Il n'y avait rien de naturel dans ce que l'on éprouvait.
 
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 Je crois que deux et deux sont quatre, Sganarelle, et que quatre et quatre sont huit. [PV Stephen Alrikson]

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MessageSujet: Je crois que deux et deux sont quatre, Sganarelle, et que quatre et quatre sont huit. [PV Stephen Alrikson]   Dim 10 Oct - 21:32

La porte se referme derrière moi en un tintement sonore. Quelle idée d’installer des clochettes à l’entrée des magasins ! C’est d’un commun. Enfin, passons. J’ai tout de même réussi à mettre la main sur quelques denrées comestibles. Voyons voir. Mmh. Un Sauterne. Moui. Du caviar. Pourquoi pas. Des truffes… Avec ça, il ne me manque plus que des tagliatelles de chez cet italien que j’ai remarqué plus tôt. Allez, en avant. Je ne veux pas rester un instant de plus dans cette foule grouillante.

Mais qu’est-ce qu’ils ont, d’abord, à sortir de chez eux le week-end ? Et par ce froid en plus. J’étouffe, moi, à cause d’eux. Elle s’arrête brusquement, le regard attiré par la vitrine d’un magasin de mode. Tiens, j’ai déjà vu ce modèle avant… mais où ça pouvait être ? Ah, je sais ; je l’ai porté pour la collection hiver de Dior l’an passé. Il est pas mal quand même. Mais bon, je n’irai pas jusqu’à l’acheter. Elle détourna son regard et soupira en voyant la masse vrombissante, dépitée. Oh, cette foule… Comme reprenant ses esprits. Bon, allez, il faut que je me bouge sinon je n’aurai jamais fini à temps pour préparer le dîner. Ce soir est un grand soir ; je n’ai toujours pas invité de demoiselles dans mes appartements depuis mon arrivée, et je me dois de combler cette lacune sans quoi ma jeunesse se fanerait inutilement dans ce trou perdu.

Ces visages moroses me regardent. Qu’y a-t-il ? Vous n’êtes pas habitués à côtoyer des gens tels que moi, peut-être ? Enfin peu importe, ça ne me concerne pas. J’ai mieux à faire. D’un bond je m’élance dans la tourmente. Je sens des yeux posés dans mon dos. Admirez tant que vous pouvez, pauvres mortels. En un déhanché gracieux, j’évite les obstacles un à un et mes sacs se balancent au gré de mes mouvements, comme fendant les airs pour mieux me frayer un passage. Les gens m’observent du coin de l’œil. Je le sens. Le vent glacial me griffe les joues et des frissons me picotent la nuque. Ces frissons, ce n’est pas le froid, mais l’excitation qui en est la cause. Pourquoi ? Vous ne comprenez donc pas ? Une agréable perspective s’offre à moi : marcher, rentrer chez moi, me préparer tranquillement et accueillir cette charmante personne. Ma lourde semaine est passée et je n’ai plus qu’à profiter de cet ultime instant de répit. Je sens les effets de la fatigue sur mes membres endoloris par ma semaine chargée, de légères cernes viennent encadrer mes yeux et ceux-ci sont un peu chauds, mais je sais que bientôt je trouverai le repos. Bientôt, je m’assoupirai paisiblement, et j’oublierai tout. Comme si rien de tout cela n’avait été réel. Comme si rien n’existait plus en dehors de mon lit douillet. L’agitation me gagne, mon cœur bat frénétiquement dans ma poitrine. Ce soir, je n’aurai pas à me coucher aux aurores pour finir un croquis, et ne rêverai pas non plus des innombrables paires de chaussures et vêtements que je porte chaque jour lors des défilés et des séances photos. Non non, rien de tout cela. Ce soir, j’accrocherai mes soucis sur mon porte-manteau, dans l’entrée, et m’étendrai sur ma couche tandis qu’elle passera doucement sa main dans mes cheveux.

Quel monde. Arriverai-je jamais à temps ? J’aimerais tout de même me reposer un tant soit peu avant qu’elle n’arrive. Ca n’en finit pas… Ah, je vois un banc libre. Je crois que je vais faire une pause, histoire de souffler un peu. Il ne faut quand même pas que je me malmène ou j’aurai l’air d’un zombie tout à l’heure. Elle regarda sa montre et poussa un soupir de soulagement. Oh, ça va. Je n’avais pas réalisé qu’il me restait encore au moins cinq bonnes heures. C’est sans doute le froid qui engourdit mon cerveau.

Elle déposa tous ses sacs sur le banc et s’assit commodément, un bras sur le rebord et les jambes croisées. Hébétée, elle contempla la foule s’animer devant elle. Ils n’en ont pas marre, eux ? A quoi peuvent-ils tous s’activer ? Il faut dire qu’elle ne descend jamais trop dans la rue pour se promener. Dans ces cas-là, c’est soit pour acheter de quoi se sustenter, soit pour aller à son travail ou à son école, alors là, le centre commercial, un week-end, ça fait un peu choc des cultures. Il faudra que je pense à embaucher une bonne à tout faire…

Une idée lui vint. Elle leva délicatement son bras adossé et sortit un paquet de cigarettes de la poche de son blouson. Elle en prit une, tapota l’extrémité sur le dessus de son jean pour bien tasser le tabac, et la porta à ses lèvres. D’un coup vif du pouce, elle déclencha le mécanisme d’un briquet. Une intense lumière jaillit. D’un air concentré, elle l’approcha de sa cigarette en prenant garde de la couvrir de sa paume pour que la flamme ne s’éteigne à cause de la neige. Un crépitement se fit entendre, le bout rougeoya faiblement et commença à se consumer. Elle releva la tête tout en rangeant d’une main experte le briquet désormais inutile, puis inspira profondément. La fumée s’insinua dans tout son corps et la réchauffa délicieusement. Quand elle ne put plus retenir son souffle plus longtemps, elle expira enfin. La fumée se dégageait de sa bouche en un mince nuage qui montait, montait dans la stratosphère pour atteindre la couche d’ozone. Tenez, mourrez. A cause de moi, vous mourrez plus jeunes et plus douloureusement. Elle sourit à sa propre pensée. Une vraie gamine.

Elle leva le nez en l’air. De gros flocons tombaient du ciel et venaient couvrir les trottoirs d’un grand manteau blanc. En venant ici, je n’avais pas réalisé que le climat n’était pas tout à fait le même, mais bon, de toute manière, j’ai toujours préféré le froid. Ca donne le sentiment d’être vivant, de « vraiment » vivre ce qui nous arrive. Et puis quand il fait froid, on peut se blottir « à plusieurs » au coin du feu. On n’y pense jamais assez, mais le froid, c’est hypra romantique en fait. Enfin. Il faudra que je pense à racheter quelques vêtements chauds quand j’en aurai le temps sinon je ne donne pas cher de ma dépouille ; ma manucure tomberait en miettes à cause du gel, ma peau se friperait, mes lèvres s’assècheraient et gerceraient,… Non, il faut que j’arrête tout de suite. Je me fais du mal inutilement. Un tel cauchemar n’aura jamais lieu. Franchement, mais à quoi est-ce que je peux bien songer parfois… Prise d’un soudain coup de fatigue, elle se tut et resta un temps dans cette posture, tirant de temps à autre sur sa cigarette. Sortant de sa torpeur, elle examina une dernière fois le cadran de sa montre. Bon, c’est pas le tout d’ rigoler, mais je commence à me changer en glaçon.

Elizabeth se pencha vers le sol et écrasa consciencieusement son mégot sur la chaussée, puis se releva dans un soupir. Elle attrapa les hanses de ses sacs et s’apprêta à partir quand soudain, elle sentit une main se poser sur son épaule. Elle sursauta, étonnée, et se retourna. Mais qui est-ce que ça pouvait être ?
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MessageSujet: Re: Je crois que deux et deux sont quatre, Sganarelle, et que quatre et quatre sont huit. [PV Stephen Alrikson]   Lun 11 Oct - 20:26

Stephen avait un peu de mal à sortir de chez lui pour autre chose que la fac ces temps-ci. Il se levait, morose, vivait sa journée sans enthousiasme particulier et retournait se coucher le soir venu sans envie de sortir… Il avait souvent été perturbé ces derniers temps mais jamais encore il n’en était arrivé au point de ne rien vouloir. Une seule chose lui restait en tête… Absynthe. Après leur rencontre, il s’était précipité d’ajouter son numéro dans le portable qu’il détestait généralement tant et l’emmenait partout. Elle n’avait pas son numéro, certes mais cela le rassurait, enfin non cela était juste moins perturbant que de le savoir chez lui. Et si par hasard, il lui prenait l’envie de l’appeler…

Cependant, ce jour-là, Stephen fit un effort pour ne pas rester cloitrer dans l’immense résidence de ces aïeux qui comme bien souvent étaient absents. Il s’était habitué à rester seul dans la demeure, mais ces derniers temps l’immensité de la maison l’oppressait, ou peut-être était-ce ce sentiment de vide ? A chaque fois, qu’il en arrivait à ce point dans sa réflexion, il se forçait à penser à autre chose. Sortir était donc une de ces façons. Il marchait donc dans le centre commercial, distrait. Il jouait machinalement avec son téléphone portable au fond de sa poche, le sortant parfois, s’arrêtant sur le nom « Absynthe », puis le refermant avec colère.

« Voyons Stephen, cette situation est intenable ! »

Cela faisait aussi quelque temps qu’il n’avait pas fait de nouvelles rencontres, chose très improbable le concernant. Depuis, le lycée, il n’avait jamais passé une semaine sans rencontrer au moins une nouvelle victime féminine. Il était temps de se reprendre, n’est ce pas ? Et puis, il n’y a pas meilleur moyen de se changer les idées que de jolies femmes! Il tentait vainement de se convaincre. Comme pour accompagner sa décision, il éteignit son téléphone et jeta un regard rapide autour de lui. La foule était dense ce jour… Ce qui signifiait qu’il y aurait plein de possibilités d’action. Il balaya son environnement du regard. Blondes, brunes, rousses, en effet large panel ! Le but maintenant fut de trouver une jeune fille seule, pas forcément perdue, il avait déjà eu une expérience quelque peu troublante concernant ce dernier point et n’était pas près de recommencer, en tout cas, pas pour le moment. Il repéra une jeune femme aux cheveux courts et noir regardant presque tristement la vitrine d’un magasin. Il détourna le regard avec rage… Pas quelqu’un qui pourrait ressembler de loin ou de près à Elle …

Il reporta alors toute son attention sur une autre jeune fille. Blonde aux cheveux courts, bien coiffée, d’un niveau social qui lui semblait très haut, et surtout elle semblait étrangère. Il aimait bien les étrangères. Peut-être anglaise, il n’avait encore jamais fréquenté l’aristocratie britannique, une expérience à tenter. Un sourire intéressé apparut sur son visage. Elle s’assoit sur un banc. Stephen continue de la fixer du regard de loin. Une victime qui ne cédera sûrement pas facilement, une bataille difficile pour une victoire encore plus délicieuse. Elle sortit alors une cigarette. Le sourire de Stephen s’élargit. Cependant, il ne bougea pas, pas encore. Enfin, lorsqu’elle eut presque finit sa cigarette, il commença à avancer vers elle, les mains dans les poches. D’un geste rapide et malicieux, il sortit son zippo argenté, le lance en l’air le rattrape vivement et le glisse à nouveau dans sa poche… Jouer avec le feu, doux plaisir. Sortant alors son paquet de cigarette, il pose alors une main sur son épaule, un geste qu’il veut sensuel mais bref. Avec un sourire, il lui demande très poliment :

« Auriez-vous du feu, s'il vous plait ? »

Approche très connue, mais pourquoi faire dans l’original lorsqu’une occasion comme celle-là s’offre à vous ? Bien habillé, venant visiblement d’une bonne famille, et avec de bonnes manières, il n’y avait aucune chance qu’elle le fuit immédiatement.
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MessageSujet: Re: Je crois que deux et deux sont quatre, Sganarelle, et que quatre et quatre sont huit. [PV Stephen Alrikson]   Mer 13 Oct - 21:05

Une lueur d’espoir traversa le regard de la jeune femme, puis s’évanouit bientôt. Elle réprima sa vive déception et parvint à n’afficher qu’une légère moue dubitative. Non, ce n’était pas une princesse cloîtrée depuis longtemps dans un château isolé, qu’une envie folle de voir le monde avait étreinte. Non, ce n’était pas même la cruelle sorcière à la voix rauque et aux ongles longs. Ce n’était que ce foutu prince charmant. Un de ces bellâtres qui sillonnent les rues à la recherche d’une proie facile. Il semblait charmant au premier abord, mais de toute évidence, il s’était trompé de cible.

Elle le toisa un bref instant et, sentant qu’elle n’y couperait pas, elle farfouilla dans ses poches à la recherche du briquet. Elle tendit les bras et approcha la lumière blafarde de la cigarette de l’inconnu. Celui-ci l’avait portée à ses lèvres et la pinçait du bout des doigts tout en inspirant profondément. Ses joues se creusèrent tandis que la cigarette se consumait lentement. C’est étrange comme sensation, de voir quelqu’un d’autre que soi-même fumer. On a presque l’impression de pénétrer dans l’intimité de l’autre sans sa permission. C’en est gênant. Elle rangea son briquet et détourna les yeux. Elle n’aimait vraiment pas voir quelqu’un d’autre agir comme elle, ça lui laissait un goût amer.

L’étranger la gratifia d’un sourire complice et vint s’asseoir à côté d’elle, sans mot dire. Sur le coup, elle ne sourcilla même pas tant elle était vidée de toute énergie. La fatigue lui était tombée dessus comme ça, d’un seul bloc. L’hébétitude fit place au mépris. Finalement, je retire tout ce que j’ai dit plus tôt ; ma semaine ne pouvait pas être pire. Enfin. Ca ira mieux quand je serai chez moi. Oh, j’oubliais les pâtes. Encore un obstacle de plus à mon bonheur… Et si je rentrai directement. Je trouverai bien quelque chose… oh, je pourrai toujours commander à domicile… ou sinon je lui annoncerai qu’en fait, c’est moi le plat principal… Elle eut un mince sourire à cette idée. S’écartant de ces considérations plus que douteuses, elle revint à ce froid qui la tenaillait. Ses mains étaient rouges et lui faisaient mal. Des gants, c’est la première chose que je vais m’acheter. Elle se frotta vivement les mains pour s’assouplir les articulations engourdies et souffla dessus. Comme elle se fatiguait plus qu’autre chose, elle arrêta sa vaine entreprise.

Soudain, une jeune fille passa. Elle leva instantanément le bout du nez et la suivit du regard jusqu’à ce qu’elle disparut totalement dans la masse. Son acolyte la tira de cette brève rêverie. Il venait de finir sa « petite gâterie » et écrasait le restant sous sa chaussure. Pff. Elizabeth leva les yeux au ciel et recroisa les jambes d’un air hautain. Les hommes, tous les mêmes. Ils ne comprendront jamais qu’écraser son mégot contre une semelle, ça abîme monstrueusement et immanquablement les chaussures. J’ai fait ça une fois avec des Gucci et je peux vous dire que franchement elles étaient bonnes à mettre à la poubelle. Elle le dévisagea à nouveau. Le parfait dandy. Rasé de près, bien sapé, l’air frais. Rien à dire. Le pire, c’était ce petit air genre « je suis magnifique, mais j’accepte de m’abaisser à toi ma mignonne ». Ecœurant. Autant se faire vomir tout de suite. Manque de bol, elle avait sauté le repas de midi pour rester svelte pour son invitée. Pourquoi cela? Elle avait à tout prix voulu porter une robe pour l’occasion, et il fallait l’exploiter à son avantage. Aussi, elle désirait paraître devant la belle au comble de sa beauté. Lui, c’était le style qui lui déplaisait au plus haut point, le mâle dominant. Je ne sais pas exactement à quoi cela tient, si c’est à cause de l’odeur du « mâle » ou bien le côté balourd et les blagues salaces, mais il y a quelque chose qui me déplaira toujours. Je ne comprends pas toutes ces femmes qui se laissent prendre au jeu de ce stéréotype du goujat sur pattes. Elles ont de la peau de saucisson dans les yeux ma parole. Oui, c’est ça. Ou alors c’est de là que vient l’expression « l’amour rend aveugle ». Mais même tomber amoureuse de… ça, c’est quelque chose qui m’échappe. Enfin. Elle soupira. Bon. Je vais me bouger, moi. Du reste, je ne vois pas ce que je fais encore ici. Rien ne me retient.

Elle voulut se lever et s’en retourner vers ses appartements, mais à peine eut-elle fait quelques mètres qu’elle remarqua à son grand dame qu’il lui manquait un sac. Mince. En plus, on dirait que c’est celui du Sauterne. La poisse. Pas de soirée sans Sauterne. C’est la règle. Elle se retourna pour rebrousser chemin. Et quel monde la séparait déjà du banc. Elle se mordit la lèvre. Pas le choix, il faut faire machine arrière, et ce même si le chemin est semé d’embûches. Elle se lança donc, jouant des coudes, et atteint rapidement le lieu dit.

Elle faillit s’étrangler. L’inconnu tenait entre ses mains un sac en plastique, son sac en plastique, et examinait l’étiquette de la bouteille de vin. Je l’avais bien dit, un vrai goujat. Elle se posta devant lui, tel le faucon s’abattant sur sa proie et le fustigea du regard. L’inconnu leva les yeux, mais ne réagit pas. Impatiente, elle désigna l’objet et tendit la main en l’agitant un peu pour mieux lui signifier encore que ce bien lui appartenait à elle et à personne d’autre et que s’il ne lui rendait pas vite, il signait son arrêt de mort. Il ne broncha toujours pas.

« C’est à moi, ça ne se voit pas ? »

Pour toute réponse, il lui serra la main et se présenta. Machinalement, Elizabeth se présenta à son tour, puis réalisant la situation… Non, mais eh oh, j’t’ai pas demandé ton pedigree que j’sache. Non mais on se fout du monde là. Je rêve éveillée. Elle se campa sur ses talons aiguilles, les bras croisés, et attendit le bon vouloir de Monsieur.
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MessageSujet: Re: Je crois que deux et deux sont quatre, Sganarelle, et que quatre et quatre sont huit. [PV Stephen Alrikson]   Jeu 14 Oct - 14:03

(Tu joues beaucoup mon personnage. Heureusement, tu le fais très bien ;) )

La jeune femme sembla quelque peu déçue en le voyant, pas de quoi lui saper le moral. Il ne pouvait de toute façon pas être plus bas qu’en ce moment. Elle lui tendit alors son briquet plus ou moins volontiers. Elle était encore plus belle de près. Stephen s’assit alors près d’elle en la regardant. Elle semblait plutôt soucieuse, peut-être autant qu’il l’était mais cela lui importait peu finalement. S’il arrivait à ses fins, il ne la reverrait sûrement pas, ou alors ce ne serait que pur hasard. Un silence lourd pesait entre eux. Avait-il vraiment envie de la séduire, rien n’était moins sûr. Il s’était beaucoup passé de son loisir favori ces derniers temps, et aussi étrange que cela puisse paraître cela ne le dérangait pas autant qu’il ne l’aurait pensé.

Stephen regardait dans le vide perdu dans ses pensées, tandis qu’une jeune fille, très belle soit dite en passant, traversa devant eux. Stephen y jeta un œil, mais reposa très rapidement son regard sur sa future victime qui a sa grande surprise suivait encore la jeune fille des yeux. Stephen se remit alors à regarder devant lui. Mauvaise pioche… Vu l’insistance de son regard, elle devait sûrement avoir plus d’attirance pour la beauté féminine que masculine, et pourtant il se considérait comme un canon de beauté. Il aurait habituellement fait un autre essai pour en être sûr mais ce n’était sans doute pas son jour. Il jeta alors sa cigarette par terre et l’éteignit avec son pied. La jeune femme le regarda comme s’il venait de faire un outrage. Tant pis, de toute façon, il n’avait plus rien à lui prouver, elle était libre de partir.

C’est d’ailleurs ce qu’elle ne tarda pas à faire. Stephen ne fit même pas un geste pour la retenir. Il s’apprêtait à son tour à quitter les lieux lorsqu’il aperçut qu’il restait un sac près du banc. Il le prit alors avec précaution. Elle l’avait sûrement oublié, peut-être avait-il eut un effet finalement, ou peut-être tout simplement qu’elle avait la tête ailleurs. Il osa tout de même y jeter un œil. Une bouteille de vin, et pas n’importe laquelle. C’est bien ce qu’il avait deviné depuis le début, elle venait d’une très, très bonne famille. Tiens d’ailleurs la revoilà. Stephen leva les yeux vers elle d’un air désinvolte. Oui, il tenait son bien, et alors, elle l’avait oublié. Elle avait l’air encore plus méprisante que les quelques instants précédents. Elle tendit la main pour qu’il lui remette sa possession. Stephen avait envie de rire en voyant sa réaction, comme s’il allait lui voler du vin ! Il en avait en quantité dans sa demeure familiale ! Mais bon, se moquer d’une jeune femme de bonne famille en colère n’est pas une façon adéquate de faire les choses. Pour toute réponse, il lui tendit la main et se présenta :

_Stephen Alrikson, Enchanté de vous connaitre.

A sa grande satisfaction, son geste avait suffisamment perturbé la demoiselle pour qu’elle en face de même. Elizabeth Victoria Brighton… Plus anglais et plus pédant que ce nom, il n’avait jamais rencontré, mais il se contrôlait suffisamment pour ne pas afficher sur son visage à quel point il trouvait ses parents ridicules. Maintenant que les choses étaient en ordre, il lui tendit son paquet avec un sourire qui restait malgré tout un peu moqueur. Oh, et puis non, autant profiter d’une belle compagnie jusqu’au bout, même si elle ne voulait visiblement pas de la sienne. Il ramena alors le paquet vers lui et dit en sourire :

-Ou puis-je simplement vous accompagner jusqu’à votre point de rendez-vous ?


Il y avait beaucoup de chance qu’elle lui dise « non merci » et « adieu » sur un ton plus violent mais ses réactions étaient suffisamment drôles pour que finalement même sont refus lui fasse passer un bon moment. Devait-il clarifier ses intentions quant à elle… De toute façon se taper une fille qui s’appelle Elizabeth Victoria Brighton était ridicule même pour lui ! Il sourit un peu plus en se faisant cette réflexion. Et bien parlons d‘autres choses :

_ Un diner important je suppose, vous avez là un élément de qualité.

Il indiqua des yeux le sac qu’il portait. Il aurait bien voulut lui poser une question sur ses origines mais il n’aurait sûrement pas pu retenir une pointe d’ironie. Il aurait aussi pu parler du temps mais cela aurait eu beaucoup moins d’intérêt. Il ne tenait pas le paquet très fermement s’attendant à ce qu’elle le lui arrache des mains. Ce serait dommage que par ce geste elle doive racheter une bouteille, elle devait y tenir pour être revenu le voir.
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MessageSujet: Re: Je crois que deux et deux sont quatre, Sganarelle, et que quatre et quatre sont huit. [PV Stephen Alrikson]   Jeu 14 Oct - 16:54

Il me tendit le paquet. Ah bah, c’est pas trop tôt. Un peu plus et je perdais patience. Je suis pressée, moi. J’ai un dîner dans cinq heures, mais tout de même… Au moment de me saisir de l’objet, le bougre me nargua encore par une injonction plus qu’outrancière.

« Ou puis-je simplement vous accompagner jusqu’à votre point de rendez-vous ? »

Quoi ? Une personne de ma qualité, être accompagnée par un frustre pareil ? Il avait du culot pour me sortir de telles insanités en continuant de sourire. Je ne bronchai pas. Garde ta rancune pour toi Elizabeth, ce dragueur ne la mérite même pas. Toute à ses pensées, elle fut soudain prise au dépourvu par une intervention subite. Ah, le vin. Elle l’avait presque oublié, tiens. Elle regarda le paquet qu’il maintenait toujours en l’air et songea soudain que tout cela n’était en somme qu’un caprice de petite fille. Il est vrai qu’elle détestait qu’on lui fasse la moindre remarque sur son comportement, aussi anodine fut-elle, mais elle avait tout de même un esprit critique. Elle repensa à la fille qui la visiterait tout à l’heure. Elle aussi, c’était un caprice. Un de plus. Désœuvrée, Elle l’avait « cueillie » pour ainsi dire dans un des cafés du coin. Elle semblait perdue, et Elizabeth avait sauté sur l’occasion. Ainsi, la fille, ne se doutant pas de sa destinée, jouait avec des miettes qui se trouvaient sur la table, le visage reposant lâchement sur un de ses bras accoudés. Elle s’approcha de sa future victime. La jeune fille, étonnée, lui avait tout de suite dit qu’elle avait déjà un lié ou plutôt qu’elle en avait un car ils s’étaient disputés. Mais pas de problème ma mignonne, aucune loi n’exige que l’on se donne corps et âme à son lié. Regarde, il y en a bien qui sont frères et sœurs et ce n’est pas pour autant qu’ils sont incestueux. Rassurée, la jeune fille s’était laissée allée. Bientôt, Elizabeth pourrait la mettre dans son lit. Au bout d’un temps, elle lui proposa de se revoir. Son interlocutrice sembla réfléchir, taraudée entre accepter la tentante proposition ou écouter la voix de la sagesse. Ah, ce n’était pas bon du tout ça. Il ne fallait surtout pas qu’elle commence à réfléchir ou elle lui filerait entre les doigts. Elle lui fixa donc arbitrairement rendez-vous ce soir-ci à 20h chez elle et écrivit son adresse sur un bout de papier qui traînait là. Ensuite, elle lui glissa un au revoir dans le creux de l’oreille et s’en fut après s’être enquise de la réaction de la jeune femme sur son visage. Elle rit en elle-même. A voir la couleur pourpre qui teintait déjà les joues de la demoiselle, son petit effet avait marché. En y repensant, ce n’était pas sûr qu’elle vienne vraiment en fait. Elle pouvait très bien avoir perdu le papier ou avoir changé d’avis. Rien n’était sûr, donc.

«Un dîner important ? Oui, on peut dire ça… »

Elle dit cela distraitement, les yeux dans le vague. Que faisait-elle encore comme connerie… une de plus, et après ? Peut-être que tous ces gens avaient raison. Qu’au fond, on n’était rien sans un lié. Elle examina ce « Stephen ». Lui aussi était sans doute déjà lié et pas elle. Elle se mordilla légèrement l’intérieur de la joue. Elle éprouvait un sentiment si connu par elle. Ce sentiment sauvage, presque bestial ; un violent désir de posséder tout, tout de suite. Dans ces cas-là, elle était telle une petite fille devant une vitrine remplie de jouets. Une petite fille qui ne peut se décider sur le choix d’un seul de ces petits objets. Elle voulait tous les avoir, mais seul un devait nécessairement retenir son attention. Elle se reprit et délivra Stephen du sac. Je ne sais pas ce que c’est. Si c’est cette ville paumée, ou le froid, ou les deux à la fois, mais là, je ne me ressemble pas. Allez, cette histoire de liés est bidon. Toi, rien ne t’entraveras jamais. Tu avanceras toujours, fière et digne. Toutes les femmes de la Terre se retourneront sur ton passage et les hommes pleureront leurs mères qu’un tel être puisse avoir été conçu. Ce n’est pas moi qu’il faut blâmer mes agneaux, mais mes parents. C’est eux que vous devez haïr dans votre grande naïveté, ou bien vous blâmer vous de votre impotence à ne pas capter assez l’attention de votre dulcinée.

Totalement rassérénée, elle voulut s’élancer, affronter le monde à bras-le-corps. Vivre quoi. La jeune fille viendrait, elle en était persuadée. Je n’ai quand même pas fait tous ces efforts pour rien. De toute façon, j’obtiens toujours ce que je veux. Tout d’abord, cet italien. Il allait voir ce qu’il allait voir celui-là. Elle se retourna pour partir. Attention, j’oublie un détail, je crois. Ah oui. L’inconnu. Elle jeta un regard rieur dans sa direction.

« Alors, vous venez ? Et tant que vous y êtes, prenez ce sac-là. »

Il lui tiendrait compagnie au moins. Et puis, à voir comme il s’y connaissait en vin, il ne devait pas être si frustre que ça. Bon, il est vrai que tout le monde a au moins une fois dans sa vie entendu parler de « Sauterne ». Par exemple, ne s’en faut que les jeunes gens londoniens qui organisent des soirées mondaines, aussi orgiaques et débauchées soient-elles. Mais bon, elle n’allait quand même pas le laisser en plan. Elle reprit, les sourcils froncés.

« Par contre, je vous préviens tout de suite que je vais passer chez l’italien. Je dois a-bso-lu-ment acheter des pâtes de première qualité pour mon dîner. C’est très important. Mes invités sont très… comment dire… tatillons. »

Elle rit. Elle adorait se faire encore plus snobe qu’elle n’était et théâtraliser les choses de la sorte était véritablement amusant.

A un moment donné, il y eut un peu moins de monde, et ils purent marcher côtes à côtes. Elle le dévisagea. Qui était-il au juste et que faisait-il là ? Elle avait une envie subite et impérieuse de connaître cet individu. Crise de voyeurisme aigu ? Peu importe. Il était un peu comme un passe-temps.

« Vous faisiez quoi avant que l’on se rencontre ? Vous demandiez du feu à toutes les femmes du coin peut-être ? »

Elle eut un sourire complice. La marche la réchauffait et elle avait retrouvée sa bonne humeur de toujours.

« Vous êtes Suédois ? Remarquez, ce n’est pas une critique, mais vous n’avez pas trop la tête de l’emploi… mmh… vu votre nom... j’opterai plutôt pour l'Angleterre… »

EDIT: Encore pardon pour l'autre fois. En tout cas là, je crois que tu as de quoi faire x)


Dernière édition par Elizabeth V. Brighton le Ven 7 Jan - 18:40, édité 2 fois
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MessageSujet: Re: Je crois que deux et deux sont quatre, Sganarelle, et que quatre et quatre sont huit. [PV Stephen Alrikson]   Ven 29 Oct - 19:22

Comme promis voici la suite des évènements, ce n'est pas le plus exaltants des posts que j'ai faits mais j'espère que cela conviendra!

La réaction non violente de la jeune femme fut encore plus surprenante que ce à quoi il s’attendait. Peut-être était-elle finalement beaucoup plus posée et moins gâtée qu’il ne pensait. Elle resta un long moment pensive et répondit à sa question. Stephen afficha alors un sourire joyeux , limite triomphant. Tout n’était pas perdu si elle daignait lui répondre. Elle prit tout de même le sac au bout de quelques instants mais d’une façon tout à fait acceptable. Stephen ne la quittait pas des yeux. Elle était finalement bien rigolote cette petite Élisabeth. Le doute sur son orientation sexuelle continuait tout de même de le perturber mais il essayait de ne pas y penser. Il ne prendrait pas le risque de le lui demander maintenant, ce serait totalement hors-propos voire inadmissible.
Finalement, elle se tourna vers lui en lançant une phrase qui ressemblait fortement à la façon dont elle pourrait s’adresser à un majordome. Stephen n’avait pas l’habitude d’être traité de cette façon. Quelque peu perturbé et vexé, il regarda ses vêtements en les lissant et se recoiffa. Il n’avait pourtant pas l’air d’appartenir à une caste bien inférieur à la sienne. Enfin, peu importe, maintenant qu’il avait réussi à capter son attention et à se changer les idées autant la suivre, et puis le paquet n’était pas si encombrant, pensait-il en le sous-pesant. Elle le prévint ensuite, oui comme si cela était une menace, qu’elle passait chez l’italien. Son ton le fit rire mais vu qu’elle s’était elle aussi mise à rire, il admit qu’elle avait cette capacité d’auto-dérision qu’ont peu de gens de la haute société. Et puis, son rire était très agréable. Stephen commençait finalement à bien apprécier sa compagnie.

En guise de réponse, il dit simplement :

_ Hmm, je vois !


Peut-être leur vie n’était pas si différente. Soirées barbantes parmi des gens qui se prennent pour des rois, mais il avait un peu de mal à imaginer des personnes encore plus pédantes que celle que ses parents fréquentaient. Vu le milieu de cette jeune fille cela devait sûrement exister…

Elle le questionna alors sur ce qu’il faisait juste avant leur rencontre. En plus d’avoir capté son attention, il avait réussi à attiser sa curiosité, petite fierté personnelle. Sa petite réflexion sur les femmes le fit rire. Il n’avait demandé qu’à elle mais c’était en effet ce qu’il faisait. Lui dire ou ne pas lui dire …

_ Non juste à vous... Après tout, il n’y avait personne qui semblait aussi intéressant!
Ajouta-t-il en baissant légèrement la voix et en laissant des regards de droites à gauche comme s’il lui confiait un secret. Finalement, lui aussi pouvait faire dans la théâtralité ! Mais, cette phrase ressemblait fortement à de la drague, les bonnes vieilles habitudes reviennent vite au galop.

_ J’avais besoin de me changer les idées, et quoi de mieux qu’une nouvelle rencontre, continua-t-il d’un air détaché.

Elle voulut alors en connaitre plus sur ses origines. Ainsi donc, elle pensait qu’il était anglais, elle se trompait fortement sur la population suédoise visiblement. Il se souvint alors de ses réflexions sur les origines de la demoiselle et cela le fit sourire.

_ Et bien, certes je n’ai pas « la tête de l’emploi » mais je suis bel et bien Suédois, même si j’affectionne beaucoup l’Angleterre. C’est bien de là d’où vous venez, n’est ce pas ? Et vu votre réflexion sur mes origines, je suppose que vous n’êtes arrivée que très récemment.

Il ne risquait pas grand-chose avec ces affirmations. Cela était presque écrit sur son visage, et sur son nom. Pourtant Élisabeth était un beau prénom ! Il avait encore une fois envie de rire mais guida ses pensées vers une autre voie. Il avait envie d’en savoir plus sur la raison de sa venue ici mais n’était pas encore certain qu’elle lui donnerait cette autorisation, peut-être patienter encore un moment serait plus convenable.

_ Tiens, voici un Italien des plus réputés, c’est celui qui vous cherchiez ?

Tandis qu’ils se dirigeaient vers l’entrée, Stephen dit :

_ Laissez vos sacs ici, je vous attendrai. Ou alors, je m'enfuierai avec vos achats, mais c'est un risque à prendre !

Il afficha un sourire tout à fait charmeur. Sa galanterie ne ferait peut-être pas effet sur cette jeune femme mais il n’y avait aucune raison de renoncer à de bonnes habitudes ! Il s’appuya alors contre la vitrine près de l’entrée attendant nonchalamment que la jeune femme y pose ses affaires. Tandis qu’elle se retournait pour entrer, Stephen ne se cacha pas de parcourir du regard de haut en bas le corps de la belle bourgeoise. Lesbienne ou pas, elle en valait la peine. Il sortit alors son paquet de cigarettes, plongeant sa main dans sa poche pour prendre son briquet, il se souvint alors de la façon dont il l’avait abordé. Ce n’était sûrement pas très malin de sortir son Zippo maintenant… ou alors, après tout, il n’avait pas grand-chose à perdre et un peu de provocation… Il avait envie de fumer et leur brève conversation avait été claire sur les points principaux. Il lui avait parlé pour bien plus que du feu ! Il l’attendit alors sortir en crachant la fumée dans le froid nordique.
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MessageSujet: Re: Je crois que deux et deux sont quatre, Sganarelle, et que quatre et quatre sont huit. [PV Stephen Alrikson]   Mer 3 Nov - 23:34

Elizabeth l’écouta patiemment tandis qu’il répondit à sa question. Un autochtone, hein ? Tandis qu’elle regardait fixement ses pieds avancer l’un après l’autre, elle s’imagina ce qu’être née ici aurait bien pu changer dans sa vie. Sûrement pas grand-chose. Dans tous les cas elle aurait percé dans le monde de la mode et tout le monde serait tombé à ses pieds. Elle sourit à l’idée du tableau de Delacroix. La liberté guidant le peuple. Sans nul doute un bien beau tableau qui incarnait à merveille son caractère fougueux et téméraire. Elle rit intérieurement. Parfois, ce qu’elle pouvait dire était vraiment très spirituel. Enfin. Elle aurait été pareille et puis point. A quoi bon songer à ce qu’on aurait pu être autrement puisqu’on ne l’a pas été et qu’on ne le sera jamais. Elle était, un point c’et tout. Ohlala, faut pas se compliquer la vie, moi j’dis. Elle toisa son compagnon de route. Qu’avait-il bien pu être avant qu’ils ne se rencontrent ? Elle chercha sur ses traits quelque chose qui puisse trahir son passé. Le nez haut, les yeux profonds, les pommettes saillantes et les lèvres fines. Il paraissait soigné et ses vêtements étaient dignes d’un dandy de Londres. Elle pinça les lèvres, songeuse. Aristo sans aucun doute… Ca expliquait beaucoup de choses comme cet air sûr de lui. Et puis il est vrai que les maîtres ont toujours été de fieffés charmeurs et maints ont rendu leurs sujets cocus. C’est presque dans l’ordre des choses, alors quoi de plus normal à ce que ce dandy se comporte comme ses comparses. Libertin des temps modernes ? Oh, et puis ce ne sont pas mes oignons après tout. Il peut bien faire ce qu’il veut. Pendant un court instant, elle se concentra sur la vaine compétition que ses pieds menaient l’un contre l’autre. Ne rêvez pas vous deux ; aucun n’arrivera au but avant l’autre. Ici, on n’en a plus rien à foutre de cette stupide histoire du lièvre et de la tortue. C’est la démocratie absolue en marche -c’est le cas de le dire. Pas de gagnant et pas de perdant. Elle revint à son Dom Juan. Elle s’amusait déjà de ce qu’il pourrait bien dire ensuite pour gagner ses faveurs. Te fatigue pas mon coco, tu as misé sur le mauvais cheval j’crois. Pas d’chance. Mais j’aimerai tout de même savoir ce que tu vas bien pouvoir trouver. Vas-tu décrire la grâce de l’astre lunaire ? Manque de pot, il fait jour. Vas-tu louer mes atours ? Diras-tu que le froid était tenaillant avant que l’on se rencontre, mais que la vision de mon être t’a fait fondre en un instant ? Non mais quel cliché. Personne n’y croirait. Non, tout simplement tu diras que tu m’as tout dit de ta vie, mais que tu ne sais rien de la mienne. Pathétique.

Son délire fut brusquement interrompu par Stephen lui-même. Elle leva le nez en l’air. Ah oui. C’est cet Italien qu’elle avait remarqué plus tôt. Il venait à point ; elle commençait à s’ennuyer. C’est qu’Elizabeth se lasse vite de ses jouets. Sans un mot, elle mena leurs pas vers la devanture du magasin.

« Laissez vos sacs ici, je vous attendrai. Ou alors, je m'enfuirai avec vos achats, mais c'est un risque à prendre ! »

Surprise, elle se retourna de biais. Elle ne s’y attendait pas à celle-là. Elle le fixa quelques instants. Le Dom Juan de service lui souriait de toutes ses dents, charmeur. Elle faillit pouffer de rire, mais se retint à temps. Ce n’était pas vraiment charitable de lui rire au nez, mais c’est qu’il était tellement mignon. Rien que se dire qu’il pouvait emballer des filles avec ce genre de phrases toutes faites… Non, non, ne sois pas méchante Elizabeth. Voyons. Tu pourrais tout aussi bien être à sa place… enfin non, mais imagine être à sa place.

« Oscar, vous serez gentil de me ramener un café fumant pour quand je reviendrai, hein ? Bien corsé et sans sucre, hein ? Vous savez, on appelle ça un double expresso. Bon, ça va aller. Vous saurez retrouver votre chemin, hein ? Bon, je vous fais confiance alors. »

Elle afficha un sourire provocateur, satisfaite d’elle-même. Elle était décidément au taquet aujourd’hui côté humour. Elle lui tendit les deux sacs qu’elle portait, mit ses mains dans ses poches et tourna les talons. Elle s’avança distraitement vers la porte du magasin. Ses talons claquaient encore et toujours sur le bitume humide. Elle adorait ce son si net. Au moment ultime de pousser le pas de la porte, elle lança un coup d’œil à la dérobée en direction de Stephen. Ce dernier venait tout juste de s’allumer une cigarette et fourrait son briquet dans une de ses poches. Elle sourit. Ah ces hommes. Tous les mêmes. Enfin, il fallait reconnaître qu’il avait le mérite d’être courageux. Et puis, c’était une technique de drague vieille comme le monde. Elle se demanda si elle jouerait encore un peu avec lui ou bien si elle mettrait fin à ce divertissement sans conséquence. Enfin. Elle verrait bien en temps voulu. Rejetant donc la décision à plus tard, elle entra dans le magasin. Elle essaya de refermer la porte pour que le froid ne rentre pas, mais celle-ci se bloquait toujours avant le loquet. Elle s’acharna jusqu’à ce qu’une voix enrouée s’élève de derrière le comptoir. « Ne vous fatiguez pas : elle est cassée. » Elle chercha l’origine de la voix et vit soudain un homme se dresser derrière le susdit comptoir. Pas tellement âgé, mais pas tellement jeune non plus. Les cheveux légèrement grisonnants. « Euh, si vous le dites. » Le marchand ne semblait pas si affairé que ça et on ne peut pas dire qu’il lui fit une bonne impression. Enfin. Ce n’était pas pour ses beaux yeux qu’elle était rentrée ; elle avait un dîner à préparer, elle. Elle s’approcha du comptoir et regarda minutieusement les rayonnages. « Qu’est-ce que j’peux faire pour vous, ma p’tite dame ? » Non, mais c’est qu’il se prenait pour un mâle dominant celui-là ? Comment qu’il osait lui parler de la sorte ? Ma p’tite dame, hein ? Non, mais il ne savait plus où était sa place. Enfin, il lui fallait absolument de ces pâtes. Elle se contenta de lui indiquer de la main un tas de pâte fraîchement préparée. Tandis qu’il s’exécutait lentement, mais sûrement, elle scruta le reste du magasin. Elle avait entendu dire que c’était une bonne adresse, mais le lieu lui paraissait tout de même un peu cheap. Elle s’attendait à quelque chose d’un peu mieux, mais bon, l’habit ne fait pas le moine comme on dit. Lorsque les longues et tendres pâtes arrivèrent emballées sous ses yeux, elle réfléchit un instant. « Euhm, vous me mettrez aussi de ces raviolis aux cèpes que je vois là. » « Pas de problème ma p’tite dame. »

En sortant du magasin, elle interrogea le contenu du sac. Pas mal pas mal. Comme quoi elle s’était trompée lors de sa première impression. Elle reviendrait. Elle avait même pris une carte pour cela. La carte en question, d’un rouge sombre, comportait vraiment l’essentiel de chez l’essentiel. Il ne s’était même pas fatigué à écrire le nom du magasin. Simplement l’adresse, pas de téléphone ou de site internet. Elle songea que c’était vraiment par le bouche à oreille que l’enseigne continuait d’exister. Elle enfonça l’objet dans sa poche arrière de jean et releva le bout du nez. Elle fronça les sourcils. Avec toute cette neige et la multitude de passants, elle ne voyait pas grand-chose. Mmh… pas lui… pas lui non plus… ah là. Son visage s’éclaira. Elle détestait ne pas reconnaître un visage. Ca lui laissait comme un goût amer d’insuccès. Du reste, il n’était pas resté bien loin de la porte alors la quête ne fut pas si longue. Elle zyeuta subrepticement sur le cadran de sa montre. Oh, une éternité la séparait encore de son fameux dîner. Elle lui sourit et lui tendit le sac. Finalement, elle s’amuserait encore un peu avec lui.

« Vous avez attendu longtemps ? Comme j'ai du temps à perdre, je vous propose de se balader tranquillement. Alors, vous en dites quoi?»
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MessageSujet: Re: Je crois que deux et deux sont quatre, Sganarelle, et que quatre et quatre sont huit. [PV Stephen Alrikson]   Lun 20 Déc - 17:40

« Oscar, vous serez gentil de me ramener un café fumant pour quand je reviendrai, hein ? Bien corsé et sans sucre, hein ? Vous savez, on appelle ça un double expresso. Bon, ça va aller. Vous saurez retrouver votre chemin, hein ? Bon, je vous fais confiance alors. »

Sa petite phrase provocatrice le fit sourire. Ce « Oscar » si bien trouvé et ces petits « hein ? » et finir par « je vous fait confiance. » Il n’avait que peu souvent rencontré des gens capable de manier l’art de la provocation et de la manipulation avec un telle dextérité ! Il avait l’impression de se trouver face à une version du lui-même féminisé… cela, le fit frissonner de plaisir. Avec son ego, il n’y avait rien de plus excitant que d’affronter quelqu’un qui lui ressemblait, en tout cas, le pensait-il... Il se sentit flatté de ses propres réflexions.

Le café attendrait le retour de la princesse, sa cigarette avait bien plus d’importance. Et comment mieux répondre à de la provocation que par de la provocation. Il ne gagnerait peut-être pas cette fois, mais cela lui importait bien peu. Parler avec une personne telle qu’Elysabeth était un défi et répit bien suffisant pour son esprit bien trop préoccupé. Il n’avait pas senti cette petite joie depuis… depuis la rencontre avec Absynthe. Pourquoi devait-il toujours revenir à ce sujet ! Le lien ne pouvait pas être synonyme d’amour, n’est ce pas ? Jamais il ne connaitrait ce sentiment fait pour les faibles. Mais qu’est-ce donc… ? Une envie presque incontrôlable de prendre ce fichu portable et d’appeler Absynthe le surprit. Sa main dans sa poche, il sentit son téléphone. Il s’apprêtait à le sortir. Il l’avait éteint un peu plus tôt. De toute façon, il n’était pas si faible, non ?

Il regardait patiemment les allants et les passants, des jeunes, des vieux, des hommes et des femmes, il ne les voyait pas vraiment. Cette morosité commençait à le tuer à petit feu. Pourquoi fallait qu’un jour il rencontre sa liée. Il n’y avait aucune probabilité pour que ce moment arrive, elle n’était même pas suédoise. Il aperçut un banc juste en face de la boutique. Il avança d’un pas nonchalant, de là il pourrait voir le moment où sa belle compagnie sortirait avec ses achats.

Il eut à peine le temps de se poser qu’elle pointa le bout de son nez dehors. Tant mieux, il n’était pas bon pour lui de rester seul trop longtemps ces temps-ci. elle le chercha du regard pendant quelques secondes. Cela lui procura un plaisir mesquin… Et s’il s’enfuyait réellement ? L’idée de la planter là bêtement et de partir avec ses achats lui vint à l’esprit tandis qu’il avançait vers elle. Ce pourrait être une distraction tout aussi amusante de la voir s’énerver sur le trottoir, ça lui apprendra à ne pas se méfier ! Cependant, Le sourire de la jeune femme en l’apercevant, lui donna envi de rester un peu plus longtemps, est-ce le fait de savoir qu’il était toujours là ou bien qu’il n’était pas parti avec ses affaire ? Quelle important de toute façon… Il prit son sac sans vraiment y faire attention, il n’était pas suffisamment lourd pour que cela le gêne. Elle lui proposait de passer un peu plus de temps en sa compagnie. Après tout pourquoi pas ? Puisqu’il ne s’était pas encore enfuit…

« Vous parliez d’un expresso quelques instants plus tôt ! Comme j’ai manqué à mon « devoir » de vous ramener un, je vous invite ! Je connais un café sympathique dans le coin ! »

Il avait insisté sur le mot devoir et avait pris un ton neutre, comme s’il incarnait réellement le rôle qu’elle lui avait attribué, majordome, valet, serviteur… Tant que ça l’amusait ! Après tout ce temps passé dans cette petite ville, il avait pu testé la grande majorités des bars, bistrots ou cafés, seul ou plus ou moins bien accompagné et savait à tout moment où aller. Il lui tendit alors le bras avec un sourire et l’entraina dans le paysage enneigé de la ville.

Jetant alors discrètement un œil dans le sac qu’il portait, il ne put s’empêcher de demander en se tournant vers elle :

_ Alors, pour qui vous donnez-vous tant de peine? Si ce n’est pas indiscret, bien entendu !

Il baissa alors la tête comme pour s’excuser mais à aucun moment le regard. Il voulait bien joué mais son personnage avait bien trop de prestance pour qu’il ne l’abandonne en un claquement de doigt.


(J'espère que tu n'étais pas pressée ;P )
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MessageSujet: Re: Je crois que deux et deux sont quatre, Sganarelle, et que quatre et quatre sont huit. [PV Stephen Alrikson]   Ven 7 Jan - 18:38

Même s’il n’était pas assez féminin à son goût -avec tout ce que cela comporte-, Elizabeth se laissa faire. Elle lui prit donc le bras comme une de ces jeunes femmes qu’elle aurait en temps normal désignées par de doux qualificatifs tels qu’écervelées, insatisfaites ou même lesbiennes refoulées. Beau tableau, n’est-ce pas ? Ils firent quelques mètres en silence, chacun réglant son pas sur l’autre. Comme elle était habituée à bondir dans les rues, elle rongea son frein, et regarda le bout de ses pieds creuser un sillon dans la neige. Elle se fit l’impression d’un navire fendant les blocs blancs du pôle Nord. Elle sourit. C’était si inhabituel pour elle, comme situation. La dernière fois qu’elle avait été en contact avec le bras d’un homme, elle était encore en culotte courte, lorsque son père l’avait surprise en train de jouer au docteur avec la fille d’une grande famille aristocratique. Il l’avait traînée dans toute la maison jusqu’à son bureau, et là, il lui avait administrée une sévère correction. Autant dire que ça ne datait pas de la veille.

Son Dom Juan lança l’offensive. Elizabeth sourit. C’est qu’il ne perd pas l’nord Stephen. Elle savait qu'il y reviendrait tôt ou tard. En plus, elle sentait son regard en coin la jauger depuis un petit moment déjà. Que répondre ? Allait-elle encore s’amuser de ce jeune innocent ou bien allait-elle rompre le burlesque de cette situation ? En petite fille pourrie gâtée découvrant le monde pour la première fois sans doute, elle se délectait des réactions du garçon. Méchante Elizabeth, va. Mmh, moui. Elle lui lança un regard de biais. Elle faillit lâcher une énormité, mais leurs regards se croisèrent. Il guettait sans doute sa réaction. Elle n’y échapperait donc pas. Le trouvant trop curieux, elle fit mine de se détacher quelque peu de son bras et joua la vexée. Elle fronça les sourcils et pinça les lèvres d’un air de duchesse effarouchée, mais elle répondit tout de même. Son air hautain semblait vouloir dire « pauvre mortel, je daigne te répondre; c’est une faveur que je te fais là, sois-en conscient ». D’un ton neutre, elle lui narra en détails l’histoire de sa jeune victime -adopter une attitude dénuée d’affects rajoutait encore plus de piquant à son discours à l’acidité déjà bien corrosive.

« C’est pour une jeune femme. J’étais censée coucher avec elle dès le premier soir, mais comme elle venait de perdre son lié, cela me parut déplacé. Vous comprenez, Jacques, je ne voulais quand même pas passer pour l’immorale de service… En tout cas, pas cette fois-ci. Enfin, passons. La proie était coriace, alors j’ai proposé un autre rendez-vous. L’élément-clef, c’est le baiser sur la joue, ça vous donne tout de suite une idée de la température. Pour le cas qui nous occupe, elle a rougi et détourné le regard. Je l’ai laissée à sa terrasse de café, mais en partant, je me suis soudainement retournée et là, j’ai vu qu’elle m’observait de loin. Ahlala, c’est si innocent, ces choses-là. On leur donnerait le bon dieu sans confession… Mais vous semblez rougir, mon vieux. Il ne faut pas que ça vous fasse cet effet-là, voyons. C’est la vie. Comment croyez-vous que votre mère vous ait fait ? En se faisant la manucure, peut-être ? Enfin, je dis ça, mais ne le prenez pas pour vous, hein. »

Elle rit à part elle. Elle ne savait évidemment pas quels effets ses paroles avaient pu avoir sur son jeune cupidon, et une de ses mèches de cheveux l’empêchait de voir son œuvre. Tant pis. En tout cas, il avait voulu savoir, et bien il savait maintenant. Par ailleurs, elle lui en voulait un peu pour une raison qu’elle ne s’expliquait pas. En fait, il avait décidé tout seul du tournant de la situation, et c’est ça qui lui avait déplue ; elle aurait voulu, comme toujours, tout maîtriser, mais ce n’avait pas été le cas. En un sens, elle restait encore cette même gamine, aussi infantile qu’espiègle. Elle poursuivit sur sa lancée.

« Bien sûr, vous me direz sans doute qu’elle ne tombera pas dans le panneau et qu’elle se décommandera à la dernière minute ou me posera un lapin en bonne et du forme. Et bien méprenez-vous, j’en ai déjà vaincues de plus inaccessibles. Et puis c'est infaillible, cette histoire du baiser sur la joue. Si je peux vous donner un conseil, il faut toujours proposer sans avoir l’air de proposer ; faire croire à l’autre qu’on lui fait une faveur en acceptant de s’abaisser à sa condition. Voilà, d'autres questions? »

Elle arbora un sourire radieux tout en clignant naïvement des yeux. Il était mouché, le gaillard... Ou pas. Si ça se trouve, il s’en doutait depuis un certain temps. Il faut dire qu’il n’aurait pas autant insisté s’il n’avait pas senti qu’il y avait anguille sous roche. Peut-être pas si naïf finalement. La question était désormais de savoir s'il allait s'enfuir ou non. Comme elle ne voulait tout de même pas lui paraître trop désagréable, elle l’invita à rengager la conversation sur un sujet bateau.

« Où est ce café dont vous chantiez plus tôt les louanges ? »

Tout en l’écoutant avec attention, elle chercha sur son visage quelque trait qui put trahir ses états d’âme, mais, prenant conscience de son fait, elle se fit honte et détourna le regard. Du coup, elle reprit l’observation de ses chaussures. Du haut de son promontoire, la vue était plutôt bonne, ma foi. Ils arrivèrent bientôt à destination. Elle leva le bout du nez et scruta les lieux. Non, elle ne connaissait pas. Un endroit de plus à mettre dans un coin de sa tête. Elle lâcha le bras de Stephen et s’avança vers le café, pensive, puis elle se retourna.

« Plutôt dedans, hein ? Avec le chauffage nous cramant les neurones et le froid nous grignotant les orteils, je doute que nous n’attrapions pas une pneumonie d’ici ce soir. Ce serait embêtant pour mon dîner. Ne croyez-vous pas? »

Elle avait lâché cela d’un air railleur et ricanait déjà en tirant la poignée de la porte. Un grelot tinta. Elle fronça légèrement les sourcils, agacée.

Décidément, toutes les boutiques du quartier avaient un de ces grelots des Enfers. Ca faisait si commun et c’était si agressant qu’elle les aurait bien tous arraché, ou plutôt qu’elle les aurait fait tous arracher, pour ne plus les entendre tintinnabuler. Ca lui rappelait Noël et ces cantiques débiles dont on bourre le crâne des mômes. Ils n’ont rien demandé, eux, si ce n’est les cadeaux que ce « Père Noël » -figure derrière laquelle se cache une FMN au bras long- leur apporte par le portefeuille des parents. Tout le reste, c’est du vent pour eux. Faut pas se voiler la face, hein ? Ces chansons archi-stupides dont ils se souviendront malgré eux toute leur vie durant, moi, j’appelle ça de l’embrigadement. Ni plus, ni moins.

Elle passa vite le pas de la porte pour ne plus songer à ce fâcheux contretemps. Un serveur vint les placer. Elle s’assit et lui aussi. En se posant, elle eut un soudain coup de fatigue. Un café lui ferait en effet le plus grand bien.

S’étalant quelque peu sur la banquette, elle joua avec une miette sur la table, et, levant de temps en temps son regard, elle l’interrogea d’un air distrait.

« Vous faites quoi de vos journées ? Laissez-moi deviner,… taxi à pied ?»

Le regard amusé, elle attendait, gouailleuse, ce qu’il pourrait bien lui sortir, parce que ça, elle n’en avait pas la moindre idée.



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