur battre comme le mien ? Est-ce que tu vois cette lueur, dans mes yeux, contre les tiens ? Je déteste les déclarations d'amour. Ce n'en est pas une.

EDWARDAUPLACARD
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